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Scrutins / 15e législature

Scrutin n° 1666 du 11/02/2019

Sur l'amendement n° 105 de M. Ciotti après l'article premier du projet de loi pour une école de la confiance (première lecture).

Résultat
Rejeté
scrutin public ordinaire
Pour
17
Contre
69
Abstention
4
Votants
90
86 exprimés
Dossier
Ecole de la confiance (relié par : amendement)
Demandé par
Président du groupe "Les Républicains"
Objet
amendement
Source
assemblee-nationale.fr

Amendement n° 105 · Article PREMIER

De Éric Ciotti (LR) , déposé le 05/02/2019. Sort : Rejeté. Fiche de l'amendement · sur le projet de loi projet de loi sur le projet de loi, après engagement de la procédure...

Dispositif

I. – L’article L. 222‑4‑1 du code de l’action sociale et des familles est ainsi rétabli :

« Art. L. 222‑4‑1. – Lorsque le président du conseil départemental est saisi par l’inspecteur d’académie en cas de comportement irrespectueux des valeurs de la République, tel que défini à l’article L. 131‑8 du code de l’éducation, il peut proposer aux parents ou représentants légaux du mineur concerné la signature d’un contrat de responsabilité parentale ou toute autre mesure contractualisée d’accompagnement.

« En cas de trouble porté au fonctionnement d’un établissement scolaire ou de toute autre difficulté liée à une carence de l’autorité parentale, le président du conseil départemental, de sa propre initiative ou sur saisine de l’inspecteur d’académie, du chef d’établissement d’enseignement, du maire de la commune de résidence du mineur, du directeur de l’organisme débiteur des prestations familiales ou du préfet, propose aux parents ou au représentant légal du mineur un contrat de responsabilité parentale ou prend toute autre mesure d’aide sociale à l’enfance adaptée à la situation. Un contrat de responsabilité parentale peut également être signé à l’initiative des parents ou du représentant légal d’un mineur. Ce contrat rappelle les obligations des titulaires de l’autorité parentale et comporte toute mesure d’aide et d’action sociales de nature à remédier à la situation. Son contenu, sa durée et les modalités selon lesquelles il est procédé à la saisine du président du conseil départemental et à la conclusion du contrat sont fixés par décret en Conseil d’État. Ce décret fixe aussi les conditions dans lesquelles les autorités de saisine sont informées par le président du conseil départemental de la conclusion d’un contrat de responsabilité parentale et de sa mise en œuvre.

« Lorsqu’il constate que les obligations incombant aux parents ou au représentant légal du mineur n’ont pas été respectées ou lorsque, sans motif légitime, le contrat n’a pu être signé de leur fait, le président du conseil départemental peut :

« 1° Demander au directeur de l’organisme débiteur des prestations familiales la suspension du versement de tout ou partie des prestations afférentes à l’enfant, en application de l’article L. 552‑4‑1 du code de la sécurité sociale ;

« 2° Saisir le procureur de la République de faits susceptibles de constituer une infraction pénale ;

« 3° Saisir l’autorité judiciaire pour qu’il soit fait application, s’il y a lieu, des dispositions de l’article 375‑9‑1 du code civil. »

II. – Le code de l'éducation est ainsi modifié :

1° L’article L. 131‑8 est complété par deux alinéas ainsi rédigés :

« Dans le cadre scolaire, les enfants doivent avoir un comportement respectueux des valeurs fondamentales de la République. Lorsque le comportement d’un enfant porte atteinte à celles-ci, le directeur ou la directrice de l’établissement d’enseignement saisit l’inspecteur d’académie afin qu’il adresse, par courrier ou à l’occasion d’un entretien avec lui ou son représentant, un avertissement aux personnes responsables de l’enfant, leur rappelant les sanctions applicables et les informant sur les dispositifs d’accompagnement parental auxquels elles peuvent avoir recours. L’inspecteur d’académie signale au représentant de l’État dans le département et au président du conseil départemental, responsable de la protection de l’enfance, les élèves concernés.

« Lorsque, malgré l’invitation du directeur ou de la directrice de l’établissement d’enseignement, l’enfant commet d’autres actes portant atteinte aux valeurs fondamentales de la République, l’inspecteur d’académie saisit sans délai le président du conseil départemental du cas des enfants pour lesquels un premier avertissement est déjà intervenu, en vue de la mise en place d’un contrat de responsabilité parentale ou de toute autre mesure contractualisée d’accompagnement que le président du conseil départemental pourrait proposer aux familles en application de l’article L. 222‑4‑1 du code de l’action sociale et des familles. »

2° Le titre préliminaire du livre IV de la deuxième partie est complété par un article L. 401‑5 ainsi rédigé :

« Art. L. 401‑5. – Dans chaque école et établissement d’enseignement scolaire public, lors de la première inscription d’un élève, le projet d’école ou d’établissement et le règlement intérieur sont présentés aux personnes responsables de l’enfant par le directeur de l’école ou le chef d’établissement au cours d’une réunion ou d’un entretien. »

III. – L’article L. 552‑3 du code de la sécurité sociale est ainsi rétabli :

« Art. L. 552‑3. – En cas de manquement à l’obligation d’avoir un comportement respectueux des valeurs de la République, le directeur de l’organisme débiteur des prestations familiales suspend, sur demande du président du conseil départemental, le versement de la part des allocations familiales due au titre de l’enfant en cause, selon les modalités prévues à l’article L. 131‑8 du code de l’éducation. Le rétablissement des allocations familiales s’effectue selon les modalités prévues à ce même article. Les modalités de calcul de la part due au titre de l’enfant en cause sont définies par décret en Conseil d’État. »

IV. – Dans le cas où, au cours d’une même année scolaire, l’enfant dont la famille est concernée par un contrat de responsabilité parentale, commet de nouveaux actes irrespectueux des valeurs de la République, le président du conseil départemental, après avoir mis les personnes responsables de l’enfant en mesure de présenter leurs observations, saisit le directeur de l’organisme débiteur des prestations familiales, lequel suspend le versement de la part des allocations familiales dues au titre de l’enfant en cause, calculées selon les modalités prévues à l’article L. 552‑4‑1 du code de la sécurité sociale. Le directeur de l’organisme débiteur des prestations familiales informe le préfet, l’inspecteur d’académie ainsi que le président du conseil départemental de la date de mise en œuvre de cette suspension. Il en informe aussi les personnes responsables de l’enfant ainsi que des dispositifs d’accompagnement parental auxquels elles peuvent avoir recours.

Si, au terme d’une période de six mois à compter de la signature du contrat de responsabilité parentale, aucun comportement remettant en cause les valeurs de la République n’a été constaté pour l’enfant concerné, le président du conseil départemental saisit l’organisme débiteur des prestations familiales en vue du rétablissement des allocations.

Le rétablissement du versement des allocations familiales est rétroactif. Si, depuis les comportements ayant donné lieu à la suspension, un ou plusieurs actes irrespectueux des valeurs fondamentales de la République ont été constatés, à la demande de l’inspecteur d’académie et après que les personnes responsables de l’enfant ont été mises en mesure de présenter leurs observations, aucun versement n’est dû au titre du ou des mois au cours desquels ces nouveaux actes ont été constatés.

Exposé sommaire

La multiplication des actes de violence dans le milieu scolaire appelle une réaction forte des pouvoirs publics.

À titre d’exemple, lors de la minute de silence en hommage aux victimes des attentats terroristes de 2015, plus de 200 incidents dans les établissements scolaires auraient été signalés au ministère de l’éducation nationale. De la même façon, la diffusion il y a quelques mois sur Internet d’une vidéo dans laquelle un lycéen mettait en joue une enseignante a légitimement suscité une vive indignation.

Cette situation est inacceptable. Le cadre scolaire doit demeurer un lieu privilégié au sein duquel la violence n’a pas sa place.

La réaction de ces jeunes ne peut être ignorée car elle témoigne non seulement d’une défiance à l’égard des valeurs et des lois de la République mais elle traduit également, dans certains cas, des failles majeures de l’autorité parentale.

La majorité des parents, démunis face au comportement de leur enfant, mettent tout en œuvre pour y remédier. D’autres parents, à l’inverse, refusent d’assumer leur responsabilité. Or la responsabilité parentale ne se délègue pas à la collectivité et ne saurait se diluer. Face à des actes de délinquance, l’inaction ou le désintérêt des parents constituent des agissements condamnables, et pourtant la législation actuelle ne le prend pas suffisamment en compte.

Si les parents n’exercent pas leur autorité parentale, si des carences en matière éducative sont constatées, des sanctions doivent être prises et parmi elles la suspension du versement des allocations familiales.

En effet, le versement des prestations sociales est fondateur de droits en contrepartie desquels les parents sont tenus à des devoirs. Le premier d’entre eux est celui d’assumer pleinement leur autorité parentale, notamment au regard du respect des obligations d’éducation. En cas de carence avérée dans l’exercice de cette autorité, la sanction doit être effective.

Aussi, le présent amendement instaure un contrat de responsabilité parentale qui aura pour objectif de rappeler aux parents qu’il est de leur devoir d’exercer effectivement l’autorité parentale dont ils ne sauraient se désengager. Il s’agit d’un dispositif contractuel équilibré et gradué d’accompagnement des parents d’enfants dont le comportement perturbateur aura été signalé par l’Éducation nationale au président du conseil départemental en charge de la protection de l’enfance. Ce mécanisme pourrait aller jusqu’à la suspension ou la suppression des allocations familiales en cas de refus manifestes et réitérés de la part des parents de faire respecter les valeurs de la République par leurs enfants.

La suspension des allocations familiales doit être perçue comme une mesure de dissuasion pour faire prendre conscience aux parents de la gravité de la situation pour leur enfant et pour les inciter à transmettre à leurs enfants des valeurs respectueuses de la République.

Les parents sont les premiers éducateurs de leurs enfants et il s’agit de faire de la responsabilisation et de l’accompagnement des parents un élément clef de leur apprentissage de la vie en société et du respect des institutions de la République.

Vote par groupe

pourabstentioncontre
GroupePosition majoritaireMembresPourContreAbst.Non-votants
La République en Marche contre3070 4731
Les Républicains pour10414 001
Mouvement Démocrate et apparentés contre460 700
Socialistes et apparentés contre290 600
UDI, Agir et Indépendants abstention290 010
La France insoumise contre170 200
Gauche démocrate et républicaine contre160 300
Libertés et Territoires contre160 400
Non inscrit pour133 000

Votants

pour (17)

Thibault Bazin LR, Jean-Claude Bouchet LR, Jacques Cattin LR, Dino Cinieri LR, Éric Ciotti LR, Marie-Christine Dalloz LR, Claude de Ganay LR, Patrick Hetzel LR, Brigitte Kuster LR, Constance Le Grip LR, Sébastien Leclerc LR, Maxime Minot LR, Bernard Perrut LR, Frédéric Reiss LR, Marie-France Lorho NI, Emmanuelle Ménard NI, Ludovic Pajot NI

contre (69)

Michel Larive FI, Sabine Rubin FI, Pierre Dharréville GDR, Elsa Faucillon GDR, Jean-Paul Lecoq GDR, Michel Castellani LT, Jeanine Dubié LT, M'jid El Guerrab LT, Sylvia Pinel LT, Anne Brugnera LaREM, Danielle Brulebois LaREM, Céline Calvez LaREM, Lionel Causse LaREM, Danièle Cazarian LaREM, Jean-François Cesarini LaREM, Philippe Chalumeau LaREM, Sylvie Charrière LaREM, Fannette Charvier LaREM, Francis Chouat LaREM, Mireille Clapot LaREM, Fabienne Colboc LaREM, Dominique Da Silva LaREM, Yves Daniel LaREM, Dominique David LaREM, Frédéric Descrozaille LaREM, Jacqueline Dubois LaREM, Philippe Folliot LaREM, Emmanuelle Fontaine-Domeizel LaREM, Alexandre Freschi LaREM, Raphaël Gérard LaREM, Guillaume Gouffier Valente LaREM, Florence Granjus LaREM, Catherine Kamowski LaREM, Yannick Kerlogot LaREM, Anne-Christine Lang LaREM, Fiona Lazaar LaREM, Didier Le Gac LaREM, Gaël Le Bohec LaREM, Brigitte Liso LaREM, Jean-Michel Mis LaREM, Sandrine Mörch LaREM, Cécile Muschotti LaREM, Catherine Osson LaREM, Bénédicte Peyrol LaREM, Béatrice Piron LaREM, Florence Provendier LaREM, Cathy Racon-Bouzon LaREM, Véronique Riotton LaREM, Laurianne Rossi LaREM, Cédric Roussel LaREM, Bruno Studer LaREM, Marie Tamarelle-Verhaeghe LaREM, Stéphane Testé LaREM, Agnès Thill LaREM, Nicole Trisse LaREM, Jean-Marc Zulesi LaREM, Erwan Balanant MODEM, Géraldine Bannier MODEM, Nadia Essayan MODEM, Mohamed Laqhila MODEM, Sophie Mette MODEM, Frédéric Petit MODEM, Maud Petit MODEM, Régis Juanico SOC, George Pau-Langevin SOC, Christine Pirès Beaune SOC, Joaquim Pueyo SOC, Sylvie Tolmont SOC, Michèle Victory SOC

abstention (4)

Aurore Bergé LaREM, Jennifer De Temmerman LaREM, Guillaume Kasbarian LaREM, Béatrice Descamps UDI-AGIR

non-votant (2)

Annie Genevard LR, Richard Ferrand LaREM