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Scrutins / 17e législature

Scrutin n° 89 du 25/10/2024

Sur l'amendement n° 1639 de Mme Karamanli après l'article 3 du projet de loi de finances pour 2025 (première lecture).

Résultat
Rejeté
scrutin public ordinaire
Pour
61
Contre
88
Abstention
1
Votants
150
149 exprimés
Dossier
Projet de loi de finances pour 2025 (relié par : amendement)
Demandé par
Présidente de séance
Objet
amendement
Source
assemblee-nationale.fr

Amendement n° I-1639 · Article 3

De Marietta Karamanli (SOC) , déposé le 18/10/2024. Sort : Rejeté. Fiche de l'amendement · sur le projet de loi projet de loi de finances pour 2025

Dispositif

I. – Le titre IV du livre premier du livre premier du code général des impôts est ainsi modifié :

A. – À la fin de l’intitulé du titre IV, le mot : « immobilière » est supprimé.

B. – L’intitulé du chapitre II bis est ainsi rédigé :

« Impôt sur la très grande fortune ».

C. – L’article 964 est ainsi rédigé :

« Art. 964. – Il est institué un impôt progressif sur le patrimoine des personnes physiques désigné sous le nom d’impôt sur la très grande fortune.

« Les conditions d’assujettissement sont appréciées au 1er janvier de chaque année.

« Sont soumises à cet impôt les personnes physiques ayant leur domicile fiscal en France, à raison de leur patrimoine situé en France ou hors de France.

« Les couples mariés, les partenaires liés par un pacte civil de solidarité défini à l’article 515‑1 du code civil et les personnes vivant en concubinage notoire font l’objet d’une imposition commune.

« Cet impôt est dû à raison, soit :

« 1° du patrimoine net du redevable, chacun des biens étant évalué à sa valeur vénale, que le redevable en soit ou non usufruitier.

« 2° du patrimoine net du redevable, chacun des biens étant évalué à sa valeur vénale, en excluant les biens possédés en nue-propriété, et en incluant les biens dont le redevable n’est pas propriétaire mais est usufruitier.

« Est retenue la modalité d’évaluation qui aboutit au montant d’impôt le plus élevé.

« Lorsqu’un bien fait l’objet d’une double imposition à raison de l’application des règles définies aux quatre alinéas précédents, il n’est imposé qu’une fois, la charge de l’impôt étant répartie entre l’usufruitier et le nu-propriétaire selon la valeur respective de chacun de ces droits. Les redevables sont responsables solidairement du règlement de l’impôt.

« Lorsque l’assujettissement n’a duré qu’une partie de la période fiscale, l’impôt est dû au prorata temporis de la durée d’assujettissement.

« L’administration fiscale établit la déclaration de patrimoine préremplie sur la base des informations dont elle dispose. Le redevable amende cette déclaration pour inclure les éléments de patrimoine non connus de l’administration fiscale.

« L’impôt est progressif et s’applique selon le barème suivant :

« Taux marginal sur le patrimoine net de :

« 1 %  entre 20 millions d’euros et 50 millions d’euros ;

« 2 % entre 50 millions d’euros et 100 millions d’euros ;

« 3 % entre 100 millions d’euros 250 millions d’euros ;

« 4 % entre 250 millions d’euros et 500 millions d’euros ;

« 5 % entre 500 millions d’euros et 1 milliard d’euros ;

« 6 % entre 1 milliard d’euros et 5 milliards d’euros ;

« 7 % entre 5 milliards d’euros et 10 milliards d’euros ;

« 8 % au-delà de 10 milliards d’euros. »

II. –  La perte de recettes pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.

Exposé sommaire

Cet amendement vise à mettre en œuvre la proposition de loi visant à établir un impôt sur la très grande fortune, travaillée avec M. Gabriel Zucman.

 Le patrimoine des 500 plus grandes fortunes françaises a été multiplié par près de 5 entre 2010 et 2021, d’après le magazine Challenges. Il est passé de 210 milliards d’euros (10 % du PIB) en 2010 à 953 milliards d’euros (40 % du PIB) en 2021

 Cette explosion se fait dans un contexte de quasi-stagnation salariale depuis la crise financière de 2008‑2009 (gel du point d’indice dans la fonction publique, faible croissance des salaires du secteur privé hors rémunération des cadres dirigeants).

 Il semble logique que les acteurs économiques qui bénéficient le plus des transformations contemporaines (mondialisation, intégration européenne, etc.) soient mis davantage à contribution.

 Il s’agit d’un nouvel impôt sur le patrimoine (financier et non-financier, net des dettes) au-delà de 20 millions d’euros. Seuls les contribuables disposant de plus de 20 millions d’euros de patrimoine net seraient donc concernés. Environ 25 000 contribuables seraient concernés, soit environ 0,05 % de la population. Cet impôt rapporterait de l’ordre de 25 milliards € par an, soit 1 % du PIB.

 Aucune niche fiscale ne serait introduite, en particulier pas d’exonération pour « l’outil de travail ».

 L’administration fiscale établirait une déclaration de patrimoine préremplie sur la base des informations dont elle dispose (part dans des sociétés cotées et non cotées, avoirs à l’étranger, etc.), à charge pour les contribuables d’amender ces déclarations pour y inclure des éléments de patrimoine non connus du ministère des finances.

Vote par groupe

pourabstentioncontre
GroupePosition majoritaireMembresPourContreAbst.Non-votants
Rassemblement National contre1250 5300
Ensemble pour la République contre940 1501
La France insoumise - Nouveau Front Populaire pour7135 001
Socialistes et apparentés pour6613 000
Droite Républicaine contre470 701
Écologiste et Social pour389 000
Les Démocrates contre360 400
Horizons & Indépendants contre340 301
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires contre230 410
Gauche Démocrate et Républicaine pour174 000
UDR contre160 200
Non inscrit pour80 000

Votants

pour (61)

Christine Arrighi EcoS, Léa Balage El Mariky EcoS, Karim Ben Cheikh EcoS, Nicolas Bonnet EcoS, Cyrielle Chatelain EcoS, Marie-Charlotte Garin EcoS*, Sandra Regol EcoS, Eva Sas EcoS, Danielle Simonnet EcoS, Édouard Bénard GDR, Jean-Victor Castor GDR, Jean-Paul Lecoq GDR, Nicolas Sansu GDR, Nadège Abomangoli LFI-NFP, Farida Amrani LFI-NFP, Rodrigo Arenas LFI-NFP, Christophe Bex LFI-NFP, Carlos Martens Bilongo LFI-NFP, Manuel Bompard LFI-NFP, Pierre-Yves Cadalen LFI-NFP, Sylvain Carrière LFI-NFP, Gabrielle Cathala LFI-NFP, Bérenger Cernon LFI-NFP, Sophia Chikirou LFI-NFP*, Éric Coquerel LFI-NFP, Jean-François Coulomme LFI-NFP, Aly Diouara LFI-NFP, Mathilde Feld LFI-NFP, Emmanuel Fernandes LFI-NFP, Perceval Gaillard LFI-NFP*, David Guiraud LFI-NFP, Mathilde Hignet LFI-NFP, Bastien Lachaud LFI-NFP*, Maxime Laisney LFI-NFP, Arnaud Le Gall LFI-NFP, Aurélien Le Coq LFI-NFP, Antoine Léaument LFI-NFP, Jérôme Legavre LFI-NFP, Claire Lejeune LFI-NFP, Murielle Lepvraud LFI-NFP, Marianne Maximi LFI-NFP, Manon Meunier LFI-NFP, Mathilde Panot LFI-NFP, René Pilato LFI-NFP, Thomas Portes LFI-NFP, Arnaud Saint-Martin LFI-NFP, Aurélien Saintoul LFI-NFP, Anne Stambach-Terrenoir LFI-NFP, Karim Benbrahim SOC, Mickaël Bouloux SOC*, Philippe Brun SOC, Pierrick Courbon SOC, Dieynaba Diop SOC, Iñaki Echaniz SOC, Océane Godard SOC, Emmanuel Grégoire SOC, Ayda Hadizadeh SOC, Estelle Mercier SOC, Jacques Oberti SOC, Thierry Sother SOC, Boris Vallaud SOC

contre (88)

Pascale Bay DR, Eliane Kremer DR, Guillaume Lepers DR, Eric Liégeon DR, Véronique Louwagie DR, Nicolas Ray DR, Jean-Pierre Vigier DR*, Mickaël Cosson Dem, Sophie Mette Dem, Hubert Ott Dem, Jimmy Pahun Dem, David Amiel EPR, Gabriel Attal EPR, Lionel Causse EPR, Thomas Cazenave EPR, Pierre Cazeneuve EPR, Olivia Grégoire EPR, Sébastien Huyghe EPR, Daniel Labaronne EPR, Nicole Le Peih EPR, Mathieu Lefèvre EPR, Denis Masséglia EPR, Nicolas Metzdorf EPR, Paul Midy EPR, Natalia Pouzyreff EPR*, Charles Rodwell EPR, Félicie Gérard HOR, François Jolivet HOR, Christophe Plassard HOR*, Jean-Pierre Bataille LIOT, Joël Bruneau LIOT, Charles de Courson LIOT, Laurent Mazaury LIOT, Maxime Amblard RN, Bénédicte Auzanot RN, Christophe Barthès RN*, José Beaurain RN, Théo Bernhardt RN, Bruno Bilde RN, Frédéric Boccaletti RN, Pascale Bordes RN, Bruno Clavet RN, Caroline Colombier RN*, Sandra Delannoy RN, Jocelyn Dessigny RN, Edwige Diaz RN, Marc de Fleurian RN, Guillaume Florquin RN, Emmanuel Fouquart RN, Thierry Frappé RN, Christian Girard RN, Antoine Golliot RN, José Gonzalez RN, Monique Griseti RN, Julien Guibert RN, Marine Hamelet RN, Timothée Houssin RN, Sébastien Humbert RN, Pascal Jenft RN, Sylvie Josserand RN, Florence Joubert RN, Hélène Laporte RN, Robert Le Bourgeois RN, Gisèle Lelouis RN, Christine Loir RN, Philippe Lottiaux RN*, Claire Marais-Beuil RN, Pascal Markowsky RN, Patrice Martin RN, Alexandra Masson RN, Kévin Mauvieux RN, Yaël Ménaché RN*, Thomas Ménagé RN, Serge Muller RN, Caroline Parmentier RN, Thierry Perez RN, Lisette Pollet RN, Matthias Renault RN, Catherine Rimbert RN, Béatrice Roullaud RN, Anaïs Sabatini RN, Emeric Salmon RN, Arnaud Sanvert RN, Emmanuel Taché RN, Jean-Philippe Tanguy RN, Thierry Tesson RN, Charles Alloncle UDR, Gérault Verny UDR

abstention (1)

Stéphane Lenormand LIOT

non-votant (4)

Jean-Louis Thiériot DR, Yaël Braun-Pivet EPR, Charlotte Parmentier-Lecocq HOR, Clémence Guetté LFI-NFP