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Scrutins / 15e législature

Scrutin n° 3704 du 16/04/2021

Sur l'amendement n° 6442 de Mme Le Feur à l'article 62 du projet de loi portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets (première lecture).

Résultat
Rejeté
scrutin public ordinaire
Pour
24
Contre
65
Abstention
4
Votants
93
89 exprimés
Dossier
Lutte contre le dérèglement climatique (relié par : amendement)
Demandé par
Président du groupe "La France insoumise"
Objet
amendement
Source
assemblee-nationale.fr

Amendement n° 6442 · Article 62

De Sandrine Le Feur (LaREM) , déposé le 25/03/2021. Sort : Rejeté. Fiche de l'amendement · sur le projet de loi projet de loi sur le projet de loi, après engagement de la procédure...

Dispositif

Rédiger ainsi cet article :

« L’article L. 213‑10‑8 du code de l’environnement est ainsi modifié :

« 1° Au I, après le mot : « acquièrent », sont insérés les mots : « une matière fertilisante mentionnée au 1° de l’article L. 255‑1 du code rural et de la pêche maritime contenant de l’azote sous forme minérale de synthèse, » ;

« 2° Au premier alinéa du II, après le mot : « masse », sont insérés les mots : « d’azote sous forme minérale de synthèse et » ;

« 3° Le tableau du deuxième alinéa du III est complété par une ligne ainsi rédigée :

« 

Azote sous forme minérale de synthèse 0,27

 » ;

« 4° Après le IV, il est inséré un IV bis ainsi rédigé :

« IV bis. – La redevance sur une matière fertilisante contenant de l’azote sous forme minérale de synthèse mentionnée au 1° de l’article L. 255‑1 du code rural et de la pêche maritime est exigible à compter du 1er janvier 2022. »

Exposé sommaire

Cet amendement introduit une redevance pour pollution diffuse liée à l'utilisation d'engrais azotés, fléchée vers les agences de l'eau elles-mêmes en charge de programmes de subventions de la transition agricole et alimentaire.

Les engrais azotés sont sources de pollutions de l'air (42% des émissions agricoles sont des émissions de protoxyde d'azote, liées à l'utilisation d'engrais azotés de synthèse) et aquatiques (pollution en nitrate de la ressource en eau) avec à la clef des risques sanitaires (pollutions de l’air aux particules fines liée à l’épandage des engrais et eutrophisation entrainant potentiellement des échouages d’algues dont la décomposition dégage du sulfure d’hydrogène et des blooms phytoplanctoniques toxiques susceptibles de contaminer les coquillages). Par ailleurs, en augmentant la concentration en azote des cultures, ces dernières attirent davantage les ravageurs, induisant une utilisation accrue de pesticides. Les engrais induisent également de fortes concentrations d'ammoniac, nocives pour l'environnement et la santé. Leur utilisation entraîne également une dépendance aux importations : 60 % des engrais utilisés en France, et la quasi totalité des matières premières nécessaires à leur fabrication sont importés. ​La France est aujourd’hui le ​premier consommateur d’engrais​ de synthèse en Europe.

Alors que la première SNBC requérait une réduction de 30 kg d’engrais synthétiques par hectare sur les terres agricoles entre 2010 et 2035, ​la consommation totale française a augmenté entre 2010 et 20181​ en dépit d’une baisse de la surface agricole utile et ​malgré l’existence de plusieurs mesures visant à la réduire ​(réglementation nitrates, TVA réduite sur les engrais bio, feuille de route économie circulaire, etc.). ​La quantité d’azote apportée par hectare est passée de 81,6 kg à 86,9 kg entre 2007 et 2018. 

Il est donc important d'inciter fiscalement un changement de pratique, en intégrant le coût des externalités négatives de l'utilisation de ces engrais dans leur prix. Selon la Direction Générale du Trésor, « en accroissant le prix relatif des engrais, la taxe serait susceptible d’orienter les comportements vers des pratiques ​économes en intrant et donc moins polluantes. » La mise en place d’une redevance sur le recours aux engrais azotés de synthèse en complément d’une politique de soutien au développement de l’​agriculture biologique a montré des résultats significatifs sur la réduction des engrais chimiques en Autriche. 

Pour autant, il ne semble pas économiquement viable de faire peser une nouvelle contrainte sur la profession agricole, d'ores-et-déjà en difficulté. C'est pourquoi les recettes sont fléchées vers les agences de l'eau afin de les allouer à la subvention de mesures dont l’objectif est d’engager de manière durable la totalité de l’exploitation agricole vers des pratiques favorables à la qualité de l’eau.

En tenant compte du modèle MAGALI sur la période 2013-2018, la redevance pourrait correspondre au montant des ​externalités comptabilisées​ à hauteur de ​50 % dans un premier temps, soit ​275 euros par tonne d’engrais synthétique (ou ​0,27 centimes par kilo). Avec une consommation de ​2 248 277 tonnes (données 2017), la recette annuelle moyenne serait d’environ ​618 millions d’euros​.

Vote par groupe

pourabstentioncontre
GroupePosition majoritaireMembresPourContreAbst.Non-votants
La République en Marche contre2697 4541
Les Républicains contre1040 300
Mouvement Démocrate (MoDem) et Démocrates apparentés contre581 801
Socialistes et apparentés pour296 000
Non inscrit pour233 000
Agir ensemble contre210 200
Libertés et Territoires contre181 200
UDI et Indépendants contre180 100
La France insoumise pour176 000
Gauche démocrate et républicaine contre160 400

Votants

pour (24)

Jimmy Pahun Dem, Caroline Fiat FI*, Jean-Luc Mélenchon FI*, Danièle Obono FI, Mathilde Panot FI, Loïc Prud'homme FI, Bénédicte Taurine FI, Jennifer De Temmerman LT, Éric Alauzet LaREM, Françoise Ballet-Blu LaREM*, Sandrine Le Feur LaREM, Sandrine Mörch LaREM*, Marie Silin LaREM, Élisabeth Toutut-Picard LaREM*, Souad Zitouni LaREM, Delphine Bagarry NI*, Delphine Batho NI, Hubert Julien-Laferrière NI, Marie-Noëlle Battistel SOC*, Olivier Faure SOC*, Chantal Jourdan SOC, Gérard Leseul SOC, Josette Manin SOC, Cécile Untermaier SOC

contre (65)

Antoine Herth Agir ens, Patricia Lemoine Agir ens*, Erwan Balanant Dem, Philippe Berta Dem*, Jean-Pierre Cubertafon Dem*, Maud Gatel Dem, Bruno Millienne Dem, Frédérique Tuffnell Dem, Nicolas Turquois Dem, Michèle de Vaucouleurs Dem, Alain Bruneel GDR, André Chassaigne GDR, Sébastien Jumel GDR*, Fabien Roussel GDR*, Julien Dive LR, Marc Le Fur LR, Michel Vialay LR, François-Michel Lambert LT, Bertrand Pancher LT, Damien Adam LaREM, Xavier Batut LaREM, Aurore Bergé LaREM, Aude Bono-Vandorme LaREM*, Claire Bouchet LaREM, Jean-Jacques Bridey LaREM, Anne Brugnera LaREM, Christophe Castaner LaREM*, Samantha Cazebonne LaREM, Jean-René Cazeneuve LaREM, Mireille Clapot LaREM, Cécile Delpirou LaREM*, Frédéric Descrozaille LaREM*, Séverine Gipson LaREM*, Valérie Gomez-Bassac LaREM*, Guillaume Gouffier Valente LaREM, Christine Hennion LaREM, Pierre Henriet LaREM*, Célia de Lavergne LaREM, Christine Le Nabour LaREM, Nicole Le Peih LaREM, Marie Lebec LaREM, Martine Leguille-Balloy LaREM, Jacqueline Maquet LaREM*, Sereine Mauborgne LaREM, Graziella Melchior LaREM, Jean-Michel Mis LaREM*, Jean-Baptiste Moreau LaREM, Cendra Motin LaREM, Valérie Oppelt LaREM*, Catherine Osson LaREM*, Zivka Park LaREM*, Charlotte Parmentier-Lecocq LaREM*, Alain Perea LaREM*, Pierre-Alain Raphan LaREM*, Bruno Studer LaREM, Sylvain Templier LaREM, Vincent Thiébaut LaREM, Valérie Thomas LaREM*, Alice Thourot LaREM*, Huguette Tiegna LaREM*, Stéphane Travert LaREM, Stéphane Trompille LaREM*, Pierre Venteau LaREM, Jean-Marc Zulesi LaREM, Christophe Naegelen UDI-I

abstention (4)

Yannick Kerlogot LaREM, Sonia Krimi LaREM, Mounir Mahjoubi LaREM, Jean-Louis Touraine LaREM*

non-votant (2)

Sylvain Waserman Dem, Richard Ferrand LaREM