Scrutin n° 1465 du 23/11/2018
Sur l'amendement n° 1644 (rect.) du Gouvernement avant l'article 52 du projet de loi de programmation 2018-2022 et de réforme pour la justice (première lecture).
- Dossier
- Loi de programmation de la justice 2018-2022 (relié par : amendement)
- Demandé par
- Président du groupe "La France insoumise"
- Objet
- amendement
- Source
- assemblee-nationale.fr
Amendement n° 1644 (Rect) · Article 52
Gouvernement , déposé le 22/11/2018. Sort : Adopté. Fiche de l'amendement · sur le projet de loi projet de loi sur le projet de loi, adopté par le Sénat après engagement de...
Dispositif
I. – Dans les conditions prévues à l’article 38 de la Constitution, le Gouvernement est autorisé à prendre par ordonnance les mesures relevant du domaine de la loi nécessaires pour :
1° Modifier et compléter les dispositions relatives à la justice pénale des mineurs, dans le respect des principes constitutionnels qui lui sont applicables et des conventions internationales, afin de :
a) Simplifier la procédure pénale applicable aux mineurs délinquants ;
b) Accélérer leur jugement pour qu’il soit statué rapidement sur leur culpabilité ;
c) Renforcer leur prise en charge par des mesures probatoires adaptées et efficaces avant le prononcé de leur peine ;
d) Améliorer la prise en compte de leurs victimes.
2° Regrouper et organiser ces dispositions dans un code de la justice pénale des mineurs.
II. – L’ordonnance est prise dans un délai de six mois suivant la publication de la présente loi.
III. – Un projet de loi de ratification est déposé devant le Parlement dans un délai de deux mois à compter de la publication de l’ordonnance.
Exposé sommaire
Le présent amendement habilite le Gouvernement à modifier et compléter les dispositions applicables à la justice pénale des mineurs.
L’ordonnance du 2 février 1945 a été modifiée à de très nombreuses reprises. Elle s’est complexifiée et a perdu de sa cohérence. Par ailleurs, l’articulation des normes juridiques fait qu’à défaut de dispositions spécialement prévues par l’ordonnance, le code de procédure pénale s’applique. Le corpus juridique qui en résulte est peu compréhensible pour les mineurs et leurs familles. Il est même devenu difficilement utilisable par les professionnels du droit.
Elle apparaît également en décalage avec l’évolution de la délinquance des mineurs. Si le nombre d’affaires dont est saisi la Justice n’augmente pas de manière significative, la durée des procédures devant les juges des enfants apparaît souvent inadaptée pour assurer une prise en charge des mineurs concernés et répondre aux attentes des victimes. Une refonte de l’ordonnance de 1945 apparaît donc nécessaire. Elle doit permettre de simplifier la procédure pénale applicable aux mineurs délinquants, d’accélérer leur jugement et renforcer leur prise en charge, d’améliorer la prise en compte de leurs victimes.
Cette refonte doit naturellement se faire dans le respect des principes constitutionnels applicables à la justice pénale des mineurs et des conventions internationales. Le Conseil constitutionnel a jugé que l’atténuation de la responsabilité pénale des mineurs en fonction de l’âge et la nécessité de rechercher le relèvement éducatif et moral des enfants délinquants par des mesures adaptées à leur âge et à leur personnalité, prononcées par une juridiction spécialisée ou selon des procédures appropriées sont des principes fondamentaux reconnus par les lois de la République.
Elle passe par l’élaboration d’une procédure pénale spécifique aux mineurs, consolidée de l’enquête, au jugement et à l’application des peines. Les mesures d’accompagnement et de contrôle des mineurs délinquants doivent être simplifiées, pour une meilleure efficacité et lisibilité des prises en charge. Il faut permettre qu’il puisse être statué rapidement sur la culpabilité des mineurs pour leur faire prendre conscience de leurs actes. Ce jugement plus rapide permettra également une meilleure prise en compte des victimes et une facilitation de leur éventuelle indemnisation. La réponse pénale retrouvera ainsi du sens en étant donnée au plus près de l’acte. Et la prise en en charge des mineurs pourra être renforcée par des mesures probatoires adaptées et efficaces avant le prononcé de leur peine.
Cette refonte donnera lieu à l’élaboration d’un code de la justice pénale des mineurs pour améliorer l’accessibilité du droit pour les mineurs, leurs familles et les professionnels du droit.
Ce travail s’appuiera sur celui déjà mené par les parlementaires tant à l’Assemblée nationale qu’au Sénat, dans le cadre de missions d’information dont les commissions des Lois de chaque chambre ont pris l’initiative. Les parlementaires seront associés à la rédaction de cette ordonnance.
Afin que le Parlement puisse exercer pleinement ses prérogatives, le projet de loi de ratification sera déposé dans les meilleurs délais et l’ordonnance n’entrera pas immédiatement en vigueur. Un délai d’un an sera alors laissé pour mener le nécessaire débat parlementaire sur ce sujet essentiel pour la nation.
Vote par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Membres | Pour | Contre | Abst. | Non-votants |
|---|---|---|---|---|---|---|
| La République en Marche | pour | 308 | 30 | 0 | 0 | 1 |
| Les Républicains | contre | 104 | 0 | 7 | 0 | 0 |
| Mouvement Démocrate et apparentés | pour | 46 | 2 | 0 | 1 | 0 |
| Socialistes et apparentés | contre | 29 | 0 | 2 | 0 | 0 |
| UDI, Agir et Indépendants | pour | 28 | 1 | 1 | 0 | 1 |
| La France insoumise | contre | 17 | 0 | 2 | 0 | 0 |
| Gauche démocrate et républicaine | contre | 16 | 0 | 1 | 0 | 0 |
| Libertés et Territoires | pour | 16 | 0 | 0 | 0 | 0 |
| Non inscrit | contre | 12 | 0 | 5 | 0 | 0 |
Votants
pour (33)
Caroline Abadie LaREM, Patrice Anato LaREM, Laetitia Avia LaREM, Christophe Blanchet LaREM, Julien Borowczyk LaREM, Yaël Braun-Pivet LaREM, Jacqueline Dubois LaREM, Nicole Dubré-Chirat LaREM, Élise Fajgeles LaREM, Paula Forteza LaREM, Guillaume Gouffier Valente LaREM, Marie Guévenoux LaREM, Dimitri Houbron LaREM, Christine Le Nabour LaREM, Stéphane Mazars LaREM, Graziella Melchior LaREM, Naïma Moutchou LaREM, Didier Paris LaREM, Laurent Pietraszewski LaREM, Éric Poulliat LaREM, Bruno Questel LaREM, Pierre-Alain Raphan LaREM, Rémy Rebeyrotte LaREM, Cécile Rilhac LaREM, Thomas Rudigoz LaREM, Pacôme Rupin LaREM, Jean Terlier LaREM, Agnès Thill LaREM, Nicole Trisse LaREM, Alexandra Valetta Ardisson LaREM, Erwan Balanant MODEM, Isabelle Florennes MODEM, Jean-Christophe Lagarde UDI-AGIR
contre (18)
Ugo Bernalicis FI, Bastien Lachaud FI, Elsa Faucillon GDR, Philippe Gosselin LR, Brigitte Kuster LR, Véronique Louwagie LR, Jean-Louis Masson LR, Frédérique Meunier LR, Martial Saddier LR, Antoine Savignat LR, Bruno Bilde NI, Sébastien Chenu NI, Gilbert Collard NI, Marine Le Pen NI, Emmanuelle Ménard NI, David Habib SOC, Cécile Untermaier SOC, Maina Sage UDI-AGIR
abstention (1)
Laurence Vichnievsky MODEM
non-votant (2)
Richard Ferrand LaREM, Maurice Leroy UDI-AGIR
mise au point seule (1)
Mises au point
Députés ayant déclaré après coup avoir voulu voter autrement (le résultat n'est pas modifié).
- Nicole Trisse : voulait voter non-votant (a voté pour)
- Emmanuelle Fontaine-Domeizel : voulait voter pour