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Scrutins / 15e législature

Scrutin n° 2895 du 30/09/2020

Sur l'amendement n° 27 de M. Le Fur à l'article 30 ter du projet de loi d'accélération et de simplification de l'action publique (première lecture).

Résultat
Rejeté
scrutin public ordinaire
Pour
31
Contre
87
Abstention
12
Votants
130
118 exprimés
Dossier
Accélération et simplification de l’action publique (relié par : amendement)
Demandé par
Président du groupe "Les Républicains"
Objet
amendement
Source
assemblee-nationale.fr

Amendement n° 27 · Article 30 ter

De Marc Le Fur (LR) , déposé le 22/09/2020. Sort : Rejeté. Fiche de l'amendement · sur le projet de loi projet de loi sur le projet de loi, adopté par le Sénat après engagement de...

Dispositif

I. – Après l’alinéa 1, insérer l’alinéa suivant :

« Au premier alinéa, le mot : « domicile » est remplacé par le mot : « logement » ; ».

II. – En conséquence, après l’alinéa 2, insérer l’alinéa suivant :

« 1° bis Au même alinéa, les mots : « à l’aide de manœuvres, menaces, voies de fait ou contrainte » sont remplacés par les mots : « par tout moyen » ; ».

III. – En conséquence, compléter cet article par les deux alinéas suivants :

« 4° Est ajouté un alinéa ainsi rédigé :

« Sont considérées comme flagrantes au sens de l’article 53 du code de procédure pénale l’introduction dans le domicile d’autrui et l’occupation sans droit ni titre par un tiers constatées par un officier de police judiciaire dans un délai de quatre‑vingt‑seize heures à compter de la constatation de ces faits par le propriétaire, le locataire ou l’occupant à titre gratuit reconnu des lieux. »

 

Exposé sommaire

La médiatisation de la situation de Maryvonne Thamin à Rennes au mois de mai 2015 avait légitimement ému nos concitoyens.

 

Cette femme de 83 ans, infirme et malvoyante, s’était retrouvée sans domicile, alors que la maison dont elle était propriétaire était habitée par des occupants sans droit ni titre.

 

Après le décès de son compagnon, cette personne de 83 ans avait été contrainte par les héritiers de celui‑ci de quitter la longère de Saint‑Domineuc où elle résidait avec lui et de regagner sa maison de Rennes, maison occupée par un groupe d’une quinzaine de squatteurs.

 

Les squatteurs du bien de Maryvonne Thamin avaient invoqué la loi n° 2007‑290 du 5 mars 2007 instituant le droit au logement opposable ‑ dite loi DALO ‑ et en avaient affiché le texte sur la porte de sa maison. La quinzaine d’occupants avait en outre changé les serrures de cette maison et installé des barbelés au pied des murs du jardin.

 

Une situation similaire s’est produite en 2018 à Garges – lès‑Gonesse où la maison d’un retraité de 76 ans, Youssef, a été occupée sans titre pendant plusieurs semaines.

 

En cette rentrée 2020 les médias nationaux et locaux se font l’écho de nouveaux fait divers d’intrusions dans plusieurs départements de France : Théoule sur Mer dans les Alpes-Maritimes, Saint-Honoré les Bains dans la Nièvre, le Mans dans la Sarthe [1]

 

L’article 38 de cette loi a pourtant entendu sanctionner les actes des squatteurs puisqu’il dispose qu’« En cas d’introduction et de maintien dans le domicile d’autrui à l’aide de manœuvres, menaces, voies de fait ou de contrainte, le propriétaire ou le locataire du logement occupé peut demander au préfet de mettre en demeure l’occupant de quitter les lieux, après avoir déposé plainte, fait la preuve que le logement constitue son domicile et fait constater l’occupation illicite par un officier de police judiciaire.

 

La mise en demeure est assortie d’un délai d’exécution qui ne peut être inférieur à vingt‑quatre heures. Elle est notifiée aux occupants et publiée sous forme d’affichage en mairie et sur les lieux. Le cas échéant, elle est notifiée au propriétaire ou au locataire.

 

Lorsque la mise en demeure de quitter les lieux n’a pas été suivie d’effet dans le délai fixé, le préfet doit procéder à l’évacuation forcée du logement, sauf opposition du propriétaire ou du locataire dans le délai fixé pour l’exécution de la mise en demeure. »

 

Un amendement sénatorial à cette loi du 5 mars 2007 instituant le droit au logement opposable a introduit dans le code pénal un article L. 226‑4 prévoyant et réprimant l’occupation illicite du domicile d’autrui, « l’introduction ou le maintien dans le domicile d’autrui à l’aide de manœuvres, menaces, voies de fait ou contrainte, hors les cas où la loi le permet » et le punissant « d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende ».

 

Au‑delà du cas singulier de Maryvonne Thamin, des récents de Garges‑lès‑Gonnesse de 2018 et des faits divers de Théoule sur Mer, de Saint-honoré les Bains et du Mans, ce sont bien les lacunes de la loi DALO qui apparaissent au grand jour.

 

Le phénomène des maisons et appartements squattés se développe et notre droit semble inadapté, car nous sommes confrontés à un vide juridique.

 

Malgré l’illégalité de l’occupation, une personne installée dans le domicile d’autrui a des droits. En conséquence, une personne propriétaire d’un logement peut assez difficilement expulser des personnes sans l’intervention d’un juge, sous peine d’être elle‑même sujette à des poursuites.

 

C’est afin de mettre fin à ce vide juridique et de garantir les droits des personnes dont les domiciles sont squattés que le présent amendementla présente proposition de loi vise à compléter l’article 38 de la loi DALO et à durcir les dispositions de l’article L. 226‑4 du code pénal afin de faciliter l’expulsion des squatteurs de propriétés privées d’habitation.

 

Le I. vise ainsi à compléter l’article 38 de la loi du 5 mars 2007 en précisant que sont considérées comme flagrantes au sens de l’article 53 du code de procédure pénale l’introduction dans le domicile d’autrui et l’occupation sans droit ni titre par un tiers constatées par un officier de police judiciaire dans un délai de quatre‑vingt‑seize heures à compter de la constatation de ces faits par le propriétaire, le locataire ou l’occupant à titre gratuit reconnu des lieux

 

Le II. a pour objectif de compléter et modifier l’article 226‑4 du code pénal :

 

- d’une part en supprimant l’exigence de la preuve de l’introduction et le maintien dans le domicile d’autrui à l’aide de manœuvres, menaces, voies de fait ou contrainte pour qu’une expulsion puisse intervenir

 

- d’autre part en alourdissant le régime des peines applicables à l’occupation sans droit ni titre ;

 

- enfin en précisant que pour toute occupation sans droit ni titre par un tiers constatée par le juge, le représentant de l’État dans le département où se situe l’immeuble occupé recourt sur demande du propriétaire dans les quarante‑huit heures à la force publique afin de déloger les tiers occupants sans droit ni titre de mauvaise foi dudit immeuble.

 

Le III. est un article de cohérence avec le II.

 

Le IV. aligne le régime applicable aux résidences principales aux résidence secondaires.

 

Le V. vise à rendre obligatoire le recours à la force publique pour expulser les occupants sans droit ni titre d’un bien, dans les 48 heures suivant la décision d’un juge accueillant la demande du propriétaire ou du locataire lésé.



[1] Ouest-France du 3 septembre 2020 : « Alpes-Maritimes. Des squatteurs empêchent un couple de se rendre dans sa maison de vacances » - Le Point 16 septembre 2020 : « Nièvre : des squatteurs empêchent l’accès d’une maison au propriétaire » - Ouest-France 16 septembre 2020 : « Le Mans. Sa maison squattée, il ne peut pas rentrer chez lui »
 

Vote par groupe

pourabstentioncontre
GroupePosition majoritaireMembresPourContreAbst.Non-votants
La République en Marche contre2723 6641
Les Républicains pour10521 000
Mouvement Démocrate (MoDem) et Démocrates apparentés contre560 730
Socialistes et apparentés contre300 400
Agir ensemble abstention191 050
UDI et Indépendants pour183 000
La France insoumise contre170 500
Gauche démocrate et républicaine contre160 400
Libertés et Territoires contre160 100
Écologie Démocratie Solidarité pour150 000
Non inscrit pour123 000

Votants

pour (31)

Aina Kuric Agir ens, Emmanuelle Anthoine LR, Julien Aubert LR, Thibault Bazin LR, Valérie Beauvais LR, Marine Brenier LR, Éric Ciotti LR, Marie-Christine Dalloz LR, Fabien Di Filippo LR, Julien Dive LR, Annie Genevard LR, Philippe Gosselin LR, Sébastien Huyghe LR, Brigitte Kuster LR, Marc Le Fur LR, Maxime Minot LR, Éric Pauget LR, Nathalie Porte LR, Alain Ramadier LR, Nathalie Serre LR, Laurence Trastour-Isnart LR, Pierre Vatin LR, Pierre Cabaré LaREM, François Jolivet LaREM, Zivka Park LaREM, Nicolas Meizonnet NI, Emmanuelle Ménard NI, Catherine Pujol NI, Sophie Auconie UDI-I, Thierry Benoit UDI-I, Agnès Thill UDI-I

contre (87)

Philippe Bolo Dem, David Corceiro Dem, Marguerite Deprez-Audebert Dem, Bruno Duvergé Dem, Perrine Goulet Dem, Brahim Hammouche Dem, Nicolas Turquois Dem, Ugo Bernalicis FI, Alexis Corbière FI, Caroline Fiat FI, Mathilde Panot FI, Loïc Prud'homme FI, André Chassaigne GDR, Pierre Dharréville GDR, Jean-Paul Lecoq GDR, Gabriel Serville GDR, Sylvia Pinel LT, Caroline Abadie LaREM, Damien Adam LaREM, Lénaïck Adam LaREM, Éric Alauzet LaREM, Jean-Philippe Ardouin LaREM, Stéphanie Atger LaREM, Françoise Ballet-Blu LaREM, Sophie Beaudouin-Hubiere LaREM, Barbara Bessot Ballot LaREM, Bruno Bonnell LaREM, Julien Borowczyk LaREM, Éric Bothorel LaREM*, Jean-Jacques Bridey LaREM, Danielle Brulebois LaREM, Christophe Castaner LaREM, Jean-René Cazeneuve LaREM, Anthony Cellier LaREM, Philippe Chalumeau LaREM, Mireille Clapot LaREM, Dominique Da Silva LaREM, Dominique David LaREM, Marc Delatte LaREM, Nicolas Démoulin LaREM*, Nicole Dubré-Chirat LaREM, Sophie Errante LaREM, Jean-Marie Fiévet LaREM, Jean-Luc Fugit LaREM, Camille Galliard-Minier LaREM, Laurence Gayte LaREM, Anne Genetet LaREM, Séverine Gipson LaREM, Éric Girardin LaREM, Guillaume Gouffier Valente LaREM, Fabien Gouttefarde LaREM, Benjamin Griveaux LaREM*, Véronique Hammerer LaREM, Pierre Henriet LaREM, Catherine Kamowski LaREM, Guillaume Kasbarian LaREM, Annaïg Le Meur LaREM, Christine Le Nabour LaREM, Martine Leguille-Balloy LaREM, Marion Lenne LaREM, Richard Lioger LaREM, Alexandra Louis LaREM, Sylvain Maillard LaREM, Didier Martin LaREM, Sereine Mauborgne LaREM, Graziella Melchior LaREM, Monica Michel-Brassart LaREM, Sandrine Mörch LaREM, Xavier Paluszkiewicz LaREM, Hervé Pellois LaREM, Patrice Perrot LaREM, Jean-Pierre Pont LaREM, Isabelle Rauch LaREM, Rémy Rebeyrotte LaREM, Laëtitia Romeiro Dias LaREM, Laurianne Rossi LaREM, Denis Sommer LaREM, Bruno Studer LaREM, Vincent Thiébaut LaREM, Pierre Venteau LaREM, Corinne Vignon LaREM, Hélène Zannier LaREM, Jean-Marc Zulesi LaREM, Alain David SOC, Chantal Jourdan SOC, Jérôme Lambert SOC, Michèle Victory SOC

abstention (12)

Olivier Becht Agir ens, Agnès Firmin Le Bodo Agir ens, Laure de La Raudière Agir ens, Patricia Lemoine Agir ens, Lise Magnier Agir ens, Christophe Blanchet Dem, Blandine Brocard Dem, Nadia Essayan Dem, Aude Bono-Vandorme LaREM, Stéphane Buchou LaREM, Thomas Rudigoz LaREM, Stéphane Trompille LaREM

non-votant (1)

Richard Ferrand LaREM