Scrutin n° 1104 du 26/07/2018
Sur l'amendement n° 182 de M. Nadot à l'article 19 ter du projet de loi pour une immigration maîtrisée, un droit d'asile effectif et une intégration réussie (nouvelle lecture).
- Dossier
- Immigration maîtrisée, droit d'asile effectif et intégration réussie (relié par : amendement)
- Demandé par
- Président du groupe "de la Gauche démocrate et républicaine"
- Objet
- amendement
- Source
- assemblee-nationale.fr
Amendement n° 182 · Article 19 ter
De Sébastien Nadot (EDS) , déposé le 20/07/2018. Sort : Rejeté. Fiche de l'amendement · sur le projet de loi projet de loi , en nouvelle lecture, sur le projet de loi, modifié par le...
Dispositif
Rédiger ainsi cet article :
« Le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est ainsi rédigé :
« 1° L’article L. 622‑1 est ainsi rédigé :
« Art. L. 622-1. – Toute personne qui aura sciemment facilité ou tenté de faciliter l’entrée ou le séjour irréguliers d’un étranger en France en échange de contrepartie manifestement disproportionnée sera punie d’un emprisonnement de cinq ans et d’une amende de 30 000 euros.
« Est puni des mêmes peines celui qui, quelle que soit sa nationalité, a commis le délit défini au premier alinéa alors qu’il se trouvait sur le territoire d’un État partie à la convention signée à Schengen le 19 juin 1990 autre que la France.
« Est puni des mêmes peines celui qui a sciemment facilité ou tenté de faciliter l’entrée ou le séjour irréguliers d’un étranger sur le territoire d’un autre État partie à la convention signée à Schengen le 19 juin 1990.
« Est puni des mêmes peines celui qui a sciemment facilité ou tenté de faciliter l’entrée ou le séjour irréguliers d’un étranger sur le territoire d’un État partie au protocole contre le trafic illicite de migrants par terre, air et mer, additionnel à la convention des Nations unies contre la criminalité transnationale organisée, signée à Palerme le 12 décembre 2000.
« L’infraction n’est pas constituée lorsque l’acte de facilitation est commis à titre gratuit ou lorsque la contrepartie n’est pas manifestement disproportionnée. » ;
« 2° L’article L. 622‑4 est abrogé. »
Exposé sommaire
Le « délit de solidarité » redevient « délit de passeur »
Par décision n° 2018‑717/718 QPC du 6 juillet 2018, le Conseil constitutionnel a donné à la fraternité une valeur constitutionnelle affirmant que chacune et chacun a « la liberté d’aider autrui, dans un but humanitaire, sans condition de la régularité de son séjour sur le territoire national ». Ce faisant, le Conseil a appelé le législateur à modifier la loi avant le 1er décembre 2018 afin de mettre celle-ci en conformité avec sa décision.
L’Assemblée nationale a ajouté quelques critères dans la liste des immunités tandis que le Sénat n’a pas voulu modifier cet article, proposant au contraire d’ajouter un nouveau motif de poursuite (établissement et utilisation de fausses attestations, notamment d’hébergement, pour des personnes étrangères).
Il appartient à notre assemblée de mettre réellement un terme à ce qui est dénommé communément « délit de solidarité » : l’examen de nombreuses décisions judiciaires a démontré que l’article L. 622‑1 du CESEDA sert souvent de fondement à des poursuites, voire à la condamnation, d’aidants solidaires qui ne tirent aucun profit de leurs actions seulement dictées par le refus de laisser les personnes migrantes sur le « bord de la route ».
Cet amendement prend en considération les contraintes découlant de la directive européenne 2002/09/CE du 28 novembre 2002 qui oblige les États membres à pénaliser l’aide à l’entrée, au transit et au séjour irréguliers et oblige les États à adopter des sanctions appropriés. Elle précise que tout État peut décider de ne pas imposer de sanctions dans le cas où le comportement incriminé a pour but d’apporter une aide humanitaire à la personne concernée.
La modification proposée est conforme à l’objet de la directive et permet de redonner tout son sens à l’infraction pénale : lutter contre les réseaux de passeurs et l’exploitation subie par les personnes migrantes.
À l’instar de la liberté et de l’égalité, qui sont les deux autres termes de la devise de notre République, la fraternité doit être respectée comme principe constitutionnel par le législateur.
Vote par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Membres | Pour | Contre | Abst. | Non-votants |
|---|---|---|---|---|---|---|
| La République en Marche | contre | 312 | 6 | 44 | 2 | 1 |
| Les Républicains | contre | 103 | 0 | 4 | 0 | 0 |
| Mouvement Démocrate et apparentés | contre | 46 | 1 | 3 | 0 | 0 |
| UDI, Agir et Indépendants | contre | 31 | 0 | 1 | 0 | 0 |
| Nouvelle Gauche | pour | 30 | 3 | 0 | 0 | 0 |
| Non inscrit | contre | 21 | 0 | 3 | 0 | 0 |
| La France insoumise | pour | 17 | 2 | 0 | 0 | 0 |
| Gauche démocrate et républicaine | pour | 16 | 2 | 0 | 0 | 0 |
Votants
pour (14)
Danièle Obono FI, Mathilde Panot FI, Elsa Faucillon GDR, Stéphane Peu GDR, Delphine Bagarry LaREM, Jennifer De Temmerman LaREM, Stella Dupont LaREM, Sébastien Nadot LaREM, Matthieu Orphelin LaREM, Cécile Rilhac LaREM, Maud Petit MODEM, Marie-Noëlle Battistel NG, Marietta Karamanli NG, Josette Manin NG
contre (55)
Éric Ciotti LR, Pierre-Henri Dumont LR, Mansour Kamardine LR, Guillaume Larrivé LR, Aude Amadou LaREM, Sophie Beaudouin-Hubiere LaREM, Christophe Blanchet LaREM, Florent Boudié LaREM, Anne Brugnera LaREM, Annie Chapelier LaREM, Fannette Charvier LaREM, Olivier Damaisin LaREM, Benjamin Dirx LaREM, Frédérique Dumas LaREM, Jean-François Eliaou LaREM, Sophie Errante LaREM, Catherine Fabre LaREM, Élise Fajgeles LaREM, Valéria Faure-Muntian LaREM, Raphaël Gauvain LaREM, Raphaël Gérard LaREM, Séverine Gipson LaREM, Olga Givernet LaREM, Émilie Guerel LaREM, Marie Guévenoux LaREM, Hubert Julien-Laferrière LaREM, Loïc Kervran LaREM, Anne-Christine Lang LaREM, Michel Lauzzana LaREM, Jean-Claude Leclabart LaREM, Marion Lenne LaREM, Sylvain Maillard LaREM, Sandra Marsaud LaREM, Ludovic Mendes LaREM, Thomas Mesnier LaREM, Sandrine Mörch LaREM, Naïma Moutchou LaREM, Valérie Oppelt LaREM, Anne-Laurence Petel LaREM, Bruno Questel LaREM, Rémy Rebeyrotte LaREM, Thomas Rudigoz LaREM, Pacôme Rupin LaREM, Jean Terlier LaREM, Agnès Thill LaREM, Valérie Thomas LaREM, Alexandra Valetta Ardisson LaREM, Hélène Zannier LaREM, Bruno Fuchs MODEM, Élodie Jacquier-Laforge MODEM, Frédéric Petit MODEM, Marie-France Lorho NI, Emmanuelle Ménard NI, Ludovic Pajot NI, Franck Riester UDI-AGIR
abstention (2)
Pascale Boyer LaREM, Catherine Kamowski LaREM
non-votant (1)
François de Rugy LaREM
Mises au point
Députés ayant déclaré après coup avoir voulu voter autrement (le résultat n'est pas modifié).
- Sandrine Mörch : voulait voter pour (a voté contre)