AN · données ouvertes
Scrutins / 15e législature

Scrutin n° 493 du 19/04/2018

Sur l'amendement n° 900 de Mme Obono à l'article 5 du projet de loi pour une immigration maîtrisée, un droit d'asile effectif et une intégration réussie (première lecture).

Résultat
Rejeté
scrutin public ordinaire
Pour
11
Contre
105
Abstention
14
Votants
130
116 exprimés
Dossier
Immigration maîtrisée, droit d'asile effectif et intégration réussie (relié par : amendement)
Demandé par
Président du groupe "La France insoumise"
Objet
amendement
Source
assemblee-nationale.fr

Amendement n° 900 · Article 5

De Danièle Obono (FI) , déposé le 12/04/2018. Sort : Rejeté. Fiche de l'amendement · sur le projet de loi projet de loi sur le projet de loi, après engagement de la procédure...

Dispositif

I. – Substituer aux alinéas 2 à 10 les deux alinéas suivants :

« 1° Les sept derniers alinéas de l’article L. 722‑1 sont supprimés ;

« 2° L’article L. 723‑2 est abrogé ; ».

II. – En conséquence, compléter cet article par l’alinéa suivant :

« III. – Les demandes d’asiles déposées avant la promulgation de la présente loi sont traitées selon une même procédure, qui n’est pas la procédure accélérée mentionnée à l’article R. 723‑4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. »

Exposé sommaire

Cet amendement vise à supprimer la procédure dite accélérée, qui permet de traiter les demandes d’asile selon une procédure simplifiée lorsque le pays tiers vers lequel l’étranger doit être renvoyé est considéré comme étant un « pays d’origine sûr ». Outre les insuffisances de la procédure prioritaire régulièrement dénoncées et la violation constatée du droit à un recours effectif qu’elle constitue, cet amendement conduit à rendre caduque la notion de « pays d’origine sûr », qui introduit une discrimination entre les réfugiés.

Tout d’abord cette liste est indigne politiquement et est un non-sens diplomatique. Preuves en sont les débats houleux qui ont toujours été conduits au sein du Conseil de l’Europe depuis le Conseil européen de Tampere de 1999, où cette notion est apparue pour la première fois dans la politique d’asile et d’immigration. Aucun pays, même le plus démocratique, ne peut assurer la sûreté de l’ensemble de ses citoyens.

Mais cette procédure repose sur un objectif de gestion des flux humains pleinement assumé : gagner du temps, décourager les demandeurs d’asile et en conséquence de réduire les statistiques. C’est en ce sens que le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) a exprimé à plusieurs reprise la crainte de voir les demandeurs d’asile de pays jugés d’origine sûrs automatiquement rejetés sans avoir la possibilité de se défendre. Cette crainte a surtout une réalité, rappelons ainsi la condamnation, à l’unanimité, de la France le 2 février 2012, dans l’affaire I. M. c. France (requête n° 9152/09) par la Cour européenne des droits de l’homme dans le cadre de l’examen d’une demande d’asile selon la procédure prioritaire, en violation des articles 13 (droit à un recours effectif) et 3 (interdiction de la torture) de la Convention de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales (https ://hudoc.echr.coe.int/eng#{« dmdocnumber » :[« 899912 »],« itemid » :[« 001‑108934 »]} - http ://www.cncdh.fr/sites/default/files/arret_i.m._c._france_-_2_fevrier_2012.pdf).

Le Gouvernement souhaite dégrader à l’extrême la procédure accélérée. L’étude d’impact du présent projet de loi (page 22) énonce ainsi que l’objectif est d’un examen en 15 jours par l’OFPRA et 5 semaines pour la CNDA (soit un total de seulement 50 jours !). Peut-on réellement considérer qu’un délai d’examen de 50 jours est sérieux pour que le demandeur d’asile puisse présenter un dossier étayé et sérieux et tenter de retrouver des pièces pour appuyer son récit ? Bien évidemment non !

De plus, cette procédure accélérée, qui est censé être l’exception, représente désormais plus de 40 % des demandes traitées par l’OFPRA et la CNDA (page 22 de l’étude d’impact) en 2016, alors qu’elle était de moins de 33 % avant 2015. Même chose pour la CNDA qui a vu passer les recours “cinq semaine” (suite d’une procédure accélérée) passer de 17 % du total de ses décisions rendues en 2016 à 37 % en 2017.

Ainsi, force est de constater que l’objectif poursuivi par la France avec cette procédure accélérée et cette liste des pays d’origine sûrs est de rejeter un maximum de demandes d’asile et non de proposer des solutions pour accueillir dignement les réfugiés que le droit international oblige à prendre en charge au nom de la dignité humaine. La résistance obstinée des autorités françaises à maintenir une telle procédure accélérée est l’illustration d’une politique d’asile davantage guidée par une logique de suspicion à l’égard des demandeurs qu’une véritable volonté de les protéger.

Vote par groupe

pourabstentioncontre
GroupePosition majoritaireMembresPourContreAbst.Non-votants
La République en Marche contre3120 7212
Les Républicains contre1020 1600
Mouvement Démocrate et apparentés contre470 1010
UDI, Agir et Indépendants contre320 100
Nouvelle Gauche abstention310 0120
Non inscrit contre191 600
La France insoumise pour175 000
Gauche démocrate et républicaine pour165 000

Votants

pour (11)

Clémentine Autain FI, Ugo Bernalicis FI, Alexis Corbière FI, Danièle Obono FI, Bénédicte Taurine FI, Jean-Paul Dufrègne GDR, Elsa Faucillon GDR, Jean-Paul Lecoq GDR, Stéphane Peu GDR, Gabriel Serville GDR, M'jid El Guerrab NI

contre (105)

Thibault Bazin LR, Ian Boucard LR, Éric Ciotti LR, Pierre-Henri Dumont LR, Claude Goasguen LR, Claire Guion-Firmin LR, Sébastien Huyghe LR, Brigitte Kuster LR, Guillaume Larrivé LR, Constance Le Grip LR, Gilles Lurton LR, Jean-Louis Masson LR, Robin Reda LR, Raphaël Schellenberger LR, Pierre Vatin LR, Patrice Verchère LR, Caroline Abadie LaREM, Jean-Philippe Ardouin LaREM, Laetitia Avia LaREM, Delphine Bagarry LaREM, Didier Baichère LaREM, Christophe Blanchet LaREM, Florent Boudié LaREM, Bertrand Bouyx LaREM, Pascale Boyer LaREM, Yaël Braun-Pivet LaREM, Anne Brugnera LaREM, Pierre Cabaré LaREM, Céline Calvez LaREM, Émilie Cariou LaREM, Émilie Chalas LaREM, Fannette Charvier LaREM, Mireille Clapot LaREM, François Cormier-Bouligeon LaREM, Jennifer De Temmerman LaREM, Benjamin Dirx LaREM, Jacqueline Dubois LaREM, Coralie Dubost LaREM, Nicole Dubré-Chirat LaREM, Élise Fajgeles LaREM, Jean-Michel Fauvergue LaREM, Albane Gaillot LaREM, Raphaël Gauvain LaREM, Raphaël Gérard LaREM, Florence Granjus LaREM, Stanislas Guerini LaREM, Marie Guévenoux LaREM, Yannick Haury LaREM, Sacha Houlié LaREM, Jean-Michel Jacques LaREM, Catherine Kamowski LaREM, Fadila Khattabi LaREM, Fiona Lazaar LaREM, Gilles Le Gendre LaREM, Christophe Lejeune LaREM, Sylvain Maillard LaREM, Stéphane Mazars LaREM, Jean François Mbaye LaREM, Ludovic Mendes LaREM, Jean-Michel Mis LaREM, Amélie de Montchalin LaREM, Sandrine Mörch LaREM, Adrien Morenas LaREM, Cendra Motin LaREM, Naïma Moutchou LaREM, Matthieu Orphelin LaREM, Michèle Peyron LaREM, Damien Pichereau LaREM, Éric Poulliat LaREM, Bruno Questel LaREM, Rémy Rebeyrotte LaREM, Hugues Renson LaREM, Mireille Robert LaREM, Thomas Rudigoz LaREM, Pacôme Rupin LaREM, Laurent Saint-Martin LaREM, Olivier Serva LaREM, Denis Sommer LaREM, Jean Terlier LaREM, Valérie Thomas LaREM, Alice Thourot LaREM, Élisabeth Toutut-Picard LaREM, Alexandra Valetta Ardisson LaREM, Marie-Christine Verdier-Jouclas LaREM, Cédric Villani LaREM, Guillaume Vuilletet LaREM, Martine Wonner LaREM, Hélène Zannier LaREM, Erwan Balanant MODEM, Vincent Bru MODEM, Jean-Pierre Cubertafon MODEM, Isabelle Florennes MODEM, Bruno Fuchs MODEM, Brahim Hammouche MODEM, Élodie Jacquier-Laforge MODEM, Maud Petit MODEM, Richard Ramos MODEM, Laurence Vichnievsky MODEM, Gilbert Collard NI, Jeanine Dubié NI, Marine Le Pen NI, Emmanuelle Ménard NI, Ludovic Pajot NI, Sylvia Pinel NI, Pierre-Yves Bournazel UDI-AGIR

abstention (14)

Aude Amadou LaREM, Nadia Essayan MODEM, Joël Aviragnet NG, Gisèle Biémouret NG, Alain David NG, Laurence Dumont NG, Marietta Karamanli NG, Serge Letchimy NG, Josette Manin NG, Christine Pirès Beaune NG, Valérie Rabault NG, Hervé Saulignac NG, Cécile Untermaier NG, Michèle Victory NG

non-votant (2)

Carole Bureau-Bonnard LaREM, François de Rugy LaREM

mise au point seule (1)

Christine Le Nabour

Mises au point

Députés ayant déclaré après coup avoir voulu voter autrement (le résultat n'est pas modifié).