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Scrutins / 17e législature

Scrutin n° 71 du 24/10/2024

Sur l'amendement n° 1039 de Mme Jourdan après l'article 3 du projet de loi de finances pour 2025 (première lecture).

Résultat
Rejeté
scrutin public ordinaire
Pour
52
Contre
57
Abstention
0
Votants
109
109 exprimés
Dossier
Projet de loi de finances pour 2025 (relié par : amendement)
Demandé par
Présidente de séance
Objet
amendement
Source
assemblee-nationale.fr

Amendement n° I-1039 · Article 3

De Chantal Jourdan (SOC) , déposé le 17/10/2024. Sort : Rejeté. Fiche de l'amendement · sur le projet de loi projet de loi de finances pour 2025

Dispositif

I. – Le code général des impôts est ainsi modifié :

1° Le 1 de l’article 200 est complété par un h ainsi rédigé :

« h) D’associations d’intérêt général dont la gestion est désintéressée et habilitée en application de l’article L. 266‑2 du code de l’action sociale et des familles exerçant à titre principal des actions concrètes de lutte contre la précarité alimentaire en faveur des personnes en difficulté, en procédant notamment à la vente de denrées alimentaires et produits d’hygiène via des tarifs différenciés à un public mixte ; »

2° Le 1 de l’article 238 bis est complété par h ainsi rédigé :

« h) D’associations d’intérêt général dont la gestion est désintéressée et habilitée en application des dispositions de l’article L. 266‑2 du code de l’action sociale et des familles exerçant à titre principal des actions concrètes de lutte contre la précarité alimentaire en faveur des personnes en difficulté, en procédant notamment à la vente de denrées alimentaires et produits d’hygiène via des tarifs différenciés à un public mixte. »

II. – La perte de recettes pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.

 

Exposé sommaire

Cet amendement des députés Socialistes et apparentés propose une ouverture d’un droit à une réduction d'impôt pour un don à des épiceries sociales et solidaires ouvertes à tous via des tarifs différenciés.
 
L’aide alimentaire, bien que nécessaire pour répondre à l’urgence de la faim, génère une certaine stigmatisation liée à la pauvreté, amenant ainsi plus de la moitié des personnes en situation de précarité alimentaire à ne pas mobiliser cette aide pour se nourrir.
 
C’est dans ce cadre que des dispositifs alternatifs et/ou complémentaires à l’aide alimentaire se sont développés, afin de proposer des actions combinant les enjeux de participation des personnes, de recherche de mixité sociale et de plus grande qualité alimentaire.
 
L’avis 91 du Conseil National de l'Alimentation, à travers sa recommandation 55 et le rapport IGAS, via sa recommandation 7, mentionnent la nécessité, pour les pouvoirs publics, de soutenir ces initiatives innovantes. En effet, les structures de lutte contre la précarité alimentaire basées sur la mixité sociale apportent une réelle complémentarité aux dispositifs d’aide alimentaire distributive :
-       Un outil de lutte pour l’accès aux droits : par son caractère non-stigmatisant et son orientation en interne, l’épicerie est une porte d’entrée pour les personnes ne souhaitant pas se rendre dans les dispositifs d’aide alimentaire "classiques"
-       Un outil de lutte contre la précarité sociale et l’isolement : couplé à un espace de convivialité, l’épicerie permet de resocialiser la personne voire de la faire participer à des missions bénévoles. Cette convivialité et l’absence de stigmatisation est une des raisons pour lesquelles ces épiceries souffrent moins de la crise du bénévolat.
-       Un outil de sensibilisation à une alimentation plus saine et durable : l’épicerie en mixité de public s’intègre plus régulièrement encore dans une démarche d’approvisionnement vertueuse, notamment avec les producteurs à proximité. L’épicerie sociale et solidaire devient alors un lieu de sensibilisation, permettant de déconstruire certaines idées.
 
Cependant, ces dispositifs souffrent d’un flou juridique et fiscal qui vient mettre à mal leur modèle socio-économique et leur pérennité. En effet, malgré une gestion totalement désintéressée, l’administration fiscale peut être susceptible d’interpréter l’activité de vente au public non précaire comme une activité concurrentielle du secteur marchand, entraînant de fait une imposition et une inéligibilité au mécénat. Cette inéligibilité peut alors fortement déstabiliser ces structures, qui, dans un contexte de forte hausse de la précarité, de raréfaction des financements publics notamment locaux, se tournent vers le mécénat (actuellement, environ 10 % des financements de ces épiceries).
 
Le régime fiscal de l’épicerie se définit par rapport à la réunion de conditions prévues par les articles 200 et 238 bis du CGI qui sont d’être d’intérêt général et de répondre au caractère social. Ainsi, pour être éligible au mécénat, l’épicerie doit répondre à ces deux principes. Le caractère social est rempli puisqu’elles apportent un soutien matériel (aide alimentaire) à un public fragile. Enfin, le caractère d’intérêt général qui se définit par la mise en œuvre d’activités non lucratives ouvertes à tous, dans le cadre d’une gestion désintéressée. Pour analyser le caractère non lucratif, la doctrine fiscale a posé en 1998, la règle des 4P. L’application de cette règle des 4P connaît depuis quelques années des divergences d’interprétation qui conduisent à une insécurité fiscale grandissante pour les structures qui œuvrent dans le champ de l’intérêt général.
Nous proposons donc l’adoption d’un amendement explicitant une exception pour toutes les associations habilitées à l’aide alimentaire favorisant la mixité sociale via une tarification sociale et une tarification solidaire, permettant l’éligibilité au mécénat et dons des particuliers.
 
Cet amendement n’aura pas d’impact significatif sur le budget de l’État puisque la quasi-totalité de ces structures ne sont actuellement pas fiscalisées.
 
Cet amendement a été travaillé suite à une proposition de l’Union Nationale des Groupements des Épiceries Sociales et Solidaires.

 

Vote par groupe

pourabstentioncontre
GroupePosition majoritaireMembresPourContreAbst.Non-votants
Rassemblement National contre1251 2000
Ensemble pour la République contre940 1601
La France insoumise - Nouveau Front Populaire pour7122 100
Socialistes et apparentés pour6612 000
Droite Républicaine contre470 601
Écologiste et Social pour389 000
Les Démocrates contre361 300
Horizons & Indépendants contre340 501
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires contre232 300
Gauche Démocrate et Républicaine pour175 000
UDR contre160 300
Non inscrit pour80 000

Votants

pour (52)

Erwan Balanant Dem, Christine Arrighi EcoS, Nicolas Bonnet EcoS, Cyrielle Chatelain EcoS, Marie-Charlotte Garin EcoS*, Damien Girard EcoS, Julie Laernoes EcoS, Sandra Regol EcoS, François Ruffin EcoS, Eva Sas EcoS, Édouard Bénard GDR, Soumya Bourouaha GDR, Jean-Victor Castor GDR, Frédéric Maillot GDR, Nicolas Sansu GDR, Nadège Abomangoli LFI-NFP, Christophe Bex LFI-NFP, Manuel Bompard LFI-NFP, Pierre-Yves Cadalen LFI-NFP, Bérenger Cernon LFI-NFP, Éric Coquerel LFI-NFP, Alma Dufour LFI-NFP, Mathilde Feld LFI-NFP, Clémence Guetté LFI-NFP, David Guiraud LFI-NFP, Mathilde Hignet LFI-NFP, Bastien Lachaud LFI-NFP*, Aurélien Le Coq LFI-NFP, Claire Lejeune LFI-NFP, Murielle Lepvraud LFI-NFP, Marianne Maximi LFI-NFP, Mathilde Panot LFI-NFP, René Pilato LFI-NFP, Arnaud Saint-Martin LFI-NFP, Aurélien Saintoul LFI-NFP, Anne Stambach-Terrenoir LFI-NFP, Aurélien Taché LFI-NFP, Jean-Pierre Bataille LIOT, David Taupiac LIOT, Claire Marais-Beuil RN, Karim Benbrahim SOC, Mickaël Bouloux SOC, Philippe Brun SOC, Pierrick Courbon SOC, Stéphane Delautrette SOC, Iñaki Echaniz SOC, Océane Godard SOC, Chantal Jourdan SOC, Gérard Leseul SOC, Jacques Oberti SOC, Christine Pirès Beaune SOC, Boris Vallaud SOC

contre (57)

Jean-Didier Berger DR, Josiane Corneloup DR, Eliane Kremer DR, Guillaume Lepers DR, Eric Liégeon DR, Véronique Louwagie DR, Anne Bergantz Dem, Perrine Goulet Dem, Maud Petit Dem, David Amiel EPR, Gabriel Attal EPR, Françoise Buffet EPR, Lionel Causse EPR, Jean-René Cazeneuve EPR, Emmanuelle Hoffman EPR, Sébastien Huyghe EPR, Amélia Lakrafi EPR, Marie Lebec EPR, Paul Midy EPR, Natalia Pouzyreff EPR*, Charles Rodwell EPR, Charles Sitzenstuhl EPR, Liliana Tanguy EPR, Prisca Thevenot EPR, Caroline Yadan EPR, Sylvain Berrios HOR, Félicie Gérard HOR, François Jolivet HOR, Béatrice Piron HOR, Christophe Plassard HOR*, Maxime Laisney LFI-NFP, Joël Bruneau LIOT, Charles de Courson LIOT, Laurent Mazaury LIOT, Philippe Ballard RN, Romain Baubry RN, Caroline Colombier RN*, Edwige Diaz RN, Nicolas Dragon RN, Jonathan Gery RN, Antoine Golliot RN, Géraldine Grangier RN, Timothée Houssin RN, Sébastien Humbert RN, Julie Lechanteux RN, Alexandre Loubet RN, Kévin Mauvieux RN, Stéphane Rambaud RN, Julien Rancoule RN, Matthias Renault RN, Béatrice Roullaud RN, Emeric Salmon RN, Arnaud Sanvert RN, Romain Tonussi RN, Alexandre Allegret-Pilot UDR, Éric Michoux UDR, Gérault Verny UDR

non-votant (3)

Jean-Louis Thiériot DR, Yaël Braun-Pivet EPR, Charlotte Parmentier-Lecocq HOR