Scrutin n° 1157 du 24/03/2025
Sur l'amendement n° 448 de M. Bernalicis après l'article 13 de la proposition de loi visant à sortir la France du piège du narcotrafic (première lecture).
- Dossier
- Proposition de loi visant à sortir la France du piège du narcotrafic (relié par : amendement)
- Demandé par
- Président de séance
- Objet
- amendement
- Source
- assemblee-nationale.fr
Amendement n° 448 · Article 13
De Ugo Bernalicis (LFI-NFP) , déposé le 14/03/2025. Sort : Rejeté. Fiche de l'amendement · sur le proposition de loi visant à sortir la France du piège du narcotrafic
Dispositif
Après l’article 2‑25 du code de procédure pénale, il est inséré un article 2‑26 ainsi rédigé :
« Art. 2‑26. – Toute association régulièrement déclarée depuis au moins cinq ans à la date des faits dont l’objet statutaire comporte la lutte contre la criminalité organisée peut exercer les droits reconnus à la partie civile en ce qui concerne l’infraction réprimée par l’article 450‑1 du code pénal et les infractions mentionnées aux articles 706‑73 et 706‑73‑1 du présent code, lorsque l’action publique a été mise en mouvement par le ministère public ou la partie lésée.
« Toutefois, l’association n’est recevable dans son action que si elle justifie avoir reçu l’accord de la victime. Si celle-ci est un mineur ou un majeur protégé, l’accord est donné par son représentant légal.
« Si l’association mentionnée au premier alinéa du présent article est reconnue d’utilité publique, son action est recevable y compris sans l’accord de la victime.
« Toute fondation reconnue d’utilité publique peut exercer les droits reconnus à la partie civile dans les mêmes conditions et sous les mêmes réserves que l’association mentionnée au présent article. »
Exposé sommaire
Cet amendement vise à permettre la constitution de partie civile des associations luttant contre la criminalité organisée et la mafia.
La criminalité organisée et les réseaux mafieux représentent une menace majeure pour la sécurité publique, l’État de droit et les fondements démocratiques de nos sociétés. Face à ces phénomènes transnationaux et complexes, les associations engagées dans la prévention, l’accompagnement des victimes et la sensibilisation citoyenne jouent un rôle indispensable. Leur permettre de se constituer partie civile dans les procédures judiciaires afférentes renforce l’efficacité collective de la réponse pénale et symbolise une alliance essentielle entre la société civile et les institutions.
Ainsi autoriser les associations engagées contre la criminalité organisée à se constituer partie civile est un impératif de justice et de démocratie. Cette reconnaissance légale consolide la lutte contre des réseaux qui prospèrent grâce à l’opacité et à la fragmentation des réponses. Elle incarne une approche collective et résiliente, où chaque composante de la société assume sa part de responsabilité face à ce fléau.
Actuellement, de nombreuses associations comme Crim-Alt ou des collectifs comme Massimu Susini disposent d’une connaissance approfondie des mécanismes criminels, souvent acquise sur le terrain auprès des populations vulnérables. Leur implication en justice permettrait d’enrichir les dossiers d’éléments contextuels, sociologiques ou économiques, éclairant les juges sur la dimension systémique des infractions (blanchiment, corruption, trafics, etc.).
Cette extension renforcerait l’accès à la justice pour les victimes de la criminalité organisée, souvent intimidées ou réduites au silence, en bénéficiant indirectement du soutien procédural de ces associations. La constitution de partie civile offre un relais juridique pour faire valoir les préjudices collectifs et individuels, notamment dans les affaires touchant à l’économie publique, à l’environnement ou aux droits sociaux.
Enfin, cette proposition porte l’idée d’un effet dissuasif et symbolique, car la présence active d’associations en qualité de partie civile envoie un signal fort aux organisations criminelles : la société se mobilise juridiquement pour contrer leur emprise. Cela contribue à dé-légitimer leur pouvoir parallèle et à restaurer la confiance dans les institutions.
Vote par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Membres | Pour | Contre | Abst. | Non-votants |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Rassemblement National | contre | 123 | 0 | 26 | 0 | 0 |
| Ensemble pour la République | contre | 94 | 1 | 9 | 0 | 1 |
| La France insoumise - Nouveau Front Populaire | pour | 71 | 14 | 0 | 0 | 0 |
| Socialistes et apparentés | pour | 66 | 5 | 0 | 0 | 0 |
| Droite Républicaine | contre | 47 | 1 | 3 | 1 | 1 |
| Écologiste et Social | pour | 38 | 5 | 0 | 0 | 0 |
| Les Démocrates | pour | 36 | 2 | 2 | 0 | 0 |
| Horizons & Indépendants | contre | 33 | 0 | 6 | 0 | 0 |
| Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires | pour | 23 | 1 | 0 | 0 | 0 |
| Gauche Démocrate et Républicaine | pour | 17 | 1 | 0 | 0 | 0 |
| UDR | contre | 16 | 0 | 1 | 0 | 0 |
| Non inscrit | pour | 11 | 0 | 0 | 0 | 0 |
Votants
pour (30)
Éric Pauget DR, Sophie Mette Dem, Maud Petit Dem, Florent Boudié EPR, Christine Arrighi EcoS, Alexis Corbière EcoS, Sandra Regol EcoS, Sandrine Rousseau EcoS, Dominique Voynet EcoS*, Jean-Paul Lecoq GDR, Nadège Abomangoli LFI-NFP, Ségolène Amiot LFI-NFP, Ugo Bernalicis LFI-NFP, Idir Boumertit LFI-NFP, Gabrielle Cathala LFI-NFP, Sophia Chikirou LFI-NFP*, Clémence Guetté LFI-NFP, David Guiraud LFI-NFP, Andy Kerbrat LFI-NFP*, Maxime Laisney LFI-NFP, Élise Leboucher LFI-NFP, Élisa Martin LFI-NFP, Arnaud Saint-Martin LFI-NFP, Aurélien Saintoul LFI-NFP, Constance de Pélichy LIOT, Christian Baptiste SOC, Emmanuel Grégoire SOC, Laurent Lhardit SOC, Roger Vicot SOC, Jiovanny William SOC
contre (47)
Eric Liégeon DR, Élisabeth de Maistre DR, Olivier Marleix DR, Marc Fesneau Dem, Jean-Paul Mattei Dem, Céline Calvez EPR, Pierre Cazeneuve EPR, Julie Delpech EPR, Guillaume Gouffier Valente EPR, Emmanuelle Hoffman EPR, Sébastien Huyghe EPR, Stéphanie Rist EPR*, Jean-François Rousset EPR, Charles Sitzenstuhl EPR, Thierry Benoit HOR, Agnès Firmin Le Bodo HOR, Pierre Henriet HOR, Jean Moulliere HOR, Naïma Moutchou HOR, Jérémie Patrier-Leitus HOR*, Anthony Boulogne RN*, Manon Bouquin RN, Jocelyn Dessigny RN, Edwige Diaz RN, Sandrine Dogor-Such RN, Gaëtan Dussausaye RN, Marc de Fleurian RN, Thierry Frappé RN, Julien Gabarron RN, Yoann Gillet RN*, Julien Guibert RN, Marine Hamelet RN, Sébastien Humbert RN, Tiffany Joncour RN*, Sylvie Josserand RN, Julie Lechanteux RN, Gisèle Lelouis RN, Philippe Lottiaux RN, Alexandre Loubet RN, Claire Marais-Beuil RN, Thibaut Monnier RN, Lisette Pollet RN, Sophie-Laurence Roy RN, Emeric Salmon RN, Anne Sicard RN, Michaël Taverne RN, Marc Chavent UDR
abstention (1)
non-votant (2)
Xavier Breton DR, Yaël Braun-Pivet EPR