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Amendements / Police et sécurité : renforcement de la lutte contre le terrorisme

Amendement n° CL2 · Article 7

De Georges Fenech (Les Républicains) · déposé le 30/09/2016

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Texte amendé
Proposition de loi « proposition de loi renforçant la lutte contre le terrorisme »
Dossier
Police et sécurité : renforcement de la lutte contre le terrorisme

Dispositif

I. – Après l’alinéa 3, insérer les sept alinéas suivants :

« Art. 421‑2‑8. – Constitue également un acte de terrorisme le fait pour toute personne de manifester, par tout moyen, acte, parole ou écrit, l’intention de se rendre volontairement à l’étranger sur un théâtre d’opérations de groupes terroristes, afin de commettre des actes de violences graves contre les personnes, dès lors qu’il est caractérisé par :

« 1° Le fait détenir, de rechercher, de se procurer ou de solliciter les moyens financiers et matériels permettant de mettre en œuvre de manière explicite le projet de départ du territoire national pour se rendre sur des zones d’opérations de groupes terroristes à l’étranger ;

« 2° Et l’un des autres faits matériels suivants :

« a) Recueillir par tout moyen des renseignements sur des zones d’opérations de groupes terroristes à l’étranger ou des personnes se trouvant ou s’étant rendues sur de telles zones ;

« b) Entrer en relation par tout moyen, de manière intentionnelle et en l’absence de motif légitime, avec des personnes se trouvant ou s’étant rendues sur un théâtre d’opérations de groupes terroristes à l’étranger ;

« c) Consulter habituellement un ou plusieurs services de communication au public en ligne visé à l’article 421‑2‑5‑2 du présent code ;

« d) Détenir des documents provoquant directement à la commission d’actes de terrorisme ou en faisant l’apologie. »

II. – En conséquence, après la référence : « 421‑2‑6, », rédiger ainsi la fin de l’alinéa 2 :

« sont insérés des articles 421‑2‑7 et 421‑2‑8 ainsi rédigés : ».

III. – En conséquence, compléter cet article par l’alinéa suivant :

« L’acte de terrorisme défini à l’article 421‑2‑8 est puni de 5 ans d’emprisonnement et de 50 000 euros d’amende. »

Exposé sommaire

Le nouvel article 421-2-7 proposé à l’article 7 de la présente proposition de loi crée une incrimination de séjour intentionnel à l’étranger sur un théâtre d’opérations.

 

Or, comme l’ont montré les exemples récents d’actes de terrorisme sur le sol national, certains individus constituent un danger réel dès lors qu’ils projettent de se rendre sur de telles zones, le risque de passage à l’acte sur le territoire national étant d’autant plus important qu’ils n’ont pu concrétiser leur projet de départ, leur action terroriste trouvant dès lors à s’appliquer sur le sol français faute d’avoir pu rejoindre des zones de combat à l’étranger.

 

En effet, le cas d’Adel Kermiche en est l’illustration. Ce dernier a tenté à deux reprises de rejoindre les troupes de l’Etat Islamique, en mars puis en mai 2015. Il s’était fait interpellé, mis en examen et placé sous contrôle judiciaire.

Ce qui ne l’a pas empêché de passer à l’acte dans l’attentat de St-Etienne-du-Rouvray le 26 juillet.

 

De même en ce qui concerne le nommé Sid Ahmed Ghlam en juin dernier, lui aussi avait projeté de se rendre en Syrie mais faute d’y parvenir, avait planifié un attentat contre l’Eglise de Villejuif.

Loin d’être isolés, ces cas montrent que le risque de passage à l'acte terroriste sur le territoire national est d'autant plus important que la personne n'a pu être en mesure de mettre en œuvre son projet de départ pour faire le djihad, son action violente trouvant dès lors à s'appliquer sur le sol français.

 

Attendre que la personne se soit rendue sur zone pour incriminer un tel comportement peut donc se révéler tardif.

 

Il est donc nécessaire de prévoir une nouvelle infraction qui consiste à incriminer toute intention  de se rendre sur une zone de combat djihadiste afin d'intervenir le plus en amont possible et éviter ainsi que le projet terroriste ne se réalise.

 

Cette incrimination spécifique trouve tout son intérêt car elle se distingue de l’association de malfaiteurs terroriste ou de la tentative du délit prévu par le nouvel article 421-2-7 créé par la présente proposition de loi.

Cosignataires (74)

Damien Abad, Élie Aboud, Nicole Ameline, Julien Aubert, Olivier Audibert Troin, Jean-Claude Bouchet, Valérie Boyer, Xavier Breton, Bernard Brochand, Yves Censi, Gérard Cherpion, Jean-Louis Christ, Philippe Cochet, Jean-Louis Costes, Jean-Michel Couve, Olivier Dassault, Bernard Debré, Jean-Pierre Decool, Lucien Degauchy, Nicolas Dhuicq, Sophie Dion, Dominique Dord, Virginie Duby-Muller, Georges Fenech, Marie-Louise Fort, Yves Foulon, Laurent Furst, Claude de Ganay, Sauveur Gandolfi-Scheit, Annie Genevard, Bernard Gérard, Alain Gest, Philippe Gosselin, Philippe Goujon, Arlette Grosskost, Françoise Guégot, Christophe Guilloteau, Michel Heinrich, Michel Herbillon, Patrick Hetzel, Sébastien Huyghe, Nathalie Kosciusko-Morizet, Valérie Lacroute, Gilles Lurton, Olivier Marleix, Franck Marlin, Alain Marsaud, Patrice Martin-Lalande, Alain Marty, Jean-Claude Mathis, Jean-Claude Mignon, Pierre Morel-À-L'Huissier, Jacques Myard, Bernard Perrut, Josette Pons, Didier Quentin, Frédéric Reiss, Camille de Rocca Serra, Sophie Rohfritsch, Paul Salen, Claudine Schmid, Éric Straumann, Alain Suguenot, Jean-Charles Taugourdeau, Guy Teissier, Michel Terrot, Jean-Marie Tétart, Patrice Verchère, Charles de la Verpillière, Arnaud Viala, Philippe Vitel, Michel Voisin, Jean-Luc Warsmann, Marie-Jo Zimmermann