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Scrutins / 16e législature

Scrutin n° 3232 du 22/01/2024

Sur l'amendement n° 327 du Gouvernement et l'amendement identique suivant après l'article 3 bis du projet de loi relatif à l'accélération et à la simplification de la rénovation de l'habitat dégradé et des grandes opérations d'aménagement (première lecture).

Résultat
Adopté
scrutin public ordinaire
Pour
59
Contre
31
Abstention
1
Votants
91
90 exprimés
Dossier
Accélération et à la simplification de la rénovation de l'habitat dégradé et des grandes opérations d'aménagement (relié par : amendement)
Demandé par
Présidente du groupe "Écologiste - NUPES"
Objet
amendement
Source
assemblee-nationale.fr

Amendement n° 327 · Article 3 bis

Gouvernement , déposé le 18/01/2024. Sort : Adopté. Fiche de l'amendement · sur le projet de loi projet de loi sur le projet de loi, après engagement de la procédure...

Dispositif

Au II de l’article 11‑1 de la loi n° 2011‑725 du 23 juin 2011 portant dispositions particulières relatives aux quartiers d’habitat informel et à la lutte contre l’habitat indigne dans les départements et régions d’outre-mer, les mots : « est en cours d’édification » sont remplacés par les mots : « a été construit depuis moins de quatre-vingt-seize heures ».

 

Exposé sommaire

Les territoires de Mayotte et de Guyane sont confrontés à une expansion rapide des constructions illicites par des occupants sans droit ni titre, dans un contexte de pression migratoire sans équivalent sur le territoire national. Mayotte compte près de 30 000 baraquements de fortune en tôle (« bangas ») occupés majoritairement par des ressortissants étrangers en situation irrégulière. Ce chiffre ne cesse de croître. Il en va de même en Guyane, où ce chiffre est d’environ 41 000, en forte augmentation depuis l’arrivée massive d’étrangers en situation irrégulière en provenance de la Caraïbe, notamment d’Haïti, depuis 2015.

Cette extension de l’habitat informel en Guyane et à Mayotte est à l’origine de troubles graves à l’ordre public (affrontements réguliers entre bandes, tensions communautaires violentes, incendie de la Mairie de Koungou le 27 septembre 2021 en conséquence de la destruction du bidonville voisin par les autorités) et de drames humains à qui rappellent la nécessite d’endiguer rapidement ce phénomène. De plus, cet habitat informel neutralise des terrains potentiellement constructibles, entravant lourdement la réalisation des opérations de construction de logements et de services indispensables à ces territoires au regard de leur retard de développement, de l’ampleur et de la croissance de leurs besoins, dans un contexte où la difficulté de mobilisation du foncier est un des freins majeurs à la production de logement en particulier.

Le II de l’article 197 de la loi n° 2018-1021 du 23 novembre 2018 portant évolution du logement, de l'aménagement et du numérique prévoit une procédure qui permet au préfet, après constat par un officier de police judiciaire, d'ordonner la démolition d'une installation en cours d'édification sans droit ni titre dans un secteur d'habitat informel :

« II.- Lorsqu'il est constaté, par procès-verbal dressé par un officier de police judiciaire, qu'un local ou une installation est en cours d'édification sans droit ni titre dans un secteur d'habitat informel au sens du deuxième alinéa de l'article 1er-1 de la loi n° 90-449 du 31 mai 1990 précitée, le représentant de l'Etat dans le département peut, par arrêté, ordonner au propriétaire de procéder à sa démolition dans un délai de vingt-quatre heures à compter de la notification de l'acte, effectuée dans les conditions prévues au I du présent article ».

Depuis son entrée en vigueur, dans la pratique, cette mesure se révèle peu appropriée et sans portée réelle. En effet, les personnes qui construisent sans droit ni titre ces habitats connaissent la portée de la loi et adaptent leur pratique pour la rendre inopérante. Les intéressés débutent délibérément les édifications en toute fin de semaine, souvent le vendredi après-midi, et les achèvent durant le samedi et le dimanche, jours durant lesquels la surveillance des services est évidemment moindre voire absente, afin de mettre ainsi les services de l’Etat devant le fait accompli le lundi d'une construction achevée et non plus en cours d’édification.

Afin améliorer cette disposition visée et la rendre plus applicable, le présent amendement propose de retenir un délai fixe de 96 heures au lieu de "en cours d'édification".

Ainsi, la modification donnerait une portée réelle à l’article 197 de la loi n° 2018-1021 du 23 novembre 2018 portant évolution du logement, de l'aménagement et du numérique, en permettant aux préfets de Guyane et de Mayotte, de procéder aux démolitions de locaux et installations par ensemble homogène d’habitat informel, dans des conditions permettant d’améliorer les capacités opérationnelles existantes afin de lutter contre le développement massif de bidonvilles. Cela permettra in fine de disposer de possibilités de développement d'activités légales et encadrées.

Vote par groupe

pourabstentioncontre
GroupePosition majoritaireMembresPourContreAbst.Non-votants
Renaissance pour17033 000
Rassemblement National pour8813 101
La France insoumise - Nouvelle Union Populaire écologique et sociale contre750 2000
Les Républicains pour623 000
Démocrate (MoDem et Indépendants) pour515 000
Socialistes et apparentés (membre de l’intergroupe NUPES) contre310 200
Horizons et apparentés pour294 000
Écologiste - NUPES contre230 400
Gauche démocrate et républicaine - NUPES contre220 400
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires abstention210 010
Non inscrit pour51 000

Votants

pour (59)

Jean-Louis Bourlanges Dem*, Romain Daubié Dem, Marina Ferrari Dem, Sophie Mette Dem, Louise Morel Dem, Félicie Gérard HOR, Stéphanie Kochert HOR*, Luc Lamirault HOR, Frédéric Valletoux HOR, Thibault Bazin LR, Sylvie Bonnet LR, Justine Gruet LR*, Emmanuelle Ménard NI, Benoît Bordat RE, Éric Bothorel RE, Anthony Brosse RE, Danielle Brulebois RE, Lionel Causse RE, Christine Decodts RE, Ingrid Dordain RE, Nicole Dubré-Chirat RE, Philippe Frei RE, Hadrien Ghomi RE, Joël Giraud RE*, Yannick Haury RE*, Guillaume Kasbarian RE, Brigitte Klinkert RE, Amélia Lakrafi RE*, Virginie Lanlo RE, Pascal Lavergne RE*, Sandra Marsaud RE, Marjolaine Meynier-Millefert RE, Emmanuel Pellerin RE, Anne-Laurence Petel RE, Michèle Peyron RE, Jean-Pierre Pont RE, Natalia Pouzyreff RE*, Cécile Rilhac RE, Véronique Riotton RE, Lionel Royer-Perreaut RE, Freddy Sertin RE, Bruno Studer RE*, Liliana Tanguy RE*, David Valence RE, Guillaume Vuilletet RE, Jean-Marc Zulesi RE, Romain Baubry RN, Christophe Bentz RN, Jocelyn Dessigny RN, Sandrine Dogor-Such RN, Yoann Gillet RN, Laurent Jacobelli RN, Alexis Jolly RN, Gisèle Lelouis RN, Katiana Levavasseur RN, Michèle Martinez RN, Kévin Mauvieux RN, Yaël Ménaché RN*, Anaïs Sabatini RN

contre (31)

Julien Bayou Ecolo - NUPES, Karim Ben Cheikh Ecolo - NUPES, Jérémie Iordanoff Ecolo - NUPES, Jean-Claude Raux Ecolo - NUPES, Émeline K/Bidi GDR - NUPES, Karine Lebon GDR - NUPES*, Jean-Paul Lecoq GDR - NUPES, Stéphane Peu GDR - NUPES, Ségolène Amiot LFI - NUPES, Jean-François Coulomme LFI - NUPES, Karen Erodi LFI - NUPES, Emmanuel Fernandes LFI - NUPES*, Caroline Fiat LFI - NUPES, Andy Kerbrat LFI - NUPES, Élise Leboucher LFI - NUPES*, William Martinet LFI - NUPES, Damien Maudet LFI - NUPES, Manon Meunier LFI - NUPES, Mathilde Panot LFI - NUPES, René Pilato LFI - NUPES, François Piquemal LFI - NUPES, Thomas Portes LFI - NUPES*, Sébastien Rome LFI - NUPES, Aurélien Saintoul LFI - NUPES, Danielle Simonnet LFI - NUPES, Ersilia Soudais LFI - NUPES, Anne Stambach-Terrenoir LFI - NUPES*, Andrée Taurinya LFI - NUPES, Frédéric Boccaletti RN, Iñaki Echaniz SOC, Hervé Saulignac SOC

abstention (1)

David Taupiac LIOT

non-votant (1)

Hélène Laporte RN

Mises au point

Députés ayant déclaré après coup avoir voulu voter autrement (le résultat n'est pas modifié).