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Scrutins / 14e législature

Scrutin n° 1112 du 13/05/2015

Sur l'amendement n° 19 de M. Ciotti à l'article 1er bis de la proposition de loi, adoptée par le Sénat, visant à étendre l'obligation de neutralité à certaines personnes ou structures privées accueillant des mineurs et à assurer le respect du principe de laïcité (première lecture).

Résultat
Rejeté
scrutin public ordinaire
Pour
4
Contre
14
Abstention
1
Votants
19
18 exprimés
Dossier
non relié
Demandé par
Président du groupe de l'union pour un mouvement populaire
Objet
amendement
Source
assemblee-nationale.fr

Amendement n° 19 · Article 1er bis

Depute , déposé le 07/05/2015. Sort : Rejeté. Fiche de l'amendement

Dispositif

Après le premier alinéa de l’article L. 141‑5‑1 du code de l’éducation, il est inséré un alinéa ainsi rédigé :

« Cette disposition s’applique dans les salles de cours, les lieux et les situations d’enseignement et de recherche des établissements publics d’enseignement supérieur. »

Exposé sommaire

La proposition de loi est silencieuse s’agissant du port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse dans les établissements publics d’enseignement supérieur.

Dans les établissements publics d’enseignement supérieur, le principe de laïcité s’applique aux personnels, en vertu de l’article L. 141‑6 du code de l’éducation. Mais contrairement à l’enseignement primaire et secondaire, les usagers ne sont pas concernés.

Or, on assiste depuis quelques années à une montée de revendications religieuses et communautaristes dans l’enseignement supérieur. Dans certains établissements, les enseignants sont ainsi empêchés de faire cours ou de traiter certains auteurs.

Le Haut conseil à l’intégration (HCI) a émis, en 2013, un projet d’avis consacré à « l’expression religieuse et la laïcité dans les établissements publics de l’enseignement supérieur en France. » Selon le projet d’avis du HCI, « les problèmes…se sont banalisés. » Le HCI constate notamment « le malaise qu’un nombre croissant d’enseignants éprouve devant des étudiants arborant ostensiblement des signes d’appartenance religieuse qui apparaissent comme autant de symptômes de la montée de revendications identitaires et communautaristes, de fermeture, voire d’ostracisme, de refus de certains savoirs. » Il cite l’exemple, dans une université, d’« un professeur d’arabe et d’études islamiques (…) régulièrement interrompu par des étudiants se réclamant du salafisme lorsqu’il citait le Coran. »

Cela menace l’indépendance de l’enseignement et de la recherche, perturbe le travail des enseignants-chercheurs et entrave la formation d’une pensée autonome par l’acquisition d’un savoir objectif. La transmission des savoirs doit au contraire être soustraite à toute menace de prosélytisme religieux de la part des étudiants, afin que la sérénité et le déploiement critique du travail universitaire soient garantis.

Dans ce sens :

– certains établissements publics d’enseignement supérieur, comme l’Université Paris Diderot – Paris 7, ont inscrit l’interdiction du port de signes ou tenues religieux ostentatoires dans leur règlement intérieur.

– la mission Laïcité du HCI recommande dans son projet d’avis « qu’une mesure législative établisse que dans les salles de cours, lieux et situations d’enseignement et de recherche des établissements publics d’enseignement supérieur, les signes et tenues manifestant ostensiblement une appartenance religieuse soient interdits. ». M. Valls, alors ministre de l’intérieur, avait lui-même jugé le 9 août 2013 « dignes d’intérêt » les propositions du HCI.

La loi de mars 2004 précitée a contribué à diminuer les contentieux dans les établissements du primaire et du secondaire. Elle a également permis de réaffirmer le principe de neutralité dans les établissements scolaires.

Ainsi, le présent amendement propose d’élargir la loi de mars 2004 aux salles de cours, lieux et situations d’enseignement et de recherche des établissements publics d’enseignement supérieur. En effet, des conditions sereines d’enseignement et de recherche doivent être garanties.

Le principe de laïcité ne se divise pas, il doit s’appliquer de la maternelle à l’enseignement supérieur. Sans le respect du principe de laïcité, il ne peut y avoir dans notre pays de cohésion nationale.

Vote par groupe

pourabstentioncontre
GroupePosition majoritaireMembresPourContreAbst.Non-votants
Socialiste, républicain et citoyen contre2880 611
Union pour un Mouvement Populaire pour1983 000
Union des démocrates et indépendants contre300 100
Radical, républicain, démocrate et progressiste contre181 500
Écologiste contre180 100
Gauche démocrate et républicaine contre150 100
Non inscrit pour90 000

Votants

pour (4)

Olivier Falorni RRDP, Éric Ciotti UMP, Françoise Guégot UMP, Guillaume Larrivé UMP

contre (14)

Marie-George Buffet GDR, Ary Chalus RRDP, Paul Giacobbi RRDP, Stéphane Saint-André RRDP, Roger-Gérard Schwartzenberg RRDP, Alain Tourret RRDP, Marie-Françoise Bechtel SRC, Philippe Doucet SRC, Chantal Guittet SRC, Joëlle Huillier SRC, Jean-Pierre Le Roch SRC, Odile Saugues SRC, Arnaud Richard UDI, Denis Baupin Écolo

abstention (1)

Joaquim Pueyo SRC

non-votant (1)

Claude Bartolone SRC