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Scrutins / 15e législature

Scrutin n° 1238 du 16/10/2018

Sur l'amendement n° 392 de M. Woerth après l'article 2 du projet de loi de finances pour 2019 (première lecture).

Résultat
Rejeté
scrutin public ordinaire
Pour
52
Contre
105
Abstention
0
Votants
157
157 exprimés
Dossier
Loi de finances 2019 (relié par : amendement)
Demandé par
Président du groupe "Les Républicains"
Objet
amendement
Source
assemblee-nationale.fr

Amendement n° I-392 · Article 2

De Éric Woerth (LR) , déposé le 08/10/2018. Sort : Rejeté. Fiche de l'amendement · sur le projet de loi projet de loi de finances pour 2019

Dispositif

I. – L’article 81 quater du code général des impôts est ainsi rétabli :

« Art. 81 quater. – I. – Sont exonérés de l’impôt sur le revenu :

« 1° Les salaires versés aux salariés au titre des heures supplémentaires de travail définies aux articles L. 3121‑28 à L. 3121‑39 du code du travail et, pour les salariés relevant de conventions de forfait annuel en heures prévues à l’article L. 3121‑56 du même code, des heures effectuées au-delà de 1 607 heures, ainsi que des heures effectuées en application de l’avant-dernier alinéa de l’article L. 3123‑2 dudit code. Sont exonérés les salaires versés au titre des heures supplémentaires mentionnées à l’article L. 3121‑41 du code précité, à l’exception des heures effectuées entre 1 607 heures et la durée annuelle fixée par l’accord lorsqu’elle lui est inférieure.

« L’exonération mentionnée au premier alinéa est également applicable à la majoration de salaire versée, dans le cadre des conventions de forfait annuel en jours, en contrepartie de la renonciation par les salariés, au-delà du plafond de deux cent dix-huit jours, mentionné au 3° du I de l’article L. 3121‑64 du code du travail, à des jours de repos dans les conditions prévues à l’article L. 3121‑59 du même code ;

« 2° Les salaires versés aux salariés à temps partiel au titre des heures complémentaires de travail définies au 4° de l’article L. 3123‑6, aux articles L. 3123‑28, L. 3123‑20 et au dernier alinéa de l’article L. 3123‑22 ;

« 3° Les salaires versés aux salariés par les particuliers employeurs au titre des heures supplémentaires qu’ils réalisent ;

« 4° Les salaires versés aux assistants maternels régis par les articles L. 421‑1 et suivants et L. 423‑1 et suivants du code de l’action sociale et des familles au titre des heures supplémentaires qu’ils accomplissent au-delà d’une durée hebdomadaire de quarante-cinq heures, ainsi que les salaires qui leur sont versés au titre des heures complémentaires accomplies au sens de la convention collective nationale qui leur est applicable ;

« 5° Les éléments de rémunération versés aux agents publics titulaires ou non titulaires au titre, selon des modalités prévues par décret, des heures supplémentaires qu’ils réalisent ou du temps de travail additionnel effectif ;

« 6° Les salaires versés aux autres salariés dont la durée du travail ne relève pas des dispositions du titre II du livre Ier de la troisième partie du code du travail ou du chapitre III du titre Ier du livre VII du code rural et de la pêche maritime au titre, selon des modalités prévues par décret, des heures supplémentaires ou complémentaires de travail qu’ils effectuent ou, dans le cadre de conventions de forfait en jours, les salaires versés en contrepartie des jours de repos auxquels les salariés ont renoncé au-delà du plafond de deux cent dix-huit jours.

« II. – L’exonération prévue au I s’applique :

« 1° Aux rémunérations mentionnées aux 1° à 4° et au 6° du I et, en ce qui concerne la majoration salariale correspondante, dans la limite :

« a) Des taux prévus par la convention collective ou l’accord professionnel ou interprofessionnel applicable ;

« b) À défaut d’une telle convention ou d’un tel accord :

« – pour les heures supplémentaires, des taux de 25 % ou 50 %, selon le cas, prévus à l’article L. 3121‑36 du code du travail ;

« – pour les heures complémentaires, du taux de 25 % ;

« – pour les heures effectuées au-delà de 1 607 heures dans le cadre de la convention de forfait prévue au 3° du I de l’article L. 3121‑65 du même code, du taux de 25 % de la rémunération horaire déterminée à partir du rapport entre la rémunération annuelle forfaitaire et le nombre d’heures de travail prévu dans le forfait, les heures au-delà de la durée légale étant pondérées en fonction des taux de majoration applicables à leur rémunération ;

« 2° À la majoration de salaire versée dans le cadre des conventions de forfait mentionnées au second alinéa du 1° et au 6° du I, dans la limite de la rémunération journalière déterminée à partir du rapport entre la rémunération annuelle forfaitaire et le nombre de jours de travail prévu dans le forfait, majorée de 25 % ;

« 3° Aux éléments de rémunération mentionnés au 5° du I dans la limite des dispositions applicables aux agents concernés.

« III. – Les I et II sont applicables sous réserve du respect par l’employeur des dispositions légales et conventionnelles relatives à la durée du travail.

« Les I et II ne sont pas applicables lorsque les salaires ou éléments de rémunération qui y sont mentionnés se substituent à d’autres éléments de rémunération au sens de l’article 79, à moins qu’un délai de douze mois ne se soit écoulé entre le dernier versement de l’élément de rémunération en tout ou partie supprimé et le premier versement des salaires ou éléments de rémunération précités.

« De même, ils ne sont pas applicables :

« – à la rémunération des heures complémentaires lorsque ces heures sont accomplies de manière régulière au sens de l’article L. 3123‑13 du code du travail, sauf si elles sont intégrées à l’horaire contractuel de travail pendant une durée minimale fixée par décret ;

« – à la rémunération d’heures qui n’auraient pas été des heures supplémentaires sans abaissement, après le 1er octobre 2012, de la limite haute hebdomadaire mentionnée à l’article L. 3121‑41 du même code. 

« IV. – Les dispositions prévues aux I sont applicables :

« – dans la limite du contingent annuel d’heures supplémentaires défini à l’article 3121‑30 du code du travail et prévu par une convention ou un accord collectif d’entreprise ou d’établissement ou, à défaut, par une convention ou un accord de branche ;

« – dans la limite de la durée maximale des heures complémentaires pouvant être accomplies, mentionnée à l’article L. 3123‑20 du même code.

« À défaut d’accord, ou si les salariés ne sont pas concernés par des dispositions conventionnelles, la limite annuelle est fixée par décret.

« V. – Les dispositions prévues au I sont applicables aux rémunérations perçues à raison des heures de travail accomplies à compter du 1er janvier 2019. »

II. – La perte de recettes pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle aux droits visés aux articles 575 et 575 A du code général des impôts.

Exposé sommaire

Cet amendement propose de ne pas soumettre à l’impôt sur le revenu, les salaires perçus au titre d’heures supplémentaires, et ce dès le 1er janvier 2019. Cette mesure coûterait 1,4 Md€ à l’État et redonnerait autant de pouvoir d’achat aux salariés les plus méritants.

Le présent amendement s’inscrit dans la volonté des députés LR de défiscaliser totalement les heures supplémentaires, et non pas, comme le propose le Gouvernement, de se limiter à une simple désocialisation de ces heures supplémentaires. Des amendements LR dans le PLFSS viendront donc compléter ce dispositif, en exonérant de charges sociales, salariales et patronales, ces heures supplémentaires.

En effet, la défiscalisation des heures supplémentaires, mise en place par le Président Sarkozy et supprimée par François Hollande a permis un gain annuel moyen de 500 € de pouvoir d’achat pour un salarié du privé. Elle a profité à 9 millions de salariés, et notamment aux ouvriers, aux employés, et aux fonctionnaires, pour un coût de 4,5 milliards d’euros.

Alors que le pouvoir d’achat a baissé de 4,5 milliards en 2018, selon l’INSEE, la défiscalisation totale des heures supplémentaires serait une mesure de justice qui redonnerait du pouvoir d’achat aux actifs Français, en récompensant le travail et le mérite. En outre, cette mesure profiterait tout particulièrement aux classes moyennes et populaires, fortement impactées par la hausse des prélèvements obligatoires sur l’année 2018. Elle générerait un gain moyen de pouvoir d’achat de 500 € par an, contre seulement 200 € avec la désocialisation proposée par le Gouvernement.

Mais la défiscalisation des heures supplémentaires permettrait également de renforcer la compétitivité des entreprises françaises, notamment des PME, en réduisant le coût du travail. En effet, le Gouvernement fait une erreur majeure en choisissant de ne pas toucher aux cotisations sociales patronales, car ce sont les employeurs qui décident de faire faire des heures supplémentaires, et qui permettent donc le succès de ce dispositif.

Pour mémoire, lors de leur « niche parlementaire » du 5 avril 2018, les députés LR avaient inscrit à l’ordre du jour de l’Assemblée, une proposition de loi de Julien Dive, invitant l’ensemble des députés à adopter cette défiscalisation des heures supplémentaires. Elle avait été sèchement rejetée par les députés de la majorité, empêchant de fait son examen dans l’hémicycle. 

Vote par groupe

pourabstentioncontre
GroupePosition majoritaireMembresPourContreAbst.Non-votants
La République en Marche contre3100 8202
Les Républicains pour10440 000
Mouvement Démocrate et apparentés contre462 1200
UDI, Agir et Indépendants pour328 000
Socialistes et apparentés contre300 500
Non inscrit pour212 100
La France insoumise contre170 200
Gauche démocrate et républicaine contre160 300

Votants

pour (52)

Emmanuelle Anthoine LR, Thibault Bazin LR, Valérie Bazin-Malgras LR, Émilie Bonnivard LR, Fabrice Brun LR, Pierre Cordier LR, Josiane Corneloup LR, Marie-Christine Dalloz LR, Rémi Delatte LR, Vincent Descoeur LR, Fabien Di Filippo LR, Julien Dive LR, Virginie Duby-Muller LR, Pierre-Henri Dumont LR, Philippe Gosselin LR, Patrick Hetzel LR, Christian Jacob LR, Brigitte Kuster LR, Valérie Lacroute LR, Guillaume Larrivé LR, Marc Le Fur LR, Constance Le Grip LR, Sébastien Leclerc LR, David Lorion LR, Véronique Louwagie LR, Gilles Lurton LR, Emmanuel Maquet LR, Maxime Minot LR, Jean-François Parigi LR, Éric Pauget LR, Jean-Luc Poudroux LR, Frédéric Reiss LR, Vincent Rolland LR, Jean-Louis Thiériot LR, Laurence Trastour-Isnart LR, Isabelle Valentin LR, Pierre Vatin LR, Arnaud Viala LR, Michel Vialay LR, Éric Woerth LR, Maud Petit MODEM, Richard Ramos MODEM, Marie-France Lorho NI, Emmanuelle Ménard NI, Sophie Auconie UDI-AGIR, Thierry Benoit UDI-AGIR, Guy Bricout UDI-AGIR, Paul Christophe UDI-AGIR, Charles de Courson UDI-AGIR, Lise Magnier UDI-AGIR, Francis Vercamer UDI-AGIR, Philippe Vigier UDI-AGIR

contre (105)

Éric Coquerel FI, Caroline Fiat FI, Jean-Paul Dufrègne GDR, Stéphane Peu GDR, Fabien Roussel GDR, Bérangère Abba LaREM, Saïd Ahamada LaREM, Éric Alauzet LaREM, Ramlati Ali LaREM, Pieyre-Alexandre Anglade LaREM, Christophe Arend LaREM, Xavier Batut LaREM, Christophe Blanchet LaREM, Pascal Bois LaREM, Aude Bono-Vandorme LaREM, Bertrand Bouyx LaREM, Blandine Brocard LaREM, Danielle Brulebois LaREM, Carole Bureau-Bonnard LaREM, Céline Calvez LaREM, Émilie Cariou LaREM, Jean-René Cazeneuve LaREM, Philippe Chalumeau LaREM, Sylvie Charrière LaREM, Philippe Chassaing LaREM, Jean-Charles Colas-Roy LaREM, Bérangère Couillard LaREM, Yolaine de Courson LaREM, Yves Daniel LaREM, Dominique David LaREM, Typhanie Degois LaREM, Nicolas Démoulin LaREM, Benjamin Dirx LaREM, Loïc Dombreval LaREM, Nicole Dubré-Chirat LaREM, Christophe Euzet LaREM, Jean-Luc Fugit LaREM, Olivier Gaillard LaREM, Thomas Gassilloud LaREM, Anne Genetet LaREM, Raphaël Gérard LaREM, Séverine Gipson LaREM, Éric Girardin LaREM, Joël Giraud LaREM, Olga Givernet LaREM, Émilie Guerel LaREM, Pierre Henriet LaREM, Alexandre Holroyd LaREM, François Jolivet LaREM, Catherine Kamowski LaREM, Rodrigue Kokouendo LaREM, Aina Kuric LaREM, Daniel Labaronne LaREM, Frédérique Lardet LaREM, Michel Lauzzana LaREM, Fabrice Le Vigoureux LaREM, Christophe Lejeune LaREM, Marion Lenne LaREM, Richard Lioger LaREM, Brigitte Liso LaREM, Marie-Ange Magne LaREM, Jean-Michel Mis LaREM, Paul Molac LaREM, Amélie de Montchalin LaREM, Cendra Motin LaREM, Claire O'Petit LaREM, Catherine Osson LaREM, Xavier Paluszkiewicz LaREM, Zivka Park LaREM, Valérie Petit LaREM, Bénédicte Peyrol LaREM, Damien Pichereau LaREM, Natalia Pouzyreff LaREM, Bruno Questel LaREM, Isabelle Rauch LaREM, Xavier Roseren LaREM, Laurianne Rossi LaREM, Cédric Roussel LaREM, Nathalie Sarles LaREM, Jean-Bernard Sempastous LaREM, Bruno Studer LaREM, Sira Sylla LaREM, Jean Terlier LaREM, Agnès Thill LaREM, Marie-Christine Verdier-Jouclas LaREM, Hélène Zannier LaREM, Jean-Marc Zulesi LaREM, Géraldine Bannier MODEM, Jean-Noël Barrot MODEM, Justine Benin MODEM, Sarah El Haïry MODEM, Isabelle Florennes MODEM, Cyrille Isaac-Sibille MODEM, Mohamed Laqhila MODEM, Aude Luquet MODEM, Jean-Paul Mattei MODEM, Patrick Mignola MODEM, Bruno Millienne MODEM, Michèle de Vaucouleurs MODEM, Sylvia Pinel NI, Marie-Noëlle Battistel SOC, Jean-Louis Bricout SOC, Serge Letchimy SOC, Christine Pirès Beaune SOC, François Pupponi SOC

non-votant (2)

Richard Ferrand LaREM, Hugues Renson LaREM