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Scrutins / 15e législature

Scrutin n° 575 du 22/04/2018

Sur l'amendement n° 1000 de Mme Obono après l'article 33 bis du projet de loi pour une immigration maîtrisée, un droit d'asile effectif et une intégration réussie (première lecture).

Résultat
Rejeté
scrutin public ordinaire
Pour
20
Contre
116
Abstention
1
Votants
137
136 exprimés
Dossier
Immigration maîtrisée, droit d'asile effectif et intégration réussie (relié par : amendement)
Demandé par
Président du groupe "La France insoumise"
Objet
amendement
Source
assemblee-nationale.fr

Amendement n° 1000 · Article 33 bis

De Danièle Obono (FI) , déposé le 12/04/2018. Sort : Rejeté. Fiche de l'amendement · sur le projet de loi projet de loi sur le projet de loi, après engagement de la procédure...

Dispositif

La sous-section 1 de la section 2 du chapitre IV du titre Ier du livre III du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile est ainsi modifiée :

1°  Au premier alinéa du 1° de l’article L. 314‑8, le mot : « cinq » est remplacé par le mot : « trois » ;

2° Après le 3° de l’article L. 314‑9, il est inséré un 4° ainsi rédigé :

« 4° À l’étranger qui justifie, par tous moyens, résider en France habituellement depuis plus de quinze ans. »

Exposé sommaire

Cet amendement vise, en cohérence avec le Livret “Migrations” de la France insoumise (“Respecter les migrants, régler les causes des migrations” https ://avenirencommun.fr/le-livret-migrations/), à rétablir la carte de séjour de dix ans comme titre de séjour de référence pour les étrangers, en s’inspirant de lois d’inspiration progressiste de notre pays - telle celle du 17 juillet 1984 - ceci :

- en réduisant la durée de résidence régulière pour introduire une demande de carte de résident à 3 ans contre 5 actuellement (Nous ne faisons par là que revenir à la durée prévue par l’ordonnance n° 45‑2658 du 2 novembre 1945 relative aux conditions d’entrée et de séjour en France des étrangers qui ne prévoyait que 3 ans de séjour dans son article 16 (et une entrée au-delà de 35 ans) pour obtenir une carte de résident de dix ans - ! C’est en outre la même durée qui avait été retenue par l’article 14 de la loi du 17 juillet 1984) ;

- en considérant que ces trois années de résidence régulière requises puissent concerner également tous les titres de séjour. Les exceptions actuelles sont peu nombreuses et posent de fait un réel problème d’égalité devant la loi et de méconnaissance de nos engagements internationaux (en particulier l’article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales). Pour mémoire, ces quelques exceptions sont les suivantes : L. 313‑7, L. 313‑7‑1, L. 313‑7‑2, L. 313‑13, 3° de l’article L. 313‑20, articles L. 313‑23, L. 316‑1 ou L. 317‑1, 8° de l’article L. 314‑11, à savoir les titres étudiants, stagiaires, aux bénéficiaires de la protection subsidiaire, aux salariés qui effectuent des missions intragroupes, aux salariés saisonnier (la durée pouvant être de trois ans !), à ceux ayant déposé plainte pour certaines infractions, témoigné dans une procédure pénale ou bénéficiant de mesures de protection, titres de retraités, aux réfugiés.

Afin que cette carte de résident soit la preuve d’une trajectoire d’intégration, nous maintenons toutefois la condition de ressources pour son obtention (2° du L. 314‑8 CESEDA), en la complétant d’une disposition issue de la loi du 17 juillet 1984 (carte de résident de plein droit si le requérant établit 15 ans de résidence en France).

Nous souhaitons ainsi poursuivre et compléter la logique et les avancées en demi-teinte de la dernière loi ayant significativement modifié le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (loi n° 2016‑274 du 7 mars 2016 relative au droit des étrangers en France).

En effet, celle-ci a introduit le principe d’une carte pluriannuelle (d’une durée entre deux et quatre ans), qui n’est en aucun cas devenue une passerelle entre le titre de séjour temporaire d’un an (devant être renouvelé tous les an, ce qui en fait un titre particulièrement précaire- sans compter les délais de traitement de dossier par des préfectures sous-dotées et dysfonctionnelles comme celle de la Seine-Saint-Denis, et les difficultés de renouvellement de récépissés de demande de titre en attendant une décision du préfet…) et la carte de résident de dix ans (314‑8 du CESEDA et suivants), puisque notamment :

- 1) l’accès à cette carte pluriannuelle est en l’état du droit restreint à certains titres de séjour (313‑17 CESEDA) ;

- 2) La carte de résident délivrée pour une durée de séjour régulier est conditionnée à un séjour régulier de cinq ans, ce qui apparaît être une durée excessive au regard des législations progressistes qu’a pu connaître notre pays (modulo les législations xénophobo-rétrogrades de ces dernières années imposées par la fameuse “droitisation du spectre politique français” du Parti socialiste et de l’UMP - Les Républicains).

Il s’agit dans les faits d’un entonnoir plutôt que d’une passerelle républicaine et humaniste. Si lors de la présentation de ce projet de loi devant la Commission des lois de l’Assemblée nationale en juillet 2015 le ministre Cazeneuve avait affirmé que la carte pluriannuelle « conduira[it] à la carte de résident » « à laquelle elle ne se substitue pas », ces promesses sont restées lettre morte - bis repetita -. En effet, derrière de tels affichages politiques prétendant instaurer une trajectoire d’insertion respectueuse des droits et de la volonté des étrangers résidant régulièrement sur le territoire, il s’agissait donc probablement seulement de diminuer le temps de traitement administratif (ce qui constituait toutefois une avancée étant donné les délais intolérables de nombreuses administrations préfectorales - à ce titre, de nombreuses associations telles la CIMADE et le GISTI ont documenté l’ignominie du traitement des dossiers de nombreux ressortissants étrangers https ://www.gisti.org/spip.php ?article 2051 ; https ://www.gisti.org/spip.php ?article 4767).

En définitive, cet amendement permet donc bien de rétablir la carte de séjour de dix ans comme titre de séjour de référence pour les étrangers.

Vote par groupe

pourabstentioncontre
GroupePosition majoritaireMembresPourContreAbst.Non-votants
La République en Marche contre3121 7501
Les Républicains contre1020 2500
Mouvement Démocrate et apparentés contre470 910
UDI, Agir et Indépendants contre320 100
Nouvelle Gauche pour319 000
Non inscrit contre190 600
La France insoumise pour178 000
Gauche démocrate et républicaine pour162 000

Votants

pour (20)

Éric Coquerel FI, Alexis Corbière FI, Bastien Lachaud FI, Jean-Luc Mélenchon FI, Danièle Obono FI, Mathilde Panot FI, Loïc Prud'homme FI, Bénédicte Taurine FI, Sébastien Jumel GDR, Jean-Paul Lecoq GDR, Sandrine Mörch LaREM, Marie-Noëlle Battistel NG, Jean-Louis Bricout NG, Alain David NG, Laurence Dumont NG, Olivier Faure NG, Jérôme Lambert NG, Christine Pirès Beaune NG, Boris Vallaud NG, Michèle Victory NG

contre (116)

Emmanuelle Anthoine LR, Valérie Bazin-Malgras LR, Valérie Beauvais LR, Émilie Bonnivard LR, Valérie Boyer LR, Éric Ciotti LR, Pierre Cordier LR, Vincent Descoeur LR, Fabien Di Filippo LR, Pierre-Henri Dumont LR, Claude de Ganay LR, Claude Goasguen LR, Christian Jacob LR, Brigitte Kuster LR, Valérie Lacroute LR, Constance Le Grip LR, Véronique Louwagie LR, Gilles Lurton LR, Jean-Louis Masson LR, Maxime Minot LR, Alain Ramadier LR, Isabelle Valentin LR, Pierre Vatin LR, Patrice Verchère LR, Stéphane Viry LR, Caroline Abadie LaREM, Bérangère Abba LaREM, Éric Alauzet LaREM, Ramlati Ali LaREM, Xavier Batut LaREM, Sophie Beaudouin-Hubiere LaREM, Belkhir Belhaddad LaREM, Christophe Blanchet LaREM, Yves Blein LaREM, Pascal Bois LaREM, Julien Borowczyk LaREM, Florent Boudié LaREM, Jean-Jacques Bridey LaREM, Stéphane Buchou LaREM, Pierre Cabaré LaREM, Céline Calvez LaREM, Lionel Causse LaREM, Philippe Chalumeau LaREM, Fannette Charvier LaREM, Fabienne Colboc LaREM, Marc Delatte LaREM, Nicolas Démoulin LaREM, Benjamin Dirx LaREM, Jacqueline Dubois LaREM, Christelle Dubos LaREM, Élise Fajgeles LaREM, Jean-Michel Fauvergue LaREM, Albane Gaillot LaREM, Thomas Gassilloud LaREM, Anne Genetet LaREM, Raphaël Gérard LaREM, Séverine Gipson LaREM, Éric Girardin LaREM, Olga Givernet LaREM, Nadia Hai LaREM, Pierre Henriet LaREM, Sacha Houlié LaREM, Guillaume Kasbarian LaREM, Stéphanie Kerbarh LaREM, Yannick Kerlogot LaREM, Mustapha Laabid LaREM, Daniel Labaronne LaREM, Gilles Le Gendre LaREM, Annaïg Le Meur LaREM, Jean-Claude Leclabart LaREM, Martine Leguille-Balloy LaREM, Jacqueline Maquet LaREM, Jacques Marilossian LaREM, Sandra Marsaud LaREM, Graziella Melchior LaREM, Ludovic Mendes LaREM, Thomas Mesnier LaREM, Cendra Motin LaREM, Zivka Park LaREM, Pierre Person LaREM, Michèle Peyron LaREM, Laurent Pietraszewski LaREM, Benoit Potterie LaREM, Natalia Pouzyreff LaREM, Isabelle Rauch LaREM, Rémy Rebeyrotte LaREM, Hugues Renson LaREM, Marie-Pierre Rixain LaREM, Thomas Rudigoz LaREM, Pacôme Rupin LaREM, Jean-Bernard Sempastous LaREM, Sira Sylla LaREM, Liliana Tanguy LaREM, Vincent Thiébaut LaREM, Valérie Thomas LaREM, Alice Thourot LaREM, Huguette Tiegna LaREM, Frédérique Tuffnell LaREM, Alexandra Valetta Ardisson LaREM, Martine Wonner LaREM, Nathalie Elimas MODEM, Marc Fesneau MODEM, Isabelle Florennes MODEM, Laurent Garcia MODEM, Brahim Hammouche MODEM, Élodie Jacquier-Laforge MODEM, Bruno Millienne MODEM, Jimmy Pahun MODEM, Marielle de Sarnez MODEM, Bruno Bilde NI, Jeanine Dubié NI, Marine Le Pen NI, Emmanuelle Ménard NI, Ludovic Pajot NI, Sylvia Pinel NI, Meyer Habib UDI-AGIR

abstention (1)

Maud Petit MODEM

non-votant (1)

François de Rugy LaREM