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Scrutins / 15e législature

Scrutin n° 3763 du 12/05/2021

Sur l'amendement n° 113 de Mme Taurine à l'article 6 de la proposition de loi visant à accélérer l'égalité économique et professionnelle (première lecture).

Résultat
Rejeté
scrutin public ordinaire
Pour
8
Contre
45
Abstention
5
Votants
58
53 exprimés
Dossier
Accélérer l’égalité économique et professionnelle (relié par : amendement)
Demandé par
Président du groupe "La France insoumise"
Objet
amendement
Source
assemblee-nationale.fr

Amendement n° 113 · Article 6

De Bénédicte Taurine (FI) , déposé le 07/05/2021. Sort : Rejeté. Fiche de l'amendement · sur le proposition de loi proposition de loi sur la proposition de loi, après engagement de la...

Dispositif

Substituer à l’alinéa 2 les onze alinéas suivants :

« 1° L’article L. 1142‑8 est ainsi rédigé :

« Art. L. 1142‑8. – Dans les entreprises d’au moins cinquante salariés, l’entreprise employeuse publie chaque année des indicateurs relatifs aux écarts de rémunération entre les femmes et les hommes et aux actions mises en œuvre pour les supprimer, selon les modalités suivantes :

« 1° L’écart de rémunération entre les femmes et les hommes, calculé à partir de la moyenne de la rémunération des femmes comparée à celle des hommes, par tranche d’âge et par catégorie de postes équivalents ;

« 2° L’écart de taux d’augmentations individuelles de salaire ne correspondant pas à des promotions entre les femmes et les hommes en nombre et en montant ;

« 3° L’écart de taux de promotions entre les femmes et les hommes en nombre et en montant ;

« 4° Le pourcentage de salariées ayant bénéficié d’une augmentation dans l’année de leur retour de congé de maternité, si des augmentations sont intervenues au cours de la période pendant laquelle le congé a été pris ;

« 5° Le nombre de salariés du sexe sous-représenté parmi les dix salariés ayant perçu les plus hautes rémunérations ainsi que le montant de l’écart moyen des rémunérations ;

« 6° Le nombre de salariés du sexe sous-représenté parmi le décile des salariés les moins bien rémunérés ;

« 7° La répartition des éventuels temps partiels entre les salariées et les salariés ;

« 8° La répartition des éventuels contrats courts entre les salariées et les salariés.

« Ces indicateurs sont calculés selon une méthodologie définie par décret. En cas de Constitution d’un comité social et économique au niveau d’une unité économique et sociale reconnue par accord collectif ou par décision de justice entre plusieurs entreprises juridiquement distinctes, les indicateurs sont calculés au niveau de l’unité économique et sociale. »

Exposé sommaire

L'index de l'égalité connait des défaillances importantes, que nous proposons par cet amendement de corriger.

L’Index, sur 100 points, se calcule à partir de 4 à 5 indicateurs selon que l’entreprise fait moins ou plus de 250 salariés :
- L’écart de rémunération femmes-hommes,
- L’écart de répartition des augmentations individuelles,
- L’écart de répartition des promotions (uniquement dans les entreprises de plus de 250 salariés),
- Le nombre de salariées augmentées à leur retour de congé de maternité,
- La parité parmi les 10 plus hautes rémunérations.

La plupart des données à prendre en compte figurent dans la base de données économiques et sociales des entreprises (BDES).
L’obligation concerne les entreprises d’au moins 1000 salariés depuis le 1er mars 2019 ; celles d’au moins 250 salariés, depuis le 1er septembre 2019 ; celles d’au moins 50 salariés au 1er mars 2020.

Cet index laisse subsister de gros problèmes :
En 2020, 96% des entreprises de plus de 1000 salarié·es ont obtenu plus de 75 points. Et pourtant, l’écart de salaire pour le même poste est toujours aussi élevé : 11% en France en moyenne. Plusieurs facteurs expliquent cela :
- l’index égalité femmes-hommes est une auto-évaluation des entreprises, que personne ne peut vérifier.
- l’index met en place un « seuil de tolérance de 5% d’écart de rémunération. Ce qui signifie que lorsqu’en réalité il y a 10 % d’écart de rémunération, seul les 5 % d’écart sont pris en considération. Par ailleurs, le barème de notation est très laxiste : 1% d’écart de rémunération = 1 point seulement !

Par ailleurs :
- Les indicateurs 2 et 4 qui concernent les augmentations ne prennent pas en compte le montant des augmentations, mais seulement le nombre de personnes concernées. Facile ainsi de donner des augmentations cosmétiques aux femmes, pour remplir les critères.
- Des éléments structurels ne sont pas pris en considération : notamment les temps partiels imposés, la dévalorisation des métiers à prédominance féminine ne sont pas pris en compte.

Enfin, les entreprises qui n’ont pas atteint 75% ont entre 3 ou 4 ans pour se mettre en conformité et échapper à la sanction. Autant dire que ces entités sont tranquilles, et disposent de tous les outils pour échapper à la sanction sans que la situation des femmes soit améliorée.


Par ailleurs, sur l'éventuel caractère réglementaire de telles dispositions, nous estimons que le champ de compétence du pouvoir législatif a été largement étendu depuis que les représentant·es de la Nation ont eu à légiférer sur l'utilisation des téléphones portables dans les collèges, dispositions largement infra-réglementaire.

Vote par groupe

pourabstentioncontre
GroupePosition majoritaireMembresPourContreAbst.Non-votants
La République en Marche contre2681 3702
Les Républicains contre1040 300
Mouvement Démocrate (MoDem) et Démocrates apparentés contre580 400
Socialistes et apparentés pour293 020
Non inscrit pour232 000
Agir ensemble abstention210 020
Libertés et Territoires abstention180 010
UDI et Indépendants contre180 100
La France insoumise pour172 000
Gauche démocrate et républicaine pour160 000

Votants

pour (8)

Jean-Luc Mélenchon FI*, Bénédicte Taurine FI, Sonia Krimi LaREM, Delphine Bagarry NI*, Albane Gaillot NI, Marie-Noëlle Battistel SOC, Olivier Faure SOC*, Philippe Naillet SOC

contre (45)

Michèle Crouzet Dem*, Marguerite Deprez-Audebert Dem, Michèle de Vaucouleurs Dem, Philippe Vigier Dem*, Emmanuelle Anthoine LR, Alain Ramadier LR, Stéphane Viry LR, Pascal Bois LaREM, Jean-Jacques Bridey LaREM, Anne-France Brunet LaREM*, Céline Calvez LaREM, Stéphane Claireaux LaREM*, Coralie Dubost LaREM*, Françoise Dumas LaREM*, Jean-Luc Fugit LaREM, Séverine Gipson LaREM*, Véronique Hammerer LaREM, Christine Hennion LaREM, Catherine Kamowski LaREM*, Amélia Lakrafi LaREM*, Célia de Lavergne LaREM*, Christine Le Nabour LaREM, Monique Limon LaREM, Brigitte Liso LaREM, Jacques Maire LaREM*, Thomas Mesnier LaREM, Thierry Michels LaREM, Patricia Mirallès LaREM*, Cécile Muschotti LaREM*, Mickaël Nogal LaREM*, Catherine Osson LaREM, Xavier Paluszkiewicz LaREM*, Didier Paris LaREM*, Charlotte Parmentier-Lecocq LaREM, Natalia Pouzyreff LaREM, Florence Provendier LaREM, Pierre-Alain Raphan LaREM, Cécile Rilhac LaREM, Véronique Riotton LaREM, Marie-Pierre Rixain LaREM, Bertrand Sorre LaREM*, Sylvain Templier LaREM*, Alain Tourret LaREM*, Corinne Vignon LaREM, Valérie Six UDI-I

abstention (5)

Annie Chapelier Agir ens, Patricia Lemoine Agir ens*, Michel Castellani LT, Guillaume Garot SOC*, Gérard Leseul SOC

non-votant (2)

Richard Ferrand LaREM, Hugues Renson LaREM

mise au point seule (2)

Anne Brugnera, Catherine Fabre

Mises au point

Députés ayant déclaré après coup avoir voulu voter autrement (le résultat n'est pas modifié).