Scrutin n° 1636 du 25/05/2023
Sur l'amendement n° 1735 de M. Chenevard à l'article 2 et rapport annexé du projet de loi relatif à la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 et portant diverses dispositions intéressant la défense (première lecture).
- Dossier
- Programmation militaire pour les années 2024 à 2030 et diverses dispositions intéressant la défense (relié par : amendement)
- Demandé par
- Présidente du groupe "Renaissance"
- Objet
- amendement
- Source
- assemblee-nationale.fr
Amendement n° 1735 · RAPPORT ANNEXÉ
De Yannick Chenevard (RE) , déposé le 17/05/2023. Sort : Adopté. Fiche de l'amendement · sur le projet de loi relatif à la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 et portant...
Dispositif
À la fin de la cinquième phrase de l’alinéa 33, substituer aux mots :
« préserver l’attractivité des carrières et la progression des personnels, selon le degré d’expertise, les qualifications acquises et les responsabilités d’encadrement assumées, bénéficiant à plein du déploiement de la nouvelle politique de rémunération des militaires (NPRM) et d’une plus forte progressivité des grilles indiciaires des militaires »
les mots :
« renforcer l’attractivité des carrières et la progression des personnels civils et militaires, selon le degré d’expertise, les qualifications et compétences acquises et les responsabilités d’encadrement assumées. Elle bénéficiera à plein du déploiement de la nouvelle politique de rémunération des militaires (NPRM) et d’une plus forte attractivité et progressivité des grilles indiciaires ».
Exposé sommaire
La loi de programmation militaire 2019‑2025 prévoyait une augmentation nette de 6 000 effectifs du ministère des Armées, principalement concentrée sur la période 2023‑2025. Malgré le fait que ceux-ci ont effectivement augmenté depuis 2019, l’objectif prévu pour 2025 semble difficile à atteindre. Alors qu’une augmentation nette de 1 500 postes était programmée entre 2019 et 2022, l’accroissement constaté au 1er septembre 2022 était de 1 063 postes. Compte tenu de la forte augmentation programmée entre 2023 et 2025, il est donc probable que l’écart entre les prévisions et la réalité des augmentations nettes se creuse. Cela s’explique en particulier par une difficulté à retenir le personnel ayant pour conséquence une augmentation des sorties définitives.
En effet, nos armées assurent une formation initiale et continue de nos militaires ainsi que des personnels civils de très haute qualité. Ce haut niveau de qualification et de formation conduit nécessairement à les rendre particulièrement attractifs auprès d’autres segments du marché du travail et à ce qu’ils constituent des recrutements de choix pour les entreprises civiles.
En outre, sur le plan de la rémunération, la loi de programmation militaire 2019‑2025 prévoyait un axe majeur avec la mise en place de la NPRM, bien accueillie et qu’il convient de saluer. C’est un effort financier significatif de près de 500 millions € en année pleine. C’est aussi une avancée majeure sur le plan technique avec le passage de 174 primes différentes à 8 primes réparties en 3 volets. Elle ne modifie toutefois pas la partie indiciaire de la rémunération des militaires. Or, l’augmentation des bas salaires conjuguée à l’absence d’effort indiciaire pour les autres catégories de personnel aboutit à un tassement général des rémunérations préjudiciable à la logique de promotion interne au sein de nos armées. 50 % des sous-officiers et des officiers mariniers sont issus des hommes du rang. Et 50 % des officiers sont issus des sous-officiers et des officiers mariniers. Il est aujourd’hui indispensable d’agir si nous voulons conserver cet escalier social remarquable que constituent nos armées. En effet, de plus en plus de militaires du rang n’aspireraient plus à devenir sous-officiers car le faible gain financier occasionné par une telle promotion ne compenserait pas suffisamment les contraintes inhérentes au statut de sous-officier. Il apparait donc nécessaire de renforcer la valorisation de la prise de responsabilité et du développement de compétences rares. L’ensemble de ces éléments induit des conséquences éminemment négatives pour nos armées. L’investissement financier et humain dans la formation des jeunes militaires n’est en effet rentable que si ces derniers restent une période minimale dans les armées. De plus, un moindre nombre de sous-officiers ou de militaires du rang qui auraient eu vocation à devenir sous-officiers et qui quittent le service, se traduit par un déficit préjudiciable d’encadrement et de formation des jeunes recrues. Cela conduit également à une dégradation des conditions de travail de ceux qui restent avec une augmentation de leur charge de travail pouvant les inciter à quitter l’institution à leur tour.
L’ambition de cet amendement est donc de répondre à ces difficultés et au défi de l’attractivité et de la fidélisation de nos militaires et des personnels civils en les incitant à mener et poursuivre leur carrière au sein de nos armées à travers un effort significatif sur la partie indiciaire de leur rémunération. Il apparait ainsi essentiel de revaloriser les grilles indiciaires des personnels civils et militaires et d’accroitre leur progressivité en augmentant leur indice brut.
Vote par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Membres | Pour | Contre | Abst. | Non-votants |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Renaissance | pour | 171 | 42 | 0 | 0 | 0 |
| Rassemblement National | pour | 88 | 21 | 0 | 0 | 0 |
| La France insoumise - Nouvelle Union Populaire écologique et sociale | pour | 75 | 7 | 0 | 0 | 0 |
| Les Républicains | pour | 62 | 1 | 0 | 0 | 0 |
| Démocrate (MoDem et Indépendants) | pour | 51 | 5 | 0 | 0 | 1 |
| Socialistes et apparentés (membre de l’intergroupe NUPES) | pour | 31 | 4 | 0 | 0 | 0 |
| Horizons et apparentés | pour | 29 | 2 | 0 | 0 | 0 |
| Écologiste - NUPES | pour | 23 | 1 | 0 | 0 | 0 |
| Gauche démocrate et républicaine - NUPES | pour | 22 | 0 | 0 | 0 | 0 |
| Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires | pour | 21 | 0 | 0 | 0 | 0 |
| Non inscrit | pour | 4 | 0 | 0 | 0 | 0 |
Votants
pour (83)
Christophe Blanchet Dem, Vincent Bru Dem, Jean-Pierre Cubertafon Dem, Maud Gatel Dem, Delphine Lingemann Dem, Cyrielle Chatelain Ecolo - NUPES, Loïc Kervran HOR, Jean-Charles Larsonneur HOR, Manuel Bompard LFI - NUPES, Martine Etienne LFI - NUPES, Bastien Lachaud LFI - NUPES, Arnaud Le Gall LFI - NUPES, Antoine Léaument LFI - NUPES*, Pascale Martin LFI - NUPES, Aurélien Saintoul LFI - NUPES, Jean-Louis Thiériot LR, Jean-Philippe Ardouin RE, Xavier Batut RE, Mounir Belhamiti RE, Benoît Bordat RE, Clara Chassaniol RE, Yannick Chenevard RE, François Cormier-Bouligeon RE, Julie Delpech RE*, Frédéric Descrozaille RE, Jean-Marie Fiévet RE, Thomas Gassilloud RE, Anne Genetet RE, Raphaël Gérard RE*, Joël Giraud RE*, Charlotte Goetschy-Bolognese RE, Jean-Michel Jacques RE, Emmanuel Lacresse RE, Sandrine Le Feur RE, Gilles Le Gendre RE, Christine Le Nabour RE, Vincent Ledoux RE*, Mathieu Lefèvre RE, Brigitte Liso RE*, Lysiane Métayer RE, Marjolaine Meynier-Millefert RE*, Paul Midy RE*, Benoit Mournet RE, Karl Olive RE, Emmanuel Pellerin RE, Michèle Peyron RE, Barbara Pompili RE*, Éric Poulliat RE, Natalia Pouzyreff RE, Robin Reda RE, Jean-François Rousset RE, Lionel Royer-Perreaut RE, Charles Sitzenstuhl RE, Philippe Sorez RE, Bruno Studer RE, Jean Terlier RE, Prisca Thevenot RE, Corinne Vignon RE, José Beaurain RN*, Christophe Bentz RN, Emmanuel Blairy RN, Sophie Blanc RN, Frédéric Boccaletti RN, Caroline Colombier RN, Jocelyn Dessigny RN, Nicolas Dragon RN, Stéphanie Galzy RN, Frank Giletti RN, José Gonzalez RN, Marine Hamelet RN, Laurent Jacobelli RN, Gisèle Lelouis RN, Christine Loir RN, Michèle Martinez RN, Kévin Mauvieux RN, Joëlle Mélin RN, Angélique Ranc RN, Emeric Salmon RN, Antoine Villedieu RN*, Chantal Jourdan SOC, Anna Pic SOC, Christine Pirès Beaune SOC*, Valérie Rabault SOC