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Scrutins / 15e législature

Scrutin n° 1100 du 26/07/2018

Sur l'amendement n° 257 de Mme Faucillon à l'article 15 ter du projet de loi pour une immigration maîtrisée, un droit d'asile effectif et une intégration réussie (nouvelle lecture).

Résultat
Rejeté
scrutin public ordinaire
Pour
25
Contre
46
Abstention
6
Votants
77
71 exprimés
Dossier
Immigration maîtrisée, droit d'asile effectif et intégration réussie (relié par : amendement)
Demandé par
Président du groupe "de la Gauche démocrate et républicaine"
Objet
amendement
Source
assemblee-nationale.fr

Amendement n° 257 · Article 15 ter

De Elsa Faucillon (GDR) , déposé le 20/07/2018. Sort : Rejeté. Fiche de l'amendement · sur le projet de loi projet de loi , en nouvelle lecture, sur le projet de loi, modifié par le...

Dispositif

Après le mot :

« mineur »,

rédiger ainsi la fin de l’alinéa 3 :

« et les familles comprenant un ou plusieurs mineurs ne peuvent faire l’objet d’une décision de placement en rétention. » ; ».

Exposé sommaire

L’article 15 ter du projet de loi interdit le placement en rétention des mineurs étrangers isolés.

En l’état du droit, l’interdiction de la rétention des mineurs isolés en France découle d’une combinaison peu lisible de plusieurs dispositions législatives. Elle résulte de ce que les mineurs étrangers sont exclus des différentes mesures d’éloignement pouvant justifier le prononcé d’une mesure restrictive de liberté (ils ne peuvent ainsi faire l’objet ni d’une OQTF aux termes de l’article L511‑4 du CESEDA,, ni d’une expulsion aux termes de l’article L. 521‑4 du CESEDA,).

Si cet article prévoit explicitement le principe de cette interdiction, il ne permettra pas de mettre fin à la rétention des mineurs.

C’est la raison pour laquelle le présent amendement propose de compléter cet article afin de poser le principe de l’interdiction du placement en rétention administrative des mineurs non accompagnés et des familles comprenant un ou plusieurs enfants.

Rappelons que le 19 janvier 2012, la France a été condamnée par la Cour européenne des droits de l’Homme pour le placement en rétention d’une famille avec deux enfants en bas âge. La violation de la Convention européenne des droits de l’Homme a été constatée sur plusieurs fondements : violation des articles 3 (interdiction des traitements inhumains et dégradants), 5 (droit à la liberté et à la sûreté) et 8 (droit au respect de la vie familiale).

Au lendemain de cet arrêt « Popov » de la Cour européenne, toute rétention d’étrangers mineurs aurait dû cesser sur le territoire français, comme dans les territoires d’outre-mer.

Or, force est de constater que tel n’a pas été le cas.

Certes, le 6 juillet 2012 une circulaire a été adoptée visant à restreindre le recours à la rétention administrative des familles - parents et enfants - trouvées en situation irrégulière en France.

Mais il ne s’est agi que d’une restriction et non d’une interdiction de placer les enfants étrangers en France en rétention. En outre, le champ d’application de ce texte était limité. Il ne s’appliquait pas à Mayotte considérée par le Gouvernement comme une « situation territoriale d’exception » dans laquelle les mineurs non accompagnés peuvent être conduits en centre de rétention.

Aussi, cinq ans après l’arrêt « Popov », la Cour européenne des droits de l’Homme a, le 12 juillet 2016, une nouvelle fois condamné la France pour mauvais traitements dans sept dossiers différents. Cinq d’entre eux concernaient le placement d’enfants dans des centres de rétention administrative pour étrangers en situation irrégulière en instance d’expulsion.

Le nombre de placement en rétention d’enfants mineurs n’a pas diminué depuis la première condamnation de la France. En métropole, ce chiffre a plus que triplé, passant de 41 en 2013 à 182 en 2016 - dont une augmentation de 70 % entre 2015 et 2016. À Mayotte, il est encore plus massif, avec 4 285 enfants, pour près de 20 000 personnes en tout. 

Vote par groupe

pourabstentioncontre
GroupePosition majoritaireMembresPourContreAbst.Non-votants
La République en Marche contre31212 4341
Les Républicains abstention1030 010
Mouvement Démocrate et apparentés pour465 000
UDI, Agir et Indépendants abstention310 010
Nouvelle Gauche pour302 000
Non inscrit contre210 300
La France insoumise pour175 000
Gauche démocrate et républicaine pour161 000

Votants

pour (25)

Éric Coquerel FI, Bastien Lachaud FI, Jean-Luc Mélenchon FI, Danièle Obono FI, Muriel Ressiguier FI, Elsa Faucillon GDR, Aude Amadou LaREM, Delphine Bagarry LaREM, Émilie Cariou LaREM, Fannette Charvier LaREM, Jennifer De Temmerman LaREM, Frédérique Dumas LaREM, Stella Dupont LaREM, Sonia Krimi LaREM, Aina Kuric LaREM, Sébastien Nadot LaREM, Matthieu Orphelin LaREM, Cécile Rilhac LaREM, Erwan Balanant MODEM, Nadia Essayan MODEM, Bruno Fuchs MODEM, Bruno Millienne MODEM, Frédéric Petit MODEM, Marie-Noëlle Battistel NG, Josette Manin NG

contre (46)

Ramlati Ali LaREM, Laetitia Avia LaREM, Sophie Beaudouin-Hubiere LaREM, Christophe Blanchet LaREM, Florent Boudié LaREM, Pascale Boyer LaREM, Anne Brugnera LaREM, Émilie Chalas LaREM, Michèle Crouzet LaREM, Olivier Damaisin LaREM, Coralie Dubost LaREM, Nicole Dubré-Chirat LaREM, Jean-François Eliaou LaREM, Catherine Fabre LaREM, Élise Fajgeles LaREM, Valéria Faure-Muntian LaREM, Alexandre Freschi LaREM, Raphaël Gauvain LaREM, Raphaël Gérard LaREM, Séverine Gipson LaREM, Olga Givernet LaREM, Stanislas Guerini LaREM, Yannick Haury LaREM, Catherine Kamowski LaREM, Loïc Kervran LaREM, Anne-Christine Lang LaREM, Michel Lauzzana LaREM, Sandra Marsaud LaREM, Ludovic Mendes LaREM, Sandrine Mörch LaREM, Cendra Motin LaREM, Valérie Oppelt LaREM, Anne-Laurence Petel LaREM, Laurent Pietraszewski LaREM, Bruno Questel LaREM, Rémy Rebeyrotte LaREM, Thomas Rudigoz LaREM, Pacôme Rupin LaREM, Jean Terlier LaREM, Agnès Thill LaREM, Valérie Thomas LaREM, Alain Tourret LaREM, Hélène Zannier LaREM, Marie-France Lorho NI, Emmanuelle Ménard NI, Ludovic Pajot NI

abstention (6)

Alain Ramadier LR, Amélia Lakrafi LaREM, Marion Lenne LaREM, Pierre-Alain Raphan LaREM, Élisabeth Toutut-Picard LaREM, Olivier Becht UDI-AGIR

non-votant (1)

François de Rugy LaREM

Mises au point

Députés ayant déclaré après coup avoir voulu voter autrement (le résultat n'est pas modifié).