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Scrutins / 16e législature

Scrutin n° 3707 du 30/04/2024

Sur l'amendement n° 9 (rect.) de Mme Élisa Martin et les amendements identiques suivants à l'article premier de la proposition de loi relative à la confidentialité des consultations des juristes d'entreprise (première lecture).

Résultat
Rejeté
scrutin public ordinaire
Pour
28
Contre
35
Abstention
0
Votants
63
63 exprimés
Dossier
Confidentialité des consultations des juristes d’entreprise (relié par : amendement)
Demandé par
Présidente du groupe "La France insoumise - Nouvelle Union Populaire écologique et sociale" Président du groupe "Socialistes et apparentés"
Objet
amendement
Source
assemblee-nationale.fr

Amendement n° 9 (Rect) · Article PREMIER

De Élisa Martin (LFI - NUPES) , déposé le 18/04/2024. Sort : Rejeté. Fiche de l'amendement · sur le proposition de loi relative à la confidentialité des consultations des juristes d’entreprise

Dispositif

Après l’alinéa 14, insérer l’alinéa suivant :

« La confidentialité n’est pas opposable aux autorités mentionnées aux articles L. 612‑1 et L. 621‑1 du code monétaire et financier et à l’article L. 461‑1 du code de commerce dans le cadre de l’exercice de leurs pouvoirs d’enquête, de contrôle et de sanction. »

Exposé sommaire

"Par cet amendement, les député.es du groupe LFI-NUPES souhaitent ne pas opposer la confidentialité des consultations juridiques aux autorités de régulation.

Le dispositif proposé de confidentialité au bénéfice des consultations juridiques rédigées par les juristes d’entreprise doit être ajusté afin de sauvegarder le plein exercice des missions d'intérêt général de l’Autorité des marchés financiers (AMF), de l’Autorité de la concurrence (ADLC) et de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR).

Le présent amendement étend ainsi à ces autorités publiques agissant dans le cadre de leurs pouvoirs d'enquête et de sanction, l'inopposabilité de la confidentialité des consultations des juristes d'entreprise, actuellement prévue pour les seules autorités pénales et fiscales. Concernant l’AMF, cet amendement vise à supprimer l'atteinte à l’efficacité de ses enquêtes et contrôles. En effet, l’extension de la confidentialité aux consultations des juristes d’entreprise emporterait un risque significatif de ralentissement de son activité répressive. Ses enquêteurs doivent pouvoir saisir ou demander la remise des pièces des sociétés cotées et autres entités régulées, y compris les avis juridiques rendus à la direction financière ou à d’autres responsables ou membres des organes exécutifs. A défaut, un risque opérationnel pèserait sur les enquêtes de l’AMF sur des cas d’abus de marché, et sur son contrôle du respect par les banques et sociétés de gestion de leurs obligations professionnelles. Nombre de ses enquêtes et contrôles auraient été gravement entravés si la confidentialité du juriste d’entreprise avait été opposée à l’AMF.

Cet amendement vise également à supprimer l'atteinte aux enquêtes du Parquet national financier (PNF) en matière d’abus de marché. Compte tenu de la procédure « d’aiguillage » des dossiers vers l’AMF ou le PNF, l’instauration d’une confidentialité opposable à l’AMF et non à l’autorité pénale conduirait à appliquer aux mêmes faits des régimes distincts, selon l’autorité chargée de l’enquête. S’agissant de l’ADLC, cet amendement est nécessaire car la protection proposée de la confidentialité des consultations des juristes d’entreprises est contraire au droit européen de la concurrence, dont elle assure l’application. En effet, la Cour de justice de l’Union européenne a expressément établi (Akzo Nobel Chemicals et Akcros Chemicals v Commission, 14 septembre 2010) que cette protection est réservée aux seuls « avocats indépendants », c’est-à-dire « non liés au client par un rapport d’emploi ».

Cet amendement vise également à supprimer l’entrave qui serait faite à la conduite des investigations menées par l’ADLC pour établir et sanctionner des infractions – notamment les cartels – particulièrement dommageables aux consommateurs et aux PME. Opposer cette confidentialité aux enquêtes de l’ADLC ferait obstacle à ses missions de maintien de l’ordre public économique, auquel elle contribue pourtant au même titre que l’administration fiscale ou les autorités de poursuites au pénal qui, elles, sont exclues du champ de cette protection.

Concernant l’ACPR, cet amendement vise à sauvegarder ses missions de préservation de la stabilité financière via la surveillance prudentielle, de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, et de protection de la clientèle, et ce en conformité avec le droit européen. En effet, l’essentiel de ses compétences provient de normes européennes qui imposent à l’État de garantir ses pouvoirs, notamment le droit de se faire communiquer tout document. Le droit européen ne reconnaissant pas l’extension de la confidentialité aux juristes d’entreprise, son opposabilité à l’ACPR constituerait une rupture d’égalité, entre les différents établissements et les missions concernées, puisque cette protection serait par ailleurs inopposable à la Banque centrale européenne. Par ailleurs, l’opposabilité à l’ACPR de la confidentialité conférée aux juristes des établissements relevant de son contrôle constituerait une atteinte à ses pouvoirs de maintien de l’ordre public, laquelle n’est justifiée par aucun motif d’intérêt général supérieur.

Au total, cet amendement permettra de maintenir les garanties d’intégrité des marchés et de sécurité juridique qui concourent à l’attractivité de la place financière de Paris.

Nous rappelons notre opposition ferme à cette proposition de loi qui cache en réalité la volonté de protégé le secret des affaires pour l'intérêt de quelques uns.

Cet amendement a été rédigé avec la participation de l'ADLC."

Vote par groupe

pourabstentioncontre
GroupePosition majoritaireMembresPourContreAbst.Non-votants
Renaissance contre1690 2600
Rassemblement National pour8811 000
La France insoumise - Nouvelle Union Populaire écologique et sociale pour755 000
Les Républicains pour612 200
Démocrate (MoDem et Indépendants) contre501 401
Horizons et apparentés contre310 300
Socialistes et apparentés pour313 000
Gauche démocrate et républicaine - NUPES pour221 000
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires pour222 000
Écologiste - NUPES pour213 000
Non inscrit pour70 000

Votants

pour (28)

Romain Daubié Dem, Lisa Belluco Ecolo - NUPES, Jérémie Iordanoff Ecolo - NUPES, Eva Sas Ecolo - NUPES, Émeline K/Bidi GDR - NUPES, Ugo Bernalicis LFI - NUPES, Sylvain Carrière LFI - NUPES, Jean-François Coulomme LFI - NUPES, Caroline Fiat LFI - NUPES, Sébastien Rome LFI - NUPES, Jean-Louis Bricout LIOT, Bertrand Pancher LIOT, Xavier Breton LR, Justine Gruet LR*, Christophe Bentz RN, Jérôme Buisson RN, Annick Cousin RN, Nathalie Da Conceicao Carvalho RN*, Edwige Diaz RN, Marine Hamelet RN*, Catherine Jaouen RN, Alexandra Masson RN, Angélique Ranc RN, Béatrice Roullaud RN, Jean-Philippe Tanguy RN, Joël Aviragnet SOC*, Gérard Leseul SOC, Cécile Untermaier SOC

contre (35)

Christophe Blanchet Dem, Mathilde Desjonquères Dem, Bruno Millienne Dem, Didier Padey Dem, Lise Magnier HOR, Christophe Plassard HOR, Anne-Cécile Violland HOR, Virginie Duby-Muller LR*, Philippe Gosselin LR, Caroline Abadie RE, Damien Adam RE, Éric Alauzet RE, Fanta Berete RE*, Denis Bernaert RE, Anthony Brosse RE, Anne Brugnera RE, Nicole Dubré-Chirat RE, Jean-Luc Fugit RE, Olga Givernet RE, Claire Guichard RE, Sacha Houlié RE, Alexis Izard RE*, Christine Le Nabour RE*, Patricia Lemoine RE, Christophe Marion RE, Denis Masséglia RE, Graziella Melchior RE, Emmanuel Pellerin RE, Michèle Peyron RE, Mikaele Seo RE*, Violette Spillebout RE, Liliana Tanguy RE*, Jean Terlier RE, Éric Woerth RE*, Caroline Yadan RE

non-votant (1)

Élodie Jacquier-Laforge Dem