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Amendements / Projet de loi de finances pour 2026

Amendement n° II-545 · ETAT B

De Laurent Jacobelli (Rassemblement National) · déposé le 06/11/2025

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Texte amendé
Projet de loi « projet de loi de finances pour 2026 » · PDF
Dossier
Projet de loi de finances pour 2026
Signataires
M. Jacobelli, M. Allisio, M. Amblard, Mme Auzanot, M. Ballard, Mme Bamana, M. Barthès, M. Baubry, M. Beaurain, M. Bentz, M. Bernhardt, M. Bigot, M. Bilde, M. Blairy, Mme Blanc, M. Boccaletti, Mme Bordes, M. Boulogne, Mme Bouquin, M. Bovet, M. Buisson, M. Casterman, M. Chenu, M. Chudeau, M. Clavet, Mme Colombier, Mme Da Conceicao Carvalho, M. de Fleurian, M. de Lépinau, Mme Delannoy,...
Source
assemblee-nationale.fr

Exposé sommaire

Notre armée a besoin d’un successeur au char Leclerc : c’est un fait indéniable. Le groupe Rassemblement national reconnaît que le développement d’un char en coopération avec d’autres pays peut représenter une opportunité pour maîtriser les coûts et renforcer l’expertise industrielle.

Le projet Main Ground Combat System (MGCS) vise à concevoir un système de combat destiné à remplacer le Leclerc, à partir du milieu des années 2030, dans le cadre d’une coopération franco-allemande. Pour autant, le groupe Rassemblement national observe ce projet avec une grande circonspection tant il est miné par de nombreux désaccords industriels et stratégiques. 

L’annonce, le 15 octobre 2023, d’un projet concurrent germano-italien, le « LRMV », ainsi que la volonté allemande de privilégier ses propres recherches, rendent plus que probable l’échec du MGCS.

Nous ne critiquons pas nos partenaires italiens : au contraire, ils montrent l’exemple. L'Italie a compris que face à l’évolution des menaces, le MGCS, conçu en 2012, n’est plus adapté aux hypothèses de confrontations qui ne correspondent plus aux adversaires actuels.

Le constat est préoccupant : près de douze ans après son lancement, le MGCS reste en phase 1 d’étude préalable. Pendant ce temps, les États-Unis, la Russie, Israël ou la Corée ont modernisé leurs forces et ajusté leurs programmes. Certains défendent la « Défense européenne » en affirmant que le MGCS ne nuit pas aux programmes nationaux. C’est exact : le Léopard pour l’Allemagne ou le Rafale pour la France restent disponibles plus rapidement. 

Mais si le MGCS en est encore aux études préliminaires, coûte cher et se révèle inadapté, pourquoi persister dans un programme dont personne ne voudra ?

Les divergences doctrinales accentuent le problème. La France conçoit son armée pour la projection et la manœuvre, tandis que l’Allemagne privilégie une armée terrestre défensive. Les besoins sont donc opposés.

S’ajoutent à cela les contraintes réglementaires et commerciales. Les règles d’exportation allemandes diffèrent des nôtres : l’Eurofighter, lancé dans les années 2000, n’a pu être vendu à la Turquie qu’en 2024.

Enfin, l’industrie elle-même sera pénalisée : un programme coûteux, embryonnaire et aux objectifs divergents conduira à des blindés invendables et inadaptés au marché.
Il est donc prudent, tant que le MGCS reste à l’état embryonnaire, de mettre fin à ce projet avant que des sommes considérables ne soient gaspillées.

L’objet de cet amendement n’est pas de remettre en cause l’amitié franco-allemande ni les coopérations équilibrées, mais de refuser un projet où la France ne trouvera pas son intérêt. Le MGCS ne correspond ni à la doctrine d’emploi des chars français, fondée sur légèreté et attaque, ni aux besoins stratégiques de notre armée.

C’est pourquoi le Rassemblement National propose de flécher les crédits du MGCS vers le financement d’un char du futur souverain, ce qui n’exclut pour autant pas des coopérations fondées sur des intérêts réciproques entre pays.

Cet amendement propose donc de supprimer les crédits de 115 000 000 euros en autorisations d’engagement et 20 576 991 euros en crédits de paiement à l’action 9.80 du programme 146 « Équipement des forces » pour les réaffecter au nouveau programme « Système de char du futur souverain », à hauteur de 115 000 000 euros en autorisations d’engagement et 20 576 991 euros en crédits de paiement.

Cosignataires (122)

Franck Allisio, Maxime Amblard, Bénédicte Auzanot, Philippe Ballard, Anchya Bamana, Christophe Barthès, Romain Baubry, José Beaurain, Christophe Bentz, Théo Bernhardt, Guillaume Bigot, Bruno Bilde, Emmanuel Blairy, Sophie Blanc, Frédéric Boccaletti, Pascale Bordes, Anthony Boulogne, Manon Bouquin, Jorys Bovet, Jérôme Buisson, Eddy Casterman, Sébastien Chenu, Roger Chudeau, Bruno Clavet, Caroline Colombier, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Sandra Delannoy, Jocelyn Dessigny, Edwige Diaz, Sandrine Dogor-Such, Nicolas Dragon, Alexandre Dufosset, Gaëtan Dussausaye, Aurélien Dutremble, Auguste Evrard, Frédéric Falcon, Marc de Fleurian, Guillaume Florquin, Emmanuel Fouquart, Thierry Frappé, Julien Gabarron, Stéphanie Galzy, Jonathan Gery, Frank Giletti, Yoann Gillet, Christian Girard, Antoine Golliot, José Gonzalez, Florence Goulet, Géraldine Grangier, Monique Griseti, Julien Guibert, Michel Guiniot, Jordan Guitton, Marine Hamelet, Timothée Houssin, Sébastien Humbert, Pascal Jenft, Alexis Jolly, Tiffany Joncour, Sylvie Josserand, Florence Joubert, Hélène Laporte, Laure Lavalette, Marine Le Pen, Robert Le Bourgeois, Julie Lechanteux, Nadine Lechon, Gisèle Lelouis, Hervé de Lépinau, Katiana Levavasseur, Julien Limongi, René Lioret, Christine Loir, Aurélien Lopez-Liguori, Marie-France Lorho, Philippe Lottiaux, Alexandre Loubet, David Magnier, Claire Marais-Beuil, Matthieu Marchio, Pascal Markowsky, Patrice Martin, Michèle Martinez, Alexandra Masson, Bryan Masson, Kévin Mauvieux, Nicolas Meizonnet, Joëlle Mélin, Yaël Ménaché, Thomas Ménagé, Pierre Meurin, Thibaut Monnier, Serge Muller, Julien Odoul, Caroline Parmentier, Thierry Perez, Kévin Pfeffer, Lisette Pollet, Stéphane Rambaud, Angélique Ranc, Julien Rancoule, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Joseph Rivière, Laurence Robert-Dehault, Béatrice Roullaud, Sophie-Laurence Roy, Anaïs Sabatini, Alexandre Sabatou, Emeric Salmon, Philippe Schreck, Anne Sicard, Emmanuel Taché, Jean-Philippe Tanguy, Michaël Taverne, Thierry Tesson, Lionel Tivoli, Romain Tonussi, Antoine Villedieu, Frédéric-Pierre Vos, Frédéric Weber