Amendement n° II-AS166 · ÉTAT B
De Danielle Simonnet (La France insoumise - Nouvelle Union Populaire écologique et sociale) · déposé le 02/11/2023
- Sort
- — (a discuter)
- Texte amendé
- Projet de loi « projet de loi de finances pour 2024 » · texte intégral · PDF
- Dossier
- Projet de loi de finances pour 2024
- Signataires
- Mme Simonnet, Mme Abomangoli, M. Alexandre, M. Amard, Mme Amiot, Mme Amrani, M. Arenas, Mme Autain, M. Bernalicis, M. Bex, M. Bilongo, M. Bompard, M. Boumertit, M. Boyard, M. Caron, M. Carrière, M. Chauche, Mme Chikirou, M. Clouet, M. Coquerel, M. Corbière, M. Coulomme, Mme Couturier, M. Davi, M. Delogu, Mme Dufour, Mme Erodi, Mme Etienne, M. Fernandes, Mme Ferrer, Mme Fiat, M. Gaillard,...
- Source
- assemblee-nationale.fr
Exposé sommaire
Par cet amendement, nous proposons de diminuer les aides à l’embauche pour les employeurs recrutant des apprentis, pour réaffecter les moyens à l’enseignement professionnel public.
Dans le cadre de la crise sanitaire, le Gouvernement a mis en place des aides « exceptionnelles » à l’apprentissage. Comme prévu, le patronat ne peut plus s’en passer : elles lui permettent de bénéficier d’une main d’œuvre quasiment gratuite grâce à des subventions massives de l’État. Le Gouvernement socialise les coûts salariaux pour que le privé puisse engranger des profits.
Ce statut bénéficie déjà d’un régime socio-fiscal fortement incitatif : les salaires des apprentis sont exonérés de cotisations sociales, d’impôt sur le revenu, de contribution sociale généralisée et de contribution pour le remboursement de la dette sociale.
Ce subterfuge contente également le Gouvernement, en maquillant avantageusement les chiffres de l’emploi. Ainsi, entre 240 000 (INSEE) et 422 000 (OFCE) des nouveaux contrats depuis 2021 sont des contrats d’apprentissage. Pour 857 000 jeunes en contrat d’apprentissage en 2021, ils étaient 968 000 en 2022.
Ce développement aussi soudain que spectaculaire de l’apprentissage ne répond pas aux besoins de formation et d’insertion professionnelle des jeunes ciblés. Non calibrées, les primes à l’embauche sont critiquées par la Cour des comptes : « l’essentiel des nouvelles places créées a profité aux élèves capables de suivre un cursus long et a peu bénéficié aux publics vulnérables. Si ce choix peut être justifié pour développer l’apprentissage dans notre pays, il n’améliore qu’à la marge l’insertion sur le marché du travail des jeunes les plus diplômés, au demeurant déjà bonne ». Elles ne profitent donc pas aux jeunes en âge scolaire ou les plus éloignés de l’emploi mais à ceux engagés dans des études supérieures. De manière similaire, c’est essentiellement le recours au dispositif des grandes entreprises (de plus de 250 salariés) qui explique la progression de l’apprentissage.
Coût de ce dispositif inutile ? Entre 5 et 8 milliards d’euros par an, soit quasiment le budget consacré à l’enseignement professionnel ! L’enseignement public est lui mis en concurrence sans moyen supplémentaire pour s’adapter à l’ambition du Gouvernement : en finir avec un enseignement professionnel qui forme des citoyens et donne des bases techniques solides pour lui substituer de la formation professionnelle au gré des besoins des employeurs, sans socle théorique.
Cet amendement abonde donc de 3 milliards d’euros les autorisations d’engagement et les crédits de paiement d’un nouveau programme intitulé « Soutien au service public de l’enseignement professionnel » en diminuant d’autant les AE et CP de l’action 01 intitulée « Développement des compétences par l’alternance » du programme 103 « Accompagnement des mutations économiques et développement de l’emploi ».
Cosignataires (74)
Nadège Abomangoli, Laurent Alexandre, Gabriel Amard, Ségolène Amiot, Farida Amrani, Rodrigo Arenas, Clémentine Autain, Ugo Bernalicis, Christophe Bex, Carlos Martens Bilongo, Manuel Bompard, Idir Boumertit, Louis Boyard, Aymeric Caron, Sylvain Carrière, Florian Chauche, Sophia Chikirou, Hadrien Clouet, Éric Coquerel, Alexis Corbière, Jean-François Coulomme, Catherine Couturier, Hendrik Davi, Sébastien Delogu, Alma Dufour, Karen Erodi, Martine Etienne, Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Caroline Fiat, Perceval Gaillard, Raquel Garrido, Clémence Guetté, David Guiraud, Mathilde Hignet, Rachel Keke, Andy Kerbrat, Bastien Lachaud, Maxime Laisney, Arnaud Le Gall, Antoine Léaument, Élise Leboucher, Charlotte Leduc, Jérôme Legavre, Sarah Legrain, Murielle Lepvraud, Élisa Martin, Pascale Martin, William Martinet, Frédéric Mathieu, Damien Maudet, Marianne Maximi, Manon Meunier, Jean-Philippe Nilor, Danièle Obono, Nathalie Oziol, Mathilde Panot, René Pilato, François Piquemal, Thomas Portes, Loïc Prud'homme, Adrien Quatennens, Jean-Hugues Ratenon, Sébastien Rome, François Ruffin, Aurélien Saintoul, Michel Sala, Ersilia Soudais, Anne Stambach-Terrenoir, Andrée Taurinya, Matthias Tavel, Aurélie Trouvé, Paul Vannier, Léo Walter