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Scrutins / 15e législature

Scrutin n° 573 du 22/04/2018

Sur l'amendement n° 994 de Mme Taurine après l'article 33 bis du projet de loi pour une immigration maîtrisée, un droit d'asile effectif et une intégration réussie (première lecture).

Résultat
Rejeté
scrutin public ordinaire
Pour
23
Contre
113
Abstention
1
Votants
137
136 exprimés
Dossier
Immigration maîtrisée, droit d'asile effectif et intégration réussie (relié par : amendement)
Demandé par
Président du groupe "La France insoumise"
Objet
amendement
Source
assemblee-nationale.fr

Amendement n° 994 · Article 33 bis

De Bénédicte Taurine (FI) , déposé le 12/04/2018. Sort : Rejeté. Fiche de l'amendement · sur le projet de loi projet de loi sur le projet de loi, après engagement de la procédure...

Dispositif

Après le premier alinéa de l’article L. 313‑14 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, il est inséré un alinéa ainsi rédigé :

« L’appréciation des conditions d’admissions précisées au premier alinéa se fait par l’autorité administrative en prenant en compte, au seul bénéfice de la personne concernée, les discriminations, en particulier celles liées à l’origine, au genre, à l’âge, à la situation de famille et de grossesse, au handicap, notamment eu égard à leurs effets en termes d’intégration professionnelle, économique et sociale. »

Exposé sommaire

L’article L. 313‑14 du CESEDA, créé en 2006, a constitué la première base légale explicite pour l’admission exceptionnelle au séjour, qui était précédemment exercée de manière discrétionnaire par l’autorité préfectorale.

Afin de cadrer cette admission exceptionnelle au séjour, différentes circulaires interprétatives du ministre de l’Intérieur ont ainsi précisé les modalités de son application.

À cet effet, la circulaire dite « Valls » du 28 novembre 2012 prévoit notamment différentes possibilités d’admission exceptionnelle au séjour, telles que celles relatives à l’octroi d’un titre de séjour « salarié », ou « vie privée et familiale ».

Or, par exemple, en ce qui concerne l’admission exceptionnelle au séjour au titre du travail est ainsi encadrée : nécessité de présenter « un contrat de travail ou une promesse d’embauche, (…) une ancienneté de travail de 8 mois, consécutifs ou non sur les 24 derniers mois ou de 30 mois, consécutifs ou non, sur les 5 dernières années (…) une ancienneté de séjour significative, qui ne pourra qu’exceptionnellement être inférieure à cinq années de présence effective en France (…) [ainsi qu’une] rémunération au moins égale au salaire minimum de croissance mensuel. ».

Or, toutes les personnes ne sont pas égales face à l’appréciation de ces critères de régularisation, puisque les discriminations de tout type impliquent que les victimes de celles-ci sont doublement préjudiciées (dans leur vie personnelle et professionnelle, et dans le cadre d’une demande de titre de séjour sur le fondement de l’article L. 313‑14 du CESEDA).

A titre d’exemple, pour les inégalités entre femmes et hommes, l’INSEE a notamment produit une dernière étude complète en 2017 (https ://www.insee.fr/fr/statistiques/2586548) qui liste toutes les disparités d’accès à l’emploi, à un salaire de même niveau que celui des hommes pour un travail égal, à d’autres activités de par l’importance des charges domestiques et de famille par exemple). Ainsi, si le SMIC est demandé dans le cadre de la circulaire VALLS, que dire de ces femmes qui percevaient dans le secteur privé en moyenne 18 % de moins que les hommes en équivalent temps plein (https ://www.inegalites.fr/Les-inegalites-de-salaires-entre-les-femmes-et-les-hommes-etat-des-lieux). Comment peut-on apprécier de manière similaire l’insertion professionnelle d’une personne en situation de handicap (https ://www.defenseurdesdroits.fr/sites/default/files/atoms/files/rapport_sur_lemploi_des_femmes_en_situation_de_handicap-accessiblefinal.pdf) ou par rapport à son âge (https ://www.defenseurdesdroits.fr/sites/default/files/atoms/files/ddd_fic_age.pdf) ?

Pour ce faire, et éviter de renforcer ces discriminations, la rédaction actuelle de l’article L. 313‑14 et sa circulaire d’application créant ainsi une forme de « double peine » nous proposons d’imposer à l’autorité administrative de prendre en compte l’existence de ces discriminations pour apprécier le droit au séjour des personnes faisant une demande de titre sur le fondement de l’article L. 313‑14 du CESEDA.

Vote par groupe

pourabstentioncontre
GroupePosition majoritaireMembresPourContreAbst.Non-votants
La République en Marche contre3122 7311
Les Républicains contre1020 2700
Mouvement Démocrate et apparentés contre470 1000
UDI, Agir et Indépendants pour320 000
Nouvelle Gauche pour319 000
Non inscrit contre190 300
La France insoumise pour179 000
Gauche démocrate et républicaine pour163 000

Votants

pour (23)

Éric Coquerel FI, Alexis Corbière FI, Bastien Lachaud FI, Jean-Luc Mélenchon FI, Danièle Obono FI, Mathilde Panot FI, Loïc Prud'homme FI, Sabine Rubin FI, Bénédicte Taurine FI, Elsa Faucillon GDR, Sébastien Jumel GDR, Jean-Paul Lecoq GDR, Sonia Krimi LaREM, Frédérique Tuffnell LaREM, Marie-Noëlle Battistel NG, Christophe Bouillon NG, Jean-Louis Bricout NG, Alain David NG, Marietta Karamanli NG, Jérôme Lambert NG, Christine Pirès Beaune NG, Boris Vallaud NG, Michèle Victory NG

contre (113)

Emmanuelle Anthoine LR, Valérie Bazin-Malgras LR, Valérie Beauvais LR, Émilie Bonnivard LR, Valérie Boyer LR, Éric Ciotti LR, Pierre Cordier LR, Vincent Descoeur LR, Fabien Di Filippo LR, Pierre-Henri Dumont LR, Claude de Ganay LR, Claude Goasguen LR, Sébastien Huyghe LR, Christian Jacob LR, Brigitte Kuster LR, Valérie Lacroute LR, Guillaume Larrivé LR, Constance Le Grip LR, Véronique Louwagie LR, Gilles Lurton LR, Jean-Louis Masson LR, Maxime Minot LR, Alain Ramadier LR, Isabelle Valentin LR, Pierre Vatin LR, Patrice Verchère LR, Stéphane Viry LR, Caroline Abadie LaREM, Bérangère Abba LaREM, Éric Alauzet LaREM, Ramlati Ali LaREM, Xavier Batut LaREM, Sophie Beaudouin-Hubiere LaREM, Belkhir Belhaddad LaREM, Christophe Blanchet LaREM, Pascal Bois LaREM, Julien Borowczyk LaREM, Bertrand Bouyx LaREM, Pascale Boyer LaREM, Jean-Jacques Bridey LaREM, Anne Brugnera LaREM, Stéphane Buchou LaREM, Pierre Cabaré LaREM, Céline Calvez LaREM, Lionel Causse LaREM, Philippe Chalumeau LaREM, Fannette Charvier LaREM, Marc Delatte LaREM, Benjamin Dirx LaREM, Jacqueline Dubois LaREM, Christelle Dubos LaREM, Élise Fajgeles LaREM, Jean-Luc Fugit LaREM, Thomas Gassilloud LaREM, Anne Genetet LaREM, Raphaël Gérard LaREM, Séverine Gipson LaREM, Éric Girardin LaREM, Olga Givernet LaREM, Stanislas Guerini LaREM, Nadia Hai LaREM, Pierre Henriet LaREM, Sacha Houlié LaREM, Guillaume Kasbarian LaREM, Stéphanie Kerbarh LaREM, Yannick Kerlogot LaREM, Mustapha Laabid LaREM, Daniel Labaronne LaREM, Gilles Le Gendre LaREM, Annaïg Le Meur LaREM, Martine Leguille-Balloy LaREM, Roland Lescure LaREM, Jacqueline Maquet LaREM, Jacques Marilossian LaREM, Sandra Marsaud LaREM, Jean François Mbaye LaREM, Graziella Melchior LaREM, Thomas Mesnier LaREM, Sandrine Mörch LaREM, Cendra Motin LaREM, Zivka Park LaREM, Pierre Person LaREM, Michèle Peyron LaREM, Laurent Pietraszewski LaREM, Benoit Potterie LaREM, Natalia Pouzyreff LaREM, Isabelle Rauch LaREM, Rémy Rebeyrotte LaREM, Hugues Renson LaREM, Marie-Pierre Rixain LaREM, Thomas Rudigoz LaREM, Jean-Bernard Sempastous LaREM, Sira Sylla LaREM, Liliana Tanguy LaREM, Valérie Thomas LaREM, Alice Thourot LaREM, Huguette Tiegna LaREM, Alexandra Valetta Ardisson LaREM, Patrick Vignal LaREM, Martine Wonner LaREM, Erwan Balanant MODEM, Jean-Noël Barrot MODEM, Nathalie Elimas MODEM, Isabelle Florennes MODEM, Laurent Garcia MODEM, Brahim Hammouche MODEM, Élodie Jacquier-Laforge MODEM, Bruno Millienne MODEM, Jimmy Pahun MODEM, Marielle de Sarnez MODEM, Sébastien Chenu NI, Emmanuelle Ménard NI, Ludovic Pajot NI

abstention (1)

Matthieu Orphelin LaREM

non-votant (1)

François de Rugy LaREM

Mises au point

Députés ayant déclaré après coup avoir voulu voter autrement (le résultat n'est pas modifié).