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Scrutins / 15e législature

Scrutin n° 565 du 22/04/2018

Sur l'amendement n° 998 de M. Lachaud après l'article 33 bis du projet de loi pour une immigration maîtrisée, un droit d'asile effectif et une intégration réussie (première lecture).

Résultat
Rejeté
scrutin public ordinaire
Pour
16
Contre
142
Abstention
1
Votants
159
158 exprimés
Dossier
Immigration maîtrisée, droit d'asile effectif et intégration réussie (relié par : amendement)
Demandé par
Président du groupe "La France insoumise"
Objet
amendement
Source
assemblee-nationale.fr

Amendement n° 998 · Article 33 bis

De Bastien Lachaud (FI) , déposé le 12/04/2018. Sort : Rejeté. Fiche de l'amendement · sur le projet de loi projet de loi sur le projet de loi, après engagement de la procédure...

Dispositif

Le paragraphe 3 de la section 1 du chapitre III du titre Ier bis du livre Ier du code civil est ainsi modifié :

1° L’article 21‑7 est ainsi rédigé :

« Art. 21‑7. – Tout enfant né sur le territoire de la République est reconnu comme français, à moins que ses parents, s’ils sont tous deux étrangers, ne s’y opposent. » ;

2° Après le mot : « Français », la fin du premier alinéa de l’article 21‑8 est ainsi rédigée : « à partir de sa majorité. » ;

3° Le dernier alinéa de l’article 21‑9 est supprimé ;

4° L’article 21‑11 est abrogé.

Exposé sommaire

Le code civil dispose actuellement que l’enfant étranger souhaitant acquérir la nationalité française dispose de cette faculté sous certaines conditions. Or, nombreux sont ceux qui ignorent l’existence de cette faculté.

Plus précisément, l’article 21‑7 dispose que tout enfant né en France de parents étrangers acquiert la nationalité française à sa majorité si, à cette date, il a en France sa résidence et s’il a eu sa résidence habituelle en France pendant une période continue ou discontinue d’au moins cinq ans, depuis l’âge de onze ans.

L’article 21‑8 dispose que l’intéressé a la faculté de déclarer, sous réserve qu’il prouve qu’il a la nationalité d’un État étranger, qu’il décline la qualité de Français dans les six mois qui précèdent sa majorité ou dans les douze mois qui la suivent. Dans ce dernier cas, il est réputé n’avoir jamais été français.

L’article 21‑11 dispose que l’enfant mineur né en France de parents étrangers peut à partir de l’âge de seize ans réclamer la nationalité française par déclaration si, au moment de sa déclaration, il a en France sa résidence et s’il a eu sa résidence habituelle en France pendant une période continue ou discontinue d’au moins cinq ans, depuis l’âge de onze ans. Dans les mêmes conditions, la nationalité française peut être réclamée, au nom de l’enfant mineur né en France de parents étrangers, à partir de l’âge de treize ans, la condition de résidence habituelle en France devant alors être remplie à partir de l’âge de huit ans. Le consentement du mineur est requis, sauf s’il est empêché d’exprimer sa volonté.

Toutes ces conditions d’accès à la nationalité française pour l’enfant mineur né en France de parents étranger nous paraissent inappropriées vis-à-vis de l’intérêt de l’enfant et surtout contraires à notre identité républicaine. La France est une communauté politique et non une réalité ethnique. Dès lors, c’est l’existence d’un destin commun qui doit fonder l’accès à la nationalité. 

Il est naturellement hors de question de différencier les territoires de la République en matière d’accès à la nationalité. Certains, au nom d’une prétendue crise migratoire à Mayotte et en Guyane, voudraient donner un statut dérogatoire à ces territoires. D’une part, bien que le nombre de naissances ait augmenté de 45 % entre 2013 et 2016, que les mères natives de l’étranger sont les principales contributrices de cette forte progression et que les trois quarts des enfants nés en 2016 ont une mère de nationalité étrangère, comorienne pour la plupart, il n’en reste pas moins que six bébés sur dix ont au moins un de leurs parents français. D’autre part, il est impossible de rompre l’unité de la République qui se déduit de son indivisibilité (Article premier de la Constitution de 1958), ainsi que de l’égalité des citoyens devant la loi (Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, et article 6 et premier de la Constitution de 1958). Ces principes postulent que les conditions d’accès à la nationalité française soient les mêmes sur l’ensemble du territoire français.

Puisque la volonté de participer à l’avenir de la France est consubstantiel à la qualité de français, nous maintenons la possibilité de décliner cette qualité à l’enfant né en France de parents étrangers à partir de ses dix-huit ans ouvrés. Il est dans l’intérêt de l’enfant que cette possibilité ne lui soit pas ouverte avant sa majorité, afin d’éviter tout problème de double nationalité, tous les États ne reconnaissant pas ce statut (comme la Chine, le Japon ou l’Ukraine ), voire d’apatridie (Selon l’OFPRA : « le terme d’apatride s’appliquera à toute personne qu’aucun État ne considère comme son ressortissant par application de sa législation ») (Aujourd’hui à travers le monde, au moins 10 millions de personnes sont privées de nationalité. De ce fait, elles n’ont souvent pas le droit d’aller à l’école, de consulter un médecin, d’occuper un emploi, d’ouvrir un compte bancaire, d’acheter une maison ou même de se marier). 

Nous proposons de supprimer l’article 21‑9 (qui stipule que « toute personne qui remplit les conditions prévues à l’article 21‑7 pour acquérir la qualité de Français perd la faculté de décliner celle-ci si elle contracte un engagement dans les armées françaises », et que « tout mineur né en France de parents étrangers, qui est régulièrement incorporé en qualité d’engagé, acquiert la nationalité française à la date de son incorporation. ») qui n’a plus lieu d’être étant donnée la modification que nous apportons à l’article 21‑7.

Nous proposons de supprimer l’article 21‑11 (qui stipule que « L’enfant mineur né en France de parents étrangers peut à partir de l’âge de seize ans réclamer la nationalité française par déclaration si, au moment de sa déclaration, il a en France sa résidence et s’il a eu sa résidence habituelle en France pendant une période continue ou discontinue d’au moins cinq ans, depuis l’âge de onze ans. ») qui n’a plus lieu d’être étant donnée la modification que nous apportons à l’article 21‑7.

Vote par groupe

pourabstentioncontre
GroupePosition majoritaireMembresPourContreAbst.Non-votants
La République en Marche contre3121 9611
Les Républicains contre1020 2800
Mouvement Démocrate et apparentés contre470 800
UDI, Agir et Indépendants contre320 401
Nouvelle Gauche pour311 100
Non inscrit contre193 500
La France insoumise pour178 000
Gauche démocrate et républicaine pour163 000

Votants

pour (16)

Éric Coquerel FI, Alexis Corbière FI, Bastien Lachaud FI, Jean-Luc Mélenchon FI, Danièle Obono FI, Loïc Prud'homme FI, Sabine Rubin FI, Bénédicte Taurine FI, Marie-George Buffet GDR, Sébastien Jumel GDR, Jean-Paul Lecoq GDR, Sonia Krimi LaREM, Alain David NG, Jeanine Dubié NI, M'jid El Guerrab NI, Sylvia Pinel NI

contre (142)

Emmanuelle Anthoine LR, Valérie Bazin-Malgras LR, Valérie Beauvais LR, Émilie Bonnivard LR, Valérie Boyer LR, Éric Ciotti LR, Pierre Cordier LR, Fabien Di Filippo LR, Éric Diard LR, Pierre-Henri Dumont LR, Claude de Ganay LR, Claude Goasguen LR, Michel Herbillon LR, Sébastien Huyghe LR, Christian Jacob LR, Mansour Kamardine LR, Valérie Lacroute LR, Guillaume Larrivé LR, Constance Le Grip LR, Véronique Louwagie LR, Gilles Lurton LR, Jean-Louis Masson LR, Maxime Minot LR, Antoine Savignat LR, Isabelle Valentin LR, Pierre Vatin LR, Patrice Verchère LR, Stéphane Viry LR, Caroline Abadie LaREM, Bérangère Abba LaREM, Laetitia Avia LaREM, Frédéric Barbier LaREM, Xavier Batut LaREM, Sophie Beaudouin-Hubiere LaREM, Belkhir Belhaddad LaREM, Christophe Blanchet LaREM, Pascal Bois LaREM, Aude Bono-Vandorme LaREM, Julien Borowczyk LaREM, Florent Boudié LaREM, Bertrand Bouyx LaREM, Pascale Boyer LaREM, Yaël Braun-Pivet LaREM, Jean-Jacques Bridey LaREM, Anne Brugnera LaREM, Stéphane Buchou LaREM, Pierre Cabaré LaREM, Céline Calvez LaREM, Philippe Chalumeau LaREM, Fannette Charvier LaREM, Fabienne Colboc LaREM, Michèle Crouzet LaREM, Olivier Damaisin LaREM, Marc Delatte LaREM, Nicolas Démoulin LaREM, Frédéric Descrozaille LaREM, Benjamin Dirx LaREM, Jacqueline Dubois LaREM, Christelle Dubos LaREM, Coralie Dubost LaREM, Jean-François Eliaou LaREM, Élise Fajgeles LaREM, Richard Ferrand LaREM, Alexandre Freschi LaREM, Jean-Luc Fugit LaREM, Albane Gaillot LaREM, Thomas Gassilloud LaREM, Raphaël Gauvain LaREM, Anne Genetet LaREM, Raphaël Gérard LaREM, Séverine Gipson LaREM, Éric Girardin LaREM, Olga Givernet LaREM, Fabien Gouttefarde LaREM, Stanislas Guerini LaREM, Nadia Hai LaREM, Pierre Henriet LaREM, Sacha Houlié LaREM, Philippe Huppé LaREM, Caroline Janvier LaREM, François Jolivet LaREM, Guillaume Kasbarian LaREM, Stéphanie Kerbarh LaREM, Yannick Kerlogot LaREM, Mustapha Laabid LaREM, Daniel Labaronne LaREM, François-Michel Lambert LaREM, Gilles Le Gendre LaREM, Annaïg Le Meur LaREM, Christophe Lejeune LaREM, Roland Lescure LaREM, Jacqueline Maquet LaREM, Jacques Marilossian LaREM, Sandra Marsaud LaREM, Stéphane Mazars LaREM, Graziella Melchior LaREM, Ludovic Mendes LaREM, Thomas Mesnier LaREM, Sandrine Mörch LaREM, Mickaël Nogal LaREM, Zivka Park LaREM, Pierre Person LaREM, Valérie Petit LaREM, Michèle Peyron LaREM, Béatrice Piron LaREM, Benoit Potterie LaREM, Éric Poulliat LaREM, Bruno Questel LaREM, Rémy Rebeyrotte LaREM, Marie-Pierre Rixain LaREM, Thomas Rudigoz LaREM, Pacôme Rupin LaREM, Laetitia Saint-Paul LaREM, Jean-Bernard Sempastous LaREM, Sira Sylla LaREM, Liliana Tanguy LaREM, Jean Terlier LaREM, Vincent Thiébaut LaREM, Valérie Thomas LaREM, Alice Thourot LaREM, Huguette Tiegna LaREM, Alexandra Valetta Ardisson LaREM, Cédric Villani LaREM, Martine Wonner LaREM, Nathalie Elimas MODEM, Isabelle Florennes MODEM, Bruno Fuchs MODEM, Laurent Garcia MODEM, Brahim Hammouche MODEM, Élodie Jacquier-Laforge MODEM, Bruno Millienne MODEM, Marielle de Sarnez MODEM, Marie-Noëlle Battistel NG, Louis Aliot NI, Bruno Bilde NI, Gilbert Collard NI, Emmanuelle Ménard NI, Ludovic Pajot NI, Pierre-Yves Bournazel UDI-AGIR, Agnès Firmin Le Bodo UDI-AGIR, Meyer Habib UDI-AGIR, Lise Magnier UDI-AGIR

abstention (1)

Jean-Michel Clément LaREM

non-votant (2)

François de Rugy LaREM, Yves Jégo UDI-AGIR