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Textes / Projet de loi de finances pour 2026

rapport sur le projet de loi de finances pour 2026 (n°1906). — Examen en commission

Rapport · tome ou annexe · 23/10/2025 · 1 292 125 caractères · HTML sur assemblee-nationale.fr

Parties du document (51)
Sommaire (94)
  1. SOMMAIRE
  2. comptes rendus de l’EXAMEN DES ARTICLES DU PROJET DE LOI
  3. Réunion du lundi 20 octobre 2025 à 9 heures (article liminaire à après l’article 2)
  4. Article liminaire — Prévisions de solde structurel et de solde effectif de l’ensemble des administrations publiques de l’année 2026,...
  5. PREMIÈRE PARTIE : CONDITIONS GÉNÉRALES DE L’ÉQUILIBRE FINANCIER
  6. TITRE PREMIER DISPOSITIONS RELATIVES AUX RESSOURCES
  7. I – IMPÔTS ET RESSOURCES AUTORISÉS
  8. A – Autorisation de perception des impôts et produits
  9. Article 1er — Autorisation de percevoir les impôts existants
  10. B – Mesures fiscales
  11. Article 2 — Prorogation de la contribution différentielle sur les hauts revenus
  12. Après l’article 2
  13. Réunion du lundi 20 octobre 2025 à 14 heures 30 ([suite] après l’article 2 à après l’article 3)
  14. Après l’article 2 (suite)
  15. Article 3 — Instauration d’une taxe sur le patrimoine financier des holdings patrimoniales
  16. Après l’article 3
  17. Réunion du lundi 20 octobre 2025 à 21 heures quarante-cinq ([suite] après l’article 3 à article 5)
  18. Après l’article 3 (suite)
  19. Article 4 — Prorogation en 2026 avec division par deux des taux de la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises
  20. Article 5 — Diverses suppressions et rationalisation de dépenses fiscales
  21. Réunion du mardi 21 octobre 2025 à 9 heures ([suite] article 5 à article 11)
  22. Article 5 (suite)
  23. Article 6 — Création d’un abattement forfaitaire en faveur des personnes retraitées
  24. Article 7 — Réforme du régime d’aide fiscale à l’investissement productif outre-mer
  25. Après l’article 7
  26. Article 8 — Modernisation de la réduction d’impôt sur le revenu « Madelin »
  27. Après l’article 8
  28. Article 9 — Doublement de l’incitation fiscale à la générosité des particuliers en faveur des organismes d’aide aux plus démunis
  29. Article 10 — Ajustement de certains dispositifs de soutien au secteur agricole (prorogation de la dotation pour épargne de précaution et...
  30. Après l’article 10
  31. Article 11 — Anticipation de la suppression progressive de la CVAE
  32. Réunion du mardi 21 octobre 2025 à 14 heures 30 (article 12 à après l’article 12)
  33. Article 12 — Renforcement des dispositifs fiscaux de soutien à la géographie prioritaire de la politique de la ville
  34. Après l’article 12
  35. Réunion du mardi 21 octobre 2025 à 21 heures 30 ([suite] après l’article 12 à article 19)
  36. Après l’article 12 (suite)
  37. Article 13 — Verdissement de la fiscalité sur les véhicules
  38. Après l’article 13
  39. Article 14 — Ajustement de la taxe sur l’utilisation par les poids lourds de certaines voies du domaine public routier (écotaxe alsacienne)
  40. Article 15 — Stabilité des prélèvements sur les transports au bénéfice d’Île-de-France Mobilités
  41. Article 16 — Renforcement des incitations à l’utilisation d’énergie renouvelable dans les transports
  42. Article 17 — Mesures diverses de correction, clarification et coordination en matière de fiscalité sectorielle
  43. Article 18 — Rationalisation de la fiscalité sur les énergies de chauffage
  44. Article 19 — Majoration du tarif de l’IFER pour les centrales de production d’énergie électrique d’origine photovoltaïque installées avant 2021
  45. Réunion du mercredi 22 octobre 2025 à 9 heures (article 20 à article 24)
  46. Article 20 — Aménagement des redevances des agences de l’eau
  47. Après l’article 20
  48. Article 21 — Verdissement de la fiscalité sur les déchets
  49. Après l’article 21
  50. Article 22 — Instauration d’une taxe relative aux frais de gestion des petits colis en provenance de pays tiers
  51. Article 23 — Fiscalisation de l’ensemble des produits à fumer
  52. Article 24 — Évolution de la taxe sur les services d’accès à des contenus audiovisuels à la demande
  53. Réunion du mercredi 22 octobre 2025 à 14 heures 15 (après l’article 24 à après l’article 27)
  54. Après l’article 24
  55. Article 25 — Ajustement du régime de franchise en base de taxe sur la valeur ajoutée
  56. Après l’article 25
  57. Article 26 — Précisions apportées à l’imposition minimale mondiale des grandes entreprises multinationales
  58. Article 27 — Ajustement de la mise en œuvre de la révision des valeurs locatives des locaux professionnels et de la révision des valeurs...
  59. Après l’article 27
  60. Réunion du mercredi 22 octobre 2025 à 21 heures 15 ([suite] après l’article 27 à article 48)
  61. Après l’article 27 (suite)
  62. Article 28 — Modification des obligations des assujettis en matière de facturation électronique et de transmission électronique de données
  63. Article 29 — Modernisation et simplification de la gestion fiscale
  64. Après l’article 29
  65. Article 30 — Diverses majorations de droits de timbre
  66. Après l’article 30
  67. II – RESSOURCES AFFECTÉES
  68. A – Dispositions relatives aux collectivités territoriales
  69. Article 31 — Fixation pour 2026 des montants de la dotation globale de fonctionnement (DGF) et des variables d’ajustement,...
  70. Article 32 — Modalités d’attribution du fonds de compensation pour la taxe sur la valeur ajoutée
  71. Après l’article 32
  72. Article 33 — Maîtrise de la dynamique de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) affectée aux collectivités locales et abondement du fonds...
  73. Article 34 — Ajustement de divers dispositifs de compensation d’exonérations fiscales au profit des collectivités locales
  74. Article 35 — Évaluation des prélèvements opérés sur les recettes de l’État au profit des collectivités territoriales
  75. Après l’article 35
  76. B – Impositions et autres ressources affectées à des tiers
  77. Article 36 — Dispositions relatives à l’affectation de ressources à des tiers
  78. Après l’article 36
  79. C – Dispositions relatives aux budgets annexes et aux comptes spéciaux
  80. Article 37 — Dispositions relatives aux affectations : reconduction des budgets annexes et comptes spéciaux existants
  81. Article 38 — Relèvement du plafond de la première section du compte d’affectation spéciale Contrôle de la circulation et du...
  82. Article 39 — Mise en conformité du texte constitutif du compte d’opérations monétaires Émission des monnaies métalliques
  83. D – Autres dispositions
  84. Article 40 — Relations financières entre l’État et la sécurité sociale
  85. Après l’article 40
  86. Article 41 — Affectation du produit de la taxe sur l’utilisation de combustible nucléaire pour la production d’électricité au...
  87. Article 42 — Affectation d’une fraction des recettes de l'accise sur les carburants au financement des charges de service public de...
  88. Article 43 — Prélèvement exceptionnel des soldes excédentaires de la taxe sur les nuisances sonores aériennes
  89. Article 44 — Mesures relatives au financement des missions de sûreté-sécurité des aéroports
  90. Article 45 — Évaluation du prélèvement opéré sur les recettes de l’État au titre de la participation de la France au budget de l’Union...
  91. Article 46 — Mise de tout ou partie des frais d’enquête pénale à la charge de la personne condamnée prévue à l’article 800-1 du code de...
  92. Article 47 — Répartition entre les autorités de gestion de la prise en charge du coût des refus d’apurement de certaines dépenses du...
  93. TITRE II DISPOSITIONS RELATIVES À L’ÉQUILIBRE DES RESSOURCES ET DES CHARGES
  94. Article 48 — Équilibre général du budget, trésorerie et plafond d’autorisation des emplois

Nous avions commencé nos travaux avec un budget d’une violence sociale inouïe. Au bout du compte, nous nous retrouverons avec un budget d’une violence sociale inouïe, sauf si nous parvenons à y faire obstacle. Car que s’est-il passé au cours de ces travaux en commission ? La Macronie a montré qu’elle préfère le déficit à la contribution des plus riches. Vous vous apprêtez à voter pour un texte qui ampute les recettes de 7 milliards d’euros et frappe la majorité des Françaises et des Français plutôt que de faire contribuer quelques-uns. Les impôts d’une immense part de la population vont augmenter parce que vous avez refusé, avec le Rassemblement national, d’indexer le barème de l’impôt sur le revenu sur l’inflation ; les plus pauvres seront touchés parce que vous continuez, main dans la main avec le Rassemblement national, à détruire le logement social.

Si tout le monde va morfler avec ce budget, certains seront épargnés : vous avez clairement scellé une alliance avec l’extrême droite et les amis de Marine Le Pen pour protéger les ultrariches. Les amis de M. Macron et ceux de Mme Le Pen ont rejeté la taxe Zucman, l’ISF, les taxations sur les dividendes et les super-héritages, la hausse de la taxation sur le capital, de la contribution différentielle sur les hauts revenus et de la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus, les taxes sur les jets et sur les yachts. Bref, ils ont accumulé les cadeaux aux plus riches. Ce budget, qui applique toujours le programme du Rassemblement national en matière de droits de timbre, est inacceptable et insupportable.

Il n’y a donc qu’une solution : le battre, ici et dans l’hémicycle. La démonstration a été faite qu’il n’y avait rien à négocier. Celles et ceux qui se sont bercés d’illusions s’exposent peut-être à un réveil difficile. Au bout du compte, il n’y a qu’une issue : que Macron s’en aille, qu’on procède à une élection et qu’enfin le pays avance.

M. Philippe Brun (SOC). Les socialistes se joignent aux remerciements adressés aux équipes de la commission des finances, à l’ensemble de nos collègues et à tous ceux qui ont permis que ce débat se déroule dans des conditions inédites et sous la contrainte d’un calendrier particulièrement restreint.

En permettant ce débat par leur choix de ne pas censurer le gouvernement Lecornu, les socialistes ont voulu faire entrer le Parlement dans une ère nouvelle et redonner enfin aux députés la faculté qui leur avait été retirée depuis 2022 : celle de voter souverainement le budget de la nation. Cette faculté nous a été rendue par l’engagement du gouvernement à ne pas user de l’article 49, alinéa 3. Nous savions qu’il était illusoire d’imaginer qu’un compromis naîtrait dès les débats en commission des finances, quelques jours après la déclaration de politique générale. Chacun a – c’est bien normal – fait prévaloir ses positions, qui sont évidemment antagonistes compte tenu de nos divergences légitimes et réelles.

Pour nous, bien sûr, le compte n’y est pas. Le texte qui nous est présenté est défavorable aux classes populaires et moyennes, déséquilibré au vu de l’effort qui leur est demandé et insuffisant sur le plan des recettes. Il s’est toutefois trouvé, à de très nombreuses reprises, une majorité pour décharger les classes populaires et moyennes et tenter de rééquilibrer l’effort, par exemple par l’adoption de la taxe sur les superdividendes ou de la taxe Gafam, par la réindexation d’une partie du barème de l’impôt sur le revenu, par la suppression de l’abattement forfaitaire sur les retraites, ou encore par la défiscalisation des indemnités perçues dans le cadre d’une affection de longue durée.

D’ici à la séance publique, nous aurons le devoir de travailler à ce compromis républicain, pour permettre à la France de se doter d’un budget. Ce devoir implique – j’adresse ici un avertissement solennel à nos collègues du bloc central – un changement de cap, une vraie rupture, sans quoi les socialistes ne sauraient en aucun cas soutenir ce budget.

M. Jean-Didier Berger (DR). Le Haut Conseil des finances publiques a eu l’occasion de le dire : la réduction du déficit est en passe de s’opérer exclusivement par des augmentations d’impôts et aucunement par la baisse de la dépense publique. Notre groupe souhaite exactement l’inverse.

Certes, grâce à la Droite républicaine, la copie qui ressort de la commission des finances ne prévoit plus ni la taxe holding, ni la baisse des crédits d’impôt au bénéfice des familles dont les enfants poursuivent leurs études, ni la suppression de l’abattement pour les retraités, ni la taxe plastique, ni la taxe vapotage.

Malgré tout, grâce à l’alliance entre le Rassemblement national et La France insoumise qui s’était déjà nouée l’année dernière, elle comporte dorénavant l’impôt universel, la taxation des dividendes, l’ISF, la réduction du pacte Dutreil et du CIR, ainsi qu’un budget très défavorable aux collectivités territoriales. J’ajoute qu’à cause de l’abstention cynique du Rassemblement national sur notre amendement, le gel du barème de l’impôt sur le revenu est toujours de rigueur. Les Français vous disent merci !

Dans l’attente d’un budget plus acceptable, nous voterons contre ce texte et nous donnons rendez-vous à nos collègues en séance publique, pour en faire disparaître les taxes et les impôts qui y figurent toujours.

M. Tristan Lahais (EcoS). Le groupe Écologiste et social remercie à son tour le président, le rapporteur général et l’ensemble des administrateurs et collaborateurs qui ont travaillé dans des conditions difficiles.

Au vu de nos antagonismes, personne ne se faisait d’illusion sur la possibilité de travailler de manière sereine à un budget de compromis, comme cela doit normalement être le cas dans une démocratie parlementaire. Toutefois, alors que le premier ministre a annoncé renoncer à l’article 49.3, le socle commun avait promis un budget, sinon de compromis, du moins d'apaisement, et d’écouter le pays.

Ces derniers mois, la nécessité de davantage de justice fiscale a surgi dans la conscience populaire. Pourtant, le socle commun n’a fait aucune concession sur le cœur de la politique qu’il mène depuis des années, à savoir la politique de l’offre. Nous voterons donc contre la première partie de ce projet de budget.

M. Jean-Paul Mattei (Dem). Nous avons bien travaillé ces trois derniers jours. Le président et le rapporteur général ont mené un travail sérieux et ont cherché à apaiser les débats. Il faut retrouver la méthode du dialogue, de l’échange. L’essentiel est que nous nous soyons tous respectés.

Certaines mesures de justice fiscale ont été retenues ; d’autres non. Je pense qu’il est possible de trouver un chemin pour doter notre pays d’un budget sans recours à l’article 49.3. Il faudra le tracer dans l’hémicycle et en commission mixte paritaire – ce serait une immense avancée.

Nous ne sommes pas encore en 2027, à l’heure des grands combats politiques. C’est le rythme de la démocratie : il faut d’abord doter notre pays d’un budget. Même s’il ne conviendra pas à tout le monde, nous devons trouver un compromis.

À ce stade, nous ne pouvons ni voter pour ni voter contre ce texte. Par respect du travail accompli, nous nous abstiendrons.

Mme Félicie Gérard (HOR). Dès le début de la discussion budgétaire, nous vous avons alertés. Le texte initial était imparfait ; il constituait déjà un compromis, qui ne correspondait pas à nos ambitions, mais qui avait l’avantage de débloquer la situation et, surtout, de ramener le déficit sous les 4,7 % du PIB dès 2026 – c’est la priorité pour notre groupe.

Au terme de trois jours d’examen, l’équilibre atteint concernant les recettes de l’État ne nous semble pas satisfaisant, car nous nous éloignons trop du rétablissement de nos comptes. Le Gouvernement prévoyait 14 milliards d’euros de recettes supplémentaires, grâce aux prélèvements obligatoires. C’est trop. Surtout, notre commission a voté pour réduire cet effort de 10 milliards.

Si nous adoptons ce texte, il faudrait compenser ces baisses de recettes par des baisses de dépenses. Notre groupe y serait prêt, mais ne mentons pas aux Français. Ceux qui défendent des baisses d’impôt sont incapables de proposer des économies équivalentes dans les dépenses de l’État, tout en préservant le budget des missions régaliennes. De fait, le budget de la sécurité, des militaires, des policiers, des pompiers et de la justice ne sont pas négociables.

Nos discussions ont en outre conduit à la création ou à l’alourdissement de dix taxes : exit tax, impôt universel ciblé, taxe Gafam, surtaxe tonnage, et ainsi de suite. Ce n’est pas une réponse cohérente.

Malgré tout, nous reconnaissons les avancées obtenues en commission et la qualité de nos débats. Puisque le chemin est encore long pour parvenir à un texte équilibré et acceptable, notre groupe s’abstiendra sur le vote de la partie recettes du projet de loi de finances. Place au travail dans l’hémicycle.

M. Charles de Courson (LIOT). Je remercie moi aussi le président et le rapporteur général, ainsi que tous ceux qui les ont aidés dans la discrétion.

Le texte qui nous a été soumis n’était pas votable en l’état. Les débats, qui se sont bien passés, ont conduit à réduire l’augmentation prévue des recettes fiscales nettes, qui est passée de 14 milliards à 7 milliards d’euros.

Si nous voulons atteindre l'objectif de 4,7 % de déficit public, il faudra donc porter les économies en deuxième partie du PLF de 17 milliards à 24 milliards d’euros. Si nous maintenons la deuxième partie du texte en l’état, le déficit atteindra 4,9 % du PIB ; si nous réduisons les économies, il dépassera 5 %.

Nous n’étions pas contre le principe de désindexation du barème de l'impôt sur le revenu. Toutefois, il fallait maintenir l’indexation pour la première tranche, ce que nous avons obtenu à une très large majorité. C’est une source de satisfaction.

Autres motifs de satisfaction, nous avons réussi à maintenir l’abattement fiscal de 10 % dont bénéficient les retraités – nous discuterons plus tard de son adaptation –, à maintenir la défiscalisation du biocarburant, et nous avons rejeté la taxation à 100 % des indemnités journalières.

Nous nous abstiendrons, dans l’attente de la séance publique.

M. Emmanuel Maurel (GDR). Nous voulons nous aussi remercier le président et le rapporteur général, car nous sommes parvenus à avoir un débat de qualité malgré les conditions difficiles et les délais serrés.

Nous sommes au moins d’accord sur un point : la France a besoin d’un budget et il faut œuvrer au redressement du pays. En revanche, pour ce qui est des voies et moyens y conduisant, nous avons un vrai désaccord.

Nous contestons la logique même de l’année blanche, car elle frappe durement les Français les plus vulnérables. Nous contestons une politique économique qui ne fonctionne pas, mais que le Gouvernement et surtout le président de la République s'obstinent à maintenir. Certains ici continuent à croire à la théorie du ruissellement, comme en 2017, alors que les Français eux-mêmes ont les yeux dessillés.

Ce qui nous préoccupe le plus est qu’une partie d’entre vous continue à méconnaître l’aspiration profonde à la justice sociale et fiscale qui grandit dans le peuple français. Le débat autour de la taxe Zucman est loin d’être anecdotique ; ce n’est pas le fruit de je ne sais quel fantasme démagogique. Les Français ne comprennent pas qu’on demande beaucoup à ceux qui ont peu et peu à ceux qui ont beaucoup. Si vous l’ignorez, nous allons au-devant de graves déconvenues.

Nous avons obtenu des avancées, comme sur l’abattement fiscal de 10 % sur les retraites. Nous avons paré le mauvais coup du Gouvernement concernant la taxation des indemnités journalières pour les affections de longue durée. Nous avons adopté une contribution exceptionnelle sur les superdividendes, mais aussi le relèvement de la taxe Gafam.

Il reste néanmoins beaucoup à faire. La taxe sur les holdings a été vidée de sa substance. On est loin du compte, pour la niche Dutreil. On n’y est pas, concernant la taxation des hauts patrimoines. Et nous devrions être entendus concernant la culture et l’écologie.

Sans recours à l’article 49.3, nous sommes prêts au compromis. Pour l’atteindre, chacun doit faire un pas vers l’autre. Nous l’avons fait, mais pas ceux qui sont les plus proches du président de la République.

La commission rejette la première partie du projet de loi de finances pour 2026.

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