AN · données ouvertes
Scrutins / 14e législature

Scrutin n° 1157 du 21/07/2015

Sur l'amendement n° 85 de M. Larrivé à l'article 10 du projet de loi relatif au droit des étrangers en France (première lecture).

Résultat
Rejeté
scrutin public ordinaire
Pour
8
Contre
24
Abstention
0
Votants
32
32 exprimés
Dossier
non relié
Demandé par
Président du groupe Les Républicains
Objet
amendement
Source
assemblee-nationale.fr

Amendement n° 85 · Article 10

De Guillaume Larrivé (Les Républicains) , déposé le 15/07/2015. Sort : Rejeté. Fiche de l'amendement

Dispositif

Après l’alinéa 3, insérer l’alinéa suivant :

« 2° bis Le 7° est abrogé ; ».

Exposé sommaire

L’actuel 7° de l’article L. 313‑11 du CESEDA organise, en réalité, le rapprochement familial d’étrangers en situation irrégulière.

Il prévoit, en effet, l’attribution d’une carte de séjour – de plein droit – à « l’étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n’entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d’existence de l’intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d’origine, sont tels que le refus d’autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l’article L. 311‑7 soit exigée. L’insertion de l’étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. »

Cet article a été inséré dans le CESEDA compte tenu de l’interprétation très extensive que la juridiction administrative française effectue des stipulations de l’article 8 de la convention européenne des droits de l’homme.

Contrairement à la doxa droit-de-l’hommiste, l’article 8 ne garantit évidemment pas aux étrangers en situation illégale le droit absolu de séjourner en France pour préserver leur vie privée et familiale. L’article 8 n’a pas été rédigé pour encourager l’immigration illégale et les contournements des procédures légales de regroupement familial. Il met en balance les droits des étrangers d’une part, le droit de l’État à définir les conditions du bien commun d’autre part. Ainsi l’article 8, souvent cité mais rarement lu in extenso, stipule-t-il que « toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance » mais que « il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui. » Il est particulièrement important de souligner que « le bien-être économique du pays » est explicitement énoncé parmi les restrictions légitimes à « la vie privée et familiale ».

Il nous semble, en vérité, que le législateur français, poussé par la jurisprudence nationale, est allé au delà de ce qu’il avait consenti en ratifiant la CEDH et son article 8.

Nous proposons donc d’abroger le 7° de l’article L. 313‑11 du CESEDA, étant entendu qu’il restera toujours loisible aux préfets de décider d’une admission exceptionnelle au séjour, au cas par cas, pour des raisons humanitaires, ainsi que l’article L. 313‑14 le permet.

Vote par groupe

pourabstentioncontre
GroupePosition majoritaireMembresPourContreAbst.Non-votants
Socialiste, républicain et citoyen contre2870 2202
Les Républicains pour1988 000
Union des démocrates et indépendants pour300 000
Radical, républicain, démocrate et progressiste contre180 100
Écologiste contre180 100
Gauche démocrate et républicaine pour150 000
Non inscrit pour100 000

Votants

pour (8)

Guillaume Chevrollier Les Républicains, Guy Geoffroy Les Républicains, Guillaume Larrivé Les Républicains, Bernard Perrut Les Républicains, Frédéric Reiss Les Républicains, Dominique Tian Les Républicains, Patrice Verchère Les Républicains, Charles de la Verpillière Les Républicains

contre (24)

Olivier Falorni RRDP, Serge Bardy SRC, Erwann Binet SRC, Jean-Claude Buisine SRC, Fanélie Carrey-Conte SRC, Marie-Anne Chapdelaine SRC, Guy-Michel Chauveau SRC, Valérie Corre SRC, Seybah Dagoma SRC, Florence Delaunay SRC, Françoise Descamps-Crosnier SRC, Sophie Dessus SRC, Sophie Errante SRC, Geneviève Gosselin-Fleury SRC, Chantal Guittet SRC, Chaynesse Khirouni SRC, Michel Ménard SRC, Sébastien Pietrasanta SRC, Elisabeth Pochon SRC, Suzanne Tallard SRC, Jean-Louis Touraine SRC, Jean-Jacques Urvoas SRC, Paola Zanetti SRC, Sergio Coronado Écolo

non-votant (2)

Claude Bartolone SRC, Laurence Dumont SRC