Scrutin n° 1787 du 21/03/2019
Sur le sous-amendement n° 2069 de M. Benoit à l'amendement n° 1355 de M. Garot après l'article 5 bis du projet de loi relatif à l'organisation et à la transformation du système de santé (première lecture).
- Dossier
- Organisation et transformation du système de santé (relié par : amendement)
- Demandé par
- Président du groupe "UDI, Agir et Indépendants"
- Objet
- sous-amendement
- Source
- assemblee-nationale.fr
Amendement n° 2069 · Article 5 bis
De Thierry Benoit (UDI-I) , déposé le 18/03/2019. Sort : Rejeté. Fiche de l'amendement · sur le projet de loi projet de loi sur le projet de loi, après engagement de la procédure...
Dispositif
À l’alinéa 3, supprimer les mots :
« Si dans les douze mois suivant la promulgation de la présente loi, aucune mesure de limitation d’accès au conventionnement n’a été instituée dans les conditions prévues au 20° bis de l’article L. 162 5 du code de la sécurité sociale, »
Exposé sommaire
L'accès des médecins au conventionnement nécessite que des mesures immédiates doivent être prises dès la promulgation du projet de loi relatif à l'organisation et la transformation du système de santé.
Le nombre de médecins inscrits à l’ordre a augmenté au cours des dernières années, puisqu’on comptait 297 000 médecins en 2018 contre seulement 255 000 il y a dix ans. Mais il faut aller plus loin dans le constat, car tous ces médecins ne sont pas en activité médicale, loin s’en faut : le nombre de médecins en activité régulière recule, leur proportion étant passée de 78 % en 2008 à 66,7 % aujourd’hui.
Surtout, les inégalités territoriales sont criantes. En ce qui concerne les médecins généralistes libéraux, le rapport entre le département le moins bien doté et le département le mieux doté est de 2,2 : autrement dit, il y a deux fois plus de médecins généralistes libéraux par habitant dans les départements les mieux dotés. Cet écart est encore plus fort pour certaines spécialités : le rapport entre les départements les moins bien dotés et les mieux dotés est de 1 à 12 pour les ophtalmologistes, de 1 à 24 pour les pédiatres, et de 1 à 23 pour dermatologues – compte non tenu des deux départements qui en sont totalement dépourvus ! Le problème est d’autant plus grave que la situation ne va pas s’améliorer dans les cinq ni même les dix prochaines années, car toute une génération de médecins va prochainement partir en retraite, ce qui va provoquer un creux démographique en 2025.
Face à cette inégalité, de nombreux dispositifs ont été imaginés, expérimentés, et généralisés depuis 2012. Mille huit cents contrats d’engagement de service public ont été passés avec des étudiants, et près de mille maisons de santé ont été construites en cinq ans.
Pour répondre à l’urgence, cet amendement prévoit donc que dans des zones définies par les partenaires conventionnels (assurance maladie et professionnels concernés), ou à défaut par les ARS après concertation des syndicats médicaux, dans lesquelles existe une offre de soins à un niveau particulièrement élevé, un nouveau médecin libéral ne peut s’installer en étant conventionné à l’assurance maladie que lorsqu’un médecin libéral de la même zone cesse son activité. C’est en fonction d’une moyenne nationale que pourra s’apprécier le niveau d’offre de soins, permettant de considérer des territoires particulièrement bien dotés en médecins généralistes et spécialistes ; le conventionnement à l’assurance maladie sera donc l’outil de cette régulation, pour ne pas densifier davantage des zones déjà suffisamment pourvues alors que d’autres manquent cruellement de médecins.
Le principe de la liberté d’installation demeure, mais le conventionnement n’est possible que de manière sélective pour les nouvelles installations.
Ce conventionnement territorial ne s’appliquerait pas aux médecins souhaitant conventionner avec l’assurance maladie en secteur 1, dans un territoire où l’offre de soins est abondante où les médecins conventionnés secteur 2 sont nombreux.
L’adoption de ce principe de conventionnement territorial des médecins libéraux permettrait de compléter utilement les dispositifs d’incitation à l’installation dans les zones sous-dotées existants. Pour lutter plus efficacement contre la désertification médicale, il est impératif de mobiliser l’ensemble des solutions possibles, en particulier lorsqu’elles ont fait leurs preuves pour d’autres professions de santé. Les pharmaciens, par exemple, sont soumis à des règles d’installation efficaces, puisque le maillage des pharmacies a été préservé en France.
Vote par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Membres | Pour | Contre | Abst. | Non-votants |
|---|---|---|---|---|---|---|
| La République en Marche | contre | 306 | 1 | 58 | 4 | 1 |
| Les Républicains | contre | 104 | 4 | 7 | 2 | 1 |
| Mouvement Démocrate et apparentés | contre | 46 | 0 | 4 | 0 | 0 |
| Socialistes et apparentés | pour | 29 | 4 | 0 | 0 | 0 |
| UDI, Agir et Indépendants | pour | 29 | 3 | 0 | 1 | 0 |
| La France insoumise | pour | 17 | 1 | 0 | 0 | 0 |
| Gauche démocrate et républicaine | pour | 16 | 3 | 0 | 0 | 0 |
| Libertés et Territoires | pour | 16 | 2 | 2 | 0 | 0 |
| Non inscrit | contre | 14 | 0 | 2 | 0 | 0 |
Votants
pour (18)
Caroline Fiat FI, Huguette Bello GDR, Alain Bruneel GDR, Jean-Paul Lecoq GDR, Josiane Corneloup LR, Marie-Christine Dalloz LR, Bérengère Poletti LR, Isabelle Valentin LR, Yannick Favennec-Bécot LT, Paul Molac LT, Caroline Janvier LaREM, Joël Aviragnet SOC, Gisèle Biémouret SOC, Guillaume Garot SOC, Hervé Saulignac SOC, Thierry Benoit UDI-AGIR, Pascal Brindeau UDI-AGIR, Lise Magnier UDI-AGIR
contre (73)
Thibault Bazin LR, Émilie Bonnivard LR, Fabien Di Filippo LR, Jean-Pierre Door LR, Jean-Carles Grelier LR, Geneviève Levy LR, Gilles Lurton LR, Paul-André Colombani LT, Sylvia Pinel LT, Caroline Abadie LaREM, Sophie Beaudouin-Hubiere LaREM, Belkhir Belhaddad LaREM, Mounir Belhamiti LaREM, Julien Borowczyk LaREM, Florent Boudié LaREM, Brigitte Bourguignon LaREM, Bertrand Bouyx LaREM, Blandine Brocard LaREM, Carole Bureau-Bonnard LaREM, Céline Calvez LaREM, Jean-René Cazeneuve LaREM, Anthony Cellier LaREM, Philippe Chalumeau LaREM, Fabienne Colboc LaREM, Claire Colomb-Pitollat LaREM, François Cormier-Bouligeon LaREM, Dominique Da Silva LaREM, Olivier Damaisin LaREM, Marc Delatte LaREM, Nicolas Démoulin LaREM, Jean-Marie Fiévet LaREM, Emmanuelle Fontaine-Domeizel LaREM, Albane Gaillot LaREM, Thomas Gassilloud LaREM, Véronique Hammerer LaREM, Pierre Henriet LaREM, Monique Iborra LaREM, Daniel Labaronne LaREM, Sandrine Le Feur LaREM, Gilles Le Gendre LaREM, Gaël Le Bohec LaREM, Marie Lebec LaREM, Monique Limon LaREM, Richard Lioger LaREM, Brigitte Liso LaREM, Sylvain Maillard LaREM, Jacques Marilossian LaREM, Didier Martin LaREM, Sereine Mauborgne LaREM, Stéphane Mazars LaREM, Thomas Mesnier LaREM, Monica Michel-Brassart LaREM, Thierry Michels LaREM*, Patricia Mirallès LaREM, Anne-Laurence Petel LaREM, Valérie Petit LaREM, Bénédicte Peyrol LaREM, Laurent Pietraszewski LaREM, Benoit Potterie LaREM, Stéphanie Rist LaREM, Bertrand Sorre LaREM, Marie Tamarelle-Verhaeghe LaREM, Vincent Thiébaut LaREM, Stéphane Trompille LaREM, Frédérique Tuffnell LaREM, Olivier Véran LaREM, Annie Vidal LaREM, Philippe Berta MODEM, Brahim Hammouche MODEM, Cyrille Isaac-Sibille MODEM, Michèle de Vaucouleurs MODEM, Emmanuelle Ménard NI, Matthieu Orphelin NI
abstention (7)
Pierre Cordier LR, Bernard Perrut LR, Delphine Bagarry LaREM, Anne-Laure Cattelot LaREM, Fabien Gouttefarde LaREM, Florence Granjus LaREM, Paul Christophe UDI-AGIR
non-votant (2)
Marc Le Fur LR, Richard Ferrand LaREM