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Scrutins / 15e législature

Scrutin n° 3062 du 28/10/2020

Sur l'amendement n° 1013 de Mme Descamps et l'amendement identique suivant à l'article 33 et État B de la seconde partie du projet de loi de finances pour 2021 (première lecture) - Mission Enseignement scolaire.

Résultat
Rejeté
scrutin public ordinaire
Pour
53
Contre
68
Abstention
4
Votants
125
121 exprimés
Dossier
Projet de loi de finances pour 2021 (relié par : amendement)
Demandé par
Président du groupe "UDI et Indépendants"
Objet
amendement
Source
assemblee-nationale.fr

Amendement n° II-1013 · ÉTAT B

De Béatrice Descamps (UDI-I) , déposé le 23/10/2020. Sort : Rejeté. Fiche de l'amendement · sur le projet de loi projet de loi de finances pour 2021

Exposé sommaire

Le présent amendement vise à améliorer la situation de la médecine scolaire, en crise depuis de trop nombreuses années. Plus précisément, en abondant l’action n° 2 « Santé scolaire » du programme 230 « Vie de l’élève », il propose de revaloriser de 30 % les médecins de l’éducation nationale.

Depuis plusieurs années, l’Académie de médecine, le Haut Conseil de la santé publique (HCSP), le Conseil économique et social environnemental (CESE) et dernièrement la Cour des comptes ont alerté sur les problèmes structurels de la santé scolaire en France, ne permettant pas à la politique d’être performante.

Dans son rapport de mai 2020, la Cour des comptes recommande « une nouvelle étape de revalorisation de la rémunération des médecins de l’éducation nationale » (p. 44). Elle propose une revalorisation indemnitaire de 30 % afin de se rapprocher du niveau de rémunération des médecins inspecteurs de santé publique. Ce coût est estimé à 3 millions d’euros, objet du présent amendement.

Cette nécessité a été à nouveau soutenue par la Cour lors de son audition, par la commission des finances le 27 mai 2020 et par la commission des affaires sociales le mercredi 30 septembre 2020. Interrogé sur ce sujet lors de cette dernière audition, le directeur général de l’enseignement scolaire, Edouard Geffray, a reconnu la nécessité de faire évoluer la rémunération des médecins scolaires. Le rapporteur général de la commission des finances, Laurent Saint-Martin s’interrogeait lui sur le fait de savoir si cette revalorisation de 30 % était suffisante pour participer à l’attractivité des métiers. Il est à noter que les médecins scolaires, médecins de santé publique les moins bien rémunérés, sont aujourd’hui moins bien rémunérés que les internes en médecine.

Cette revalorisation n’aurait pas pour seul effet de renforcer l’attractivité du métier à court terme. Elle permettrait de rapprocher les niveaux indemnitaires des médecins de l’éducation des médecins de santé publique, facilitant l’évolution vers un corps interministériel. Cela permettrait à ces médecins d’avoir des « parcours de carrière plus ouverts et plus diversifiés », comme le note la Cour.

Notons par ailleurs quelques éléments sur l’exercice actuel des missions des médecins scolaires :

- Les missions des médecins scolaires, définies par la circulaire n° 2015-118 du 10 novembre 2015 sont larges tant sur le suivi individualisé des élèves (bilan de la sixième année, visite médicale préalable à l’affectation de l’élève mineur aux travaux réglementés, analyse dans la scolarisation des élèves ayant des troubles de santé, des élèves en situation de handicap, des élèves ayant des troubles des apprentissages, participation à la protection de l’enfance...) que sur la promotion de la santé (éducation à la santé, environnement scolaire, formation des personnels, recueil de données de santé...).

- Parallèlement au nombre grandissant de missions, le nombre de médecins scolaires baisse fortement. Lors de l’examen du projet de loi de finances pour 2017, l’avis de la commission de la culture, de l’éducation et de la communication du Sénat notait une baisse des effectifs de l’ordre de 20 % depuis 2008, avec des disparités territoriales très fortes. Aussi, quand certains médecins scolaires ont en charge 2 000 élèves, d’autres en ont 46 000. Souffrant de conditions matérielles insuffisantes, ce sont aussi les médecins les moins bien rémunérés de la fonction publique. Pire, les syndicats font remonter le fait que dans certaines académies les fonds que les rectorats reçoivent pour les primes (IFSE/CIA) pour des postes demeurant vacants sont utilisés pour d’autres catégories professionnelles.

- La crise sanitaire a pu servir de révélateur en la matière. Médecins et infirmiers sont pleinement mobilisés pour répondre à la crise et ne peuvent assurer le reste de leurs missions en l’état.

Pourtant, les médecins scolaires ont un rôle central dans la « révolution de la prévention » que nous appelons de nos vœux. Le manque de médecins scolaires a par exemple des effets réels sur le suivi des enfants et des adolescents et le dépistage de certains troubles.

Depuis de nombreuses années, la médecine scolaire a su s’adapter aux problèmes croissants auxquels sont confrontés les enfants et les adolescents, qui sont la cible prioritaire de notre politique de prévention. Or, la prévention est le socle-même de notre stratégie nationale de santé. Elle ne pourra être aboutie sans une médecine scolaire attractive, à la gouvernance locale et nationale entièrement rénovée, sans équipes territoriales, sans coopération nationale entre les ministères, sans se poser la nécessaire question des conditions de travail des médecins scolaires, sans se poser la nécessaire question des risques psychosociaux qu’on leur fait porter. Sans médecine scolaire rénovée, nous ne pourrons relever le défi de la résorption des inégalités territoriales et sociales de santé.

Ainsi, le présent amendement propose d’abonder l’action n° 02 « santé scolaire » du programme n° 230 « Vie de l’élève » de 3 millions d’euros et de diminuer de 3 millions euros les crédits de l’action n° 08 « Logistique, système d’information, immobilier » du programme n° 214 « Soutien de la politique de l’éducation nationale ».

Vote par groupe

pourabstentioncontre
GroupePosition majoritaireMembresPourContreAbst.Non-votants
La République en Marche contre27113 4822
Les Républicains pour10521 000
Mouvement Démocrate (MoDem) et Démocrates apparentés contre560 1920
Socialistes et apparentés pour304 000
Non inscrit pour250 000
Agir ensemble pour204 100
Libertés et Territoires pour181 000
UDI et Indépendants pour183 000
La France insoumise pour175 000
Gauche démocrate et républicaine pour162 000

Votants

pour (53)

Pierre-Yves Bournazel Agir ens, Agnès Firmin Le Bodo Agir ens, Thomas Gassilloud Agir ens*, Lise Magnier Agir ens, Éric Coquerel FI*, Michel Larive FI, Sabine Rubin FI, François Ruffin FI, Bénédicte Taurine FI, Pierre Dharréville GDR*, Elsa Faucillon GDR, Emmanuelle Anthoine LR, Edith Audibert LR*, Thibault Bazin LR, Valérie Beauvais LR, Émilie Bonnivard LR, Jean-Claude Bouchet LR, Jean-Luc Bourgeaux LR*, Jacques Cattin LR, Gérard Cherpion LR*, Dino Cinieri LR*, Marie-Christine Dalloz LR, Constance Le Grip LR, Gérard Menuel LR*, Maxime Minot LR, Nathalie Porte LR, Jean-Luc Poudroux LR*, Frédéric Reiss LR, Bernard Reynès LR*, Robert Therry LR*, Isabelle Valentin LR, Pierre Vatin LR, Jennifer De Temmerman LT, Damien Adam LaREM*, François Cormier-Bouligeon LaREM, Loïc Dombreval LaREM*, Nicole Dubré-Chirat LaREM, Fabien Gouttefarde LaREM, Stanislas Guerini LaREM*, Yannick Kerlogot LaREM, Rodrigue Kokouendo LaREM, Hervé Pellois LaREM, Cédric Roussel LaREM, Marie Tamarelle-Verhaeghe LaREM, Liliana Tanguy LaREM, Patrick Vignal LaREM*, Marie-Noëlle Battistel SOC*, Régis Juanico SOC*, Sylvie Tolmont SOC, Michèle Victory SOC, Béatrice Descamps UDI-I, Grégory Labille UDI-I, Agnès Thill UDI-I

contre (68)

Benoit Potterie Agir ens, Erwan Balanant Dem, Géraldine Bannier Dem, Jean-Noël Barrot Dem*, Justine Benin Dem*, Philippe Bolo Dem, Blandine Brocard Dem, Vincent Bru Dem*, David Corceiro Dem*, Michèle Crouzet Dem*, Yannick Favennec-Bécot Dem*, Isabelle Florennes Dem*, Pascale Fontenel-Personne Dem*, Laurent Garcia Dem*, Luc Geismar Dem, Perrine Goulet Dem, Christophe Jerretie Dem, Sandrine Josso Dem, Jean-Paul Mattei Dem, Sophie Mette Dem, Caroline Abadie LaREM, Sophie Beaudouin-Hubiere LaREM*, Belkhir Belhaddad LaREM, Bruno Bonnell LaREM, Carole Bureau-Bonnard LaREM*, Céline Calvez LaREM, Christophe Castaner LaREM*, Anne-Laure Cattelot LaREM*, Lionel Causse LaREM, Jean-René Cazeneuve LaREM, Philippe Chalumeau LaREM, Sylvie Charrière LaREM, Philippe Chassaing LaREM*, Olivier Damaisin LaREM, Typhanie Degois LaREM*, Nicolas Démoulin LaREM*, Jacqueline Dubois LaREM, Christelle Dubos LaREM, Valéria Faure-Muntian LaREM, Camille Galliard-Minier LaREM, Romain Grau LaREM, Danièle Hérin LaREM*, Caroline Janvier LaREM*, Daniel Labaronne LaREM, Michel Lauzzana LaREM, Célia de Lavergne LaREM, Nicole Le Peih LaREM, Marie Lebec LaREM, Richard Lioger LaREM, Brigitte Liso LaREM*, Florence Morlighem LaREM, Cendra Motin LaREM, Catherine Osson LaREM, Zivka Park LaREM, Béatrice Piron LaREM, Natalia Pouzyreff LaREM*, Bruno Questel LaREM*, Cathy Racon-Bouzon LaREM, Pierre-Alain Raphan LaREM*, Cécile Rilhac LaREM, Laurent Saint-Martin LaREM, Nathalie Sarles LaREM*, Jean-Bernard Sempastous LaREM, Bertrand Sorre LaREM, Stéphane Testé LaREM, Nicole Trisse LaREM, Marie-Christine Verdier-Jouclas LaREM, Souad Zitouni LaREM*

abstention (4)

Patrick Mignola Dem*, Josy Poueyto Dem, Stéphane Mazars LaREM*, Sandrine Mörch LaREM

non-votant (2)

Richard Ferrand LaREM, Hugues Renson LaREM