AN · données ouvertes
Scrutins / 17e législature

Scrutin n° 3774 du 14/11/2025

Sur l'amendement n° 2561 de M. Tavel après l'article 12 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture).

Résultat
Rejeté
scrutin public ordinaire
Pour
34
Contre
72
Abstention
2
Votants
108
106 exprimés
Dossier
Projet de loi de finances pour 2026 (relié par : amendement)
Demandé par
Président du groupe "La France insoumise - Nouveau Front Populaire"
Objet
amendement
Source
assemblee-nationale.fr

Amendement n° I-2561 · ARTICLE 12

De Matthias Tavel (LFI-NFP) , déposé le 22/10/2025. Sort : Rejeté. Fiche de l'amendement · sur le projet de loi projet de loi de finances pour 2026

Dispositif

I. – L’article 244 quater B du code général des impôts est complété par un VII ainsi rédigé :

« VII. – Lorsqu’une société bénéficie du crédit d’impôt mentionné au I, celle-ci s’engage à respecter un encadrement des écarts de rémunération au sein d’une même entreprise, tel que prévu aux articles L. 3230‑1 et suivants du code du travail.

« Dans le cas contraire, l’entreprise se voit privée de possibilité de bénéficier de crédit d’impôt pour les deux années suivantes et l’État peut exiger le remboursement du crédit d’impôt perçu. »

II. – Au début du titre III du livre II de la troisième partie du code du travail, il est inséré un chapitre préliminaire ainsi rédigé :

« Chapitre préliminaire

« Encadrement des écarts de rémunération au sein d’une même entreprise

« Art. L. 3230‑1. – Les dispositions du présent chapitre sont applicables aux salariés ou mandataires sociaux, qu’ils soient ou non régis par le présent code, des sociétés, groupements ou personnes morales, quel que soit leur statut juridique, et des établissements publics à caractère industriel et commercial.

« Art. L. 3230‑2. – Le montant annuel du salaire maximal ou de la rémunération maximale appliqué dans une entreprise mentionnée à l’article L. 3230‑1, calculé en intégrant tous les éléments fixes, variables ou exceptionnels de toute nature qui la composent, ne peut être supérieur à vingt fois le montant annuel du salaire le plus faible versé dans la même entreprise.

« Art. L. 3230‑3. – Toute convention ou décision ayant pour effet de porter le salaire au sein d’une entreprise à un montant ne respectant pas les dispositions de l’article L. 3230‑2 est nulle de plein droit.

« Art. L. 3230‑4. – Un décret en Conseil d’État détermine les conditions d’information et de consultation du personnel sur les écarts de rémunération pratiqués dans les entreprises mentionnées à l’article L. 3230‑1, dans le cadre de la consultation sur la politique sociale prévue à l’article L. 2323‑15. »

III. – Les dispositions du II du présent article s’appliquent, à compter de l’entrée en vigueur de la présente loi, à tout contrat conclu ou renouvelé et toute décision prise ou renouvelée, déterminant les modalités du salaire ou de la rémunération d’un salarié ou d’un mandataire social.

Exposé sommaire

Par cet amendement, le groupe de La France insoumise propose de conditionner le bénéfice du crédit d'impôt recherche (CIR) aux entreprises qui mettent en place une politique vertueuse de rémunération des salarié·es.

Cet amendement est une réponse à l’accélération sans borne des écarts de rémunération dans les grandes entreprises : au sein du CAC 40, l’écart de rémunération entre celle du dirigeant et le salaire moyen de la même entreprise a augmenté de 75 % en 10 ans.

Le Directeur Général de Stellantis, M. Carlos Tavares a touché en 2023 un salaire de 36,5 millions d’euros : 518 fois le salaire moyen de son entreprise, et 1700 fois le Smic. Il s’est augmenté de 56 % quand la négociation annuelle obligatoire (NAO) dans l’entreprise proposait, pour les salariés, une augmentation moyenne de 3,5 %.

Une répartition plus juste des richesses invite à mettre en place un encadrement des rémunérations au sein d’une même entreprise, pour garantir un écart de 1 à 20 entre le salaire le plus bas et la rémunération la plus haute dans une même entreprise privée.

La recherche et l’innovation sont les principales sources de production de la valeur dans nos entreprises. Il n’y aucune légitimité pour qu’un patron, qui ne produit aucune richesse réelle, soit rémunéré 500 ou 1000 fois plus que les chercheurs et les chercheuses. D’autant plus que ces salaires indécents participent à la compression des rémunérations des autres salarié·es du collectif de travail.

L’innovation dans une entreprise n’étant pas possible sans ses salarié·es, il convient d’encadrer les rémunérations pour mieux valoriser les personnels qui participent réellement aux activés de recherches. Nous proposons donc de supprimer la possibilité de bénéficier du crédit d’impôt recherche pour les entreprises qui ne mettraient pas en place ce type d’encadrement des salaires.

Vote par groupe

pourabstentioncontre
GroupePosition majoritaireMembresPourContreAbst.Non-votants
Rassemblement National contre1230 2701
Ensemble pour la République contre910 1601
La France insoumise - Nouveau Front Populaire pour7122 000
Socialistes et apparentés pour699 020
Droite Républicaine contre490 900
Écologiste et Social pour382 000
Les Démocrates contre360 600
Horizons & Indépendants contre340 600
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires contre220 300
Gauche Démocrate et Républicaine pour171 000
Union des droites pour la République contre160 500
Non inscrit pour90 000

Votants

pour (34)

Arnaud Bonnet EcoS, Sandra Regol EcoS, Emmanuel Maurel GDR, Nadège Abomangoli LFI-NFP, Rodrigo Arenas LFI-NFP, Bérenger Cernon LFI-NFP, Éric Coquerel LFI-NFP, Jean-François Coulomme LFI-NFP, Mathilde Feld LFI-NFP, Emmanuel Fernandes LFI-NFP*, Clémence Guetté LFI-NFP*, Zahia Hamdane LFI-NFP*, Mathilde Hignet LFI-NFP*, Maxime Laisney LFI-NFP, Arnaud Le Gall LFI-NFP*, Aurélien Le Coq LFI-NFP, Antoine Léaument LFI-NFP, Sarah Legrain LFI-NFP*, Claire Lejeune LFI-NFP, Marie Mesmeur LFI-NFP, Thomas Portes LFI-NFP, Arnaud Saint-Martin LFI-NFP, Aurélien Saintoul LFI-NFP, Andrée Taurinya LFI-NFP, Matthias Tavel LFI-NFP, Fabrice Barusseau SOC, Mickaël Bouloux SOC, Dieynaba Diop SOC*, Peio Dufau SOC, Iñaki Echaniz SOC, Denis Fégné SOC, Martine Froger SOC, Fatiha Keloua Hachi SOC, Marie Récalde SOC

contre (72)

Valérie Bazin-Malgras DR*, Émilie Bonnivard DR*, Marie-Christine Dalloz DR, Philippe Juvin DR, Corentin Le Fur DR, Véronique Louwagie DR, Frédérique Meunier DR*, Nicolas Tryzna DR, Antoine Vermorel DR*, Blandine Brocard Dem, Perrine Goulet Dem*, Frantz Gumbs Dem, Jimmy Pahun Dem, Frédéric Petit Dem, Sabine Thillaye Dem, Gabriel Attal EPR, Élisabeth Borne EPR, Éric Bothorel EPR*, Anthony Brosse EPR*, Jean-René Cazeneuve EPR, François Cormier-Bouligeon EPR, Jean-Marie Fiévet EPR, Guillaume Kasbarian EPR, Daniel Labaronne EPR, Christine Le Nabour EPR, Christophe Marion EPR, Denis Masséglia EPR, Stéphane Mazars EPR, Paul Midy EPR, Charles Sitzenstuhl EPR, Éric Woerth EPR*, Thierry Benoit HOR, Félicie Gérard HOR, François Jolivet HOR, Loïc Kervran HOR, Jérémie Patrier-Leitus HOR*, Béatrice Piron HOR, Charles de Courson LIOT, Harold Huwart LIOT, Constance de Pélichy LIOT*, Bénédicte Auzanot RN, Anchya Bamana RN, Guillaume Bigot RN*, Frédéric Boccaletti RN*, Anthony Boulogne RN*, Bruno Clavet RN, Julien Gabarron RN, Jonathan Gery RN, José Gonzalez RN*, Jordan Guitton RN, Marine Hamelet RN*, Pascal Jenft RN, Florence Joubert RN*, Marine Le Pen RN, Robert Le Bourgeois RN, Hervé de Lépinau RN, Philippe Lottiaux RN, David Magnier RN, Claire Marais-Beuil RN, Thierry Perez RN, Lisette Pollet RN, Matthias Renault RN, Catherine Rimbert RN, Sophie-Laurence Roy RN*, Emeric Salmon RN, Jean-Philippe Tanguy RN, Michaël Taverne RN, Marc Chavent UDR, Olivier Fayssat UDR, Maxime Michelet UDR, Sophie Ricourt Vaginay UDR, Vincent Trébuchet UDR*

abstention (2)

Arthur Delaporte SOC*, Jacques Oberti SOC

non-votant (2)

Yaël Braun-Pivet EPR, Sébastien Chenu RN

mise au point seule (1)

Kévin Mauvieux

Mises au point

Députés ayant déclaré après coup avoir voulu voter autrement (le résultat n'est pas modifié).