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rapport sur le projet de loi de finances pour 2023 (n°273). — Pouvoirs publics

Rapport · tome ou annexe · 06/10/2022 · 119 971 caractères · HTML sur assemblee-nationale.fr

Parties du document (52)
Sommaire (50)
  1. PRINCIPALES OBSERVATIONS De la RAPPORTEURe SPÉCIAle
  2. DONNÉES CLÉS
  3. INTRODUCTION
  4. PREMIÈRE PARTIE : LA PRÉSIDENCE DE LA RÉPUBLIQUE
  5. I. Principales données de l’exécution du premier semestre 2022
  6. II. Le budget prévisionnel pour 2023
  7. A. Présentation des dépenses et recettes
  8. B. Les dépenses de personnel, premier poste du budget
  9. C. Les dépenses de déplacement
  10. D. Les dépenses de fonctionnement courant des services
  11. E. Les dépenses d’investissement
  12. III. Les cabinets de conseil
  13. DEUXIÈME PARTIE : LES ASSEMBLÉES PARLEMENTAIRES
  14. I. L’assemblée nationale
  15. A. Premiers éléments relatifs à l’exécution du budget en 2022
  16. B. Le budget pour 2023
  17. 1. Éléments de contexte
  18. a. La non-réévaluation du concours de l’État à l’Assemblée nationale entre 2007 et 2021
  19. b. … s’est traduite par une forte mobilisation des réserves de l’Assemblée nationale, posant la question de la soutenabilité à moyen terme
  20. c. …tandis que la dotation demandée pour 2023 ne prend en compte que le montant prévisionnel des dépenses de fonctionnement
  21. 2. Les charges de fonctionnement
  22. a. Les charges parlementaires
  23. b. Les charges de personnel
  24. i. Les personnels statutaires
  25. ii. La rémunération des personnels contractuels
  26. c. Les autres dépenses de fonctionnement
  27. 3. Les dépenses d’investissement
  28. 4. Le recours à des entreprises et des prestataires extérieurs
  29. II. Le sénat
  30. A. Le Sénat au titre de sa mission institutionnelle
  31. B. Le jardin du Luxembourg
  32. C. Le musée du Luxembourg
  33. D. Les perspectives pluriannuelles
  34. III. La chaîne parlementaire
  35. A. La chaîne parlementaire-Assemblée nationale (LCP-AN)
  36. B. Public sénat
  37. TROISIÈME PARTIE : LE CONSEIL CONSTITUTIONNEL
  38. I. L’activité du Conseil constitutionnel
  39. A. Présentation générale
  40. B. Éléments statistiques
  41. II. Le budget du Conseil constitutionnel
  42. A. Les dépenses relatives aux membres
  43. B. Les dépenses de personnel
  44. C. Les dépenses de fonctionnement et d’investissement
  45. III. La mise en œuvre du portail QPC
  46. QUATRIÈME PARTIE : LA COUR DE JUSTICE DE LA RÉPUBLIQUE
  47. I. L’activité de la Cour de justice de la République
  48. II. Le budget demandé pour 2023
  49. EXAMEN EN COMMISSION
  50. PERSONNES AUDITIONNÉES PAR LA RAPPORTEURE SPÉCIALE

N° 292

ASSEMBLÉE NATIONALE

CONSTITUTION DU 4 OCTOBRE 1958

SEIZIÈME LÉGISLATURE

Enregistré à la Présidence de l’Assemblée nationale le 6 octobre 2022.

RAPPORT

FAIT

AU NOM DE LA COMMISSION DES FINANCES, DE L’ÉCONOMIE GÉNÉRALE ET DU CONTRÔLE BUDGÉTAIRE SUR LE PROJET DE loi de finances pour 2023 (n° 273),

PAR M. Jean-René CAZENEUVE,

Rapporteur général

Député

ANNEXE N° 35

pouvoirs publics

Rapporteure spéciale : Mme Marianne MAXIMI

Députée

SOMMAIRE

Pages

  1. PRINCIPALES OBSERVATIONS De la RAPPORTEURe SPÉCIAle
  2. DONNÉES CLÉS
  3. INTRODUCTION
  4. PREMIÈRE PARTIE : LA PRÉSIDENCE DE LA RÉPUBLIQUE
  5. I. Principales données de l’exécution du premier semestre 2022
  6. II. Le budget prévisionnel pour 2023
  7. A. Présentation des dépenses et recettes
  8. B. Les dépenses de personnel, premier poste du budget
  9. C. Les dépenses de déplacement
  10. D. Les dépenses de fonctionnement courant des services
  11. E. Les dépenses d’investissement
  12. III. Les cabinets de conseil
  13. DEUXIÈME PARTIE : LES ASSEMBLÉES PARLEMENTAIRES
  14. I. L’assemblée nationale
  15. A. Premiers éléments relatifs à l’exécution du budget en 2022
  16. B. Le budget pour 2023
  17. 1. Éléments de contexte
  18. a. La non-réévaluation du concours de l’État à l’Assemblée nationale entre 2007 et 2021
  19. b. … s’est traduite par une forte mobilisation des réserves de l’Assemblée nationale, posant la question de la soutenabilité à moyen terme
  20. c. …tandis que la dotation demandée pour 2023 ne prend en compte que le montant prévisionnel des dépenses de fonctionnement
  21. 2. Les charges de fonctionnement
  22. a. Les charges parlementaires
  23. b. Les charges de personnel
  24. c. Les autres dépenses de fonctionnement
  25. 3. Les dépenses d’investissement
  26. 4. Le recours à des entreprises et des prestataires extérieurs
  27. II. Le sénat
  28. A. Le Sénat au titre de sa mission institutionnelle
  29. B. Le jardin du Luxembourg
  30. C. Le musée du Luxembourg
  31. D. Les perspectives pluriannuelles
  32. III. La chaîne parlementaire
  33. A. La chaîne parlementaire-Assemblée nationale (LCP-AN)
  34. B. Public sénat
  35. TROISIÈME PARTIE : LE CONSEIL CONSTITUTIONNEL
  36. I. L’activité du Conseil constitutionnel
  37. A. Présentation générale
  38. B. Éléments statistiques
  39. II. Le budget du Conseil constitutionnel
  40. A. Les dépenses relatives aux membres
  41. B. Les dépenses de personnel
  42. C. Les dépenses de fonctionnement et d’investissement
  43. III. La mise en œuvre du portail QPC
  44. QUATRIÈME PARTIE : LA COUR DE JUSTICE DE LA RÉPUBLIQUE
  45. I. L’activité de la Cour de justice de la République
  46. II. Le budget demandé pour 2023
  47. EXAMEN EN COMMISSION
  48. PERSONNES AUDITIONNÉES PAR LA RAPPORTEURE SPÉCIALE
  49. L’article 49 de la loi organique n° 2001-692 du 1er août 2001 relative aux lois de finances (LOLF) fixe au 10 octobre la date limite pour le retour des réponses aux questionnaires budgétaires.

PRINCIPALES OBSERVATIONS De la RAPPORTEURe SPÉCIAle

DONNÉES CLÉS

Évolution prÉvue pour 2023 DES CRÉDITS

(en million d’euros) CP initiaux pour 2022 CP demandés pour 2023 Variation 2022-2023 (en %) Présidence de la République 105,3 110,5 + 4,9 Assemblée nationale 552,5 571 + 3,35 Sénat 338,6 346,3 + 2,28 La Chaîne parlementaire dont LCP-AN dont Public Sénat 34,3 16,6 17,6 34,5 16,8 17,6 + 1,2 + 0,6 + 1,2 Conseil constitutionnel 15,9 13,3 – 16,71 Cour de justice de la République 0,98 0,98 - Total pour la mission 1 047,6 1 076 534,7 + 2,76

Source : annexe au projet de loi de finances pour 2023.

Évolution DES CRÉDITS DE LA MISSION Pouvoirs publics

Source : commission des finances.

INTRODUCTION

La mission Pouvoirs publics présente la particularité de porter les dotations des pouvoirs publics constitutionnels, ce qui la rend singulière à plusieurs égards. Ces derniers sont par nature exclus du dispositif de performance prévu par la loi organique n° 2001-692 du 1er août 2001 relative aux lois de finances (LOLF). La séparation des pouvoirs se traduit par le principe d’autonomie quant à l’utilisation de leurs dotations.

Pour autant, la mission Pouvoirs publics, inscrite dans le projet de loi de finances, est soumise au vote des parlementaires tandis que les budgets des institutions concernées sont des données publiques, accessibles aux citoyens. Les institutions ont par ailleurs un devoir d’exemplarité en matière de transparence budgétaire et être particulièrement vigilantes à la bonne information des citoyens sur leur budget. De plus, le rapport spécial présenté à l’occasion de l’examen du projet de loi de finances est l’occasion de renforcer la transparence et l’information de tous, au-delà des procédures de contrôle interne et externe :

– contrôle annuel des comptes et de la gestion des services de la Présidence de la République dans le cadre des dispositions des articles L.111-2 et L.111-3 du code des juridictions financières, depuis 2009 ;

– certification des comptes de l’Assemblée nationale et du Sénat par la Cour des comptes.

Une augmentation globale des crédits proche de 2,8 % est prévue pour 2023. Cinq dotations demandées sont en hausse. En revanche, les crédits demandés par la Cour de justice de la République (CJR) sont la reconduction de ceux ouverts pour 2022. Quant au Conseil constitutionnel, après la forte activité électorale de 2022, son budget serait en baisse de 16,7 %.

Pour la rapporteure spéciale, la trajectoire haussière de la dotation de la dotation de la Présidence de la république, revalorisée de 4,9 %, soit la progression la plus importante des dotations inscrites sur la mission, n’est pas anodine.

La rapporteure spéciale estime que le raisonnement appliqué par la Présidence de la République à son propre budget, à savoir la prise en compte des effets de la hausse des prix et de la revalorisation du point de la fonction publique intervenu en juillet, devrait en bonne logique s’appliquer à toutes les institutions. La rapporteure spéciale déplore que ce ne soit pas le cas, dès lors que des collectivités voient leur dotation baisser l’année prochaine.

Au demeurant, la hausse des prix et celle du point d’indice de la fonction publique sont également des éléments mis en avant par l’Assemblée nationale et le Sénat à l’appui de demandes de dotation respectivement en hausse de 3,35 % et 2,28 %, dont les montants sont présentés dans le tableau ci-dessous.

Pour la rapporteure spéciale, la dotation demandée par l’Assemblée nationale, soit 571 millions d’euros, représente un indispensable rattrapage, bien qu’insuffisant, au regard du « gel » de la dotation à compter de 2007, de sa réduction à 517,9 millions d’euros en 2012 et son caractère inchangé jusqu’à l’année 2002.

Évolution DES CRÉDITS DE LA MISSION Pouvoirs publics

de 2022 à 2023 (AE = CP)

(en milliers d’euros)

ProgrammesLFI 2022PLF 2023Évolution (en %)
Présidence de la République105 300110 459,7+ 4,9
Assemblée nationale552 490571 005,584+ 3,35
Sénat338 584,6346 294,6+ 2,28
La Chaîne parlementaire dont LCP-AN dont Public Sénat34 289,162 16,641 17,64834 495,822 16,847 17,648+ 1,24 + 0,6 + 1,2
Conseil constitutionnel15 96313 295– 16,71
Cour de justice de la République984984-
Total1 047,6111 076 534,706+ 2,76

Source : commission des finances d’après l’annexe explicative au projet de loi de finances pour 2023.

PREMIÈRE PARTIE : LA PRÉSIDENCE DE LA RÉPUBLIQUE

La dotation demandée par la Présidence de la République pour l’année 2023 est en hausse de 4,9 % par rapport à la LFI 2022, soit 110,5 millions d’euros contre 105,3 millions d’euros. Il s’agit de la progression la plus élevée des dotations demandées par les pouvoirs publics inscrits sur la mission.

Le budget prévisionnel de la Présidence de la République pour l’année 2023 s’établit à 114,4 millions d’euros, soit une hausse de 5,5 % en autorisations d’engagement (AE) et de 4,8 % en crédits de paiement (CP) par rapport au budget initial pour 2023. Un prélèvement sur les disponibilités est envisagé à hauteur de 2,37 millions d’euros, quasiment identique à celui de 2022, soit 2,4 millions d’euros.

I. Principales données de l’exécution du premier semestre 2022

L’examen du présent projet de loi de finances pour 2023 est l’occasion de présenter l’exécution du budget 2022 au cours du premier semestre.

Selon les informations communiquées à la rapporteure spéciale, la première partie de l’exercice 2022 est caractérisée par une reprise d’activité, après deux années marquées par la crise sanitaire, se traduisant par une augmentation des dépenses de fonctionnement par rapport aux deux années précédentes. Le tableau ci-après présente la consommation du budget par destination, qui distingue deux axes principaux :

– l’action présidentielle (qui regroupe principalement les frais de réception et les déplacements en France et à l’étranger) ;

– l’administration de la présidence (partie qui porte les dépenses de personnel).

PRÉSIDENCE DE LA RÉPUBLIQUE :

exécution du budget par destination au 30 juin 2022

(en euros)

LFI 2022Exécution au 30 juin 2022Taux de consommation
AE BudgétéesCP BudgétésAE ConsomméesCP Consommés% AE% CP
TOTAL108 361 500109 180 00040 191 806,4935 268 603,1437 %32 %
Action présidentielle17 582 50017 582 5006 519 905,655 711 596,9737 %32 %
Activité diplomatique12 602 00012 602 0004 469 088,213 871 477,0935 %31 %
dont déplacements11 670 00011 670 0004 005 717,653 365 614,0534 %29 %
Action hors diplomatie en Métropole et outre-mer4 980 5004 980 5002 050 817,441 840 119,8841 %37 %
dont déplacements3 330 0003 330 0001 286 103,811 249 844,9239 %38 %
Administration de la Présidence90 779 00091 597 50033 671 900,8429 557 006,1737 %32 %
Ressources humaines et administration générale71 739 00071 739 00018 700 328,5618 664 019,2526 %26 %
dont dépenses de personnel71 150 00071 150 00018 372 816,3118 372 816,3126 %26 %
Moyens généraux6 464 6706 475 1703 874 085,193 466 480,3160 %54 %
Système d’information et télécommunications et numérique6 299 7006 299 7004 394 136,493 509 266,8970 %56 %
Patrimoine - Gestion immobilière3 690 0004 443 0005 320 406,523 063 835,56144 %69 %
Sécurité1 736 0001 791 000839 113,44353 643,2248 %20 %
Action sociale849 630849 630543 830,64499 760,9464 %59 %

Source : réponse au questionnaire budgétaire.

Si l’enveloppe consacrée aux déplacements présente un taux de consommation relativement bas de 34 % et AE et 29 % en CP pour l’activité diplomatique et de 39 % en AE et 38 % en CP pour l’action « hors diplomatie », la Présidence de la République indique que « compte tenu de l’agenda politique et diplomatique prévisionnel du Président de la République au second semestre, l’enveloppe budgétaire de 15 millions d’euros en LFI pourrait être légèrement dépassée » ([1]).

Les dépenses d’investissement s’établissaient au 30 juin 2022 à 4,37 millions d’euros en AE et 4,21 millions d’euros en CP, soit un taux de consommation de 70 % des AE et de 60 % des CP. « Dès le début de l’année, tous les services concernés se sont mobilisés pour faire en sorte que les projets d’investissement informatique et de travaux soient engagés rapidement pour que les paiements correspondants interviennent d’ici à la fin de l’année », indique la Présidence de la République à la rapporteure spéciale. ([2])

Les déplacements présidentiels effectués au premier semestre ainsi que les dépenses correspondantes sont présentés dans les deux tableaux ci-après.

TOTAL DES DÉPLACEMENTS PRÉSIDENTIELS au 1er semestre 2022

(en euros)
Dépenses par type de déplacementNbAE consommésDont ET60 (AE)CP consommésDont ET60 (CP)Remboursement / Participation (y compris ministère)Dépenses nettes (CP)
Dépenses par type de déplacement (dont ET60*)Déplacements Europe151 882 238,87836 483,241 144 813,50231 556,577 489,721 137 323,78
Déplacements à l’étranger hors Europe41 400 332,69694 640,771 497 251,68780 832,7021 430,401 475 821,28
Sommets internationaux en France3306 907,0617 807,04301 891,7417 807,040301 891,74
Déplacements Paris-province341 498 254,98342 857,561 460 332,50316 677,48451 435,021 008 897,48
Déplacements outre-mer08 734,69031 681,520031 681,52
Autres déplacements et dépenses**–195 353,1767 047,34179 488,0367 047,3415 753,56163 734,47
TOTAL565 291 821,461 958 835,954 615 458,971 413 921,13496 108,704 119 350,27

* ET60 : moyens de transports aériens refacturés par le ministère de la défense.

** Principalement missions individuelles (188 320 euros en AE et 176 610 euros en CP consommés).

Source : réponse au questionnaire budgétaire.

II. Le budget prévisionnel pour 2023

A. Présentation des dépenses et recettes

Le budget présenté par la Présidence de la République pour l’année 2023 est en nette augmentation, comme le montrent les dotations prévisionnelles pour 2023 mises en regard de celles de l’année 2022.

Budgets 2022 et 2023 de la prÉsidence de la RÉpublique

DÉPENSES (en euros)LFI 2022PLF 2023Part dans le budget
AECPAECPAECP
1- Personnel73 924 85073 924 850
2- Fonctionnement15 974 50015 985 00018 000 70918 000 70916 %16 %
Action présidentielle2 582 5002 582 5002 730 0002 730 0002 %2 %
Activité diplomatique932 000932 0001 060 0001 060 0001 %1 %
Action hors diplomatie en métropole et outre-mer1 650 5001 650 5001 670 0001 670 0001 %1 %
Administration de la présidence13 392 00013 402 50015 273 00015 273 00013 %13 %
Ressources humaines et administration générale589 000589 000587 000587 0001 %1 %
Moyens généraux5 707 6705 718 1706 478 0006 478 0006 %6 %
Gestion immobilière2 440 0002 440 0003 130 0003 130 0003 %3 %
Télécommunications, informatique et numérique3 269 7003 269 7003 322 0003 322 0003 %3 %
Sécurité536 000536 000826 000826 0001 %1 %
Action sociale849 630849 630930 000930 0001 %1 %
3- Déplacements présidentiels (dont ET60*)15 000 00015 000 00016 000 50016 000 50014 %14 %
déplacements diplomatiques5 870 0005 870 00011 700 50011 700 50010 %10 %
déplacements hors action diplomatique2 130 0002 130 0004 300 0004 300 0004 %4 %
avions ETEC7 000 0007 000 000Répartis sur les 2 lignes ci-dessusRépartis sur les 2 lignes ci-dessus
4- Investissement6 237 0007 045 0006 502 5356 502 5356 %4 %
TOTAL108 361 500109 180 000114 428 594114 428 594100 %100 %

*ET60 : moyens de transports aériens refacturés par le ministère de la défense.

Source : annexe au PLF pour 2023.

La rapporteure spéciale regrette la modification apportée à la présentation de l’annexe au présent projet de loi de finances, qui contracte la rubrique « déplacements présidentiels » en deux lignes (déplacements diplomatiques et déplacements hors action diplomatique), supprimant la ligne « avions ETEC » dont les crédits sont évalués pour 2022 à 7 millions d’euros.

Les services de la Présidence de la République lui ont fait savoir que le montant prévisionnel de ces dépenses « avions ETEC » était reconduit à 7 millions d’euros, répartis désormais sur la ligne « déplacements diplomatiques » pour près de 5 millions d’euros et sur la ligne « hors action diplomatique » pour environ 2 millions d’euros.

Les sources de financement du budget 2023 se répartissent entre :

– la dotation inscrite au budget général de l’État à hauteur de 110,5 millions d’euros ;

– les recettes propres et le recours au prélèvement sur disponibilités pour un montant total de 3,969 millions d’euros.

Recettes de la prÉsidence de la RÉpublique en 2022 et 2023

(en euros)

RECETTES2022 Budget prévisionnel2023 Budget prévisionnel
Dotation loi de finances105 300 000110 459 700
Produits propres1 480 0001 600 000
recettes de la restauration590 000590 000
produits locatifs198 000198 000
participations des parents aux frais de la crèche70 00070 000
redevances, concessions210 000330 000
ventes de véhicules32 00032 000
autres produits380 000380 000
Sous-total recettes106 780 000112 059 700
Prélèvement sur les disponibilités2 368 8942 368 894
TOTAL109 180 000114 428 594

Source : annexe au projet de loi de finances pour 2023 et réponse au questionnaire budgétaire.

D’après les informations reçues par la rapporteure spéciale, « l’activité intense constatée depuis 2022, le contexte inflationniste et les mesures structurelles affectant les dépenses de personnel confortent la nécessité de solliciter une augmentation de la dotation de la présidence », pour atteindre un niveau de 110,5 millions d’euros.

Pour la rapporteure spéciale, il est important de veiller à une cohérence budgétaire entre l’évolution du budget de la Présidence de la République et l’évolution de la dotation de l’État aux collectivités territoriales.

Selon elle, les arguments avancés par la Présidence de la République pour solliciter de la Représentation nationale une augmentation de sa dotation sont tout autant voire davantage valables pour les collectivités territoriales. Elle considère que ces arguments n’ont pas été entendus lors de la discussion du projet de loi de finances pour 2023. Elle alerte sur le risque d’alimenter la fracture entre les pouvoirs publics et les collectivités territoriales ainsi que les citoyens.

B. Les dépenses de personnel, premier poste du budget

Les dépenses de personnel sont présentées en hausse de 3,9 %. Le projet de budget tient compte de l’augmentation du point d’indice des fonctionnaires de 3,5 % au 1er juillet 2022 ainsi que d’autres « augmentations structurelles » telle la nouvelle politique de rémunération des militaires.

La répartition des effectifs au 1er juillet 2022 est présentée ci-après.

prÉsidence de la République :

RÉPARTITION DU PERSONNEL PAR SERVICE au 1er juillet 2022

(en ETP)

AffectationFonctionnairesContractuelsTOTAL
CABINET DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE261844
RSSI011
ORGANISATION ET CONTRÔLE INTERNE202
ÉTAT-MAJOR PARTICULIER29029
MÉDICAL707
DÉCORATIONS303
PROTOCOLE819
DIRECTION DES OPÉRATIONS
SERVICE PLANIFICATION DES ÉVÉNEMENTS6511
SERVICE PRODUCTION DES ÉVÉNEMENTS161632
SERVICE DE L’INTENDANCE305585
BUREAU DU CABINET541872
AUTRES415
DIRECTION DE LA COMMUNICATION
SERVICE COMMUNICATION DIRECTE452368
SERVICE PRESSE ET VEILLE21012
SERVICE COMMUNICATION NUMÉRIQUE11415
AUTRES347
DIRECTION DES RESSOURCES ET DE LA MODERNISATION
ARCHIVES ET MÉMOIRE808
SERVICE RH et ACTION SOCIALE19221
SERVICE ACHATS ET FINANCES11112
SERVICE INFORMATIQUE, RÉSEAUX ET NUMÉRIQUE111223
SERVICE PATRIMOINE17926
AUTRES404
DIRECTION DE LA SÉCURITÉ DE LA PRÉSIDENCE DE LA RÉPUBLIQUE2932295
TOTAL GÉNÉRAL599192791
Rappel : TOTAL AU 1er juillet 2021616187803
Rappel : TOTAL AU 1er juillet 2020630162792

Source : réponse au questionnaire budgétaire et rapport budgétaire pour le projet de loi de finances 2022.

La Présidence de la République comptabilisait 791 équivalents temps plein (ETP) au 30 juin 2022, soit une baisse de 1,4 % par rapport à la même date en 2021.

● À la lecture de ces informations, la rapporteure spéciale remarque une différence notable entre le plafond d’emplois de la Présidence de la République, à savoir 825 ETP, et le nombre d’emplois effectifs. Elle signale à cet égard la remarque de la Cour des comptes à l’occasion du contrôle annuel des comptes et de la gestion des services de la Présidence de la République pour 2021, qui constatait 800 agents dans les services au 31 décembre 2021. D’après la Cour, « la direction des opérations et la direction de la communication comptabilis[aient] le plus d’emplois vacants, soit respectivement 12 et 10 postes. » ([3]).

La Cour des comptes ajoute les éléments suivants : « après celui de la direction de la sécurité de la Présidence de la république (DSPR) en 2020, le schéma d’emploi de la direction des ressources et de la modernisation (DRM) a été finalisé en 2021. La réalisation des revues d’effectifs de la direction des opérations (DIROP) et de la direction de la communication (DIRCOM) permettrait la refonte d’un schéma d’emploi de la Présidence de la République, pour qu’il soit cohérent et adapté aux missions et aux besoins, ce que la Présidence espère réaliser cette année. »

Interrogée par la rapporteure spéciale sur les principales évolutions prévues en matière d’effectifs et de masse salariale, la Présidence de la République lui a fourni les éléments présentés ci-après.

Source : réponse au questionnaire budgétaire.

La rapporteure spéciale constate qu’il ne semble pas prévu de donner suite à la recommandation de la Cour des comptes de revoir le schéma d’emploi.

● Elle remarque par ailleurs une hausse de la proportion d’emplois contractuels.

D’après la Présidence de la République, « à l’instar de ce qui est constaté dans l’ensemble de la fonction publique, la proportion des contractuels sur l’ensemble des effectifs de la Présidence de la République continue de progresser. En 2021, on notait une évolution de près de 3 points dans la répartition entre les personnels mis à disposition (76,7 % contre 79,5 % en 2020) et les personnels contractuels recrutés directement par la présidence de la République (23,2 % contre 20,5 % en 2020). Cette tendance se confirme en 2022 avec une évolution d’1 point de la part des contractuels qui représentent 24,3 % des effectifs contre 75,7 % pour les personnels mis à disposition. » ([4])

La rapporteure spéciale fait part de sa vigilance au recours à l’emploi contractuel qui, à ses yeux, n’a de sens que pour répondre à la recherche de compétences très spécialisées et invite la Présidence de la République de faire preuve de la plus grande prudence en la matière.

● La revalorisation du point d’indice de la fonction publique a également fait évoluer la rémunération du Président de la République à la hausse, celle-ci atteignant désormais 15 737,13 euros brut soit 14 328,39 euros en net. Le mode de calcul de celle-ci est rappelé ci-dessous.

C. Les dépenses de déplacement

Le montant prévisionnel des déplacements présidentiels s’établit, pour 2023, à 16 millions d’euros en AE et en CP, en hausse de 6,7 % par rapport à 2022 (soit 15 millions d’euros). D’après la Présidence de la République, « l’enveloppe des déplacements internationaux spécifique à l’activité présidentielle est fortement impactée par l’inflation internationale, particulièrement notable aux États-Unis et en Asie. »

La rapporteure spéciale, au-delà des déplacements relevant des activités de la diplomatie et de la négociation multilatérales, appelle à la poursuite du recours aux visioconférences sécurisées, pratique développée en 2020 et 2021 dans le contexte de la crise sanitaire, tant d’un point de vue budgétaire que d’un point de vue de la préservation de l’environnement.

D. Les dépenses de fonctionnement courant des services

Les dépenses de fonctionnement, qui regroupent les dépenses rattachées à l’action présidentielle, telles que les réceptions, et les dépenses liées à l’administration de la présidence de la République, sont prévues en hausse de 12,6 % en CP en 2023.

La Présidence de la République évoque un « recalibrage réaliste devenu indispensable permettant de faire face aux coûts de gestion courante. Par ailleurs, comme dans les autres administrations (et plus largement les organisations, qu’elles soient publiques ou privées), on constate une augmentation tendancielle des dépenses de fonctionnement induite en particulier par une très forte inflation pour toutes les natures de dépenses de fonctionnement (fluides, denrées alimentaires, coûts des matériaux de construction, etc.) et par l’évolution des outils numériques qui se traduit notamment par une hausse des dépenses informatiques (accroissement du nombre des licences, opérations de maintenance préventive plus nombreuses et plus coûteuses, recours plus régulier aux services support des développeurs) » ([5]).

La rapporteure spéciale partage le constat du caractère universel de l’aggravation actuelle des coûts de fonctionnement, quelles que soient les organisations. C’est la raison pour laquelle elle s’étonne une nouvelle fois que ce raisonnement n’ait pas été repris dans le calcul des crédits de toutes les missions budgétaires.

E. Les dépenses d’investissement

Les dépenses d’investissement sont prévues en hausse en AE, à 6,5 millions d’euros (4,8 %) et en baisse en CP, à 6,5 millions d’euros également (– 7,1 %), après « trois années consécutives (2020,2021 et 2022) au cours desquelles le niveau d’investissement a été particulièrement élevé afin d’accompagner un plan de rattrapage, de renouvellement ou de remise en état. » Les principaux investissements prévus sont les suivants.

● Pour les télécommunications, l’informatique, le numérique et les moyens audiovisuels de communication, 2,6 millions d’euros sont demandés en autorisations d’engagement.

Les projets prévus sont les suivants :

(en euros)

Description succincte des projets ciblésMontant des AE
Mise à niveau technique des deux centres informatiques500 000
Modernisation téléphonie fixe (SATOR3)300 000
Modernisation de la téléphonie mobile et fixe180 000
Nouveau centre informatique de secours200 000
Renouvellement des postes informatiques180 000

Source : réponse au questionnaire budgétaire.

● Pour la gestion immobilière, 1,4 million d’euros sont prévus en autorisations d’engagement, sur les projets suivants :

(en euros)

Description succincte des projets ciblésMontant des AE
Travaux de géothermie sur l’emprise d’Évreux1 400 000
Modernisation du réseau électrique100 000

Source : réponse au questionnaire budgétaire.

Des investissements sous maîtrise d’ouvrage et financement de l’Opérateur du patrimoine et des projets immobiliers de la culture (OPPIC), devraient également être réalisés tels que :

– la rénovation des grandes cuisines du palais de l’Élysée pour un total de 15 millions d’euros, dont 2,5 millions d’euros engagés en 2023. « Les marchés de travaux ont été notifiés début mai 2022 ainsi que le démarrage du chantier. La fin des travaux est programmée pour le mois de mai 2024 », précise la Présidence de la République ;

– la mise en accessibilité de la cour d’honneur, pour 2 millions d’euros.

Un nouveau schéma immobilier devrait par ailleurs être élaboré avec l’OPPIC en 2023. Le concours du ministère de la Culture s’explique par le fait que les immeubles occupés par la Présidence de la République sont tous classés monuments historiques et mis à disposition par l’État.

Source : annexe au projet de loi de finances Culture, programme 224 – Soutien aux politiques du ministère de la Culture.

CoÛt prévisionnel des opérations de travaux prévues en 2023

et prises en charge par l’OPPIC

(en euros)

SiteOpérationPrévision d’engagement 2023Montant toutes dépenses confondues
Hôtel d’ÉvreuxRéhabilitation des cuisines de l’Hôtel d’Évreux et de leur cour2,5 millions15 millions
Hôtel d’ÉvreuxMise en accessibilité de la cour d’honneur2 millions2 millions
Hôtel d’ÉvreuxRestauration du salon d’argent600 000600 000
Hôtel d’ÉvreuxRestauration du salon PaulinÀ définirÀ définir
Hôtel de MarignyRestauration de la verrière1,5 million1,8 million
Hôtel de BrégançonRestauration de l’échauguette600 000600 000

Programmation prévisionnelle, les prévisions étant « en cours d’arbitrage ».

Source : questionnaire budgétaire.

La rapporteure spéciale souhaite, pour une meilleure lisibilité et transparence des crédits d’investissements attachés à la Présidence de la République, la mention à titre d’information des crédits portés par le ministère de la Culture sur l’annexe au projet de loi de finances Pouvoirs publics. Même si ces dépenses relèvent de l’OPPIC, elles sont bien supportées sur le budget de l’État.

III. Les cabinets de conseil

La question du recours par les administrations aux cabinets de conseil est un sujet d’actualité auquel la récente commission d’enquête du Sénat sur l’influence croissante des cabinets de conseil privés sur les politiques publiques a fourni des informations précieuses. La commission d’enquête a notamment signalé que le recours aux cabinets de conseil était facilité par des accords-cadres, dont ceux de la centrale d’achat UGAP et de la direction interministérielle de la transformation publique (DITP). « Ces accords-cadres mettent à disposition des ministères un vivier de cabinets dans lequel ils peuvent « piocher » en fonction de leurs besoins pour des missions dont ils jugent a priori qu’elles ne peuvent pas être réalisées en interne. » ([6])

La commission d’enquête indique également que « beaucoup de cabinets de conseil sont intervenus gratuitement pendant la crise sanitaire, soit en pro bono, soit en mécénat de compétences. » Les interventions qui concernent la Présidence de la République sont reproduites ci-dessous.

Prestations pro bono pour la présidence de la République

identifIées par la commission d’enquête sénatoriale

(liste non exhaustive ; hors appui sanitaire pendant la pandémie)

CabinetDateThèmePrestationRessources mobilisées par le cabinet (effectifs)
BCG2020-2022Choose France 2020, 2021, 2022Interviews des participants au sommet et synthèse ; Rédaction de notes de synthèse pour les participants ; Prises de notes et synthèse pendant les tables rondes180
McKinsey2018 et 2019Sommet Tech for GoodRéalisation des travaux de recherches préparatoires sur les thématiques du sommet ; Appui méthodologique dans la conduite des ateliers de travail ; Appui à la synthèse et à la consolidation des enseignements du sommet ; Mise en place d’outils pour suivre les engagements des participantsNC
Roland Berger2021Scale-Up EuropeConduite de 30 entretiens auprès de dirigeants de start-ups et d’acteurs de l’écosystème ; Aide à la coordination de l’initiative (organisation des 15 points hebdomadaires et des 3 comités de pilotage) ; Aide à la tenue de 6 ateliers thématiques avec des acteurs de l’écosystème ; Rédaction d’un rapport d’étude avec 21 recommandations pour l’écosystème européen145

Source : rapport de la commission d’enquête sur l’influence croissante des cabinets de conseil privés sur les politiques publiques.

La rapporteure spéciale a également interrogé la Présidence de la République au sujet des dépenses consacrées aux cabinets de conseil depuis 2017. Elle présente ci-dessous les informations qui lui ont été communiquées.

Source : réponse de la Présidence de la République à la rapporteure spéciale.

Pour la rapporteure spéciale, contenir les dépenses relatives aux cabinets de conseil relève non seulement de la bonne gestion des deniers publics mais également d’une démarche d’exemplarité.

La rapporteure spéciale s’interroge sur la pertinence pour la Présidence de la République de se fixer un objectif de réduction des dépenses liées à ces cabinets pour l’exercice 2023 et d’envisager la perspective de ne plus recourir aux cabinets de conseil et aux prestations pro bono qui comportent de forts risques de conflits d’intérêts.

Dans le prolongement des demandes de la presse à l’égard des services de la Présidence de la République sur la communication de certains documents, la rapporteure spéciale estime indispensable l’adaptation des services de l’État à la demande des citoyens à d’avantage de transparence.

Comme la Commission d’accès aux documents administratifs (CADA), elle estime que le manque de moyens humains ou financiers peut difficilement justifier le retard voire la non-communication de documents administratifs.

DEUXIÈME PARTIE : LES ASSEMBLÉES PARLEMENTAIRES

Les dotations demandées par les assemblées parlementaires pour 2023 sont en hausse de 3,35 % pour la dotation de l’Assemblée nationale, soit 571 millions d’euros, et de 2,28 % pour la dotation du Sénat, soit 346,3 millions d’euros.

Pour la rapporteure spéciale, après dix ans de dotations inchangées de 2012 à 2021, il s’agit d’une mesure raisonnable bien qu’insuffisante eu égard à la progression des charges qui s’imposent aux assemblées.

I. L’assemblée nationale

Le budget approuvé par le collège des Questeurs puis adopté par le Bureau de l’Assemblée nationale le 20 juillet 2022 s’élève à 599,6 millions d’euros, soit une baisse de 1,5 % par rapport au budget de l’année 2022. Cette baisse est la conséquence de dépenses d’investissement en net recul (– 30,5 %), vu le haut niveau de dépenses d’investissement programmées en 2022 et portant notamment « sur plusieurs grandes opérations immobilières difficilement réalisables en dehors de la période de l’inter-législature ».

L’examen du présent projet offre l’occasion de revenir sur l’exécution des crédits au cours du premier semestre 2021.

A. Premiers éléments relatifs à l’exécution du budget en 2022

Le budget de l’Assemblée nationale pour 2022 présente un montant total de dépenses de 608,7 millions d’euros, soit une hausse de 8,2 % par rapport aux crédits ouverts en 2021 (562,6 millions d’euros).

Au 30 juin 2022, le taux de consommation était de 45,1 %, en léger recul par rapport au 30 juin 2021 (46,4 %).

Le niveau élevé des dépenses d’investissements prévues (41,18 millions d’euros en 2022 contre 29,86 millions d’euros en 2021) traduit le rattrapage des travaux de préservation du patrimoine, habituellement réalisés pendant les périodes d’interlégislature. « L’ampleur des dépenses engagées n’est, à ce stade, que partiellement reflétée dans le taux de consommation des crédits, en raison des retards pris en 2021 sur le chantier de l’ensemble immobilier de Broglie, qui se sont traduits par une plus faible consommation que prévu en début d’année 2022, mais qui donneront lieu à un effet de rattrapage au second semestre. » ([7])

Détail des crÉdits consommÉs au 30 juin 2022

Réalisé 30/06/2021Taux de consomma-tion 2021Réalisé 30/06/2022Taux de consom-mation 2022Variation 2022/2021
A - SECTION DE FONCTIONNEMENT
Total de la section255 488 68948,0 %263 271 21946,4 %7 782 5303,0 %
60Achats de biens et fournitures2 649 38937,4 %2 584 93534,9 %– 64 455– 2,4%
61-62Services extérieurs12 156 65935,6 %13 406 79439,0 %1 250 13510,3 %
63Impôts et taxes2 543 66960,3 %2 503 68654,6 %– 39 982– 1,6%
64Charges de personnel85 947 44249,7 %87 668 28849,5 %1 720 8472,0 %
dont Charges de rémunération57 025 14750,7 %57 871 50650,2 %846 3591,5 %
dont Personnels statutaires48 725 69452,0 %47 831 70150,4 %– 893 993– 1,8%
Personnels contractuels7 060 36445,0 %9 013 87053,9 %1 953 50627,7 %
Personnels contractuels de la Présidence925 56640,6 %827 22629,4 %– 98 340– 10,6%
Autres313 52339,2 %198 70923,2 %– 114 814– 36,6%
Charges sociales et diverses28 922 29547,9 %29 796 78248,3 %874 4873,0 %
65Charges parlementaires152 163 74048,5 %156 995 51545,8 %4 831 7763,2 %
dont Indemnités parlementaires25 350 54449,7 %24 401 30147,8 %– 949 243– 3,7%
Charges sociales34 693 23750,0 %34 076 55147,0 %– 616 686– 1,8%
Secrétariat parlementaire84 699 42050,6 %88 858 44846,0 %4 159 0284,9 %
Voyages et déplacements1 960 06327,1 %2 012 85330,0 %52 7902,7 %
Charges de représentation125 5611,8 %695 07612,1 %569 515453,6 %
Autres charges5 334 91545,2 %6 951 28650,0 %1 616 37130,3 %
67-69Charges exceptionnelles et imprévues27 7904,6 %112 00010,0 %84 210303,0 %
B - SECTION D’INVESTISSEMENT
Total de la section5 338 62417,9 %11 256 11527,3 %5 917 491110,8 %
Investissements de la DAIP4 231 74919,4 %7 434 37026,4 %3 202 62175,7 %
Investissements de la DSI954 19112,5 %3 791 77430,5 %2 837 582297,4 %
Autres dépenses d’investissement152 68355,9 %29 97115,9 %– 122 712– 80,4%
Dépenses imprévues et non affectées00,0 %00,0 %0NS
C - DÉPENSES BUDGÉTAIRES TOTALES (A + B)260 827 31346,4 %274 527 33445,1 %13 700 0215,3 %
D - RECETTES BUDGÉTAIRES PROPRES529 34128,8 %1 251 77025,3 %722 429136,5 %
E - DOTATION DE L’ÉTAT (*)517 890 000517 890 000
F -SOLDE BUDGÉTAIRE (D + E – C)257 592 028244 614 437– 12 977 592– 5,0%

(*) Pour mémoire, la dotation complémentaire de 34,60 millions d’euros a été versée le 1er juillet 2022 et n’est donc pas prise en compte ici.

La rapporteure spéciale rappelle que la dotation de l’État pour 2022 a été composée d’une dotation principale de 517,89 millions d’euros (inchangée par rapport à 2021) et une dotation complémentaire exceptionnelle de 34,6 millions d’euros versée au 1er juillet 2022. Cette dotation exceptionnelle, dont il était prévu d’ajuster le montant selon le taux effectif de renouvellement de l’Assemblée nationale, a été versée dans son intégralité, le taux effectif de renouvellement (51 %) s’avérant légèrement supérieur à l’hypothèse conventionnelle de 50 % retenue lors de la préparation du budget 2022.

L’effet du renouvellement sur les dépenses de fonctionnement, détaillé dans le tableau ci-dessous, était estimé en septembre 2022 à environ 30,9 millions d’euros, soit 3,7 millions d’euros de moins que le montant prévu lors de l’élaboration du budget 2022.

ESTIMATION DES SURCOÛTS EN FONCTIONNEMENT LIÉS AU RENOUVELLEMENT DE L’ASSEMBLÉE nationale EN 2022 ([8])

(en euros)

ObjetPrévision budget 2022Prévision actualisée en septembre 2022
Crédit supplémentaire de fin de mandat (licenciement de collaborateurs, y compris des groupes)20 280 00017 240 030
Charges sociales et fiscales liées au licenciement de collaborateurs5 008 7644 229 792
Dotation matérielle des députés (nouveaux équipements informatiques)1 700 000770 000
Subvention au FAMDRE (allocation d’aide au retour à l’emploi des députés)1 579 3112 731 805
Supplément de crédit collaborateurs (primes exceptionnelles et cessions aux groupes)1 556 5731 690 000
Subvention d’équilibre à la caisse de retraite des députés (nouveaux pensionnés)1 404 6701 815 800
Formation et accompagnement professionnel des députés et anciens députés640 000178 500
Comptoir du numérique600 000600 000
Indemnités de préavis et de licenciement des contractuels du cabinet du Président330 00073 217
Indemnités de préavis et de licenciement de contractuels185 00024 277
Remboursements assurance maladie (moindres reversements d’indemnités journalières)176 0000
Indemnités compensatrices de congés payés et primes exceptionnelles des contractuels du cabinet du Président160 00032 021
Frais d’hébergement en Île-de-France150 000222 031
Insignes et équipements officiels (mallettes)148 000172 781
Papeterie (non personnalisée)125 00085 000
Équipement bureautique des groupes120 0000
Subvention à l’AGRAN100 000571 860
Fournitures de bureau60 00024 793
Petit matériel informatique (fils, casques, etc.)50 00095 000
Petit équipement de la DAIP (fournitures, petit mobilier)35 00031 784
Fournitures et supports informatiques30 0000
Personnels intérimaires divers25 00049 475
Emploi de contractuels divers–153 482
Autres (divers)92 000106 002
Total34 555 31830 897 650

Source : réponse au questionnaire budgétaire.

B. Le budget pour 2023

Le budget de l’Assemblée nationale demandé pour 2023 prévoit un total de dépenses de 599,6 millions d’euros, en baisse de 1,5 % par rapport au budget 2022, les années d’élections législatives se traduisant par un pic de dépenses lié au renouvellement des députés ainsi que par des opérations de travaux particulières.

Le tableau ci-dessous présente la synthèse de l’évolution des charges et des ressources. Il fait apparaître également les éléments relatifs au budget 2021, l’année 2022 étant atypique du fait du renouvellement de l’Assemblée nationale.

BUDGET 2023 – synthèse

Budget 2021Réalisé 2021Taux exécutionBudget 2022Budget 2023Var. budget 2022/2023
Δ absoluΔ %
A – SECTION DE FONCTIONNEMENT
Total de la section532 761 616532 193 09399,9 %567 544 638571 005 5843 460 9460,6 %
60Achats de biens et fournitures7 090 0006 269 93388,4 %7 398 0009 073 0001 675 00022,6%
61+62Services extérieurs34 110 00032 431 84595,1 %34 382 00038 100 9403 718 94010,8%
63Impôts et taxes4 218 3004 530 309107,4 %4 588 0004 745 700157 7003,4%
64Charges de personnel, dont172 895 000173 616 544100,4 %176 999 775184 679 4197 679 6444,3%
Charges de rémunération112 461 000115 160 399102,4 %115 369 600118 900 2603 530 6603,1%
Charges sociales et diverses60 434 00058 456 14596,7 %61 630 17565 779 1594 148 9846,7%
65Charges parlementaires, dont313 843 316315 293 950100,5 %343 061 863333 595 525– 9 466 338– 2,8%
Indemnités parlementaires51 014 52050 586 19299,2 %51 000 52052 809 0751 808 5553,5%
Charges sociales69 432 70668 832 85599,1 %72 490 90577 248 8824 757 9776,6%
Secrétariat parlementaire167 495 190174 128 914104 %193 204 988174 859 868– 18 345 120– 9,5%
Voyages et déplacements7 222 5005 579 42277,3 %6 713 5007 063 500350 0005,2 %
Charges de représentation6 870 4002 490 58336,3 %5 735 9506 658 400922 45016,1 %
Autres charges11 808 00013 675 983115,8 %13 916 00014 955 8001 039 8007,5%
67-69Charges exceptionnelles et imprévues605 00050 5118,3 %1 115 000811 000– 304 000– 27,3 %
B – SECTION D’INVESTISSEMENT29 861 50025 650 87085,9 %41 183 50028 623 500– 12 560 000– 30,5%
Investissements immobiliers21 773 50019 426 23689,2 %28 155 50022 580 000– 5 575 500– 19,8%
Investissements informatiques7 615 0005 750 54575,5 %12 440 0005 415 000– 7 025 000– 56,5%
Autres investissements473 000474 089100,2 %588 000628 50040 5006,9 %
C – DÉPENSES BUDGÉTAIRES TOTALES (A + B)562 623 116557 843 96399,2 %608 728 138599 629 084– 9 099 054– 1,5%
D – RECETTES BUDGÉTAIRES PROPRES1 835 5002 662 329145,1 %4 949 0001 918 500– 3 030 500– 61,2%
E – DOTATION DE L’ÉTAT517 890 000517 890 000552 490 000571 005 58418 515 5843,4 %
F – SOLDE BUDGÉTAIRE (D + E – C)– 42 897 616– 37 291 634– 51 289 138– 26 705 00024 584 138– 47,9%

Source : rapport de la commission commune de crédits.

La dotation demandée à l’État atteint 571 millions d’euros, en hausse de 3,4 % par rapport à celle demandée pour le budget 2022.

1. Éléments de contexte

Pour la rapporteure spéciale, cette progression doit être commentée en rappelant les éléments suivants.

a. La non-réévaluation du concours de l’État à l’Assemblée nationale entre 2007 et 2021

À la demande des autorités politiques, la dotation de l’Assemblée nationale a été gelée à partir du budget 2008 à 533,91 millions d’euros en 2008 puis réduite à 517,9 millions d’euros en 2012, et est restée inchangée jusqu’à 2022. D’après le rapport du collège des questeurs à la commission spéciale chargée de vérifier et d’apurer les comptes, « la seule non-indexation sur l’inflation de cette dotation depuis 2012 représente à ce jour une perte cumulée, en 2021, de plus de 50 millions d’euros, soit 10 % de la dotation. » ([9])

b. … s’est traduite par une forte mobilisation des réserves de l’Assemblée nationale, posant la question de la soutenabilité à moyen terme

La nécessité d’équilibrer le budget, dans un contexte de rationalisation des dépenses, mais également de progression de certains coûts contraints, s’est traduite par un recours croissant aux réserves de l’Assemblée nationale. Comme le rapport sur l’exercice 2021 de la commission spéciale chargée de vérifier et d’apurer les comptes le rappelle, « en vertu du principe d’autonomie des assemblées parlementaires, les déficits sont couverts par les actifs de l’Assemblée. » La commission commune des crédits constate par ailleurs que « le prélèvement constaté en 2021 est le plus élevé observé depuis 2017, année électorale, celui constaté en 2020 étant déjà lui-même élevé par comparaison avec les autres exercices. » ([10])

Dans ce contexte, la rapporteure spéciale estime que l’effort louable de maîtrise de la trajectoire des dépenses, dans un souci de bonne utilisation des deniers publics et d’exemplarité, commençait à rencontrer ses limites et produire des effets préoccupants. Elle rappelle l’avertissement de la commission d’apurement des comptes de l’Assemblée nationale dans le rapport précité : « désormais, le montant de la dotation reste insuffisant pour couvrir la totalité des dépenses budgétaires et la mobilisation des disponibilités pose la question de la soutenabilité à moyen terme. »

Depuis 2007, tous les résultats ont été négatifs, sauf en 2009, 2010, 2011 et 2014, comme illustré par le tableau ci-dessous, se traduisant par un prélèvement sur les réserves du même montant.

exécution du budget de l’Assemblée nationale 2007-2021

Résultat budgétaire en millions d’euros

Source : Rapport du collège des questeurs à la commission spéciale chargée de vérifier et d’apurer les comptes – règlement des comptes 2021.

Le prélèvement sur les réserves est estimé en 2022 à 51,2 millions d’euros et 26,7 millions d’euros pour l’année 2023. D’après les informations communiquées à la rapporteure spéciale, la valeur des réserves s’élevait à 277, 6 millions d’euros au 31 décembre 2021 et à 252,8 millions d’euros au 30 juin 2022.

La rapporteure spéciale attire également l’attention sur les éléments suivants relatifs au niveau de la « trésorerie » de l’Assemblée nationale.

Source : rapport du collège des questeurs à la commission spéciale chargée de vérifier et d’apurer les comptes – règlement des comptes 2021.

c. …tandis que la dotation demandée pour 2023 ne prend en compte que le montant prévisionnel des dépenses de fonctionnement

Le montant demandé (571 millions d’euros) reste inférieur au montant total des dépenses, celui-ci n’étant assis que sur le montant prévisionnel des dépenses de fonctionnement.

« Le montant de la dotation demandée à l’État en 2023 vise ainsi la couverture de la totalité des dépenses de fonctionnement, qui connaissent une dynamique de hausse significative, en raison non seulement du contexte économique, mais aussi de la volonté d’assurer aux députés de la XVIe législature les moyens d’exercer leur mandat dans de bonnes conditions. Les réserves dont dispose l’Assemblée nationale auraient, dès lors, vocation à financer ses dépenses d’investissement et à faire face à d’éventuelles dépenses exceptionnelles ou à des événements imprévus. » ([11])

La rapporteure spéciale appelle toutefois à la prudence eu égard au niveau des réserves.

Elle partage à cet égard ce commentaire de la commission d’apurement des comptes : « l’ordonnance de 1958 évoque [au sujet de la dotation] les crédits nécessaires au fonctionnement des assemblées parlementaires, contribuant à faire admettre le principe que les dépenses dites d’investissement devraient être financées par les ressources propres des assemblées. Il s’agit d’une problématique qui mérite pourtant réflexion : lesdites ressources propres, en particulier les réserves, sont au moins en partie la résultante d’excédents de dotations antérieures et les dépenses d’investissement ne sont pas moins nécessaires que les dépenses de fonctionnement à l’activité des assemblées parlementaires et des députés, tant en termes de locaux, que d’équipements en particulier audiovisuels ou informatiques, ou de logiciels ». La rapporteure spéciale ajoute à cette liste les investissements conséquents en vue de la préservation des bâtiments historique dont l’Assemblée nationale à la charge.

2. Les charges de fonctionnement

Les charges de fonctionnement représentent le premier poste de dépenses de l’Assemblée nationale, pour un montant prévu de 571 millions d’euros en 2023 (95,2 % du total des dépenses). « Une part de cette hausse, au moins une quinzaine de millions d’euros, trouve sa source dans les effets directs (hausse des coûts des achats) et indirects (revalorisation de 3,5 % du point d’indice de la fonction publique et augmentation de 4,5 % des prestations sociales au 1er juillet 2022) de l’inflation. » ([12])

STRUCTURE DES DÉPENSES DE FONCTIONNEMENT EN 2023

(en millions d’euros)

Source : réponses au questionnaire budgétaire.

a. Les charges parlementaires

Les charges parlementaires, qui représentent 58,4 % des dépenses totales, sont le premier poste des dépenses de fonctionnement. Elles s’élèveraient en 2023 à 333,60 millions d’euros, en diminution de 9,47 millions d’euros (– 2,8 %) par rapport au budget 2022 (343,06 millions d’euros). « Toutefois, si l’on ne tient pas compte des dépenses spécifiques au renouvellement de l’Assemblée nationale en 2022, on observe a contrario un dynamisme des crédits qui s’explique largement par la revalorisation du point d’indice de la fonction publique et des pensions et autres prestations sociales. »

– Les dépenses d’indemnité parlementaire augmenteraient de 3,6 % (en raison essentiellement de la revalorisation de 3,5 % du point d’indice de la fonction publique), atteignant 52,81 millions d’euros en 2023 (15,8 % du total). Il s’agit des dépenses au titre de l’indemnité parlementaire de base, de l’indemnité de fonction, de l’indemnité de résidence, des prestations familiales et du supplément familial.

– Les charges de secrétariat parlementaire, qui représentent 52,4 % du total, regroupent les contributions aux frais de secrétariat des groupes politiques et des députés, le crédit supplémentaire de fin de mandat et les crédits au titre de l’avance de frais de mandat (AFM). Ces dépenses atteindraient 174,86 millions d’euros en 2023 contre 193,20 millions d’euros en 2022 (soit – 9,5 %). La baisse attendue des dépenses traduit le caractère particulier de l’année 2022 et notamment le montant particulièrement haut du crédit supplémentaire de fin de mandat (1,40 million de dépenses attendues en 2023 contre 20,28 millions euros en 2022). Les charges de secrétariat parlementaire comprennent également l’avance pour frais de mandat (38,51 millions d’euros), les frais de secrétariat des députés, qui regroupent l’ensemble des dépenses au titre de la rémunération des collaborateurs parlementaires ainsi que les charges afférentes (122,76 millions d’euros).

– Les dépenses de charges sociales liées aux pensions et aux prestations maladie dont bénéficient les députés, qui représentent 23,2 % du total, devraient augmenter en 2023. Ce poste est prévu en hausse de 4,76 millions d’euros (soit + 6,6 %) passant de 72,49 millions d’euros en 2022 à 77,25 millions d’euros en 2023 notamment sous l’effet des sommes versées à la caisse de retraite des députés (soit 89,5 % du total des charges sociales) et de l’augmentation de la subvention au fonds d’assurance mutuelle différentielle d’aide au retour à l’emploi des députés (FAMDRE) du fait d’un nombre plus élevé que prévu du nombre d’anciens députés allocataires de ce fonds, entraînant ainsi une hausse des dépenses de 1,5 million d’euros.

– Les charges parlementaires diverses, qui représentent 8,6 % du total, atteindraient 28,68 millions d’euros en 2023. Ces charges regroupent notamment les voyages et déplacements des députés (7 millions d’euros), les charges de représentation de l’Assemblée nationale (6,10 millions d’euros).

Les charges parlementaires diverses comprennent aussi les autres charges liées au mandat à savoir principalement la dotation matérielle des députés (DMD), (10,70 millions d’euros) ainsi que les frais d’hébergement des députés (2,3 millions d’euros)

b. Les charges de personnel

Les charges de personnel représentent 32,3 % des dépenses de l’Assemblée nationale. Elles devraient atteindre 184,7 millions d’euros en 2023, soit une hausse de 4,3 % par rapport à 2022.

i. Les personnels statutaires

La rémunération des fonctionnaires de l’Assemblée nationale devrait atteindre 94,3 millions d’euros en 2023, en baisse de 0,7 % par rapport au budget 2022, « l’effet de la hausse de 3,5 % du point d’indice depuis le 1er juillet 2022 et du glissement vieillissement technicité (GVT) étant inférieur à celui de la réduction des effectifs statutaires (leur nombre passerait de 880 au 31 décembre 2022 à 842 au 31 décembre 2023» ([13]), d’après les informations communiquées à la rapporteure spéciale).

La rapporteure spéciale attire l’attention sur la chute des effectifs statutaires depuis 2013 tel que présenté sur le graphique ci-dessous.

Évolution des effectifs de fonctionnaires rÉMUNÉRÉs

à l’AssemblÉe nationale (effectif total et effectif dans les cadres)

Chiffres constatés au 31 décembre de chaque année.

* Projections

Source : commission des finances, d’après les bilans sociaux de l’Assemblée nationale, les réponses au questionnaire budgétaire et l’annexe au projet de loi de finances pour 2023.

estimation de la ventilation par catégorie des fonctionnaires

présents dans les services au 31 décembre 2023

CatégoriesEffectifs au 30 juin 2022Estimation prévisionnelle au 31 décembre 2023
Secrétaires généraux, directeurs généraux et directeurs1717
Sous-directeurs, conseillers et administrateurs167158
Directeurs de publication88
Conseillers et rédacteurs des comptes rendus5773*
Architectes et ingénieurs en chef22
Ingénieurs et adjoints au responsable21
Administrateurs-adjoints et assimilés121126**
Assistants de direction et assimilés146125
Surveillants du Palais4035
Agents272239
Ouvriers professionnels2822
Employés des restaurants4337
Total903842

* Le collège des questeurs a autorisé l’ouverture d’un concours externe de rédacteur des comptes rendus en 2023, pour un nombre maximal de 17 postes.

** Le concours externe d’administrateur-adjoint, en cours, devrait conduire au recrutement de 20 lauréats en janvier 2023.

Source : réponse au questionnaire budgétaire.

ii. La rémunération des personnels contractuels

Au 31 décembre 2021, l’Assemblée nationale employait 354 contractuels de droit public, répartis dans les services de la manière suivante ([14]) :

– 289 affectés dans les services : près de 80 % d’entre eux travaillaient au sein des directions des affaires immobilières et du patrimoine (59 contractuels), de l’administration générale et de la sécurité (45), de la communication et de la valorisation patrimoniale (44), de la logistique parlementaire (43) et des systèmes d’information (39) ;

– 65 à la Présidence et auprès de personnalités, notamment des présidents de commissions, vice-présidents et questeurs.

La rémunération des personnels contractuels hors présidence de l’Assemblée nationale en 2023 est évaluée à 22,6 millions d’euros, soit une progression de 35,2 %. « Leur nombre passerait de 379 au 31 décembre 2022 à 419 au 31 décembre 2023, soit + 40 agents (+ 10,6 %), du fait mentionné ci-avant du remplacement par des agents contractuels de certains fonctionnaires partant à la retraite, d’éventuelles créations de postes correspondant à des besoins nouveaux en compétences spécialisées, de revalorisation des rémunérations des personnels contractuels de l’Assemblée nationale et d’un changement de périmètre intervenu au 22 juin 2022 » ([15]).

Le coût total des emplois des agents contractuels de la présidence est évalué à 1,5 million d’euros contre 2,8 millions d’euros en 2022. La diminution de 1,3 million d’euros de cette enveloppe, qui couvre les salaires (rémunérations brutes et cotisations employeur) des membres du cabinet de la présidence, s’explique à la fois par la non-reconduction en 2023 des crédits prévus en 2022 pour le licenciement des collaborateurs en conséquence du changement de législature (– 0,3 million d’euros), et par le changement de périmètre budgétaire évoqué (– 1 million d’euros).

Le tableau suivant met par ailleurs en perspective la progression du recrutement de personnels contractuels et la diminution des effectifs statutaires.

évolution à l’Assemblée nationale du nombre de fonctionnaires

et du nombre d’agents contractuels

En effectif physique au 31 décembre de chaque année20182019202020212022 (est.)2023 (prév.)
Agents contractuels (présidence et services)183239268354379419
Fonctionnaires1 0571 012958922880842
Total1 2401 2511 2261 2761 2591 261

Source : commission des finances à partir des questionnaires budgétaires et du rapport de la commission commune des crédits en vue du budget 2023.

La rapporteure spéciale s’inquiète de cette érosion du personnel statutaire et du recours accru à des agents contractuels.

Selon elle, il est important d’inverser la tendance actuelle.

Elle invite la Questure à envisager une trajectoire de recrutement des personnels statutaires à la hausse, et à réserver l’embauche d’agents contractuels à des compétences très spécialisées.

c. Les autres dépenses de fonctionnement

Les autres dépenses de fonctionnement devraient s’élever à 52,73 millions d’euros en 2023 contre 47,48 millions d’euros dans le budget pour 2022, soit une progression de 11,1 %, pour une très large part liée à la hausse des prix.

Les services extérieurs augmentent de 10,8 % (38,10 millions d’euros en 2023 contre 34,38 millions d’euros dans le budget pour 2022). Cinq postes de dépenses regroupent plus des quatre cinquièmes des crédits consacrés aux services extérieurs :

– les dépenses immobilières (notamment les dépenses d’entretien et de réparation) : 17,82 millions d’euros, en hausse 7,6 % ;

– les dépenses extérieures informatiques : 7,22 millions d’euros, en hausse de 5,6 % en raison de la progression des frais de maintenance informatique ;

– le personnel intérimaire et mis à disposition : 3,63 millions d’euros, en hausse de 9,5 %, « en raison notamment du déploiement, depuis 2022, d’un contingent supplémentaire de gardes républicains chargés d’assurer les fonctions de sécurité dans les halls des réceptions des bâtiments de l’Assemblée dans un objectif de renforcement de la sécurité de l’institution ([16]). Cette dépense est pour partie compensée par des économies sur les effectifs de gardiens-surveillants et d’agents. » ([17])

– les dépenses de communication : 2,23 millions d’euros, soit 5,8 % ;

– les subventions et indemnités de repas : 1,16 million d’euros, soit 3 %.

3. Les dépenses d’investissement

Les dépenses d’investissement sont attendues en baisse de 30,5 % par rapport au budget 2023, soit 28,62 millions d’euros. « Cette forte baisse s’explique par le haut niveau d’investissement programmé en 2022 et portant, d’une part, sur plusieurs grandes opérations immobilières difficilement réalisables en dehors de la période de l’inter-législature ou reportées à la suite de la crise sanitaire de 2020 et, d’autre part, sur d’importants projets d’investissement informatique, dont certains liés au renouvellement de l’Assemblée nationale en 2022. » ([18])

Les dépenses d’investissement de l’Assemblée se répartissent en trois grandes catégories : les travaux engagés par la direction des affaires immobilières et du patrimoine, les acquisitions de logiciels et de matériels informatiques par la direction des systèmes d’information et les investissements effectués par d’autres directions (à titre principal, celle de la logistique parlementaire).

dÉpenses d’investissement de l’AssemblÉe nationale

(en euros)

DirectionRéalisé 2021Budget 2022Budget 2023Variation / 2022
DAIP19 426 23628 155 50022 580 000– 5 575 500– 19,8 %
DSI5 750 54512 440 0005 415 000– 7 025 000– 56,5 %
Autres474 089588 000628 500+ 40 500+ 6,9 %
Total25 650 87041 183 50028 623 500– 12 560 000– 30,5 %

Parmi les opérations à mener en 2023, les plus importantes sont :

– la fin de la rénovation de l’ensemble immobilier de Broglie (4,94 millions d’euros, auxquels s’ajoute 1 million d’euros pour l’acquisition de mobilier), dont la mise en service est prévue au printemps 2023 ;

– les travaux de restauration de la bibliothèque (2 millions d’euros) ;

– la restructuration et la modernisation du 3e étage de la zone Colbert (1,25 million d’euros) ;

– la rénovation des salles de la commission du développement durable (1,05 million d’euros) et de la commission des affaires culturelles (1 million d’euros) ;

– la rénovation de l’accueil du public (1 million d’euros) ;

– pour la direction des systèmes d’information, le renouvellement des équipements de réseau en fin de vie (1,2 million d’euros).

4. Le recours à des entreprises et des prestataires extérieurs

La rapporteure spéciale a interrogé les services de l’Assemblée nationale au sujet des activités que l’Assemblée nationale a choisi d’externaliser.

Elle constate que la direction des ressources humaines, la direction de la logistique parlementaire, la direction des systèmes d’information et la direction des affaires immobilières et du patrimoine recourent pour l’accomplissement de certaines de leurs missions à des entreprises extérieures. D’après les informations communiquées, « La décision d’avoir recours à un prestataire extérieur dépend de facteurs multiples, au premier rang desquels figurent la technicité du sujet, sa récurrence, le degré de criticité, les contraintes de disponibilité et les coûts comparés d’une prestation extérieure avec une réalisation en interne. »

De plus, « au vu de ces critères, certaines prestations auparavant réalisées en externe ont été réinternalisées. C’est le cas notamment des prestations de déménagement, de maintenance des installations audiovisuelles sensibles ou d’aide au pilotage énergétique. » ([19])

La rapporteure spéciale salue la ré-internalisation de certaines prestations mais s’étonne que cela ne concerne que certaines d’entre elles.

Selon elle, l’externalisation doit relever de la stricte nécessité d’avoir recours ponctuellement à des compétences indisponibles en interne et ne doit pas être guidée par des considérations uniquement budgétaires.

Elle estime que la réalisation d’un audit sur l’opportunité de réinternaliser de nouvelles prestations actuellement externalisées serait particulièrement souhaitable.

Elle invite la Questure à être extrêmement attentive aux conditions de travail à l’Assemblée nationale des personnels employés par les entreprises extérieures. Elle rappelle le devoir d’exemplarité en matière de politique salariale, de rémunération des personnels et de condition de travail qui incombe aux pouvoirs publics.

II. Le sénat

La rapporteure spéciale s’inscrit dans la tradition selon laquelle, s’agissant de la mission Pouvoirs publics, le ou la rapporteure spécial(e) ne procède pas à l’examen détaillé des crédits de l’assemblée dont il n’est pas membre. C’est la raison pour laquelle elle renvoie aux informations présentées en annexe du projet de loi de finances pour 2023 et au rapport du rapporteur du Sénat.

Le budget du Sénat pour 2023 serait en hausse de 1,18 % par rapport au budget 2021. Si les dépenses d’investissement sont prévues en très nette baisse (– 48,02%), les dépenses de fonctionnement sont prévues en hausse de 6,14 % en raison essentiellement du renouvellement sénatorial, de l’augmentation de l’inflation et de l’augmentation du point d’indice de la fonction publique de 3,5 % au 1er juillet 2022.

La dotation demandée pour 2023 est de 346,3 millions d’euros contre 338,6 millions d’euros en 2022, soit une augmentation de 2,28 % après une précédente augmentation de 4,64 % en 2022.

Le tableau ci-après retrace l’évolution des charges et des ressources.

ÉVOLUTION DU BUDGET du SÉnat

(ensemble des trois actions)

N.B. : les colonnes « Budget 2021 » et « Budget 2022 » correspondent au budget réparti hors reports d’opérations pluriannuelles.

Source : Sénat, présentation Commission commune des crédits de l’Assemblée nationale et du Sénat.

Évolution du budget du sÉnat depuis 2012

(ensemble des trois actions)

Dans le graphique, les budgets 2012 à 2022 sont les budgets répartis ([20]), le budget 2023 est le budget initial.

Source : Sénat, présentation Commission commune des crédits de l’Assemblée nationale et du Sénat.

Le budget du Sénat est réparti en trois actions, présentées ci-après.

A. Le Sénat au titre de sa mission institutionnelle

Le budget de l’action Sénat au titre de sa mission institutionnelle représente 96,2 % du budget total. D’après le tableau suivant, les dépenses seraient en hausse de 0,8 % par rapport au budget 2022.

Budget du SÉnat au titre de sa mission institutionnelle 2021-2023

N.B. : les colonnes « Budget 2021 » et « Budget 2022 » correspondent au budget hors reports d’opérations pluriannuelles.

Source : Sénat, Commission commune des crédits de l’Assemblée nationale et du Sénat.

Le prélèvement sur les disponibilités s’élèverait à 12,62 millions d’euros, en recul de 26,9 % par rapport au budget prévisionnel pour 2022.

B. Le jardin du Luxembourg

Le jardin du Luxembourg fait partie du domaine immobilier géré par le Sénat ouvert au public. Le budget prévu pour 2023 est en hausse de 9,4 % par rapport au budget réparti pour 2022. Sont prévus en 2023 la poursuite des travaux de restauration des grilles et des murets du jardin du Luxembourg.

C. Le musée du Luxembourg

La gestion du musée du Luxembourg relève depuis 2010 de la Réunion des musées nationaux (RMN) dans le cadre d’une délégation de service public. La convention actuellement en vigueur couvre la période 2020-2026. Cette délégation prévoit une redevance d’exploitation dont la partie fixe est de 150 000 euros. Une partie variable additionnelle assise sur le chiffre d’affaires pouvant être levée sous certaines conditions.

Les prévisions de dépenses de fonctionnement 98 200 euros et de d’investissement 70 000 euros sont inchangées par rapport à l’année dernière.

D. Les perspectives pluriannuelles

Les perspectives présentées dans l’annexe Pouvoirs publics font état de potentiels travaux d’investissement significatifs à partir de 2025 qui se traduiraient par une hausse significative du budget. En effet, « le budget 2023 prévoit d’importantes dépenses d’honoraires préparatoires au lancement de nouveaux chantiers de grande ampleur tels que la rénovation du bâtiment du Petit Luxembourg Est, du bâtiment du 6 rue Garancière, des couvertures et des façades Nord du Palais du Luxembourg et des couvertures de l’Hôtel de la Présidence. Ces travaux, qui restent à décider, pourraient susciter des annuités d’investissements très significatives à partir de 2025, qui viendraient amputer sensiblement les disponibilités restantes et limiter fortement les marges de manœuvre budgétaires du Sénat. »

Budget du Sénat, jardin et musée - trajectoire 2023-2025

(en millions d’euros)
Dépenses202320242025
Investissement17,317,629
Fonctionnement349,2347,6351,1
Total des dépenses366,4365,2380,1
Ressources202320242025
Produits budgétaires66,16,1
Dotation de l’État346,3346,3346,3
prélèvement sur les disponibilités14,112,827,7
Total des ressources budgétaires366,4365,2380,1

Source : commission commune des crédits de l’Assemblée nationale et du Sénat.

La commission commune des crédits de l’Assemblée nationale et du Sénat a formulé les conclusions suivantes au sujet du budget du Sénat et de son évolution pour les prochaines années :

III. La chaîne parlementaire

D’après la loi n° 99-1174 du 30 décembre 1999, qui a créé La Chaîne parlementaire, celle-ci remplit une mission de service public, d’information et de formation des citoyens à la vie publique, par des programmes parlementaires, éducatifs et civiques. Elle diffuse les émissions conçues et réalisées par deux sociétés de programmes, l’une pour l’Assemblée nationale (LCP – AN), l’autre pour le Sénat (Public Sénat). Les deux entités se partagent le 13e canal de la TNT (télévision numérique terrestre). Celles-ci ne relèvent pas du champ de compétence du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) ni les émissions qu’elles diffusent.

Les documents budgétaires relatifs à la mission Pouvoir public présentent pour LCP-AN et Public Sénat le montant de la participation financière de l’assemblée dont chacune relève, au regard de la convention annuelle qui précise également les modalités d’exécution de leurs missions respectives.

Le tableau ci-après présente l’évolution des dotations depuis 2015. La hausse de 0,6 % en 2023 prévue dans le présent projet s’explique par la progression de 1,2 % de la dotation de LCP-AN, celle prévue pour Public Sénat étant échangée.

évolution des dotations de la chaîne parlementaire

(en euros)

20152016201720182019202020222023
LCP-AN16 641 16216 641 16216 641 16216 641 16216 641 16216 641 16216 641 16216 847 822
Public Sénat18 848 00018 848 00018 246 00018 046 00017 648 00017 648 00017 648 00017 648 000
Total35 489 16235 489 16234 887 16234 687 16234 289 16234 289 16234 289 16234 495 822

Source : annexes aux projets de loi de finances.

L’article 32 de la loi du 25 octobre 2021 relative à la régulation et à la protection de l’accès aux œuvres culturelles à l’ère numérique a modifié la loi du 30 décembre 1999 autorise désormais LCP-AN et Public Sénat « à titre accessoire, [à] percevoir des revenus liés à l’exploitation des programmes qu’elle produit et réalise ainsi qu’à la diffusion de campagnes d’intérêt général », ce qui leur ouvre des perspectives financières nouvelles.

A. La chaîne parlementaire-Assemblée nationale (LCP-AN)

Après avoir été reconduite chaque année sans augmentation entre 2013 et 2022, à 16,64 millions d’euros, la dotation inscrite au budget de LCP-AN pour 2023 est en progression de 206 660 euros à sa demande.

Le tableau ci-dessous récapitule les données principales des budgets 2019 à 2023.

évolution du budget de LCP-AN de 2019 à 2023 (prévisionnel)

Réalisé 2019Réalisé 2020Réalisé 2021Budget 2022Budget 2023Variation budget 2023/budget 2022
∆absolu∆ %
I– DÉPENSES D’EXPLOITATION (A+B+C)15 171 17415 524 70316 042 97515 962 22116 242 815280 5941,76
A – COÛT ANTENNE12 391 85512 608 77213 475 02513 690 22113 987 815297 5942,17
a) Coût de grille8 099 4858 261 7808 933 3449 120 1479 439 815319 668
Masse salariale4 877 1404 916 5295 282 7235 415 0005 586 815171 815
Frais de grille2 609 2262 683 6452 692 2212 942 1473 110 000167 853
Achat programmes et Coproductions613 119661 606958 400763 000743 000– 20 000
b) Coût et support Tech/informatique4 292 3704 346 9924 541 6814 570 0744 548 000– 22 074– 0,48
Coût Technique1 140 3341 133 3531 282 8431 270 0741 233 000– 37 074
Coût Diffusion3 152 0363 213 6383 258 8383 300 0003 315 00015 000
B – FRAIS GÉNÉRAUX2 415 9512 568 5032 435 2562 272 0002 255 000– 17 000– 0,75
dont Loyers et Charges500 267509 267550 560515 000560 00045 000
dont Impôts et Taxes667 055705 586609 493495 000540 00045 000
C – AMORTISSEMENTS ET PROVISIONS363 368347 428132 6940000,00
II – DÉPENSES EXCEPTIONNELLES0000000,00
III – DÉPENSES D’INVESTISSEMENT1 273 421982 9571 264 9271 558 9601 420 000– 138 960– 8,91
IV – DÉPENSES TOTALES (I+II+III)16 444 59516 507 66017 307 90217 521 18117 662 815141 6340,81
V – RESSOURCES PROPRES314 981234 246758 38772 000480 000408 000566,67
VI – DOTATION DE L’ÉTAT16 641 16216 641 16216 641 16216 641 16216 847 822206 6601,24
VII – RÉSULTAT EXERCICE(V+VI–IV)511 548367 74857 328– 808 019– 334 993473 026– 58,54
VIII – REPORT À NOUVEAU206 385717 9341 085 6841 143 012334 993
IX – RÉSULTAT NET (VII+VIII)717 9331 805 6821 143 012334 9930

Source : rapport en vue du projet de loi de finances pour 2023 de la commission commune des crédits de l’Assemblée nationale et du Sénat, juillet 2023.

LCP-AN justifie ainsi sa demande d’une dotation à la hausse : « les ressources de la chaîne n’ont pas évolué depuis 2012 alors même que le contexte « concurrentiel » (originalité et exclusivité des contenus) et l’évolution de statut de diffuseur de la plupart des chaînes vers le statut d’éditeur de contenus (fabrication de contenus différenciants) conduit à des « tensions financières » quant à l’acquisition des droits et nécessite de nouveaux moyens financiers et humains pour la fabrication des contenus en interne. » ([21])

C’est à ce titre que la chaîne sollicite une progression de 206 660 euros de sa dotation pour 2023, tout en annonçant mettre en place les outils nécessaires à la diffusion de campagnes d’intérêt général, autorisées par la loi du 25 octobre 2021 relative à la régulation et à la protection de l’accès aux œuvres culturelles à l’ère numérique.

Source : LCP-AN – réponse à la rapporteure spéciale.

Les autres ressources propres de la chaîne reposent sur les recettes de parrainage d’antenne (émissions à laquelle un annonceur associe sa marque, soit 32 000 euros sur le budget 2022) et les refacturations d’émissions communes avec Public Sénat (soit 35 000 euros sur le budget 2022).

Comme l’indique le tableau ci-avant, LCP-AN prévoit de confier également à la régie publicitaire la recherche de parrainages, soit « des acteurs économiques publics ou privés susceptibles, en associant leur marque à des projets d’émissions, de concourir à leur financement. » ([22])

● La rapporteure spéciale entend le besoin pour LCP-AN de diversifier ses recettes. Rappelant toutefois le cadre fixé par la loi du 30 décembre 1999, qui donne à la Chaîne parlementaire de manière générale une mission de service public et qui interdit la publicité, sauf modalités introduites par la loi du 25 octobre 2021, elle considère indispensable l’adoption par le conseil d’administration d’une « charte » encadrant les parrainages, et particulièrement le type d’acteurs économiques pouvant conduire des partenariats.

Pour elle, le « cahier des charges » de la régie publicitaire devra également être encadré par le conseil d’administration et pourra également être mentionné dans le contrat d’objectif et de moyens (COM) signé avec l’Assemblée nationale.

● Elle s’interroge sur l’importance du délai entre le renouvellement de l’Assemblée nationale intervenu en juin 2022 et la nomination des membres du conseil d’administration, intervenue au mois d’octobre dernier.

● Elle regrette également le retard pris dans la signature du nouveau contrat d’objectifs et de moyens (COM), alors que le COM actuel couvre la période 2019 à 2021.

● La rapporteure spéciale s’étonne et déplore la difficulté qu’elle a rencontrée pour obtenir certains documents budgétaires. Elle invite LCP-AN à veiller à l’avenir à lui fournir les documents demandés dans des délais raisonnables.

B. Public sénat

La dotation pour 2023 de la chaîne Public Sénat serait stable, à 17,6 millions euros, pour un budget de 18,348 millions d’euros en progression de 0,27 %.

La rapporteure spéciale se bornera à cet égard à présenter les éléments suivants.

Source : annexe au projet de loi de finances pour 2023.

TROISIÈME PARTIE : LE CONSEIL CONSTITUTIONNEL

Après une hausse de la dotation en 2022 de 32,8 % par rapport à 2021, année chargée pour le Conseil constitutionnel en tant que juge électoral, la dotation demandée pour l’année 2023 revient à 13,295 millions d’euros, en recul de 16,7 %.

I. L’activité du Conseil constitutionnel

A. Présentation générale

La rapporteure spéciale souhaite attirer ici l’attention sur la progression constante depuis plusieurs années de la part de l’examen des questions prioritaires de constitutionnalité dans l’activité du Conseil constitutionnel (39 décisions sur 82 au premier semestre 2022, 75 décisions sur 149 en 2021, 46 décisions sur 81 en 2020). Le Conseil vient ainsi, en juin dernier, de juger la millième « QPC ».

« Depuis 2010, le Conseil constitutionnel rend annuellement deux à trois fois plus de décisions qu’avant la réforme de la QPC et encore beaucoup plus qu’avant l’ouverture de la saisine aux parlementaires en 1974 », indique le Conseil constitutionnel. ([23])

Source : réponse au questionnaire budgétaire.

La rapporteure spéciale signale aussi l’entrée en vigueur le 1er juillet 2022 d’un nouveau règlement relatif au contrôle de constitutionnalité a priori des lois, c’est-à-dire s’appliquant aux saisines formées en application des articles 54 et 61 de la Constitution.

Ce règlement comprend à la fois à des dispositions relatives à des pratiques existantes (dépôt, présentation et enregistrement des saisines, publication des contributions extérieures en même temps que ces décisions), et d’autres à caractère innovant, en faveur d’une plus grande transparence et d’une amélioration du débat contradictoire. Les principales innovations sont présentées dans l’encadré ci-après.

Source : réponse au questionnaire budgétaire.

L’année 2022 aura été particulièrement marquée, pour le Conseil constitutionnel, par l’exercice de son activité de juge des élections nationales.

D’après l’article 58 de la Constitution, le Conseil « veille à la régularité de l’élection du Président de la République. Il examine les réclamations et proclame les résultats du scrutin. » De plus il « statue, en cas de contestation, sur la régularité de l’élection des députés et des sénateurs. »

Les services du Conseil constitutionnel ont fourni à la rapporteure spéciale les éléments d’actualité suivants :

Source : réponse au questionnaire budgétaire – données au 10 octobre 2022.

Le budget du Conseil constitutionnel pour 2022 avait été établi en tenant compte des élections prévues en 2022, et sur le modèle de celui mobilisé en 2017, en tenant compte des charges nouvelles découlant de la prise en compte des règles de précaution sanitaire.

Source : réponse au questionnaire budgétaire.

B. Éléments statistiques

Le tableau ci-après présente les décisions du Conseil constitutionnel au cours de la période 2017 à juin 2022.

dÉcisions du conseil constitutionnel par catÉgorieS (2017 – 30 juin 2022)

DateTotalLoi ordinaireLoi organiqueTraitéRèglements des assemblésLoi du paysQuestions prioritaires de constitutionnalitéRéférendum d’initiative partagéeSous-total contrôle des normesÉlection du Président de la RépubliqueÉlection à l’Assemblée nationaleÉlection au SénatRéférendumDivers électionSous-total électionsDéclassementDéclassement outre-merDéchéanceIncompatibilitéObligations fiscalesFin de Non -RecevoirDécisions d’organisation interneAutres
2017267102117589161456116855
2018523152264833695242171812
201910911536138311211146131
20208110646769121462
20211491362175198335387222
202282423945245231213
Total au 30 juin 20223 260291916267890111 3221051 39517618131 70711112172311651

Source : réponse au questionnaire budgétaire.

Le nombre d’audiences et de délibérés du Conseil constitutionnel sur les quatre dernières années est présenté dans le tableau ci-après.

nombre d’audiences et de dÉlibÉrÉs du Conseil constitutionnel

Séances20192020202120222023 (prévisions année complète)
Audiences3223313232
Délibérés35343649*40

* Dernière séance de délibéré prévisible le jeudi 29 décembre ou le vendredi 30 décembre 2022. L’augmentation du nombre de séances plénières par rapport à 2021 s’explique par les délibérés supplémentaires tenus à l’occasion de la période de validation des formulaires de présentation et du contrôle de l’élection présidentielle.

Source : réponse au questionnaire budgétaire.

Les décisions rendues par le Conseil constitutionnel en matière de contrôle de constitutionnalité a priori et de contrôle a posteriori doivent répondre à des conditions de délai fixées par la Constitution. Comme l’enseigne le tableau ci-dessous, le délai moyen entre la saisine et la décision est nettement inférieur.

DÉlais moyens entre les saisines et les dÉcisions

(2000 – 30 juin 2022)

Type de décisionsDélai moyen (en jours)Délai imparti
Contrôle de constitutionnalité
Délai moyen pour les DC17
DC-traité (Traités)41
DC-règlement (Règlements)17
DC-LO (Lois organiques)16
DC-loi (Lois ordinaires)1730 ([24])
LP (Lois du pays)5990 ([25])
Question prioritaire de constitutionnalité74 ([26])90 ([27])
Autres compétences
AN (élections législatives)108-
SEN (élections sénatoriales)126-
L (Déclassements)1930 ([28])
LOM (Déclassements outre-mer)6990 ([29])
I (Incompatibilités)52-
D (Déchéances)39-

Source : réponse au questionnaire budgétaire.

II. Le budget du Conseil constitutionnel

La trajectoire budgétaire du Conseil constitutionnel est stable, étant entendu que les années électorales telles 2017 et 2022 ont donné lieu à une hausse de la dotation en raison du traitement attendu du contentieux des élections.

Le tableau suivant met en perspective la dotation versée et les dépenses constatées depuis 2015.

Évolution du budget et de la dotation du conseil constitutionnel

(en euros)

2015 exécution2016 exécution2017 exécution2018 exécution2019 exécution2020 exécution2021 exécution2022 prévision2023 prévision
Total charges9 488 52410 711 76511 585 96013 085 09812 803 16613 106 05313 392 09415 963 00013 295 000
Dotation10 190 0009 920 46213 696 97411 719 22911 719 22911 719 22912 019 22915 963 00013 295 000

Source : annexes aux projets de loi de règlement 2015 à 2021 ; annexes aux projets de loi de finances pour 2022 et 2023.

Le budget du Conseil constitutionnel par nature des dépenses est récapitulé dans le tableau ci-après.

Évolution Du BUDGET DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL

(par nature de dépenses)

(en euros)

202120222023Évolution 2022/2023
ExécutionPrévisionPrévision
Membres1 942 4112 036 0022 036 002
Traitements1 538 1761 645 8461 645 846
Charges sociales374 691390 156390 156
Frais de déplacement29 544
Personnels6 655 2547 798 3717 798 371
Traitements personnels permanents4 238 5604 495 2984 495 298
Traitements personnels occasionnels92 000180 000180 000
Traitements personnels d’entretien144 568140 439140 439
Charges sociales1 061 4471 892 4091 892 409
Formation89 85050 00050 000
Transports et déplacements16 40116 00016 000
Indemnités de transports (remb. IdF)33 94621 50021 500
Action sociale18 41219 00019 000
Garde républicaine960 070983 725983 725
Fonctionnement4 648 5053 185 3523 010 627– 5,5 %
Fonctionnement y compris mobilier, matériel et fourniture312 509200 000200 000
Parc automobile61 33946 00046 000
Informatique247 000250 000250 000
Frais postaux et de télécommunications145 109100 000100 000
Entretien du bâtiment527 522500 000500 000
Documentation169 895140 000140 000
Manifestations25 12560 00060 000
Actions de communication, publicité, publications et relations publiques615 075800 000800 000
Charges externes2 544 9311 089 352914 627– 16 %
Investissement950 891440 000450 000+ 2,3 %
Immobilisations incorporelles et corporelles950 891440 000450 000+ 0,02 %
Restauration de mobilier000
Élections665 3252 500 000*0ns
TOTAL14 387 58615 963 00013 295 000ns

*dont 1 million d’euros au titre de l’indemnisation des magistrats.

Source : réponse au questionnaire budgétaire.

A. Les dépenses relatives aux membres

Le montant annuel brut versé aux neuf membres du Conseil constitutionnel s’élève à 1 538 176 euros brut et à 1 490 519 euros après déduction des charges obligatoires.

« Le traitement des membres du Conseil est prévu par l’article 6 de l’ordonnance n° 58-1067 du 7 novembre 1958, aux termes duquel « le président et les membres du Conseil constitutionnel reçoivent respectivement une indemnité égale aux traitements afférents aux deux catégories supérieures des emplois de l’État classés hors échelle. » Il est ainsi égal aux traitements afférents aux deux catégories supérieures des emplois de l’État classés hors échelle – lettre F pour les membres et lettre G pour le Président. Les membres du Conseil ne bénéficient d’aucune autre indemnité. »

B. Les dépenses de personnel

Les effectifs resteraient stables, tels que présentés dans les tableaux ci-dessous.

RÉpartition dÉtaillée des effectifs du Conseil constitutionnel

1er janvier 2022Évolutions à venir
ServiceStatutNombre
Service de la PrésidenceDétaché1
CDD1
MAD1
Secrétariat généralDétaché2Création en 2022 d’un poste d’adjoint à la directrice de projet « portail de référence de la QPC » Création en 2022 d’un pôle de traitement des décisions auprès de la direction de projet « portail de référence de la QPC » : prévision de 7 emplois (dont 3 à TP) jusqu’en 2023 Perspective de mise à disposition en 2022 d’un agent au futur groupement d’intérêt public (GIP) devant naître de la fusion du GIP dénommé Institut des hautes études sur la justice et de la Mission Droit et Recherche sur la Justice.
CDD1
Service administratif et financierDétaché7Renfort d’un agent de catégorie B
CDI17
CDD6
Service juridiqueDétaché5Remplacement en 2022 de deux agents de catégorie A en cumul d’activité à 50 % par deux agents à temps complet Renfort en 2022 d’un agent de catégorie B au service du greffe en prévision de l’élection présidentielle et des élections législatives.
Cumul d’activité3
CDI2
CDD4
MAD2
Service documentationDétaché1
CDI4
CDD3
Service informatiqueDétaché2
CDI2
CDD5
Service des relations extérieuresDétaché1
CDI3
CDD1
Service communicationDétaché1
CDI1
CDD4
Total79

Source : réponse au questionnaire budgétaire.

évolution des effectifs du conseil constitutionnel

201020112012201320142015201620172018201920202021Prév 2022Prév 2023
Catégorie A1721242327262730333945475755
Catégorie B1415161714121412111311111212
Catégorie C181921220232326252120181818
Total4955616161616468697076778785

Source : réponse au questionnaire budgétaire.

C. Les dépenses de fonctionnement et d’investissement

Les dépenses de fonctionnement prévues, estimées à 3 millions d’euros, sont en baisse de 5,5 % par rapport à 2022.

Les dépenses d’investissement sont en augmentation de 2,3 % et atteindraient 450 000 euros. Elles « correspondent pour une part significative à des investissements informatiques destinés notamment à garantir la sécurité du système d’information du Conseil. Il s’y ajoute l’enjeu de refonte des outils de gestion des décisions afin de permettre au Conseil de se prémunir contre tout risque de rupture de service. »

III. La mise en œuvre du portail QPC

Le déploiement depuis 2021 d’un système d’information de la QPC, à l’initiative du Conseil constitutionnel, en accord avec le Conseil d’État et la Cour de cassation, a vocation à créer une base de données regroupant l’ensemble des décisions rendues par les juridictions françaises dans le cadre de cette procédure, afin de mieux en connaître la réalité. Ce portail « permettra d’accéder à l’ensemble de ces décisions et de mieux faire connaître la procédure à toutes celles et ceux qu’elle peut intéresser. Le portail de la QPC a vocation à s’adresser tant aux professionnels du droit qu’au plus large public, à titre d’outil de travail autant que comme vecteur de connaissance citoyenne de la procédure. » ([30])

Une dotation spéciale de 900 000 euros a été prévue à cet effet sur le budget 2022, le portail devant être déployé d’ici la fin de l’année.

Source : réponse au questionnaire budgétaire.

Afin de mener à bien ce projet, le Conseil constitutionnel s’est doté d’une direction de projet. L’administration de ce site nécessite de recruter d’ici la fin de l’année 2022 un webmestre qui se dédiera spécialement à l’animation du portail.

La rapporteure spéciale salue le recours accru à la procédure dite de QPC, qui est un signe de démocratisation du droit constitutionnel.

Elle considère que les initiatives allant dans cette direction, comme la création d’un portail QPC, doivent bénéficier des financements suffisants et invite le Conseil constitutionnel à en tenir compte pour ces prochains budgets.

QUATRIÈME PARTIE : LA COUR DE JUSTICE DE LA RÉPUBLIQUE

La Cour de justice de la République a été créée par la révision constitutionnelle du 27 juillet 1993. Elle est compétente pour juger les membres du Gouvernement (Premier ministre, ministres, secrétaires d’État) pour les « actes accomplis dans l’exercice de leurs fonctions et qualifiés de crimes ou délits au moment où ils ont été commis », comme dispose l’article 68-1 de la Constitution.

Elle peut être saisie par toute personne qui s’estime lésée par un crime ou un délit imputé à un membre du Gouvernement dans l’exercice de ses fonctions.

Les articles 68-1,68-2 et 68-3 de la Constitution, qui relèvent du titre X de la Constitution « De la responsabilité pénale des membres du Gouvernement » sont complétés par la loi organique du 23 novembre 1993.

La procédure de saisine comprend trois étapes :

– le filtre opéré par la commission des requêtes (sept magistrats issus de la Cour de cassation, du Conseil d’État et de la Cour des comptes), qui, soit prononce le classement de la procédure, soit juge la plainte recevable ;

– les auditions menées par la commission d’instruction (trois magistrats de la Cour de cassation), qui décide du renvoi ou non devant la formation de jugement ;

– la réunion de la formation de jugement (trois magistrats et douze parlementaires élus pour la durée de la législature par leur assemblée respective) qui se prononce à la majorité absolue et à bulletin secret.

I. L’activité de la Cour de justice de la République

Depuis 2020 et la crise sanitaire relative au Covid-19, l’activité de la Cour a connu deux évolutions significatives :

– des saisines de personnes privées qui dépassent en nombre les saisines découlant de constatations faites dans des enquêtes de droit commun, lesquelles étaient jusqu’à 2020 très majoritaires,

– une croissance considérable des requêtes enregistrées par la commission d’instruction en 2020 et 2021 dans le contexte de la crise sanitaire. En 2022, les services de la Cour observent un tassement des plaintes, à un niveau toutefois supérieur à la période 1993-2020.

Nombre de requÊtes enregistrÉes

AnnéeNombre de requêtes
201741
201817
201941
2020246 dont 164 sur la crise sanitaire
202120 119 dont « la quasi-totalité » sur la crise sanitaire
Au 31 août 2022349 « une majorité des plaintes sont toujours en lien avec la Covid-19 »
Total depuis 199322 095

Source : réponse au questionnaire budgétaire.

Une infime partie de ces requêtes passe le filtre de la commission des requêtes, comme l’illustre le tableau ci-dessous.

Décisions favorables de la commission des requêtes

à une saisine de la commission d’instruction

20172 avis favorables (« dossier Urvoas »)
2018Toutes les affaires ont été classées sans suite
20192 avis favorables (« affaire Arif » et « affaire Woerth »)
20203 avis favorables suite à la jonction d’affaires liées (« affaire Covid-19 »)
20214 avis favorables (« affaire Éric Dupond-Moretti » et « affaires Covid-19 »)
20222 avis favorables (« affaire Covid-19 » et « affaire attentat au sein de la préfecture de police par un de ses agents »)

Source : réponse au questionnaire budgétaire.

Au 10 octobre 2022, une affaire était en cours d’instruction devant la commission d’instruction, celle mettant en cause l’action de certains membres du Gouvernement dans la crise dite du Covid-19. Le 3 octobre 2022, la commission d’instruction a rendu :

– un arrêt de non-lieu dans l’affaire dite « Éric Woerth » sur le sujet de la fiscalité appliquée à Bernard Tapie en 2009 (arbitrage Adidas-Crédit Lyonnais) ;

– un arrêt de renvoi devant la Cour de justice de la République de M. Éric Dupond-Moretti, garde des Sceaux, pour prise illégale d’intérêts.

M. Kader Arif, dont le procès était initialement prévu en janvier 2022, a été condamné par la formation de jugement le 26 octobre dernier à un an de prison avec sursis.

II. Le budget demandé pour 2023

La somme demandée pour 2023 est la même que celle sollicitée en 2022, soit 984 000 euros. La progression de la dotation en 2022 par rapport à 2021 s’expliquait notamment par la progression des frais de justice engagés ([31])eu égard à la croissance exponentielle des plaintes enregistrées. ([32])

Évolution des dÉpenses de la cour de justice de la rÉpublique depuis 2016

(en euros)

2017 exécution2018 exécution2019 exécution2020 exécution2021 exécution2022 prévision2023 prévision
Loyer et charges locatives447 708447 012476 880485 150492 321493 000493 000
Indemnités des magistrats135 890133 975118 414134 661142 833135 000143 000
Autres dépenses de fonctionnement95 725105 73690 045141 214111 304135 000135 000
Frais de justice4701221 01711 930121 653159 000151 000
Frais de procès0019 5604 11925 28562 00062 000
Total679 793686 724705 916777 074893 396984 000984 000

Source : annexes aux projets de loi de règlement et aux projets de loi de finances et réponse au questionnaire budgétaire.

● Le transfert de la Cour, actuellement locataire, dans les anciens locaux du palais de justice est évoqué depuis longues années. Les services de la Cour ont indiqué à la rapporteure spéciale que l’organisation des procès des attentats de 2015 à Paris et de 2016 à Nice avait différé ce projet. Le déménagement ne pourra avoir lieu qu’au terme des procès et après des travaux de réaménagement du palais de justice.

● Les seuls frais de personnel sont ceux correspondant au versement des indemnités des magistrats siégeant dans les différentes formations. Leur montant est fixé par le décret n° 96-692 du 9 mai 1995. La progression des crédits demandés pour 2023 (fixés à 143 000 euros) par rapport à 2022 tient compte du montant exécuté en 2021 (142 833 euros). Les indemnités des magistrats ne sont pas à confondre avec leur rémunération principale, versées par leurs juridictions d’origine, auprès desquelles ils exercent par ailleurs leurs fonctions.

La Cour de cassation met à la disposition de la Cour de justice le personnel nécessaire à son fonctionnement. Au 1er janvier 2022, l’état des effectifs des agents mis à disposition était le suivant :

– un agent de catégorie A (secrétaire générale) ;

– trois agents de catégorie B (greffiers)

– un agent de catégorie C (gardien).

● Les crédits demandés au titre des frais de procès, soit 62 000 euros, tiennent compte des dossiers en cours d’instruction au moment de l’établissement du budget.

Compte tenu du nombre d’affaires en cours de traitement par la CJR et suivant l’activité de l’année 2023, la rapporteure spéciale estime qu’une réévaluation de la dotation à l’occasion du PLF 2024 pourrait être nécessaire.

EXAMEN EN COMMISSION

Au cours de sa réunion du 26 octobre 2022, la commission des finances a examiné les crédits de la mission Pouvoirs publics.

La vidéo de cette réunion est disponible sur le site de l’Assemblée nationale.

Le compte rendu sera bientôt consultable en ligne.

Contrairement à l’avis défavorable de la rapporteure spéciale, la commission a adopté les crédits de la mission Pouvoirs publics non modifiés.

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PERSONNES AUDITIONNÉES PAR LA RAPPORTEURE SPÉCIALE

Présidence de la République

– M. Patrick Strzoda, directeur de cabinet du Président de la République

– M. Yannick Desbois, directeur-adjoint de cabinet, directeur général des services

– Mme Florence Leverino, directrice des ressources et de la modernisation

Assemblée nationale

– Mme Marie Guévenoux, première questeure

– M. Éric Ciotti, questeur

– M. Éric Woerth, questeur

– Mme Catherine Leroy, secrétaire générale de la questure

Conseil constitutionnel

– M. Laurent Fabius, président

– M. Jean Maïa, secrétaire général

Cour de justice de la République

– M. Dominique Pauthe, président

– Mme Bernadette Verdeil, secrétaire générale

LCP-Assemblée nationale

– M. Bertrand Delais, président-directeur général

– Mme Corinne Guis, secrétaire générale

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([1]) Source : questionnaire budgétaire.

([2]) Source : questionnaire budgétaire.

([3]) Les comptes et la gestion des services de la Présidence de la République, exercice 2021 - juillet 2022.

https://www.ccomptes.fr/system/files/2022-07/20220715-rapport-comptes-gestion-services-PR.pdf

([4]) Source : questionnaire budgétaire.

([5]) Source : questionnaire budgétaire.

([6]) Rapport de la commission d’enquête http://www.senat.fr/rap/r21-578-1/r21-578-11.pdf.

([7]) Source : questionnaire budgétaire.

([8]) Budget 2022 estimé en juin 2021 avec une hypothèse d’un renouvellement des députés de 50 %. Prévision actualisée en septembre 2022.

([9]) Rapport du collège des questeurs à la commission spéciale chargée de vérifier et d’apurer les comptes – règlement des comptes 2021.

([10]) Rapport de la commission spéciale chargée de vérifier et d’apurer les comptes-exercice 2021.

([11]) Source : questionnaire budgétaire.

([12]) Source : questionnaire budgétaire.

([13]) Annexe au projet de loi de finances pour 2023 Pouvoirs publics.

([14]) Source : bilan social 2021.

([15]) « À compter de cette date, en application de l’arrêté du Bureau du 8 décembre 2021, les 40 contractuels employés pour le compte de personnalités politiques et les 13 agents contractuels de la présidence (secrétariat et responsables du courrier) sont qualifiés de contractuels des services, et non plus de contractuels de personnalités, ce dernier statut n’étant plus réservé qu’aux conseillers du cabinet du Président de l’Assemblée nationale. Du point de vue budgétaire, il en résulte, à compter de 2023, un rattachement des 13 agents précités au chapitre « personnel contractuels » (hors présidence), et non plus au chapitre « personnels contractuels de la Présidence ».

([16]) « La persistance de la menace terroriste mais aussi le risque d’un envahissement de l’Assemblée nationale, ou, plus simplement, d’intrusion d’un petit nombre de personnes déterminées, ont conduit son Président sous la XVe législature à souhaiter un renforcement de la protection des réceptions des différents bâtiments par le déploiement d’effectifs supplémentaires de la Garde républicaine, en lieu et place des gardiens-surveillants ou des agents. » Source : commission commune des crédits de l’Assemblée nationale et du Sénat, rapport en vue du projet de loi de finances pour 2023.

([17]) Rapport de la commission commune des crédits.

([18]) Source : questionnaire budgétaire.

([19]) Source : questionnaire budgétaire.

([20]) « Le budget réparti représente les crédits de la LFI effectivement répartis entre les directions, conformément à l’article 3 du règlement budgétaire et comptable du Sénat, auxquels s’ajoute le report de tout ou partie des crédits des opérations pluriannuelles non utilisés lors de l’exercice précédent. Il se distingue du « budget initial », qui représente le projet de répartition de crédits proposé au vote du Parlement, et du « budget exécuté », qui traduit la consommation réelle des crédits. Par exemple, pour l’année 2022, le budget initial est de 362,15 millions d’euros, et le budget réparti, par construction également de 362,15 millions d’euros avant reports des opérations pluriannuelles, est de 365,29 millions d’euros après ces reports. » Source : rapport de la commission commune. » Rapport de la commission commune des crédits de l’Assemblée nationale et du Sénat en vue du budget 2023.

([21]) Source : note pour le conseil d’administration – budget 2023 – version du 23 mai 2022.

([22]) Source : note pour le conseil d’administration du 23 juin 2021.

([23]) Source : site internet.

([24]) Alinéa 3 de l’art. 61 de la Constitution du 4 octobre 1958 : « (…) le Conseil Constitutionnel doit statuer dans le délai d’un mois. Toutefois, à la demande du Gouvernement, s’il y a urgence, ce délai est ramené à huit jours. ».

([25]) Art. 105 de la loi organique n° 99-209 du 19 mars 1999 relative à la Nouvelle-Calédonie : « Le Conseil constitutionnel se prononce dans les trois mois de sa saisine. »

([26]) Lissé sur la somme des QPC sur 12 ans, ce délai moyen est stable. Cependant, il est constaté un délai de traitement de 76,54 sur l’année 2020, de 78,70 pour l’année 2021 et de 74,61 pour le premier semestre 2022. Cette augmentation de la durée moyenne du temps de traitement tend à se réguler.

([27]) Art. 23-10 de l’ordonnance n° 58-1067 du 7 novembre 1958 portant loi organique sur le Conseil constitutionnel : « Le Conseil constitutionnel statue dans un délai de trois mois à compter de sa saisine (…) ».

([28]) Art. 25 de l’ordonnance précitée : « Le Conseil constitutionnel se prononce dans le délai d’un mois. Ce délai est réduit à huit jours quand le Gouvernement déclare l’urgence. »

([29]) Art. 12 de la loi organique n° 2004-192 du 27 février 2004 portant statut d’autonomie de la Polynésie française : « Le Conseil constitutionnel statue dans un délai de trois mois. »

([30]) Questionnaire budgétaire.

([31]) Les frais de justice recouvrent différents types de dépenses : frais d’interprète, frais de traduction, expertise, transport et perquisition, frais de déplacement, acte d’huissier, indemnité des témoins.

([32]) Le solde positif constaté au 31 décembre 2020 (94 426 euros) avait par ailleurs été conservé par la Cour et affecté sur l’exercice 2021 aux dépenses de frais de justice, en réponse à la progression attendue des charges en 2021. Au 31 décembre 2021, l’excédent constaté (72 530 euros) a été reversé au budget de l’État.