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Textes / Financement de la sécurité sociale pour 2023

rapport , en nouvelle lecture, sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale, modifié par le Sénat, pour 2023 (n°480).

Rapport · 17/11/2022 · 568 706 caractères · HTML sur assemblee-nationale.fr

Parties du document (2)
Sommaire (380)
  1. SOMMAIRE
  2. COMMENTAIRE Des ARTICLES
  3. PREMIÈRE PARTIE : DISPOSITIONS RELATIVES À L’EXERCICE 2021
  4. Article 1er — Approbation des tableaux d’équilibre relatifs à l’exercice 2021
  5. 1. Les dispositions rejetées par l’Assemblée nationale en première lecture
  6. 2. Les modifications apportées par le Sénat en première lecture
  7. 3. La position de la commission
  8. 1. Les dispositions rejetées par l’Assemblée nationale en première lecture
  9. 2. Les modifications apportées par le Sénat en première lecture
  10. 3. La position de la commission
  11. 1. Les dispositions rejetées par l’Assemblée nationale en première lecture
  12. 2. Les modifications apportées par le Sénat en première lecture
  13. 3. La position de la commission
  14. 1. Les dispositions rejetées par l’Assemblée nationale en première lecture
  15. 2. Les modifications apportées par le Sénat en première lecture
  16. 3. La position de la commission
  17. Article 5 — Poursuite de la modernisation des offres de services en faveur des particuliers en matière de services à la personne
  18. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture
  19. 2. Les modifications apportées par le Sénat en première lecture
  20. 3. La position de la commission
  21. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture
  22. 2. Les modifications apportées par le Sénat en première lecture
  23. 3. La position de la commission
  24. 1. Les dispositions adoptées par le Sénat en première lecture
  25. 2. La position de la commission
  26. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture
  27. 2. Les modifications apportées par le Sénat en première lecture
  28. 3. La position de la commission
  29. 1. Les dispositions adoptées par le Sénat en première lecture
  30. 2. La position de la commission
  31. Article 7 — Prolonger le dispositif d’exonération lié à l’emploi de travailleurs occasionnels et demandeurs d’emploi
  32. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture
  33. 2. Les modifications apportées par le Sénat en première lecture
  34. 3. La position de la commission
  35. Article 7 bis A (nouveau) — Élargissement du dispositif travailleurs occasionnels et demandeurs d’emploi aux coopératives d’utilisation...
  36. 1. Les dispositions adoptées par le Sénat en première lecture
  37. 2. La position de la commission
  38. Article 7 bis B (nouveau) — Extension aux établissements publics de coopération intercommunale de l’exonération patronale pour l’emploi...
  39. 1. Les dispositions adoptées par le Sénat en première lecture
  40. 2. La position de la commission
  41. Article 7 sexies A (nouveau) — Renforcement de l’exonération de cotisations patronales dite « Lodeom » applicable outre-mer pour les...
  42. 1. Les dispositions adoptées par le Sénat en première lecture
  43. 2. La position de la commission
  44. Article 7 sexies — Exonérer de cotisations d’assurance vieillesse les médecins libéraux en cumul emploi-retraite au titre de l’année...
  45. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture
  46. 2. Les modifications apportées par le Sénat en première lecture
  47. 3. La position de la commission
  48. Article 7 septies — Sécuriser le régime social dont bénéficient les élèves et étudiants réalisant des missions pour une « junior entreprise »
  49. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture
  50. 2. Les modifications apportées par le Sénat en première lecture
  51. 3. La position de la commission
  52. Article 7 octies (nouveau) — Exonération de contribution sociale généralisée sur les revenus du patrimoine d’origine française pour les...
  53. 1. Les dispositions adoptées par le Sénat en première lecture
  54. 2. La position de la commission
  55. Article 7 nonies (nouveau) — Exonération d’impôt sur le revenu et de contribution sociale généralisée sur les chèques-carburant versés...
  56. 1. Les dispositions adoptées par le Sénat en première lecture
  57. 2. La position de la commission
  58. Article 8 — Renforcement et harmonisation de la fiscalité sur les produits du tabac
  59. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture
  60. 2. Les modifications apportées par le Sénat en première lecture
  61. 3. La position de la commission
  62. Article 8 bis (nouveau) — Créer une taxe sur les cigarettes électroniques jetables
  63. 1. Les dispositions adoptées par le Sénat en première lecture
  64. 2. La position de la commission
  65. Article 8 ter (nouveau) — Rapport relatif à l’évaluation scientifique de la nocivité relative des produits du tabac à chauffer en...
  66. 1. Les dispositions adoptées par le Sénat en première lecture
  67. 2. La position de la commission
  68. Article 8 quater (nouveau) — Création d’une taxe sur les bières aromatisées sucrées ou édulcorées
  69. 1. Les dispositions adoptées par le Sénat en première lecture
  70. 2. La position de la commission
  71. Article 8 quinquies (nouveau) — Rapport dressant un bilan de la mise en œuvre de la taxe applicable aux sodas
  72. 1. Les dispositions adoptées par le Sénat en première lecture
  73. 2. La position de la commission
  74. Article 8 sexies (nouveau) — Taxe assise sur les messages publicitaires et activités promotionnelles à destination des enfants pour des...
  75. 1. Les dispositions adoptées par le Sénat en première lecture
  76. 2. La position de la commission
  77. Article 8 septies (nouveau) — Création d’une contribution de solidarité des organismes complémentaires d’assurance maladie
  78. 1. Les dispositions adoptées par le Sénat en première lecture
  79. 2. La position de la commission
  80. Article 8 octies — Conditionnement du taux réduit de taxe de solidarité additionnelle pour les organismes complémentaires d’assurance...
  81. 1. Les dispositions adoptées par le Sénat en première lecture
  82. 2. La position de la commission
  83. Article 8 nonies (nouveau) — Création d’une contribution exceptionnelle assise sur les sommes versées en 2021 par l’assurance maladie...
  84. 1. Les dispositions adoptées par le Sénat en première lecture
  85. 2. La position de la commission
  86. Article 9 — Extension du régime simplifié de déclaration des cotisations et contributions sociales aux médecins exerçant une activité de...
  87. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale
  88. 2. Les modifications apportées par le Sénat
  89. 3. La position de la commission
  90. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture
  91. 2. Les modifications apportées par le Sénat en première lecture
  92. 3. La position de la commission
  93. 1. Les dispositions adoptées par le Sénat en première lecture
  94. 2. La position de la commission
  95. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture
  96. 2. Des dispositions supprimées par le Sénat en première lecture
  97. 3. La position de la commission
  98. TITRE II CONDITIONS GÉNÉRALES DE L’ÉQUILIBRE FINANCIER DE LA SÉCURITÉ SOCIALE
  99. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture
  100. 2. Les modifications apportées par le Sénat en première lecture
  101. 3. La position de la commission
  102. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture
  103. 2. Les modifications apportées par le Sénat en première lecture
  104. 3. La position de la commission
  105. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture
  106. 2. Les modifications apportées par le Sénat en première lecture
  107. 3. La position de la commission
  108. QUATRIÈME PARTIE : Dispositions relatives aux dÉpenses pour l’exercice 2023
  109. TITRE IER DISPOSITIONS RELATIVES AUX DÉPENSES
  110. Chapitre Ier Renforcer les actions de prévention en santé
  111. Article 16 bis — Calcul des prestations en espèces des micro-entrepreneurs
  112. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale
  113. 2. Les modifications apportées par le Sénat
  114. 3. La position de la commission
  115. Article 17 — Mettre en place des rendez-vous « prévention » à certains âges clés
  116. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale
  117. 2. Les modifications apportées par le Sénat
  118. 3. La position de la commission
  119. Article 19 — Renforcer l’accès effectif à la contraception en élargissant aux majeures la prise en charge intégrale de la contraception...
  120. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale
  121. 2. Les modifications apportées par le Sénat
  122. 3. La position de la commission
  123. Article 20 — Permettre aux pharmaciens, infirmiers et aux sages-femmes de prescrire des vaccins
  124. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale
  125. 2. Les modifications apportées par le Sénat
  126. 3. La position de la commission
  127. Article 20 bis (nouveau) — Mise en œuvre d’une expérimentation d’un parcours d’accompagnement des patients atteints de diabète de type 2...
  128. 1. Les dispositions adoptées par le Sénat
  129. 2. La position de la commission
  130. Chapitre II Renforcer l’accès aux soins
  131. Article 21 bis (nouveau) — Tenir compte de la situation individuelle des patients pour déterminer la base de remboursement d’un...
  132. 1. Les dispositions adoptées par le Sénat en première lecture
  133. 2. La position de la commission
  134. Article 22 — Rénover la vie conventionnelle pour renforcer l’accès aux soins
  135. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale
  136. 2. Les modifications apportées par le Sénat
  137. 3. La position de la commission
  138. Article 22 bis — Autoriser, à titre expérimental, les infirmières et infirmiers à signer les certificats de décès
  139. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale
  140. 2. Les modifications apportées par le Sénat
  141. 3. La position de la commission
  142. Article 23 — Ajout d’une quatrième année au diplôme d’études spécialisées de médecine générale
  143. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale
  144. 2. Les modifications apportées par le Sénat
  145. 3. La position de la commission
  146. Article 24 — Augmenter l’impact des aides à installation
  147. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale
  148. 2. Les modifications apportées par le Sénat
  149. 3. La position de la commission
  150. Article 24 bis — Élargissement à de nouveaux professionnels de la permanence des soins ambulatoires
  151. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale
  152. 2. Les modifications apportées par le Sénat
  153. 3. La position de la commission
  154. Article 24 ter — Expérimentation d’un accès direct aux infirmiers en pratique avancée
  155. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale
  156. 2. Les modifications apportées par le Sénat
  157. 3. La position de la commission
  158. Article 24 quater — Expérimentation d’une obligation pour les professionnels de santé de réaliser des consultations en zones sous-dotées
  159. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale
  160. 2. Les modifications apportées par le Sénat
  161. 3. La position de la commission
  162. Article 25 — Encadrement de l’intérim médical et paramédical en établissement de santé
  163. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture
  164. 2. Les modifications apportées par le Sénat en première lecture
  165. 3. La position de la commission
  166. Article 25 bis A (nouveau) — Renforcer le contrôle des juridictions financières et organismes de contrôle administratif sur les cliniques privées
  167. 1. Les dispositions adoptées par le Sénat en première lecture
  168. 2. La position de la commission
  169. Article 25 bis B (nouveau) — Prolongation de la garantie de financement des établissements de santé pour l’année 2022
  170. 1. Les dispositions adoptées par le Sénat en première lecture
  171. 2. La position de la commission
  172. Article 25 bis — Ajustements apportés aux règles d’autorisations d’activités de soins
  173. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture
  174. 2. Les dispositions adoptées par le Sénat en première lecture
  175. 3. La position de la commission
  176. Article 25 quinquies — Report au 31 juillet 2023 de la date limite de passage en commission nationale d’autorisation d’exercice des...
  177. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale
  178. 2. Les dispositions adoptées par le Sénat en première lecture
  179. 3. La position de la commission
  180. Chapitre III Accompagner les professionnels de santé et rénover le parcours de soins
  181. Article 26 — Transparence de l’information sur les charges associées aux équipements matériels lourds d’imagerie médicale
  182. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale
  183. 2. Les dispositions adoptées par le Sénat en première lecture
  184. 3. La position de la commission
  185. Article 26 bis — Priorisation de certains travaux du Haut Conseil aux nomenclatures
  186. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale
  187. 2. Les dispositions adoptées par le Sénat en première lecture
  188. 3. La position de la commission
  189. Article 27 — Réforme de la procédure de prise en charge des actes innovants hors nomenclature de biologie médicale, encadrement du...
  190. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale
  191. 2. Les dispositions adoptées par le Sénat en première lecture
  192. 3. La position de la commission
  193. Article 27 bis — Création d’une nouvelle commission réglementée au sein de la Haute Autorité de santé
  194. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture
  195. 2. Les dispositions adoptées par le Sénat en première lecture
  196. 3. La position de la commission
  197. Article 28 — Régulation des sociétés de téléconsultation facturant à l’assurance maladie obligatoire
  198. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale
  199. 2. Les modifications apportées par le Sénat
  200. 3. La position de la commission
  201. Chapitre IV Rénover la régulation des dépenses de produits de santé
  202. Article 30 — Garantir l’accès aux médicaments et l’efficience de leur prise en charge
  203. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée en première lecture
  204. 2. Les dispositions adoptées par le Sénat en première lecture
  205. 3. La position de la commission
  206. Article 30 bis A (nouveau) — Clarification rédactionnelle portant sur les modalités d’application des remises pour les médicaments...
  207. 1. Les dispositions adoptées par le Sénat en première lecture
  208. 2. La position de la commission
  209. Article 30 bis B (nouveau) — Remise au Parlement du rapport annuel du Comité économique des produits de santé avant le 15 septembre de...
  210. 1. Les dispositions adoptées par le Sénat en première lecture
  211. 2. La position de la commission
  212. Article 31 — Garantir l’accès des patients aux dispositifs médicaux, produits et prestations et l’efficience de leur prise en charge
  213. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture
  214. 2. Les dispositions adoptées par le Sénat en première lecture
  215. 3. La position de la commission
  216. Article 31 bis A (nouveau) — Récupération des indus sur les activités de télésurveillance prises en charge par la sécurité sociale
  217. 1. Les dispositions adoptées par le Sénat en première lecture
  218. 2. La position de la commission
  219. Chapitre V Renforcer la politique de soutien à l’autonomie
  220. Article 32 — Mesures relatives à la transparence financière dans les établissements et les services médico-sociaux
  221. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture
  222. 2. Les dispositions adoptées par le Sénat en première lecture
  223. 3. La position de la commission
  224. 1. Les dispositions adoptées par le Sénat en première lecture
  225. 2. La position de la commission
  226. 1. Les dispositions adoptées par le Sénat en première lecture
  227. 2. La position de la commission
  228. 1. Les dispositions adoptées par le Sénat en première lecture
  229. 2. La position de la commission
  230. 1. Les dispositions adoptées par le Sénat en première lecture
  231. 2. La position de la commission
  232. 1. Les dispositions adoptées par le Sénat en première lecture
  233. 2. La position de la commission
  234. Article 32 quater — Demande de rapport sur l’encadrement des activités financières et immobilières des établissements d’hébergement pour...
  235. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture
  236. 2. Les modifications apportées par le Sénat en première lecture
  237. 3. La position de la commission
  238. Article 32 quinquies — Demande de rapport sur la compensation aux départements des mesures du Ségur médicaux-social
  239. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture
  240. 2. Les modifications apportées par le Sénat en première lecture
  241. 3. La position de la commission
  242. Article 32 sexies — Rapport sur le nombre d’établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes publics en déficit ou en...
  243. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture
  244. 2. Les modifications apportées par le Sénat en première lecture
  245. 3. La position de la commission
  246. 1. Les dispositions adoptées par le Sénat en première lecture
  247. 2. La position de la commission
  248. Article 33 bis — Forfaitisation de l’allocation personnalisée d’autonomie
  249. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture
  250. 2. Les modifications apportées par le Sénat en première lecture
  251. 3. La position de la commission
  252. Article 33 sexies — Rapport sur la mise en place d’un ratio minimal d’encadrement dans les établissements d’hébergement pour personnes...
  253. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture
  254. 2. Une suppression par le Sénat en première lecture
  255. 3. La position de la commission
  256. Article 33 septies — Rapport sur la mise en place d’un bilan visuel obligatoire avant l’entrée en établissement d’hébergement pour...
  257. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture
  258. 2. Une suppression par le Sénat en première lecture
  259. 3. La position de la commission
  260. Article 34 — Instaurer du temps dédié à l’accompagnement et au lien social auprès de nos aînés pour prévenir leur perte d’autonomie à domicile
  261. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture
  262. 2. Les modifications apportées par le Sénat en première lecture
  263. 3. La position de la commission
  264. Article 34 bis — Demande de rapport sur le congé proche aidant
  265. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture
  266. 2. Une suppression par le Sénat en première lecture
  267. 3. La position de la commission
  268. Article 34 ter — Demande de rapport sur l’accès à l’allocation journalière du proche aidant pour les proches aidants de personnes...
  269. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture
  270. 2. Une suppression par le Sénat en première lecture
  271. 3. La position de la commission
  272. Article 35 — Assurer pour l’habitat inclusif la transition entre le forfait habitat inclusif et le déploiement de l’aide à la vie partagée
  273. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture
  274. 2. Les modifications apportées par le Sénat en première lecture
  275. 3. La position de la commission
  276. 1. Les dispositions adoptées par le Sénat en première lecture
  277. 2. La position de la commission
  278. 1. Les dispositions adoptées par le Sénat en première lecture
  279. 2. La position de la commission
  280. 1. Les dispositions adoptées par le Sénat en première lecture
  281. 2. La position de la commission
  282. 1. Les dispositions adoptées par le Sénat en première lecture
  283. 2. La position de la commission
  284. Article 35 quater — Rapport sur les professionnels n’ayant pas bénéficié des revalorisations du Ségur ou des accords « Laforcade »
  285. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture
  286. 2. Les modifications apportées par le Sénat en première lecture
  287. 3. La position de la commission
  288. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture
  289. 2. Les modifications apportées par le Sénat en première lecture
  290. 3. La position de la commission
  291. Article 35 septies — Rapport sur l’augmentation de la prestation de compensation du handicap
  292. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture
  293. 2. Les modifications apportées par le Sénat en première lecture
  294. 3. La position de la commission
  295. Chapitre VI Moderniser les prestations familiales
  296. Article 36 — Amélioration du soutien à la garde d’enfants : complément de libre choix de mode de garde (CMG) horaire et linéaire,...
  297. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture
  298. 2. Les modifications apportées par le Sénat en première lecture
  299. 3. La position de la commission
  300. Article 36 bis — Doublement de la période du congé de présence parentale pour les fonctionnaires
  301. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture
  302. 2. Les modifications apportées par le Sénat en première lecture
  303. 3. La position de la commission
  304. Article 36 quater — Suppression de la condition d’accord explicite du service du contrôle médical pour le renouvellement de l’allocation...
  305. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture
  306. 2. Une suppression par le Sénat en première lecture
  307. 3. La position de la commission
  308. Article 37 — Garantir la continuité des ressources des salariés lors des congés maternité, d’adoption et de paternité et d’accueil de l’enfant
  309. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture
  310. 2. Une suppression par le Sénat en première lecture
  311. 3. La position de la commission
  312. Article 37 bis — Rapport sur la mise en place d’un bilan de santé pour les enfants accueillis par l’aide sociale à l’enfance
  313. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture
  314. 2. Les modifications apportées par le Sénat en première lecture
  315. 3. La position de la commission
  316. Chapitre VI bis Mesures de soutien à l’emploi des seniors et de sauvegarde du système de retraites (Division et intitulé nouveaux)
  317. Article 37 ter (nouveau) — Mesures de soutien à l’emploi des seniors et de sauvegarde du système de retraites
  318. 1. Les dispositions adoptées par le Sénat en première lecture
  319. 2. La position de la commission
  320. Chapitre VII Simplifier et moderniser le service public de la sécurité sociale
  321. Article 38 — Poursuivre la convergence sociale à Mayotte
  322. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture
  323. 2. Les dispositions adoptées par le Sénat en première lecture
  324. 3. La position de la commission
  325. Article 40 — Amélioration de la répartition des accidents du travail et maladies professionnelles des non-salariés agricoles pluriactifs...
  326. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale
  327. 2. Les modifications apportées par le Sénat
  328. 3. La position de la commission
  329. Article 40 bis — Indemnisation des ayants droit des enfants victimes des pesticides
  330. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale
  331. 2. Les modifications apportées par le Sénat
  332. 3. La position de la commission
  333. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture
  334. 2. Les modifications adoptées au Sénat
  335. 3. La position de la commission
  336. Chapitre VIII Poursuivre les actions de lutte contre les abus et les fraudes
  337. Article 41 — Renforcement de la lutte contre la fraude sociale
  338. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale
  339. 2. Les modifications apportées par le Sénat
  340. 3. La position de la commission
  341. Article 41 bis — Interdiction du versement d’allocations et prestations soumises à condition de résidence en France sur des comptes...
  342. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale
  343. 2. Les modifications apportées par le Sénat
  344. Article 43 — Encadrement de l’indemnisation des arrêts de travail prescrits dans le cadre d’une téléconsultation
  345. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale
  346. 2. Les modifications apportées par le Sénat
  347. 3. La position de la commission
  348. Article 44 — Permettre aux caisses d’assurance maladie d’évaluer des indus par extrapolation des résultats de contrôles sur des...
  349. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture
  350. 2. Les dispositions adoptées par le Sénat en première lecture
  351. 3. La position de la commission
  352. TITRE II DOTATIONS ET OBJECTIFS DE DÉPENSES DES BRANCHES ET DES ORGANISMES CONCOURANT AU FINANCEMENT DES RÉGIMES OBLIGATOIRES
  353. Article 45 — Dotations au fonds pour la modernisation et l’investissement en santé, aux agences régionales de santé et à l’Office...
  354. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture
  355. 2. Les dispositions adoptées par le Sénat en première lecture
  356. 3. La position de la commission
  357. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture
  358. 2. Les dispositions adoptées par le Sénat en première lecture
  359. 3. La position de la commission
  360. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture
  361. 2. Les modifications apportées par le Sénat en première lecture
  362. 3. La position de la commission
  363. Article 47 bis A (nouveau) — Définition d’une remise en cause des conditions générales de l’équilibre financier
  364. 1. Les dispositions adoptées par le Sénat en première lecture
  365. 2. La position de la commission
  366. 1. Les dispositions adoptées par le Sénat en première lecture
  367. 2. La position de la commission
  368. 1. Les dispositions issues de l’Assemblée nationale en première lecture
  369. 2. Les modifications apportées par le Sénat en première lecture
  370. 3. La position de la commission
  371. Article 48 — Dotation de la branche accidents du travail et maladies professionnelles au Fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante...
  372. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale
  373. 2. Les modifications apportées par le Sénat
  374. 3. La position de la commission
  375. 1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture
  376. 2. Les modifications apportées par le Sénat en première lecture
  377. 3. La position de la commission
  378. Comptes rendus des travaux de la commission
  379. 1. Réunion du jeudi 17 novembre 2022 à 9 heures 30
  380. 2. Réunion du jeudi 17 novembre à 14 heures 45

Il demande au Gouvernement la remise d’un rapport au Parlement, dans un délai de six mois à compter de la promulgation de la présente loi de financement, portant sur l’application de l’article 50 de la LFSS 2021 et en particulier sur la situation financière des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendances (Ehpad) publics. Il vise notamment à détailler le nombre de ces établissements qui présentent, fin 2022, un déficit ou se trouvent en cessation de paiement.

2. Les modifications apportées par le Sénat en première lecture

Le Sénat a adopté un amendement de suppression de l’article présenté par la commission à l’initiative du rapporteur Philippe Mouiller.

3. La position de la commission

À l’initiative de M. Thibault Bazin (groupe Les Républicains) ainsi que de M. Jérôme Guedj et plusieurs de ses collègues du groupe Socialistes et apparentés, la commission a adopté un amendement rétablissant cet article.

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Article 32 septies (nouveau)

Limiter à un contrat pluriannuel d’objectifs et de moyens par établissement ou service en cas de compétence conjointe de l’agence régionale de santé et du conseil départemental

1. Les dispositions adoptées par le Sénat en première lecture

● L’article 32 septies est issu d’un amendement de Mme Nathalie Delattre et plusieurs de ses collègues du groupe Rassemblement Démocratique et Social Européen avec avis favorable de la commission et défavorable du Gouvernement.

Il prévoit d’assurer la signature d’un seul contrat pluriannuel d’objectifs et de moyens (CPOM) par établissement ou service social et médico-social, en cas de compétence conjointe de l’agence régionale de santé (ARS) et du conseil départemental. L’objectif est, selon l’exposé des motifs de l’amendement, de répondre à la problématique du refus de certaines autorités de conclure des contrats de compétence conjointe, qui pénalise particulièrement certains établissements et services, à l’instar des foyers d’accueil médicalisés (FAM) et des services d’accompagnement médico-social pour adultes handicapés (SAMSAH).

2. La position de la commission

À l’initiative de la rapporteure, la commission a supprimé cet article. La possibilité de conclure un seul contrat est déjà ouverte. Faire de cette possibilité une obligation conduirait à rigidifier le processus de contractualisation dont la mise en place répondait précisément à un impératif de souplesse et de responsabilisation des acteurs.

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Article 33 bis Forfaitisation de l’allocation personnalisée d’autonomie
1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture

L’article 33 bis résulte de l’adoption d’un amendement de M. Thibault Bazin (groupe Les Républicains), retenu par le Gouvernement dans le texte sur lequel il a engagé sa responsabilité en vertu de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution. Il vise à généraliser la forfaitisation de l’aide personnalisée à l’autonomie (APA).

Pour rappel, l’APA est une aide financière versée par le département et destinée aux personnes âgées de 60 ans et plus résidant à domicile ou en établissement, confrontées à des situations de perte d’autonomie. L’APA permet de prendre en charge tout ou partie des dépenses nécessaires au maintien à domicile ou sert à couvrir une partie du tarif dépendance fixé par l’établissement médico-social dans lequel la personne réside.

S’agissant de l’APA « domicile », une équipe médico-sociale pluridisciplinaire est chargée d’évaluer, en lien étroit avec la personne, les besoins de cette dernière et de recenser les différents types d’aide nécessaires à son maintien à domicile. Le montant de l’APA et son plafond sont déterminés de manière mensuelle.

Les besoins d’accompagnement des personnes en perte d’autonomie peuvent être amenés à varier significativement d’un mois à l’autre. Ils sont par exemple très importants à la suite d’une hospitalisation et moins importants lors de la visite à domicile d’un proche de la personne.

Pour répondre à cette situation, le troisième alinéa de l’article L. 232-4 du code de l’action sociale et des familles permet, lorsque le bénéficiaire recourt à un service d’aide et d’accompagnement à domicile financé par forfait global dans le cadre d’un contrat pluriannuel d’objectifs et de moyens (CPOM), de calculer son allocation et sa participation de façon forfaitaire au regard du plan d’aide qu’il a accepté, selon des modalités définies par décret. Cette forfaitisation permet d’apporter plus de souplesse au dispositif de l’APA et d’adapter plus facilement son montant aux besoins réels de la personne.

Le présent article propose une extension de la forfaitisation de l’APA, en supprimant la condition de la conclusion d’un CPOM. Cette mesure permettrait de donner plus de souplesse aux bénéficiaires de l’APA dans la consommation de leur plan d’aide, quel que soit le mode d’intervention choisi : prestataire mais aussi mandataire et emploi direct.

2. Les modifications apportées par le Sénat en première lecture

En première lecture, le Sénat a adopté un amendement de rédaction globale de cet article, à l’initiative du Gouvernement, visant à permettre aux bénéficiaires de l’APA de reporter les heures prévues par leur plan d’aide qu’ils n’auraient pas utilisées, mais sans pour autant forfaitiser le montant de leur participation. Cette possibilité s’accompagne d’un allongement de la période sur laquelle porte le contrôle des heures à six mois, sur le modèle de la prestation de compensation du handicap (PCH), pour laquelle cette faculté de report des heures non utilisées sur six mois est déjà mise en place.

L’amendement du Gouvernement a fait l’objet de deux sous-amendements identiques du rapporteur Olivier Henno et plusieurs de ses collègues du groupe Union Centriste ainsi que de Mme Maryse Carrère et plusieurs de ses collègues du groupe Rassemblement Démocratique et Social Européen, précisant que le décret précisant les modalités de contrôle d’effectivité des heures d’aide à domicile relevant du plan d’aide prévu par le présent article, est pris après avis de l’Assemblée des départements de France (ADF).

3. La position de la commission

La commission a adopté cet article sans modification.

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Article 33 sexies Rapport sur la mise en place d’un ratio minimal d’encadrement dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes

Origine de l’article : amendement adopté à l’Assemblée nationale en première lecture.

Sort au Sénat : suppression.

1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture

L’article 33 sexies résulte d’un amendement de Mme Caroline Fiat et ses collègues du groupe La France insoumise – Nouvelle Union Populaire écologique et sociale, retenu par le Gouvernement dans le texte sur lequel il a engagé sa responsabilité en vertu de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution.

Il prévoit, la remise par le Gouvernement d’un rapport au Parlement sur les effets sur la loi de financement de la sécurité sociale de l’instauration d’un ratio minimal d’encadrement de six professionnels soignants pour dix résidents dans les Ehpad. Ce rapport doit être présenté dans un délai de trois mois à compter de la promulgation de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2023.

2. Une suppression par le Sénat en première lecture

En première lecture, le Sénat a adopté un amendement de la commission des affaires sociales, à l’initiative du rapporteur Philippe Mouiller, portant suppression de l’article.

3. La position de la commission

À l’initiative de Mme Caroline Fiat et ses collègues du groupe La France insoumise – Nouvelle Union Populaire écologique et sociale, la commission a adopté un amendement rétablissant cet article.

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Article 33 septies Rapport sur la mise en place d’un bilan visuel obligatoire avant l’entrée en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes
1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture

L’article 33 septies résulte de l’adoption d’un amendement de M. Thibault Bazin et plusieurs de ses collègues du groupe Les Républicains, retenu par le Gouvernement dans le texte sur lequel il a engagé sa responsabilité en vertu de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution.

Il demande au Gouvernement la remise, avant le 30 juin 2023, d’un rapport au Parlement évaluant le coût, pour les comptes publics et sociaux, de l’instauration d’un bilan visuel obligatoire avant l’entrée en Ehpad.

2. Une suppression par le Sénat en première lecture

En séance publique, le Sénat a adopté un amendement de la commission des affaires sociales à l’initiative du rapporteur Philippe Mouiller, portant suppression de l’article.

3. La position de la commission

À l’initiative de M. Thibault Bazin (groupe Les Républicains), la commission a adopté un amendement de rétablissement de cet article.

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Article 34 Instaurer du temps dédié à l’accompagnement et au lien social auprès de nos aînés pour prévenir leur perte d’autonomie à domicile
1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture

● L’article 34 vise à permettre, à compter du 1er janvier 2024, aux personnes éligibles à l’allocation personnalisée pour l’autonomie (APA) de se voir proposer par l’équipe médico-sociale chargée d’élaborer leur plan d’aide un temps dédié à l’accompagnement et au lien social pouvant aller jusqu’à deux heures par semaine. Ces heures supplémentaires seront mobilisables au-delà du plafond du plan d’aide.

La sanctuarisation de ce temps dédié à l’interaction a pour objectif de prévenir la perte d’autonomie et de lutter contre l’isolement. Elle devrait par ailleurs contribuer à améliorer les conditions de travail des personnels de l’aide à domicile, en réduisant les temps hachés et en redonnant du sens à l’exercice de ces métiers.

● Les quatre amendements retenus par le Gouvernement dans le texte sur lequel il a engagé sa responsabilité en vertu de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution, sont de nature rédactionnelle.

2. Les modifications apportées par le Sénat en première lecture

En séance publique, le Sénat a adopté un amendement du M. Olivier Henno et ses collègues du groupe Union Centriste augmentant le plafond du montant de participation de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) aux concours versés aux départements destinés à financer le coût de l’APA.

Dans le projet de loi initial, ce plafond, qui correspond à un pourcentage maximum de la contribution de solidarité pour l’autonomie (CSA), de la contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie (CASA) et de la contribution sociale généralisée (CSG), aujourd’hui de 7,70 %, est en effet rehaussé à :

– 7,9 % du 1er janvier 2024 au 31 décembre 2024 ;

– 8,1 % du 1er janvier 2025 au 31 décembre 2025 ;

– 8,3 % du 1er janvier 2026 au 31 décembre 2026 ;

– 8,4 % du 1er janvier 2027 au 31 décembre 2027 ;

– 8,6 % à compter du 1er janvier 2028.

L’amendement adopté par le Sénat modifie l’article 34 en substituant à l’ensemble de ces taux le taux unique de 9 %.

3. La position de la commission

À l’initiative de la rapporteure, la commission a rétabli la version de cet article telle qu’adoptée à l’Assemblée nationale en première lecture.

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Article 34 bis Demande de rapport sur le congé proche aidant
1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture

L’article 34 bis est issu d’un amendement M. Thibault Bazin et plusieurs de ses collègues du groupe Les Républicains, retenu par le Gouvernement dans le texte sur lequel il a engagé sa responsabilité en vertu de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution.

Il prévoit la remise par le Gouvernement d’un rapport au Parlement avant le 30 septembre 2023 évaluant l’impact de l’article 54 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2022 ([77]), élargissant le champ du congé de proche aidant aux situations où les personnes dont le handicap ou la perte d’autonomie peuvent, sans être d’une « particulière gravité », nécessiter une aide régulière de la part d’un proche.

2. Une suppression par le Sénat en première lecture

En séance publique, le Sénat a adopté un amendement de la commission des affaires sociales, à l’initiative du rapporteur Philippe Mouiller, portant suppression de l’article.

3. La position de la commission

À l’initiative de M. Thibault Bazin (groupe Les Républicains), la commission a adopté un amendement de rétablissement de cet article.

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Article 34 ter Demande de rapport sur l’accès à l’allocation journalière du proche aidant pour les proches aidants de personnes malades du cancer
1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture

L’article 34 ter est issu d’un amendement de Mme Caroline Fiat et de ses collègues du groupe La France insoumise – Nouvelle Union Populaire écologique et sociale, retenu par le Gouvernement dans le texte sur lequel il a engagé sa responsabilité en vertu de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution.

L’article prévoit la remise par le Gouvernement d’un rapport au Parlement sur les moyens à mettre en œuvre afin de rendre l’allocation journalière du proche aidant (AJPA) accessible aux aidants des personnes malades du cancer. Ce rapport doit être présenté dans un délai de six mois à compter de la promulgation de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2023.

2. Une suppression par le Sénat en première lecture

En séance publique, le Sénat a adopté un amendement de la commission des affaires sociales, à l’initiative du rapporteur Philippe Mouiller, portant suppression de l’article.

3. La position de la commission

À l’initiative de M. Thibault Bazin (groupe Les Républicains) ainsi que de Mme Ségolène Amiot et ses collègues du groupe La France insoumise – Nouvelle Union Populaire écologique et sociale, la commission rétabli cet article.

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Article 35 Assurer pour l’habitat inclusif la transition entre le forfait habitat inclusif et le déploiement de l’aide à la vie partagée
1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture

● L’article 35 vise à clarifier le financement du modèle de l’habitat inclusif.

Depuis la loi de financement de la sécurité sociale pour 2022 ([78]) créant l’aide à la vie partagée (AVP), deux dispositifs coexistent :

– d’une part, le forfait habitat inclusif (FHI) octroyé par l’agence régionale de santé (ARS) ;

– d’autre part, ladite AVP financée par les départements sur concours de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA).

Afin de simplifier le financement de ce type d’habitat et de déployer ce modèle sur l’ensemble du territoire, le présent article acte l’extinction progressive du FHI et précise les modalités de participation de la CNSA au financement de l’AVP à partir de 2023.

● Les amendements retenus par le Gouvernement dans le texte sur lequel il a engagé sa responsabilité en vertu de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution, sont deux amendements rédactionnels de la rapporteure.

2. Les modifications apportées par le Sénat en première lecture

En première lecture, le Sénat a adopté un amendement de M. Xavier Iacovelli et plusieurs de ses collègues du groupe Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants portant diverses modifications :

– il prévoit que l’accord pour l’habitat inclusif, passé entre le département et la CNSA, qui fixe les conditions portant notamment sur le montant de l’AVP et ses conditions d’attribution, ouvrant droit au versement par la CNSA d’un concours au département, tient compte des coûts de démarrage des projets d’habitat inclusif ;

– il précise que les départements, à compter du 1er janvier 2025, transmettent à la CNSA un bilan annuel de la mise en œuvre de l’AVP sur leur territoire ;

– il reporte la suppression du FHI au 1er janvier 2025.

3. La position de la commission

À l’initiative de la rapporteure, la commission a rétabli la rédaction issue de l’Assemblée nationale pour plusieurs raisons :

– le maintien du FHI avait été prévu à titre transitoire, en attendant le déploiement à grande échelle de l’AVP. Alors que, selon la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie, 94 départements s’étaient engagés, début octobre 2022, à prendre une délibération d’ici la fin de l’année pour inscrire le droit à l’AVP dans leur règlement départemental d’aide sociale, il n’est pas opportun de maintenir le FHI au risque de complexifier le modèle de financement de l’habitat inclusif ;

– le coût de démarrage des projets d’AVP ne relève pas de la compensation de la CNSA mais de la conférence des financeurs au niveau territorial ;

– la CNSA publie déjà chaque année un rapport sur les projets d’habitat inclusif menés dans l’ensemble des départements.

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Article 35 bis A (nouveau)

Rôle de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie dans l’élaboration d’un système d’information commun pour les maisons départementales pour personnes handicapées

Origine de l’article : adopté en première lecture au Sénat.

Position de la commission: maintien de la rédaction du Sénat.

1. Les dispositions adoptées par le Sénat en première lecture

● L’article 35 bis A est issu d’un amendement du Gouvernement en séance publique, adopté avec avis favorable de la commission. Il précise les prérogatives de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) dans l’élaboration d’un système d’information commun pour les maisons départementales pour personnes handicapées (MDPH).

Afin de remédier à l’hétérogénéité et l’absence d’interopérabilité entre les systèmes d’information des MDPH, la loi du 28 décembre 2015 relative à l’adaptation de la société au vieillissement (dite loi « ASV ») ([79]) a prévu une harmonisation de ces systèmes d’information, reposant sur leur labellisation en fonction d’exigences fonctionnelles attendues par la CNSA. Cette labellisation a permis d’aboutir à un échange de pratiques professionnelles, a contribué à l’automatisation des échanges avec les partenaires des MDPH et à la mise en œuvre de projets structurants, ainsi qu’à la mise à disposition et à la fiabilisation d’indicateurs de pilotage.

Le présent article vise à poser les premiers jalons nécessaires à la mise en place d’un système d’information unique pour les MDPH, sur le modèle du système d’information pour la gestion de l’allocation personnalisée d’autonomie (SI-APA) issu de la LFSS 2022 ([80]).

À cette fin, il confère à la CNSA un rôle majeur dans l’élaboration de ce système d’information. Il modifie les articles L. 247-2 et L. 223-5 du code de l’action sociale et des familles, afin de préciser la compétence de la CNSA dans la conception et la mise en œuvre de ce système d’information.

2. La position de la commission

La commission a adopté cet article sans modifications. Il devrait permettre, à terme, la mise en application effective du système d’information unique, aboutissement d’une démarche de longue durée d’harmonisation des pratiques informatiques entre les MDPH. Un tel dispositif devrait permettre de contribuer à améliorer la qualité du service rendu et à faciliter le pilotage national et local. En outre et surtout, le système d’information commun devrait contribuer à améliorer la connaissance des personnes en situation de handicap et la pertinence des réponses apportées.

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Article 35 bis B (nouveau)

Augmentation du montant de l’aide versée par la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie aux départements pour leur action en faveur des professionnels des services d’aide et d’accompagnement à domicile

Origine de l’article : amendement adopté en première lecture au Sénat.

Position de la commission : maintien de la rédaction du Sénat.

1. Les dispositions adoptées par le Sénat en première lecture

L’article 35 bis B est issu d’un amendement du Gouvernement adopté en première lecture au Sénat. Il vise à augmenter le montant de l’aide versée par la Caisse nationale pour l’autonomie (CNSA) aux départements pour soutenir les mesures de soutien aux métiers du secteur de l’aide à domicile.

Afin de contribuer à l’attractivité, à la dignité et à l’amélioration des salaires des professionnels des services d’aide et d’accompagnement à domicile (Saad), l’article 47 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2021 ([81]) a prévu une aide spécifique versée par la CNSA aux départements finançant un dispositif de soutien aux professionnels de l’aide à domicile. Cette aide est versée chaque année par la CNSA dans la limite de 200 millions d’euros par an. Elle est répartie entre les départements en fonction des dernières données disponibles portant sur le volume total d’activité réalisée par les Saad aux titres de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA), de la prestation de compensation du handicap (PCH) et de l’aide à domicile.

Cette aide permet ainsi de financer la compensation, à 50 %, du coût de l’avenant 43 à la convention collective de l’aide à domicile. Pour rappel, l’avenant 43 à la convention collective de la branche associative de l’aide à domicile (BAD) a procédé, au 1er octobre 2021, à une revalorisation des salaires de ce secteur représentant un surcoût pour les départements.

Ce soutien aux départements, qui prend la forme d’une dotation horaire, a été ajusté à la hausse lors d’un comité des financeurs le 27 octobre 2022, portant la dotation de 3,40 à 4,10 euros par heure, pour un coût annuel supplémentaire pour la branche autonomie de 40 millions d’euros. En outre, faisant suite à la conférence des métiers de l’accompagnement social et médico-social de février 2022, les revalorisations ont été étendues pour cofinancer le complément de traitement indiciaire pour les services d’aide à domicile de la fonction publique territoriale. Cette extension entraîne des dépenses annuelles supplémentaires pour la branche autonomie de 21 millions d’euros.

Prenant compte de ces ajustements, le présent article augmente le montant de l’aide prévue à l’article 47 de la LFSS 2022 en la faisant passer de 200 à 261 millions d’euros.

2. La position de la commission

La commission a adopté cet article sans modifications.

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Article 35 bis C (nouveau)

Expérimentation d’accueil de jour en établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes pour les personnes ayant des troubles du comportement modérés consécutifs d’une maladie neurodégénérative associée à un syndrome démentiel

Origine de l’article : amendement adopté en première lecture au Sénat.

Position de la commission : suppression.

1. Les dispositions adoptées par le Sénat en première lecture

● L’article 35 bis C est issu d’un amendement de M. Daniel Chasseing et plusieurs de ses collègues du groupe Les Indépendants - République et Territoires ainsi que de certains de ses collègues des groupes Les Républicains et Union Centriste, adopté avec avis favorable de la commission et défavorable du Gouvernement.

Il prévoit la mise en place d’une expérimentation d’accueil de jour dans les pôles d’activité et de soins adaptés (PASA) des Ehpad pour les personnes ayant des troubles du comportement modérés, consécutifs d’une maladie neurodégénérative associée à un syndrome démentiel, qui altèrent néanmoins la qualité de vie de la personne et de ses proches aidants. Cet accueil est soumis à l’avis du médecin coordonnateur de l’établissement.

Cette expérimentation, d’une durée de trois ans, a lieu dans des zones définies par les agences régionales de santé (ARS), en lien avec les conseils territoriaux de santé prévus à l’article L. 1434-10 du code de la santé publique.

2. La position de la commission

À l’initiative de la rapporteure et de M. Thibault Bazin (groupe Les Républicains), la commission a supprimé cet article, dont l’ambition est satisfaite par le droit existant, dans la mesure où les accueils de jour au sein des PASA existent déjà.

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Article 35 bis D (nouveau)

Création d’une conférence des générations et l’autonomie

Origine de l’article : amendement adopté en première lecture au Sénat.

Position de la commission : suppression.

1. Les dispositions adoptées par le Sénat en première lecture

● L’article 35 bis D est issu de l’adoption d’un amendement de la commission, à l’initiative du rapporteur Philippe Mouiller, avec avis défavorable du Gouvernement.

Il prévoit la création, à compter du 1er janvier 2023, d’une conférence des générations et l’autonomie, réunissant tous les deux ans les représentants des départements, des organismes de sécurité sociale, des organismes gestionnaires des établissements ou services sociaux et médico-sociaux, les associations représentatives des personnes âgées et des personnes en situation de handicap, les organisations syndicales et patronales représentatives et les organismes et personnalités qualifiés, afin de débattre des orientations et des moyens financiers de la politique de soutien à l’autonomie.

Cette conférence vise à documenter les perspectives démographiques, médicales et socio-économiques du vieillissement et de la dépendance, et donc les besoins des personnes âgées et des personnes en situation de handicap. Elle contribue par tous moyens à l’information la plus large de la société et ses conclusions peuvent donner lieu à un débat à l’Assemblée nationale et au Sénat.

La définition des modalités d’application de cet article est renvoyée à un décret.

2. La position de la commission

À l’initiative de la rapporteure, la commission a supprimé cet article.

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Article 35 quater Rapport sur les professionnels n’ayant pas bénéficié des revalorisations du Ségur ou des accords « Laforcade »
1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture

L’article 35 quater résulte d’un amendement de M. David Taupiac et ses collègues du groupe Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires, retenu par le Gouvernement dans le texte sur lequel il a engagé sa responsabilité en vertu de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution.

Il prévoit la remise par le Gouvernement d’un rapport au Parlement, dans un délai de six mois après la promulgation de la présente loi de financement, portant sur l’application de l’article 48 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2021 ([82]) et de l’article 42 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2022 ([83]).

Ce rapport a notamment pour objet d’identifier les professions des secteurs du soin, médico-social et social n’ayant pas bénéficié des mesures de revalorisations salariales prises dans le cadre du Ségur de la santé et des accords « Laforcade ».

Ce rapport vise également à présenter des pistes pour améliorer la rémunération des personnels exclus et pour assurer plus largement l’attractivité de tous les métiers des secteurs sanitaire, social et médico-social.

2. Les modifications apportées par le Sénat en première lecture

En séance publique, le Sénat a adopté un amendement de la commission, à l’initiative du rapporteur Philippe Mouiller, portant suppression de l’article.

3. La position de la commission

À l’initiative de M. Thibault Bazin (groupe Les Républicains) ainsi que de M. Jérôme Guedj et plusieurs de ses collègues du groupe Socialistes et apparentés, la commission a rétabli cet article.

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Article 35 sexies

Rapport sur la majoration de la prestation de compensation du handicap

Origine de l’article : amendement adopté en première lecture à l’Assemblée nationale.

Sort au Sénat : supprimé.

1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture

L’article 35 sexies résulte de l’adoption d’un amendement de M. Jérôme Guedj et ses collègues du groupe Socialistes et apparentés, retenu par le Gouvernement dans le texte sur lequel il a engagé sa responsabilité en vertu de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution.

Il prévoit la remise par le Gouvernement d’un rapport au Parlement, dans les six mois suivant la promulgation de la présente loi de financement, portant sur la mise en œuvre de l’article 13 de la loi du 23 décembre 2021 de financement de la sécurité sociale pour 2022 ([84]), relatif à la majoration de la prestation de compensation du handicap (PCH).

2. Les modifications apportées par le Sénat en première lecture

En séance publique, le Sénat a adopté un amendement de la commission, à l’initiative du rapporteur Philippe Mouiller, portant suppression de l’article.

3. La position de la commission

À l’initiative de M. Jérôme Guedj et plusieurs de ses collègues du groupe Socialistes et apparentés, la commission a rétabli cet article.

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Article 35 septies Rapport sur l’augmentation de la prestation de compensation du handicap

Origine de l’article : amendement adopté en première lecture à l’Assemblée nationale.

Sort au Sénat : supprimé.

Position de la commission : maintien de la suppression.

1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture

L’article 35 septies résulte de l’adoption d’un amendement de M. Yannick Neuder et plusieurs de ses collègues du groupe Les Républicains, retenu par le Gouvernement dans le texte sur lequel il a engagé sa responsabilité en vertu de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution.

Il prévoit la remise par le Gouvernement d’un rapport au Parlement dans les six mois suivant la promulgation de la présente loi de financement, visant à évaluer la possibilité d’augmenter la prestation de compensation du handicap dans un contexte de forte inflation.

2. Les modifications apportées par le Sénat en première lecture

En séance publique, le Sénat a adopté un amendement de la commission, à l’initiative du rapporteur Philippe Mouiller, portant suppression de l’article.

3. La position de la commission

La commission n’est pas revenue sur la suppression de cet article.

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Chapitre VI Moderniser les prestations familiales

Article 36 Amélioration du soutien à la garde d’enfants : complément de libre choix de mode de garde (CMG) horaire et linéaire, extension du CMG aux familles monoparentales pour la garde d’enfants âgés de 6 à 12 ans, ouverture du CMG linéarisé aux deux parents en cas de résidence alternée
1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture

● L’article 36 assure une plus grande équité dans l’accès aux modes de garde en procédant à une réforme du complément libre choix du mode de garde (CMG).

Il réforme en premier lieu le mode de calcul du CMG « emploi direct », versé aux familles qui emploient directement un assistant maternel ou une garde à domicile, afin d’établir un CMG horaire et linéaire, c’est-à-dire correspondant à un niveau d’effort fonction des ressources et de la composition du foyer. L’objectif est de rapprocher le barème du CMG « emploi direct » de celui des crèches et de réduire significativement les freins financiers à l’accueil individuel des enfants pour des familles aux revenus modestes ou ayant des besoins de garde importants.

Cet article étend en outre le CMG « emploi direct » aux familles monoparentales ayant des enfants de plus de 6 ans, et ce jusqu’à l’âge de 12 ans, particulièrement pénalisées par cette barrière d’âge.

Il permet enfin un partage du CMG « emploi direct » entre parents en cas de résidence alternée de l’enfant.

● Les amendements retenus par le Gouvernement dans le texte sur lequel il a engagé sa responsabilité en vertu de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution, sont les suivants :

– un amendement du rapporteur supprimant le plafond minimum d’heures de garde pour bénéficier du CMG « structure », prévu à l’article L. 531-6 du code de la sécurité sociale et fixé aujourd’hui à 16 heures. Cette mesure a pour objectif de permettre aux familles ayant des besoins de garde ponctuels de bénéficier de l’aide du CMG ;

– un amendement de M. Xavier Breton et plusieurs de ses collègues du groupe Les Républicains substituant à la notion de « séparation » celle de « garde alternée » pour qualifier la situation déclenchant le partage de l’aide entre les parents ;

– neuf amendements rédactionnels du rapporteur.

2. Les modifications apportées par le Sénat en première lecture

● Le Sénat a adopté plusieurs amendements :

– en dépit de l’avis défavorable du Gouvernement, un amendement de la commission, à l’initiative du rapporteur Olivier Henno, prévoyant, selon des modalités définies par décret, la suspension du CMG pour les familles ayant cessé de rémunérer l’assistante maternelle agréée ou la personne employée pour une garde d’enfant à domicile qu’elles emploient, notamment si l’intermédiation par Pajemploi+ n’est pas mise en place. Cet amendement a été sous-amendé à l’initiative de Mme Raymonde Poncet Monge et de ses collègues du groupe Écologiste - Solidarité et Territoires pour imposer l’adhésion au dispositif Pajemploi+ des employeurs ayant été visés par un signalement d’impayé et souhaitant bénéficier à nouveau du CMG ;

– en dépit de l’avis défavorable du Gouvernement, un amendement de la commission, à l’initiative du rapporteur Olivier Henno, prévoyant que le plafond limitant le tarif horaire que les micro-crèches peuvent pratiquer pour que les familles puissent bénéficier du CMG « structure » est fixé chaque année par décret, après avis du Haut Conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge (HCFEA) ;

– un amendement rédactionnel de la commission, à l’initiative du rapporteur Olivier Henno.

3. La position de la commission

À l’initiative du rapporteur, la commission a adopté cet article dans la rédaction issue de l’Assemblée nationale en première lecture, en retenant seulement l’amendement rédactionnel adopté au Sénat.

Le rapporteur a rappelé partager le constat de la grande difficulté que rencontrent les assistantes maternelles pour obtenir des indemnités en remplacement d’un salaire impayé. Néanmoins, il a indiqué que les dispositions adoptées par le Sénat ne répondent pas à l’objectif : le fait de suspendre le versement du CMG ne permettra pas aux assistantes maternelles de percevoir leur salaire. Il considère par ailleurs inopportun à ce stade de légiférer sur un sujet qui pourrait a contrario mettre les familles en difficulté si le dispositif n’est pas sécurisé.

S’agissant du plafonnement du tarif des micro-crèches, le rapporteur a indiqué estimer cette mesure inenvisageable dans la mesure où il est nécessaire d’examiner précisément au préalable le prix de revient de ces établissements.

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Article 36 bis Doublement de la période du congé de présence parentale pour les fonctionnaires
1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture

● L’article 36 bis résulte d’un amendement du rapporteur, retenu par le Gouvernement dans le texte sur lequel il a engagé sa responsabilité en vertu de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution. Il porte sur l’extension de la possibilité de renouveler l’allocation journalière de présence parentale (AJPP) aux fonctionnaires.

L’article L. 1225-62 du code du travail prévoit la possibilité pour les salariés ayant un enfant à charge atteint d’une maladie, d’un handicap ou victime d’un accident d’une particulière gravité, rendant indispensables une présence soutenue et des soins contraignants, de bénéficier d’un congé de présence parentale. Ce congé représente un maximum de 310 jours sur une période ne pouvant excéder trois ans. Il donne droit au bénéfice d’une AJPP d’un montant de 60,14 euros par jour.

Depuis la loi visant à améliorer les conditions de présence parentale auprès d’un enfant dont la pathologie nécessite un accompagnement soutenu ([85]), le congé peut être renouvelé une fois à titre exceptionnel et être ainsi porté à 620 jours lorsqu’un nouveau certificat médical atteste le caractère indispensable de la poursuite de soins contraignants et d’une présence soutenue.

La loi de financement de la sécurité sociale pour 2022 ([86]) a prévu la revalorisation annuelle de l’AJPP par référence au salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic). Elle a également étendu les dispositions de la loi du 15 novembre 2021 aux agents des fonctions publiques de l’État, territoriale et hospitalière ainsi qu’aux militaires de carrière et contractuels de la défense à compter du 1er janvier 2023.

Or, si les trois lois statutaires régissant les fonctionnaires civils ont bien été modifiées par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2022 pour étendre à ces fonctionnaires, les dispositions de la loi du 15 novembre 2021, ont été abrogées à la création du code général de la fonction publique ([87]).

C’est pourquoi le présent article tire les conséquences de cette abrogation en proposant d’inscrire le renouvellement du congé de présence parentale – et donc le doublement du nombre de jours maximums de congé – à l’article L. 632-2 du code général de la fonction publique.

2. Les modifications apportées par le Sénat en première lecture

Le Sénat a adopté un amendement de la commission des affaires sociales, à l’initiative du rapporteur Olivier Henno.

Alors que la version de l’Assemblée nationale, prévoit explicitement à l’article L. 632-2 du code général de la fonction publique, la possibilité dérogatoire de renouvellement de l’AJPP, le Sénat propose d’aligner pleinement le régime du congé de présence parentale applicable aux fonctionnaires sur le régime applicable au salarié en renvoyant, au même article L. 632-2 du CGFP aux dispositions L. 1225-62 du code du travail, applicables aux salariés.

3. La position de la commission

À l’initiative du rapporteur, la commission a rétabli la rédaction de l’article issue de l’Assemblée nationale en première lecture, la modification effectuée par le Sénat aboutissant à compliquer le dispositif initial en renvoyant à un article du code du travail.

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Article 36 quater Suppression de la condition d’accord explicite du service du contrôle médical pour le renouvellement de l’allocation journalière de présence parentale
1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture

L’article 36 quater résulte d’un amendement du rapporteur, retenu par le Gouvernement dans le texte sur lequel il a engagé sa responsabilité en vertu de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution. Il prévoit la suppression de la condition d’accord explicite du service du contrôle médical pour procéder au renouvellement de l’allocation journalière de présence parentale (AJPP).

Ainsi qu’il est présenté au commentaire de l’article 36 bis, le congé de présence parentale est attribué aux salariés ou fonctionnaires ayant un enfant à charge atteint d’une maladie, d’un handicap, ou victime d’un accident d’une particulière gravité nécessitant des soins et un accompagnement soutenus. Il donne droit au versement de l’AJPP d’un montant de 60,14 euros par jour.

Depuis la loi du 15 novembre 2021 ([88]), l’AJPP peut être renouvelée si le nombre maximal de 310 jours ouvrés est atteint au cours d’une période de trois ans et qu’un nouveau certificat médical atteste le caractère indispensable de la poursuite des soins contraignants et d’une présence parentale soutenue.

Ce renouvellement est néanmoins conditionné à un accord explicite du service du contrôle médical prévu à l’article L. 315-1 du code de la sécurité sociale, chargé de constater les abus en matière de soins, de prescription d’arrêt de travail et d’application de la tarification des actes et autres prestations. L’article 35 quater vise à supprimer ce caractère « explicite » pénalisant de nombreuses familles, occasionnant des délais importants et empêchant souvent le renouvellement de l’allocation. Il harmonise la procédure de renouvellement à celle de l’attribution de l’AJPP, pour laquelle un accord explicite n’est pas requis.

2. Une suppression par le Sénat en première lecture

En séance publique, le Sénat a adopté un amendement de la commission des affaires sociales, à l’initiative du rapporteur Olivier Henno, portant suppression de l’article.

3. La position de la commission

À l’initiative du rapporteur, la commission a rétabli l’article dans sa rédaction issue de l’Assemblée nationale en première lecture.

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Article 37 Garantir la continuité des ressources des salariés lors des congés maternité, d’adoption et de paternité et d’accueil de l’enfant
1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture

● L’article 37 vise à garantir aux salariés la continuité de leurs ressources lors des congés maternité, paternité et d’accueil de l’enfant et d’adoption. Il rend obligatoire le principe de la subrogation, c’est-à-dire le versement direct par l’employeur des indemnités journalières dues dans le cadre de ces congés, principe aujourd’hui insuffisamment développé. Pour ne pas créer de difficulté de trésorerie pour les entreprises, il garantit le remboursement à l’employeur de ces indemnités par la sécurité sociale dans un certain délai, dont la durée devrait être fixée par décret à sept jours.

● Les amendements retenus par le Gouvernement dans le texte sur lequel il a engagé sa responsabilité en vertu de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution, sont les suivants :

– un amendement rédactionnel à l’initiative du rapporteur ;

– un amendement du Gouvernement modifiant le régime proposé de versement des indemnités journalières. Il prévoit la possibilité pour l’employeur d’assurer le maintien d’un salaire au moins égal au montant des indemnités journalières auxquelles a droit le salarié. L’employeur pourra soit être subrogé dans les droits de recevoir les indemnités journalières, soit être remboursé de la somme correspondant à ces indemnités après leur versement au salarié par la caisse primaire d’assurance maladie (CPAM).

Cette alternative à la subrogation entérine une pratique existante dans certaines entreprises et administrations publiques. L’amendement du Gouvernement vise, selon son exposé sommaire, à permettre « la poursuite de pratiques existantes qui protègent tout autant l’assuré pendant ces congés. »

2. Une suppression par le Sénat en première lecture

Le Sénat a supprimé cet article, par le biais d’amendements identiques du rapporteur Olivier Henno, de M. Daniel Chasseing et plusieurs de ses collègues du groupe Les Indépendants - République et Territoires ainsi que des groupes Les Républicains et Union Centriste, de M. Stéphane Demilly et plusieurs de ses collègues du groupe Union Centriste, de Mme Pascale Gruny et plusieurs de ses collègues du groupe Les Républicains ainsi que de M. Laurent Duplomb et une de ses collègues du groupe Les Républicains.

Les raisons de cette suppression relèvent principalement, selon leurs auteurs, des coûts de trésorerie importants générés par le dispositif pour les petites et moyennes entreprises (PME) et les très petites entreprises (TPE).

3. La position de la commission

À l’initiative du rapporteur, la commission a rétabli l’article 37 dans sa rédaction issue de l’Assemblée nationale en première lecture, et ce pour plusieurs raisons.

En premier lieu, cet article représente une importante avancée pour les familles qui bénéficieraient de la continuité de leurs ressources à un moment particulièrement peu propice à la vulnérabilité financière.

En second lieu, le présent article prévoit des garanties pour accompagner les entreprises dans la mise en place de la réforme. D’une part, le texte dispose, comme corolaire à la généralisation de la subrogation, que la caisse primaire d’assurance maladie versera à l’employeur subrogé le montant des indemnités journalières dans un délai maximum qui devrait être fixé à sept jours, sur le modèle de la garantie de paiement appliquée pour le remboursement des professionnels de santé pratiquant le tiers payant. D’autre part, le présent article prévoit une application échelonnée de l’obligation de subrogation afin de donner le temps aux entreprises de s’approprier la réforme. Le critère qui définira le calendrier de mise en œuvre est celui de la taille des entreprises et des spécificités de leur processus de gestion.

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Article 37 bis Rapport sur la mise en place d’un bilan de santé pour les enfants accueillis par l’aide sociale à l’enfance

Origine de l’article : amendement adopté en première lecture à l’Assemblée nationale.

Sort au Sénat : supprimé.

1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture

L’article 37 bis résulte d’un amendement de Mme Perrine Goulet (groupe Démocrate (MoDem et Indépendants)), retenu par le Gouvernement dans le texte sur lequel il a engagé sa responsabilité en vertu de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution.

Il prévoit la remise par le Gouvernement d’un rapport au Parlement, dans un délai de six mois après la promulgation de la présente loi de financement, portant sur l’application du quatrième alinéa de l’article L. 223-1-1 du code de l’action sociale et des familles ainsi que des autres dispositifs mis en place par le Gouvernement, relatifs à la santé et à la prévention des mineurs pris en charge par l’aide sociale à l’enfance (ASE). Ce rapport a notamment pour objet d’évaluer la mise en œuvre du bilan de santé et de prévention issu de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2020 ([89]) et de préciser les champs pathologiques diagnostiqués afin d’identifier les besoins de ces enfants en matière de soins et de professionnels de santé.

2. Les modifications apportées par le Sénat en première lecture

En séance publique, le Sénat a adopté un amendement de la commission, à l’initiative du rapporteur Olivier Henno, portant suppression de l’article.

3. La position de la commission

À l’initiative de Mme Perrine Goulet ses collègues du groupe Démocrate (MoDem et Indépendants) ainsi que de M. Jérôme Guedj et plusieurs de ses collègues du groupe Socialistes et apparentés, la commission a rétabli cet article.

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Chapitre VI bis Mesures de soutien à l’emploi des seniors et de sauvegarde du système de retraites (Division et intitulé nouveaux)

Article 37 ter (nouveau) Mesures de soutien à l’emploi des seniors et de sauvegarde du système de retraites
1. Les dispositions adoptées par le Sénat en première lecture

● Le présent article est issu d’un amendement de la commission, adopté à l’initiative du rapporteur René-Paul Savary, avec avis défavorable du Gouvernement.

● Régulièrement adopté par le Sénat au cours des précédents projets de loi de financement, cet amendement présente deux parties, que l’exposé des motifs lie entre elles.

Le I met en place une convention nationale pour l’emploi des seniors et la sauvegarde du système de retraites. Convention paritaire, comprenant également des associations familiales, des associations de retraités, ainsi que des personnalités qualifiées, cette convention serait chargée de proposer au Gouvernement des mesures :

– relatives à l’équité (égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, harmonisation des règles d’attribution des pensions de réversion et des majorations de pension pour enfants entre les régimes obligatoires de base) ;

– relatives à la juste transition entre emploi et retraite (retraite progressive, cumul emploi-retraite, prise en compte de la pénibilité au travail, des situations et handicap et de carrières longues pour les conditions d’ouverture et de calcul des droits à pension) ;

– d’ordre financier, destinées à « rétablir l’équilibre financier de l’ensemble des régimes obligatoires de base à l’horizon 2033 ».

Le II propose, quant à lui, de repousser l’âge légal d’ouverture des droits à la retraite, tel que défini à l’article L. 161-17-2 du code de la sécurité sociale, à 64 ans, pour les générations nées à compter du 1er janvier 1967. Il prévoit en outre des dispositions réglementaires destinées à augmenter l’âge de départ à la retraite des personnes nées avant cette date, à raison de trois mois par génération.

Le même II modifie les durées d’assurance requises pour bénéficier d’une pension de retraite au taux plein. Alors qu’aujourd’hui la génération née en 1973 est la première à devoir valider 172 trimestres pour bénéficier d’une retraite à taux plein, l’amendement applique cette condition à compter de la génération née en 1967. Le 3° du même II conserve toutefois l’âge d’annulation de la décote à 67 ans.

Le III, enfin, prévoit qu’un décret en Conseil d’État fixe les modalités et le calendrier selon lesquels les régimes dits « spéciaux », mentionnés à l’article L. 711-1 du code de la sécurité sociale, convergent vers les paramètres d’âge d’ouverture des droits et de durée d’assurance prévus au II.

Le IV prévoit une entrée en vigueur des précédentes dispositions, à l’exception de la convention, au 1er janvier 2024.

2. La position de la commission

Le rapporteur n’est pas favorable à l’amendement adopté par le Sénat, pour des raisons de forme et de fond.

S’agissant de la forme, en premier lieu, le Gouvernement est actuellement engagé dans des discussions avec les partenaires sociaux pour définir de manière concertée la forme que prendra la future réforme de notre système de retraite. L’adoption de cet amendement préempte ces discussions et pourrait rendre caduc le dialogue social auquel cette majorité est attachée.

Sur le fond, cet amendement ne prévoit qu’une augmentation de l’âge d’ouverture des droits et une augmentation du nombre de trimestres nécessaire pour valider une retraite à taux plein, sans prévoir aucun aménagement spécifique pour les personnes qui ont exercé une longue carrière ou des métiers pénibles, sans mesure spécifique d’encouragement au maintien des séniors en emploi.

Le rapporteur y voit une preuve supplémentaire de la nécessité d’aborder ces sujets dans un contexte d’ensemble, lequel ne peut qu’être favorisé par une concertation préalable à toute réforme de notre système de retraite.

La commission a adopté des amendements de suppression de cet article du rapporteur, de M. Hadrien Clouet et ses collègues du groupe La France Insoumise – Nouvelle Union Populaire écologique et sociale, de M. Jérôme Guedj et plusieurs de ses collègues du groupe Socialistes et apparentés ainsi que de Mme Sandrine Rousseau.

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Chapitre VII Simplifier et moderniser le service public de la sécurité sociale

Article 38 Poursuivre la convergence sociale à Mayotte
1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture

L’article 38 porte trois mesures relatives à la protection sociale à Mayotte.

● La plus importante en ampleur consiste à accorder aux assurés affiliés au régime d’assurance maladie de Mayotte le bénéfice de la complémentaire santé solidaire (CSS), au même titre que les autres assurés métropolitains et ultramarins, et à des conditions de revenu adaptées au faible niveau de vie de Mayotte. Cette mesure devrait permettre à une proportion significativement plus importante de la population d’accéder sans reste à charge à un panier de soins élargi. C’est donc une avancée importante pour ce territoire dont le niveau d’accès aux soins et de protection sociale est encore éloigné des standards de la métropole, et où l’on déplore des renoncements aux soins importants.

● La deuxième mesure se situe dans la continuité de l’article 108 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2021. Cet article ouvrait droit au rachat de trimestres de retraite pour les travailleurs indépendants mahorais qui n’avaient pas cotisé entre 2012 et 2022. Des adaptations techniques et informatiques étaient nécessaires pour permettre le recouvrement effectif des cotisations de ces travailleurs à partir du 1er janvier 2023. Cependant, il apparaît qu’un délai supplémentaire sera indispensable, raison pour laquelle le présent article prolonge le dispositif de rachat des trimestres de retraite jusqu’au la fin 2024.

● La troisième mesure adapte les modalités prévues pour le versement des prestations familiales des fonctionnaires et magistrats en poste à Mayotte, afin de les aligner sur le droit commun. Cette responsabilité sera ainsi transférée des services employeurs de l’État aux caisses d’allocations familiales.

● Dans le texte sur lequel le Gouvernement a engagé sa responsabilité en vertu de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution, l’article 38 a été modifié par deux amendements rédactionnels de la rapporteure générale.

2. Les dispositions adoptées par le Sénat en première lecture

Le Sénat a adopté un amendement du Gouvernement visant à préciser les modalités d’affiliation à la caisse d’allocations familiales des fonctionnaires et magistrats en poste à Mayotte mais dont le centre des intérêts matériels et moraux est situé en dehors de Mayotte.

L’article 38 du projet de loi prévoit que ces personnels, qui se voyaient jusqu’ici verser leurs prestations familiales par les services de l’État à Mayotte, seront désormais rattachés aux caisses d’allocations familiales. Ils intègrent ainsi le cadre de droit commun, appliqué à l’ensemble des fonctionnaires et magistrats affectés au sein des départements et territoires d’outre-mer.

L’amendement adopté à l’initiative du Gouvernement précise les modalités de l’affectation à une caisse d’allocations familiales de ces fonctionnaires et magistrats et de prélèvement des cotisations. Dans le détail, il est prévu que le directeur de l’organisme national du régime de sécurité sociale désigne une ou plusieurs caisses d’allocations familiales pour assurer le versement des prestations de ces personnels. Le taux et l’assiette de cotisation retenus seront ceux applicables aux fonctionnaires et magistrats du territoire sur lequel se situe cette caisse.

3. La position de la commission

La commission a constaté que l’amendement adopté par le Sénat se bornait à préciser et clarifier une disposition de l’article 38. Il paraît souhaitable d’harmoniser le régime du versement des prestations familiales des fonctionnaires et magistrats en poste à Mayotte sur celui de ceux qui sont en poste dans les autres départements et collectivités d’outre-mer.

La commission a ainsi adopté l’article 38 dans sa rédaction issue du Sénat.

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Article 40 Amélioration de la répartition des accidents du travail et maladies professionnelles des non-salariés agricoles pluriactifs et des membres de famille
1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale

L’article 40 poursuit deux objectifs. D’une part, il vise à améliorer la réparation des accidents du travail et maladies professionnelles (AT-MP) des non-salariés agricoles pluriactifs en permettant le versement d’indemnités journalières (IJ) maladie du régime des non-salariés agricoles en complément d’IJ AT-MP du régime salarié en cas d’AT-MP survenu dans le cadre d’une activité salariée. D’autre part, il doit permettre d’élargir la possibilité de verser une rente ATEXA à partir de 30 % d’incapacité permanente partielle (IPP) à tous les non-salariés agricoles, en l’occurrence aux collaborateurs et aux aides familiaux (enfants de plus de 14 ans), en cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle.

Cet article a été adopté à l’Assemblée nationale sans modification.

2. Les modifications apportées par le Sénat

En séance, le Sénat a adopté deux amendements rédactionnels de la commission avec des avis favorables du Gouvernement. Le premier porte sur les modalités du calcul des rentes AT-MP versées aux non-salariés agricoles tandis que le second précise que la revalorisation annuelle des rentes pour incapacité permanente des non-salariés agricoles a lieu à la même date que celle des autres rentes AT-MP, soit le 1er avril.

3. La position de la commission

La commission a adopté cet article dans sa rédaction issue du Sénat.

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Article 40 bis Indemnisation des ayants droit des enfants victimes des pesticides
1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale

L’article 40 bis résulte d’un amendement de M. Thibault Bazin, rapporteur pour les accidents du travail et maladies professionnelles, et de la rapporteure générale.

Cet article s’inscrit dans la continuité de l’indemnisation créée par la LFSS 2020 en réparation des maladies causées par des pesticides présentant un caractère professionnel. À ce titre, il vise à préciser explicitement dans la loi que l’indemnisation des enfants atteints d’une pathologie résultant directement de leur exposition prénatale du fait de l’exposition professionnelle de l’un ou l’autre de leurs parents à des pesticides concerne également leurs ayants droit. Cela concerne le conjoint, partenaire de pacte civil de solidarité (PACS) ou concubin, l’enfant de la victime quel que soit son âge, le frère ou la sœur et l’ascendant en ligne directe (parents, grands-parents).

2. Les modifications apportées par le Sénat

En séance, le Sénat a adopté un amendement de coordination et de rectification orthographique de la commission avec un avis favorable du Gouvernement.

3. La position de la commission

La commission a maintenu la rédaction du Sénat, dont elle salue la vigilance et la rigueur rédactionnelle.

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Article 40 quater

Cumul emploi-retraite des membres élus des organismes de mutualité sociale agricole et des chambres d’agriculture

1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture

● L’article 40 quater est issu d’un amendement de M. André Chassaigne et ses collègues du groupe de la Gauche démocrate et républicaine - NUPES, identique à un amendement du Gouvernement, que celui-ci a retenu dans le texte sur lequel il a engagé sa responsabilité en vertu de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution.

Le présent article s’inscrit dans la lignée des dispositions adoptées dans le cadre de la loi « pouvoir d’achat » ([90]) adoptée à l’été 2022 en faveur de la reconnaissance des droits à la retraite issus d’activités exercées notamment dans les espaces ruraux.

L’Assemblée nationale avait en effet engagé un accès des élus locaux aux minima de pensions, dans ce cadre, en prévoyant que les droits en cours de constitution auprès de l’Institution de retraite complémentaire des agents non titulaires de l’État et des collectivités publiques (Ircantec) au titre des indemnités d’élus locaux n’étaient pas pris en compte pour le bénéfice des minima contributifs du régime général ainsi que du régime agricole.

La même loi avait permis une reconnaissance des droits à l’Ircantec pour les élus locaux qui perçoivent déjà une pension, par dérogation à l’absence d’ouverture de droits en cas de cumul emploi-retraite qui constitue la règle générale ([91]). Ce faisant, la loi précitée a donné une base légale à une pratique qui s’appuyait jusqu’alors sur une lettre interministérielle du 8 juillet 1996.

Le présent article étend la première disposition, relative au bénéfice des minima contributifs, aux membres élus des organismes de mutualité sociale agricole et des chambres d’agriculture. Ceux-ci bénéficieront ainsi d’un accès facilité, en fonction des régimes dans lesquels ils ont cotisé, au minimum contributif du régime général, à la majoration de réversion des régimes alignés, de la pension majorée de référence (PMR) ou au complément différentiel du régime complémentaire obligatoire (CD de RCO) du régime des non-salariés agricoles.

2. Les modifications adoptées au Sénat

Le Sénat a adopté, à l’initiative de son rapporteur, un amendement rédactionnel, auquel le Gouvernement était favorable.

3. La position de la commission

Le rapporteur est naturellement favorable à l’exercice, par les membres de la profession, de missions de représentation et d’accompagnement qu’incarnent la mutualité sociale agricole et les chambres d’agriculture.

La commission a maintenu la rédaction adoptée au Sénat.

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Chapitre VIII Poursuivre les actions de lutte contre les abus et les fraudes

Article 41 Renforcement de la lutte contre la fraude sociale
1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale

● Le présent article vise à renforcer les outils de lutte contre la fraude sociale sous toutes ses formes. En ce sens, il s’agit d’autoriser les greffiers des tribunaux de commerce à transmettre aux organismes de protection sociale et à l’État des renseignements recueillis dans l’exercice de leurs missions et faisant présumer des fraudes ; de simplifier la procédure de sanction administrative prononcée par les directeurs des caisses pour les branches famille et vieillesse en cas de fraude ; d’ouvrir le droit de communication de renseignements détenus par des tiers aux agents chargés, au sein des organismes sociaux, du recouvrement des créances nées après le constat d’un travail dissimulé ; d’autoriser les caisses de la Mutualité sociale agricole (MSA) à procéder à l’interconnexion des données obtenues par le droit de communication non nominatif avec les données de son système d’information et, enfin, de doter les agents de contrôle des organismes sociaux de moyens d’investigation adaptés à l’économie numérique et notamment de pouvoirs de « cyberenquête ».

● Dans le texte sur lequel il a engagé sa responsabilité en vertu de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution, le Gouvernement a retenu un amendement de M. Thomas Mesnier et ses collègues du groupe Horizons et apparentés permettant notamment d’autoriser la direction générale des finances publiques à transmettre les données annuelles des opérateurs de plateformes sur les transactions réalisées par leurs utilisateurs à la Caisse nationale des allocations familiales (CNAF). Le Gouvernement a également retenu douze amendements rédactionnels et de coordination de la rapporteure générale.

2. Les modifications apportées par le Sénat

Le Sénat a adopté deux amendements rédactionnels du rapporteur. L’un de ces amendements a été sous-amendé par le Gouvernement, dans l’objectif de permettre le prononcé d’un avertissement par les caisses primaires d’assurance maladie en cas d’inobservation des règles du code de la sécurité sociale. Le Sénat a également adopté un amendement du Gouvernement permettant la limitation de la saisine de la commission des pénalités aux cas d’indus supérieurs à quatre fois le montant du plafond mensuel de la sécurité sociale dans les branches famille et vieillesse. Enfin, le Sénat a également adopté un amendement de Mme Pascale Gruny et plusieurs de ses collègues du groupe Les Républicains, permettant la transmission à l’auteur de l’infraction les procès-verbaux établis pour les faits de nature à porter préjudice aux organismes de protection sociale.

3. La position de la commission

La commission, à l’initiative de la rapporteure générale, a adopté la rédaction issue des travaux en première lecture au Sénat, moyennant la suppression de l’ajout permis par l’amendement de Mme Pascale Gruny. En effet, les conditions du respect du contradictoire sont d’ores et déjà assurées dans le cadre de la procédure de sanction visée par le présent article. Il ne paraît donc pas optimal d’y ajouter la mention d’une telle transmission du procès-verbal.

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Article 41 bis Interdiction du versement d’allocations et prestations soumises à condition de résidence en France sur des comptes bancaires non domiciliés en France

Origine de l’article : amendement adopté en première lecture à l’Assemblée nationale.

Sort au Sénat : modifié.

Position de la commission : maintien de la rédaction du Sénat.

1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale

● Le présent article, introduit par un amendement du Gouvernement lors de l’examen en première lecture à l’Assemblée nationale, vise à lutter contre les situations d’usurpation d’identité et de détournement des versements à destination des assurés et allocataires. L’objet de l’article est donc de faire en sorte qu’à partir du 1er janvier 2024, seuls les comptes bancaires ou financiers situés en France ou dans l’espace unique de paiement en euros (ou Sepa, « Single Euro Payments Area »), dès lors que ceux-ci satisfont aux conditions d’identification de l’IBAN (« International Bank Account Number ») européen, puissent recevoir les allocations ou prestations soumises à une condition de domicile en France.

● Pour rappel, la loi prévoit, depuis 2020, que les organismes chargés de la gestion d’un régime obligatoire de sécurité sociale, du recouvrement des cotisations de sécurité sociale ou du service des allocations et prestations sociales contrôlent le respect des conditions de résidence en France des assurés (article L. 114-10-1-1 du code de la sécurité sociale) ainsi que la régularité de la situation en France des assurés étrangers. Toutefois, d’après l’exposé sommaire de l’amendement introduisant le présent article, « les situations d’usurpation d’identité et de détournement des versements destinés aux assurés ou aux allocataires ne cessent de progresser ». À titre d’exemple, il existe en effet aujourd’hui une fraude organisée aux prestations familiales, qui peuvent être versées sur les comptes bancaires de tierces personnes. Cet article met en application une recommandation de la commission d’enquête de l’Assemblée nationale relative à la lutte contre les fraudes aux prestations sociales, dont le rapport a été présenté en septembre 2020.

2. Les modifications apportées par le Sénat

Le Sénat a adopté un amendement de Mme Nathalie Goulet et plusieurs de ses collègues du groupe Union Centriste, visant à anticiper l’application du présent article au 1er juillet 2023.

3. La position de la commission

La commission a maintenu la version issue des travaux au Sénat. En effet, compte tenu des explications données par le ministre délégué chargé des comptes publics en séance au Sénat, il apparaît que les caisses d’allocations familiales pourront être en capacité d’appliquer le présent article dans un calendrier plus resserré que celui qui avait été initialement envisagé. Sous réserve d’une bonne information des personnes concernées jusqu’à la date d’entrée en application, le présent article gagnerait donc, dans un objectif de lutte contre la fraude aux prestations sociales, à entrer en vigueur au plus tôt.

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Article 43 Encadrement de l’indemnisation des arrêts de travail prescrits dans le cadre d’une téléconsultation
1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale

● Afin de réduire les risques d’abus, le présent article limite l’indemnisation des arrêts de travail prescrits au cours d’une téléconsultation aux seuls arrêts délivrés par le médecin traitant du patient ou par un médecin consulté par le patient en cabinet ou à domicile dans l’année qui précède la prescription de l’arrêt de travail.

En dehors de ces cas, les patients pourront obtenir par téléconsultation un arrêt de travail mais celui-ci n’ouvrira pas droit à des indemnités journalières. Par ailleurs, les patients pourront toujours prétendre à une indemnisation d’un arrêt de travail dès lors que celui-ci aura été prescrit lors d’une consultation physique.

Selon le Gouvernement, cette mesure devrait permettre à l’assurance maladie d’économiser 47,5 millions d’euros par an.

● Cet article a été modifié par un amendement rédactionnel et un amendement de la commission des affaires sociales, adopté à l’initiative de la rapporteure générale, prévoyant pour les plateformes de téléconsultation un devoir d’information des professionnels de santé et des assurés sur les nouvelles règles d’indemnisation des arrêts de travail prescrits lors de téléconsultations.

2. Les modifications apportées par le Sénat

En séance, le Sénat a adopté deux amendements de la commission avec des avis défavorables du Gouvernement.

Le premier amendement durcit le régime d’indemnisation des arrêts de travail prescrits en téléconsultation. Il instaure le principe d’une durée maximale, devant être définie par décret, pour le versement d’indemnités journalières dans le cadre d’un arrêt de travail prescrit à l’occasion d’une téléconsultation. Il conditionne en outre le versement d’indemnités journalières dans le cadre du renouvellement d’un arrêt de travail prescrit initialement en téléconsultation à l’existence d’une prescription délivrée lors d’une consultation physique. Le second amendement avance du 1er juin au 1er mars 2023 l’entrée en vigueur de l’article 43.

3. La position de la commission

Par un amendement de la rapporteure générale et par un second amendement de la rapporteure générale ainsi que de M. Jérôme Guedj et plusieurs de ses collègues du groupe Socialistes et apparentés, la commission a rétabli la rédaction retenue à l’Assemblée nationale en première lecture, qui paraît plus équilibrée.

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Article 44 Permettre aux caisses d’assurance maladie d’évaluer des indus par extrapolation des résultats de contrôles sur des échantillons de factures
1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture

● L’article 44 vise à renforcer les outils à la disposition des caisses locales d’assurance maladie lorsqu’elles constatent des irrégularités lors des contrôles effectués sur l’activité des professionnels de santé et structures bénéficiant des remboursements de l’assurance maladie.

Le volume des actes, biens et prestations remboursés est tel que les caisses n’ont matériellement pas la possibilité de tout contrôler. Cependant, les contrôles effectués leur permettent parfois de détecter des irrégularités qui relèvent d’un comportement systématique de la part du professionnel ou de la structure contrôlée. Dans cette situation, la caisse peut parfois estimer la valeur totale de l’indu en procédant par échantillonnage et extrapolation, mais elle ne peut en aucun cas le récupérer.

L’article 44 vise à remédier à cette difficulté en prévoyant que les caisses peuvent, lorsqu’elles détectent des irrégularités, fixer forfaitairement l’indu en procédant par extrapolation, au terme d’une procédure contradictoire au cours de laquelle les parties pourront transiger sur un montant à reverser.

Il s’agit ainsi d’accroître les sommes récupérées par l’assurance maladie face à des fraudes, mais aussi d’optimiser les moyens humains des caisses en leur donnant des outils qui leur permettront de récupérer rapidement ces sommes, sans entrer dans de longues procédures contentieuses.

● Dans le texte sur lequel le Gouvernement a engagé sa responsabilité en vertu de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution, deux amendements ont été retenus :

– un amendement rédactionnel de la rapporteure générale ;

– un amendement du Gouvernement visant à préciser le champ des irrégularités sur lequel a vocation à porter la procédure d’extrapolation – qui ne se limite pas aux irrégularités de facturation – et à supprimer, par cohérence, une autre procédure d’estimation des indus par extrapolation qui était prévue, sur un périmètre plus limité, à l’article L. 162-1-14-2 du code de la sécurité sociale.

2. Les dispositions adoptées par le Sénat en première lecture

Le Sénat a adopté huit amendements identiques de suppression de l’article 44, provenant de sénateurs appartenant à plusieurs groupes politiques (Les Républicains, Socialiste, Écologiste et Républicain, Union Centriste, Rassemblement Démocratique et Social Européen, Les Indépendants - République et Territoires), malgré l’avis défavorable du Gouvernement et du rapporteur René-Paul Savary.

Comme cela avait été le cas lors des débats en commission des affaires sociales à l’Assemblée nationale, cet article a suscité des controverses importantes, les sénateurs estimant que le recours à la récupération d’indus estimés par extrapolation était insuffisamment cadré et de nature à inverser la charge de la preuve, en faisant peser une exigence disproportionnée sur les établissements de santé, qui se verraient sanctionnés lourdement pour des erreurs de facturation et seraient en difficulté pour prouver leur bonne foi.

3. La position de la commission

● La commission a regretté que le Gouvernement n’ait pas eu à cœur de mieux défendre l’objectif visé par l’article 44, qui est intrinsèquement vertueux, et vise exclusivement à frapper les fraudeurs. Le Gouvernement a d’ailleurs affirmé que les établissements de santé n’étaient nullement le cœur de cible de ce dispositif, même si l’on ne pouvait pas exclure a priori que certains se livrent à des fraudes. Elle a estimé qu’il aurait été possible d’apporter des précisions au dispositif de façon à apaiser les craintes exprimées.

La commission s’est cependant montrée défavorable à la suppression de l’article 44, jugeant que l’Assurance maladie devait être davantage outillée pour lutter contre les fraudes perpétrées par les établissements, professionnels et structures qui bénéficient de ses financements.

● À l’initiative de la rapporteure générale, la commission a ainsi rétabli l’article 44 dans sa rédaction issue de l’Assemblée nationale.

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TITRE II DOTATIONS ET OBJECTIFS DE DÉPENSES DES BRANCHES ET DES ORGANISMES CONCOURANT AU FINANCEMENT DES RÉGIMES OBLIGATOIRES

Article 45 Dotations au fonds pour la modernisation et l’investissement en santé, aux agences régionales de santé et à l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales
1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture

● L’article 45 fixe, pour 2023, la dotation des branches maladie et autonomie au fonds pour la modernisation de l’investissement en santé (FMIS) respectivement à 1,163 milliard d’euros et 88 millions d’euros, la contribution de la branche autonomie aux agences régionales de santé à 178,4 millions d’euros et la dotation de l’assurance maladie à l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) à 135 millions d’euros.

● Cet article a été adopté sans modification dans le cadre du texte sur lequel le Gouvernement a engagé sa responsabilité en vertu de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution.

2. Les dispositions adoptées par le Sénat en première lecture

● Le Sénat a adopté un amendement de la rapporteure Corinne Imbert qui a pour objet de poser le principe de la fixation par la loi du montant des dotations de la sécurité sociale à l’ensemble des fonds et organismes qu’elle subventionne, au-delà des subventions du FMIS et de l’ONIAM prévues par l’article 45 dans sa rédaction initiale.

Par ailleurs, cet amendement alloue explicitement la dotation de Santé publique France, à hauteur de 211,96 millions d’euros pour 2023, en ménageant la possibilité d’une dotation exceptionnelle correspondant à la provision inscrite dans l’Ondam 2023.

● Cet amendement correspond à une demande récurrente du Sénat d’obtenir que les dotations de l’assurance maladie aux différents et organismes fassent l’objet d’un vote explicite dans le cadre du projet de loi de financement de la sécurité sociale.

3. La position de la commission

● La commission a été sensible à l’argumentation sous-tendant l’amendement adopté par le Sénat. Elle a en effet estimé que le transfert des agences sanitaires, à commencer par Santé publique France, du budget de l’État au budget de la sécurité sociale, a entraîné une réelle perte de substance dans l’information du Parlement, et une capacité amoindrie de pilotage des dépenses de santé publique. Cette évolution est d’autant plus problématique que le financement de ces fonds et agences ne relève souvent pas de la logique de prestation qui gouverne le financement de la sécurité sociale – logique qui justifie l’établissement d’objectifs de dépenses, et non de budgets au sens propre.

La commission a par ailleurs reconnu que l’information du Parlement a été substantiellement améliorée grâce au vote de la loi organique du 14 mars 2022, qui a permis d’enrichir l’annexe 2 du projet de loi de financement de la sécurité sociale. Désormais, celle-ci retrace le détail des subventions de l’ensemble des opérateurs dans le champ de la sécurité sociale. Cette évolution améliore d’ores et déjà grandement la qualité de l’information parlementaire.

Cependant, on ne saurait se satisfaire entièrement de cette évolution, dans la mesure où elle ne permet pas au Parlement de véritablement débattre des moyens des différents agences et organismes qui gravitent dans le champ sanitaire, et ont parfois en responsabilité, à l’image de Santé Publique France, des pans importants de notre politique de santé publique.

● Pour cette raison, la commission a adopté l’article 45 dans sa rédaction issue du Sénat.

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Article 46 bis

Accès à la complémentaire santé des jeunes et des personnes âgées

1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture

● L’article 46 bis résulte d’un amendement du Gouvernement qu’il a intégré dans le texte sur lequel il a engagé sa responsabilité en vertu de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution.

Il vise à parfaire les dispositions relatives aux bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (C2S) afin de prendre en compte certains publics aujourd’hui involontairement exclus de la législation. Il s’agit en particulier des enfants de bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA), majeurs de moins de 25 ans, vivant sous le même toit que leurs parents mais pas considérés à leur charge pour le bénéfice du RSA.

En l’état actuel, les allocataires du RSA bénéficient automatiquement de la C2S ainsi que d’un renouvellement automatique de leurs droits au bout d’un an. Cependant, ce bénéfice est étendu à leurs enfants majeurs de moins de 25 ans dans la seule mesure où ces derniers sont reconnus à leur charge pour le bénéfice du RSA. Or, il peut arriver que ces enfants, sans correspondre à cette situation, ne soient pas pour autant financièrement autonomes, ce qui leur interdit de revendiquer un droit personnel à la C2S.

● L’article 46 bis permet ainsi aux enfants majeurs de moins de 25 ans de bénéficiaires du RSA de se voir reconnaître un droit automatique à la C2S, dès lors qu’ils sont à la charge du foyer au sens de l’article R. 861-1 du code de la sécurité sociale. La notion de rattachement au foyer pour le bénéfice de la C2S s’y trouve définie de façon beaucoup plus large que pour le RSA.

● L’article 46 bis vise également la situation des conjoints, concubins et partenaires des bénéficiaires de l’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA). Les bénéficiaires de l’ASPA se sont vu reconnaître un droit automatique à la C2S avec participation, ainsi qu’un renouvellement automatique de leurs droits après un an. Cependant, ce n’est pas le cas de leurs conjoints, concubins ou partenaires alors même que les ressources de ces derniers sont prises en compte pour le bénéfice de l’ASPA.

La rédaction issue de l’Assemblée nationale prévoit ainsi que les conjoints, concubins et partenaires des bénéficiaires de l’ASPA sont réputés remplir les conditions d’ouverture du droit à la C2S avec participation dès lors qu’ils n’exercent pas d’activité professionnelle.

2. Les dispositions adoptées par le Sénat en première lecture

Le Sénat a adopté, avec l’avis favorable du Gouvernement, un amendement de la rapporteure Corinne Imbert clarifiant la rédaction de l’article 46 bis.

3. La position de la commission

La commission ne pouvait qu’être favorable à l’article 46 bis tel que modifié par le Sénat, lequel consolide l’avancée constituée par la mise en œuvre de la complémentaire santé solidaire pour les publics les plus fragiles.

Elle a donc adopté l’article 46 bis dans sa rédaction issue du Sénat.

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Article 47

Fixation de l’objectif national de dépenses d’assurance maladie de l’ensemble des régimes obligatoires de base ainsi que ses sous-objectifs pour 2023

1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture

● L’article 47 vise à fixer l’objectif national de dépenses d’assurance maladie (Ondam) pour l’année 2023, ainsi que les six sous-objectifs qui le composent.

Cet article fait partie des dispositions devant obligatoirement figurer en loi de financement de la sécurité sociale (LFSS), en application des dispositions organiques définissant son contenu, y compris dans leur rédaction issue de la loi organique du 14 mars 2022 ([92]).

De l’ensemble des objectifs de dépense que la loi de financement doit obligatoirement fixer, l’Ondam est le seul objectif ad hoc, qui ne corresponde pas à une branche précise, mais couvre des dépenses réparties dans plusieurs branches. Il tient une place particulière depuis la création des lois de financement en 1996, en ceci qu’il témoigne de l’effort de la nation en faveur des dépenses de santé ([93]).

Sa répartition en fonction de plusieurs sous-objectifs ([94]) permet d’affiner la répartition de cet effort tout en contribuant à une information plus lisible du législateur social financier, à qui il revient d’approuver l’objectif global et l’ensemble des sous-objectifs.

Cet article n’a pas été modifié dans le texte sur lequel le Gouvernement a engagé sa responsabilité en vertu de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution.

2. Les modifications apportées par le Sénat en première lecture

Le Sénat a rejeté le présent article.

3. La position de la commission

La rapporteure générale propose naturellement de rétablir cet article, pour plusieurs motifs :

– s’agissant du respect de la loi organique par le législateur financier social, la rapporteure générale rappelle que cet article constitue une obligation inscrite à l’article L.O. 111-3-5 du code de la sécurité sociale. Sa suppression pose donc des risques de constitutionnalité pour l’ensemble du texte ;

– s’agissant de l’Ondam lui-même, la rapporteure générale rappelle, ainsi qu’elle a pu le faire en première lecture, qu’il témoigne de l’engagement de nos finances publiques en faveur des établissements publics de santé et des établissements sociaux et médico-sociaux.

Ainsi, le sous-objectif « Établissements de santé » progresse de 3,7 %, et même de 4,1 % dans le périmètre de l’Ondam « hors crise », soit une augmentation de 4 milliards d’euros en 2023.

L’objectif global de dépenses (OGD), également connu sous le terme d’« Ondam » médico-social, regroupe les sous-objectifs relatifs aux « établissements et services pour les personnes âgées » et aux « établissements et services pour les personnes handicapées ». Ce sous-objectif est fixé à hauteur de 30 milliards d’euros en 2023, dans le cadre du périmètre « hors crise ». Cette augmentation se répartit entre une augmentation de 5,1 % du sous-objectif relatif aux personnes âgées et de 5,2 % du sous-objectif relatif aux personnes en situation de handicap.

C’est pourquoi la commission a rétabli, à l’initiative de la rapporteure générale, cet article, dans sa rédaction adoptée par l’Assemblée nationale en première lecture.

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Article 47 bis A (nouveau) Définition d’une remise en cause des conditions générales de l’équilibre financier
1. Les dispositions adoptées par le Sénat en première lecture

● Le présent article est issu d’un amendement de la commission des affaires sociales adopté à l’initiative de la rapporteure générale et de la rapporteure Corinne Imbert. Il a recueilli un avis défavorable du Gouvernement.

● Appuyé sur le nouveau cadre organique, l’article 47 bis A propose de qualifier le dépassement de l’Ondam inscrit à l’article 47 du présent projet de loi « de l’ordre de plus d’1 % » de remise en cause des conditions générales de l’équilibre financier de la sécurité sociale au sens de l’article L.O. 111-9-2-1 du code de la sécurité sociale. Le constat d’une telle remise en cause, dans les conditions inscrites dans la loi organique du 14 mars 2022 ([95]), suppose que le Gouvernement « adresse sans délai aux commissions de l’Assemblée nationale et du Sénat saisies au fond des projets de loi de financement de la sécurité sociale un rapport ».

Ce rapport doit notamment présenter :

– les raisons de la dégradation de la situation financière de la sécurité sociale ;

– les modifications projetées des tableaux d’équilibre établis dans la précédente loi de financement ainsi que la révision projetée, le cas échéant, des objectifs de dépenses par branche et de l’objectif national de dépenses d’assurance maladie ;

– les mesures envisagées de redressement des comptes de la sécurité sociale pour l’année en cours.

En outre, le Gouvernement est fortement encouragé à déposer un projet de loi de financement rectificatif, en l’absence duquel un rapport actualisé est transmis chaque trimestre aux mêmes commissions.

2. La position de la commission

● L’outil adopté par le législateur organique concerne « les conditions générales de l’équilibre financier de la sécurité sociale », et à ce titre, le rapport doit notamment présenter les raisons de la « dégradation de la situation financière de la sécurité sociale ».

La rapporteure générale du Sénat, à l’origine du présent article, a pris exemple sur l’exercice 2020, qui avait représenté une remise en cause réelle des conditions générales de l’équilibre financier de la sécurité sociale, et qui aurait pu justifier du dépôt d’un projet de loi de financement rectificatif de la sécurité sociale au regard des efforts massifs consentis par cette dernière, tant en recettes qu’en dépenses.

Néanmoins, considérer qu’un dépassement anticipé de l’ordre de plus de 1 % constitue un bouleversement comparable semble excessif.

Par ailleurs, le présent article ne prévoit pas le cas où un « collectif social », soit un projet de loi de financement rectificative de la sécurité sociale, serait déposé et mettrait à jour la trajectoire de l’Ondam pour 2023. Une telle éventualité rendrait caduque le dispositif proposé.

Tout en partageant l’objectif général du Sénat, qui vise à garantir l’information du Parlement, la commission, à l’initiative de la rapporteure générale, a supprimé le présent article.

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Article 47 bis B (nouveau)

Report de la réforme du financement des soins médicaux et de réadaptation

1. Les dispositions adoptées par le Sénat en première lecture

● L’article 47 bis B est issu de l’adoption d’un amendement du Gouvernement visant à reporter l’entrée en vigueur de la réforme du financement des soins médicaux et de réadaptation (SMR) – anciennement soins de suite et de réadaptation (SSR).

● Prévue dès 2016, la réforme du financement des SSR a vu ses contours redéfinis par l’article 34 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2020. Cet article prévoit que les activités de SSR exercées par les établissements de santé, tous statuts juridiques confondus, bénéficient d’un financement mixte composé :

– de recettes issues directement de l’activité, déterminées sur la base de tarifs nationaux de prestations, des coefficients géographiques, et d’un coefficient de minoration si nécessaire pour concourir au respect de l’objectif de dépenses de SSR ;

– d’une dotation forfaitaire permettant d’en sécuriser le montant dans une approche pluriannuelle.

Cette réforme prévoit par ailleurs un coefficient de transition qui doit permettre d’en amortir les effets pour les établissements à partir du 1er janvier 2021, date d’entrée en vigueur initialement prévue, jusqu’en 2026. Le modèle cible doit conduire à un rééquilibrage des dotations entre établissements, avec un effet attendu de revalorisation des activités SMR (SSR) des établissements publics au détriment des établissements privés à but lucratif.

● Dans le cadre de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2022, le calendrier de la réforme et les modalités de la période transitoire ont connu de nouveaux aménagements. Il a notamment été prévu qu’en 2022, les établissements recevraient exceptionnellement une dotation unique calculée sur la base de leurs ressources pour 2021. La montée en régime du nouveau modèle de financement a ainsi été reportée à 2023.

● Au cours de l’examen du présent projet de loi en première lecture à l’Assemblée nationale, plusieurs acteurs avaient alerté les députés sur la nécessité de reporter encore la réforme du financement du SMR, en raison de l’impréparation des établissements. Ces demandes émanaient notamment de la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP), dont les établissements seront présumément désavantagés par les nouvelles modalités. Le Gouvernement avait exprimé sa volonté de s’en tenir au calendrier arrêté en loi de financement de la sécurité sociale pour 2022, invoquant une réforme attendue, trop longtemps reportée et permettant de développer la logique populationnelle dans le financement des établissements.

● Cependant, lors de l’examen en séance publique au Sénat, le Gouvernement a déposé un premier amendement, après l’article 25, visant à reporter la réforme du financement du SMR au 1er janvier 2024. Cet amendement a été rejeté par le Sénat.

Au terme de négociations conduites avec la rapporteure du Sénat Corinne Imbert, le Gouvernement a déposé un nouvel amendement, cette fois après l’article 46, visant toujours à reporter l’entrée en vigueur de la réforme du SMR au 1er janvier 2024. Un sous-amendement de la rapporteure, ramenant ce report au 1er juillet 2023, a permis son adoption par le Sénat. La rapporteure a invoqué « l’esprit de responsabilité » de la commission des affaires sociales devant les difficultés techniques rencontrées par les agences régionales de santé et les établissements.

2. La position de la commission

Comme le Sénat, la commission a déploré qu’il faille encore repousser la réforme du financement du SMR, laquelle doit permettre une allocation plus efficiente des moyens entre établissements en tenant compte des besoins particuliers des populations, via les dotations populationnelles.

Constatant néanmoins que ce report semble inévitable en dépit du volontarisme du Gouvernement pour maintenir sa mise en œuvre au 1er janvier 2023, et considérant par ailleurs qu’il n’était pas pertinent de limiter ce report à six mois – les dotations des établissements étant établies pour une année – la commission a, à l’initiative de la rapporteure générale, modifié l’article 47 bis B pour repousser l’entrée en vigueur de la réforme du financement du SMR au 1er janvier 2024.

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Article 47 bis

Fixation de l’objectif national de dépenses d’assurance maladie de l’ensemble des régimes obligatoires de base ainsi que ses sous-objectifs pour 2023

1. Les dispositions issues de l’Assemblée nationale en première lecture

L’article 47 bis est issu d’un amendement du Gouvernement retenu dans le texte sur lequel il a engagé sa responsabilité en vertu de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution. Il reprend les dispositions, déjà adoptées dans la loi de financement de la sécurité sociale pour 2022 ([96]), visant à adapter les missions du comité d’alerte de l’Ondam en période de crise sanitaire.

Compte tenu des spécificités de la situation sanitaire, qui président également à l’analyse de l’Ondam pour l’année en cours et pour l’année à venir ([100]), le présent article a pour objet de prévenir l’émission d’un avis de dépassement quand celui-ci est imputable au rythme d’évolution des dépenses d’assurance maladie liées à la crise sanitaire, pour 2023.

2. Les modifications apportées par le Sénat en première lecture

Le Sénat a adopté un amendement de sa rapporteure Corinne Imbert, ayant recueilli un avis défavorable du Gouvernement, renommant le comité d’alerte en « comité de suivi ».

3. La position de la commission

La commission a rétabli cet article dans sa rédaction issue de l’Assemblée nationale en première lecture, à l’initiative de la rapporteure générale ainsi que de M. Sébastien Peytavie et ses collègues du groupe Écologiste - NUPES.

La rapporteure générale déplore que les dépenses liées à la crise sanitaire perturbent la bonne exécution des dépenses de santé dans le champ de l’Ondam. Mais force est de constater qu’il n’y aurait pas grand sens pour le comité d’alerte à demander des mesures de maîtrise des dépenses d’assurance maladie, alors même que l’évolution de celles-ci est due à un événement conjoncturel qui n’a aucun lien avec la trajectoire engagée par le Gouvernement et le Parlement dans la loi de financement.

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Article 48 Dotation de la branche accidents du travail et maladies professionnelles au Fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante et au Fonds de cessation anticipée d’activité des travailleurs de l’amiante, transfert au titre de la sous-déclaration des accidents du travail et maladies professionnelles et dépenses engendrées par les dispositifs de prise en compte de la pénibilité
1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale

● L’article 48 fixe les montants, pour l’année 2023, des dotations de la branche accidents du travail et maladies professionnelles (AT-MP) du régime général au Fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante (FIVA), au Fonds de cessation anticipée d’activité des travailleurs de l’amiante (FCAATA) et à la branche maladie du régime général au titre de la sous-déclaration des AT-MP ainsi que le montant des dépenses engendrées par les dispositifs de retraite anticipée pour incapacité permanente et par le compte professionnel de prévention.

La dotation de la branche AT-MP du régime général au FIVA est fixée à 220 millions d’euros, soit un montant identique à celui consenti en LFSS 2021 et en LFSS 2022. La dotation de la banche AT-MP du régime général au FCAATA s’élève quant à elle à 337 millions d’euros, en augmentation par rapport à 2022 (327 millions d’euros). Enfin, le montant de la contribution de la branche AT-MP à la branche maladie du régime général est fixé à 1,2 milliard d’euros, en hausse de 100 millions d’euros par rapport au montant prévu par les dernières LFSS.

● Cet article n’a pas fait l’objet de modification en première lecture à l’Assemblée nationale.

2. Les modifications apportées par le Sénat

En séance, le Sénat a adopté un amendement de la commission, avec un avis défavorable du Gouvernement, réduisant de 1,2 à 1 milliard d’euros le transfert à la branche maladie au titre de la sous-déclaration des AT-MP.

3. La position de la commission

Bien que sensible aux arguments du Sénat, la commission a toutefois, à l’initiative du rapporteur, rétabli la rédaction retenue par le Gouvernement à l’Assemblée nationale dans le texte sur lequel il a engagé sa responsabilité en vertu de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution. Elle estime que le montant du transfert proposé par le Gouvernement au titre de la sous-déclaration des AT-MP est raisonnable puisqu’il correspond à la fourchette basse estimée par la dernière commission d’évaluation de la sous-déclaration qui s’est réunie en 2021.

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Article 49 bis

Cumul emploi-retraite des professionnels de santé en zone sous-dotée

1. Les dispositions adoptées par l’Assemblée nationale en première lecture

● L’article 49 bis est issu d’un amendement de M. Philippe Vigier et ses collègues du groupe du Démocrate (MoDem et Indépendants), identique à un amendement du Gouvernement. Il a été retenu par le Gouvernement dans le texte sur lequel il a engagé sa responsabilité en vertu de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution.

Le présent article vise à encourager l’activité des professionnels de santé retraités. Il modifie pour ce faire les articles L. 86 du code des pensions civiles et militaires ainsi que L. 161-22 du code de la sécurité sociale.

En matière de cumul emploi-retraite, le principe retenu est le suivant ([101]) : le service d’une pension est subordonné à la rupture de tout lien professionnel avec l’employeur ou, pour les assurés exerçant une activité non salariée, à la cessation de cette activité. La poursuite d’une activité n’empêche toutefois pas le service d’une pension liquidée dans un certain nombre de cas. Il s’agit notamment :

– des mannequins et artistes du spectacle ;

– des auteurs d’œuvres de l’esprit au sens des articles L. 112-2 et L. 112-3 du code de la propriété intellectuelle ;

– de la participation aux activités juridictionnelles ou assimilées, ou à des instances consultatives ou délibératives réunies en vertu d’un texte législatif ou réglementaire ;

– des personnels des services actifs de police admis à la retraite.

S’ajoutent à ces exceptions, pour le régime général :

– les personnes qui continuent de travailler dans les entreprises qu’ils ont transmises ;

– les activités d’hébergement en milieu rural réalisées avec des biens patrimoniaux ;

– les vacations accomplies dans des établissements de santé ou dans des établissements ou services sociaux et médico-sociaux et à leur demande par des médecins ou infirmiers en retraite.

L’article 49 bis ajoute à ces exceptions les professionnels de santé, au sens de la quatrième partie du code de la santé publique ([102]), qui exercent dans des zones sous-dotées. Cet article permet ainsi aux professionnels de santé concernés de cumuler entièrement une pension de retraite liquidée au titre d’un régime de base légalement obligatoire avec les revenus tirés d’une activité reprise ou poursuivie en qualité de professionnel de santé, sous réserve que cet exercice puisse contribuer à lutter contre la désertification sanitaire.

2. Les modifications apportées par le Sénat en première lecture

● Le Sénat a adopté, contre l’avis du Gouvernement, un amendement de son rapporteur René-Paul Savary. D’ordre rédactionnel, il emporte toutefois des conséquences sur l’application réglementaire du présent article et supposerait de prendre un décret en Conseil d’État là où cela n’apparaît pas nécessaire.

3. La position de la commission

La commission a maintenu cette rédaction dans la version adoptée par le Sénat, à l’exception de la difficulté relative à son application réglementaire, qui a fait l’objet d’un amendement du rapporteur.

Par ailleurs, elle se réjouit de cette disposition permettant d’agir concrètement et immédiatement en faveur de la poursuite de l’activité des professionnels de santé qui le souhaitent dans des zones où leur présence est particulièrement nécessaire.

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Comptes rendus des travaux de la commission

1. Réunion du jeudi 17 novembre 2022 à 9 heures 30

Lors de sa première réunion du jeudi 17 novembre, la commission des affaires sociales examine, en nouvelle lecture, le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2023 (n° 480) (Mme Stéphanie Rist, rapporteure générale, Mme Caroline Janvier et MM. Cyrille Isaac-Sibille, Paul Christophe et Thibault Bazin, rapporteurs) ([103]).

Mme la présidente Fadila Khattabi. À la suite de l’échec de la commission mixte paritaire mardi, nous examinons en nouvelle lecture le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2023 ; 107 articles et 364 amendements sont en discussion. Ce texte sera examiné en séance publique à partir de lundi prochain.

M. Pierre Dharréville (GDR - NUPES). Nous avons déposé un certain nombre d’amendements pour reprendre le fil d’un débat qui a été brutalement interrompu. Il n’empêche que je m’interroge sur le sens de nos discussions, car nous savons ce qui nous attend.

Mme Caroline Fiat (LFI - NUPES). Nous avons dû déposer nos amendements pour l’examen en commission hier avant 14 heures et le délai de dépôt des amendements pour la séance publique a été fixé à 17 heures aujourd’hui. Ces conditions de travail ne sont agréables ni pour nous, ni pour nos collaborateurs. Serait-il possible de reporter le délai de dépôt pour la séance publique, ne serait-ce que pour tenir compte des discussions que nous avons au sein de cette commission ?

Mme la présidente Fadila Khattabi. La limite prévue pour le dépôt des amendements en séance publique ne dépend pas de nous et il sera très difficile de faire autrement.

Nous travaillons toujours dans des délais très contraints, en nous adaptant. Il y a malgré tout eu une amélioration à l’occasion de ce PLFSS, car nous l’avons reçu en avance par rapport aux années précédentes – grâce à l’adoption de la proposition de loi organique relative aux lois de financement de la sécurité sociale de M. Thomas Mesnier.

PREMIÈRE PARTIE :

DISPOSITIONS RELATIVES À L’EXERCICE 2021

Article 1er : Approbation des tableaux d’équilibre relatifs à l’exercice 2021

Amendement AS491 de Mme Stéphanie Rist.

Mme Stéphanie Rist, rapporteure générale. Cet amendement rétablit l’article 1er dans la version adoptée par notre commission en première lecture. Cet article établit les comptes de l’année 2021 ainsi que l’objectif national de dépenses d’assurance maladie (Ondam) pour cette même année.

M. Thibault Bazin (LR). Entre-temps, la Cour des comptes a formulé des recommandations dans son rapport sur la sécurité sociale en 2022, en demandant notamment de corriger les inexactitudes figurant dans les tableaux d’équilibre. Nos collègues sénateurs ont fait un gros travail pour en tenir compte et il serait intéressant, pour la sincérité, des comptes de conserver leur version.

Mme la rapporteure générale. Nous disposions déjà du rapport de la Cour des comptes et nous avons déjà eu ce débat. La version proposée par le Sénat présente un risque pour la sincérité des comptes de 2021.

Mme Joëlle Mélin (RN). La Cour des comptes n’a pas seulement fait une observation sur des différences de présentation dans les comptes portant sur 5 milliards d’euros. Elle a aussi formulé cinq autres recommandations extrêmement sévères. La notion d’insincérité prend tout son sens dans ce cas de figure. La version proposée par le Sénat était plus acceptable et aurait permis à notre groupe de voter en faveur de cet article. Ce ne sera pas le cas si votre amendement est adopté.

M. Thibault Bazin (LR). Le rapport du Sénat est très intéressant. Il indique, page 22, que « [les comptes] sont inexacts et donnent au Parlement une image faussée de l’exercice 2021 ». Nous demandons à la rapporteure générale de retirer cet amendement.

Mme la rapporteure générale. Nos interprétations du rapport de la Cour des comptes divergent.

La commission adopte l’amendement.

Puis elle adopte l’article 1er ainsi modifié.

Article 2 : Approbation du rapport annexé sur le tableau patrimonial et la couverture des déficits de l’exercice 2021 (annexe A)

La commission adopte l’article 2 non modifié.

Puis elle adopte la première partie du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2023 modifiée.

DEUXIÈME PARTIE :

DISPOSITIONS RELATIVES À L’EXERCICE 2022

Article 3 : Rectification des prévisions et objectifs relatifs à 2022

Amendements AS564 de Mme Stéphanie Rist et AS4 de M. Pierre Dharréville (discussion commune).

Mme la rapporteure générale. Mon amendement vise à tenir compte des dernières prévisions disponibles en matière de recettes et de dépenses.

M. Pierre Dharréville (GDR - NUPES). Nous proposons de réaffecter à l’assurance maladie les dépenses engagées pendant la pandémie et indûment affectées à la dette sociale par le Gouvernement.

La décision prise en séance publique par l’Assemblée nationale en première lecture était très bonne et mérite d’être confirmée. Pour l’année 2022, ce sont 18,6 milliards d’euros que l’État prévoit de transférer de manière très discutable à la Caisse d’amortissement de la dette sociale (Cades). Il vaudrait mieux utiliser cette somme pour répondre aux besoins identifiés de protection sociale et de santé. La gestion de cette dette par l’État avait davantage de sens et était financièrement plus favorable.

Mme la rapporteure générale. Comme en première lecture, je répète que cet amendement aurait pour conséquence de rendre le texte insincère. Je sais que nous avons un désaccord à ce sujet. Nous tenons, pour notre part, à ce que la Cades tienne ses engagements.

Avis défavorable à l’amendement AS4.

M. Thibault Bazin (LR). Vous modifiez à nouveau ce tableau, madame la rapporteure générale. C’est une différence avec les lois de finances : lorsque des modifications sont nécessaires en cours d’exercice, on y procède par des lois de finances rectificatives, souvent âprement discutées – cette année, elles ont permis à chacun de prendre ses responsabilités face à l’ampleur de la crise. Le nouveau cadre organique des lois de financement de la sécurité sociale permettrait qu’il en soit de même pour celles-ci.

Je regrette profondément, au vu des conséquences de l’inflation et de l’augmentation des salaires, que la capacité d’amendement des parlementaires soit ainsi limitée. Il conviendrait que la rapporteure générale intervienne auprès du Gouvernement pour qu’un projet de loi de financement rectificative de la sécurité sociale (PLFRSS) soit déposé et discuté.

M. Pierre Dharréville (GDR - NUPES). Il est encore temps de prendre la décision nécessaire que nous vous proposons. Les établissements de santé achèvent d’élaborer leur budget pour 2023 et nous devons apporter des réponses à leurs difficultés.

Mme Joëlle Mélin (RN). Il faudra en effet se pencher sur la Cades. Cet organisme a été pérennisé, alors qu’il n’aurait pas dû l’être, et il brasse des sommes très importantes. Il est stupéfiant de voir que 136 milliards d’euros de dette supplémentaire lui ont été transférés au détour d’un décret en 2020. Tout cela doit être regardé de près et il faut revoir les rôles respectifs de la Cades et de l’État. D’autant que, sauf erreur de ma part, les sommes transférées à la Cades ne sont pas prises en compte pour le calcul de la dette selon le pacte de stabilité et de croissance. Des effets imprévus peuvent donc se manifester. Mais en l’état actuel des choses, nous ne soutiendrons pas l’amendement de M. Dharréville.

Mme la rapporteure générale. Madame Mélin, les questions relatives à la Cades sont aussi traitées par l’article liminaire, que vous n’avez pas voté.

Monsieur Bazin, les modifications que nous sommes en train d’examiner constituent l’équivalent d’un PLFRSS. Votre requête a été entendue, puisqu’une augmentation très conséquente de l’Ondam a, en outre, été votée à l’article 4 lors de l’examen du texte au Sénat.

La commission adopte l’amendement AS64.

En conséquence, l’amendement AS4 tombe.

La commission adopte l’article 3 ainsi modifié.

Article 4 : Rectification de l’objectif national de dépenses d’assurance maladie de l’ensemble des régimes obligatoires de base ainsi que de ses sous-objectifs pour 2022

Amendements AS3 de M. Yannick Monnet, AS102 M. Damien Maudet, AS18 et AS20 de M. Jérôme Guedj (discussion commune).

M. Pierre Dharréville (GDR - NUPES). Je suis très déçu par le vote précédent, qui augure mal des discussions à venir. Dans la configuration politique actuelle, il faudrait tenir davantage compte de la diversité des points de vue qui sont exprimés au sein de l’Assemblée.

L’amendement AS3 vise à abonder l’Ondam 2022 des établissements de santé afin de mieux couvrir l’ensemble des dépenses supplémentaires liées à la lutte contre le covid, à l’inflation ainsi qu’au rattrapage de soins mis en suspens durant la pandémie. En raison de l’article 40 de la Constitution, nous avons dû mettre en regard une réduction du sous-Ondam « soins de ville », mais nous ne préconisons en aucune manière une telle réduction.

Le Gouvernement a déjà procédé à une augmentation de l’Ondam des établissements de santé, avec 1,5 milliard d’euros au titre de l’augmentation du point d’indice de la fonction publique et 800 millions au titre de la compensation des effets de l’inflation. Mais les surcoûts liés à la seule inflation sont évalués à 1 milliard d’euros pour les établissements sanitaires, 100 millions pour les Ehpad et 100 millions pour les établissements accueillant des personnes handicapées. On ne peut pas en rester là et il faut prendre des décisions pour ne pas mettre ces établissements en difficulté dès à présent.

Mme la rapporteure générale. Vous avez bien précisé que, pour des raisons de recevabilité financière, vous diminuez le sous-Ondam « soins de ville ». Avis défavorable pour cette raison.

Mais vous avez aussi reconnu que le Gouvernement a fait un geste important lors de l’examen du texte au Sénat, afin notamment de prendre en compte l’effet des mesures décidées cet été en faveur des urgences pédiatriques, ce qui représente plus de 550 millions d’euros supplémentaires. Vous estimez que ce n’est pas suffisant, mais vous pourriez reconnaître que l’augmentation de 10 milliards d’euros de l’Ondam 2022 par rapport à la prévision initiale est sans précédent. C’est un effort massif pour notre système de santé – qui l’avait fait avant ?

M. Thibault Bazin (LR). Le niveau de l’inflation est, lui aussi, inédit et il n’avait pas été estimé à une telle hauteur lors de l’examen du PLFSS 2022.

La plupart des établissements de santé avaient déjà consommé dès le 30 avril dernier leur budget pour le chauffage. Des moyens supplémentaires conséquents ont été dégagés, mais nous avons besoin de savoir rapidement comment ils seront répartis. Les départements vont-ils disposer de dotations supplémentaires, ou bien est-ce l’assurance maladie qui va intervenir directement – comme pendant la crise de la covid-19 ? J’espère que le ministre apportera des réponses précises lors de la séance publique, car il y a une attente forte de la part des établissements concernés, qui sont très inquiets. Leur trésorerie ne leur permet plus d’acquitter les factures dans les délais prescrits et ils sont dépassés par l’inflation.

Mme la rapporteure générale. Nous entendons tous les craintes des établissements de santé. Mais l’objet de cet article est de déterminer de manière globale l’affectation des dotations. Il sera intéressant de débattre de leurs modalités de répartition lors de la discussion en séance publique, afin de rassurer.

M. Yannick Neuder (LR). Nous ne vous faisons pas un procès en insincérité mais, malgré les sommes supplémentaires qui ont été dégagées, le compte n’y est pas. Comme les ménages, les établissements de santé font face à des difficultés pour payer leur chauffage. On ne peut pas envisager que ce paiement se fasse au détriment de la qualité des soins.

Le Sénat a fait des propositions au sujet de cet Ondam que chacun sait insincère. Les annonces faites en faveur de la pédiatrie après le dépôt du PLFSS ne se sont pas traduites par des modifications de l’Ondam et on ne sait toujours pas d’où viendront les sommes promises. Par ailleurs, vous ne pouvez pas afficher en permanence des montants bruts en euros, qui ne tiennent pas compte du niveau d’inflation. Je trouve dommage que l’on n’arrive pas à en discuter.

Mme Joëlle Mélin (RN). Comme pour la Cades, le problème de l’Ondam est qu’il s’agit d’un ensemble qui ne permet pas de percevoir le détail des comptes. La rapporteure générale a indiqué que cet article portait sur cette globalité. Or dans les centres médico-sociaux et les Ehpad la masse salariale est le premier poste de dépense. S’y ajoute désormais une forte augmentation des prix de l’énergie, de l’alimentation et des services annexes rendus aux résidents. Les montants globaux prévus sont sans doute insuffisants et peut-être arriverons-nous à les revoir. Dans l’immédiat, la rédaction adoptée par le Sénat nous semble nettement plus favorable et nous regrettons que vous reveniez sur quelque chose qui a déjà été beaucoup discuté.

Mme Caroline Fiat (LFI - NUPES). La rapporteure générale demande qui a fait mieux auparavant. Comme cela fait vingt ans que l’on détruit nos établissements de santé, vous arrivez heureusement à faire mieux que pire.

On entend toujours le même argument lassant selon lequel nous ne sommes jamais satisfaits lorsque des moyens supplémentaires sont annoncés – voire que nous nous y opposons si nous ne sommes pas d’accord avec ce que vous proposez. Si nous demandons une palette de cacahuètes, nous ne sommes bien entendu pas satisfaits si on nous offre une seule cacahuète.

M. Pierre Dharréville (GDR - NUPES). Les établissements de santé ont-ils un besoin urgent d’argent supplémentaire ? Oui. Y a-t-il de l’argent disponible ? Oui. Il faut donc voter de manière cohérente des mesures en faveur des hôpitaux. Ils sont depuis longtemps en crise et leur situation s’aggrave de jour en jour. Nous avons la possibilité de prendre une décision qui améliore leur situation et leur envoie un signal important.

La commission rejette successivement les amendements.

Puis elle adopte l’article 4 non modifié.

Article additionnel après l’article 4 : Prolongation de la garantie de financement des établissements de santé pour l’année 2022

Amendement AS496 de Mme Stéphanie Rist.

Mme la rapporteure générale. Le dispositif de cet article a été inséré par le Sénat à l’article 25 bis B. Il vise à prévoir la base légale de la prolongation de la garantie de financement accordée aux établissements de santé pour le second semestre 2022. En l’état actuel des choses, cette prolongation repose sur la base fragile d’un arrêté du ministre de la santé. Il était nécessaire d’améliorer la sécurité juridique et la démarche du Sénat est tout à fait sensée.

Par ailleurs, comme cette garantie ne porte que sur l’année 2022, il convenait de la placer au sein de la deuxième partie, et non de la quatrième. C’est ce que propose cet amendement.

La commission adopte l’amendement.

Puis elle adopte la deuxième partie du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2023 modifiée.

TROISIÈME PARTIE :

DISPOSITIONS RELATIVES AUX RECETTES ET À L’ÉQUILIBRE

DE LA SÉCURITÉ SOCIALE POUR L’EXERCICE 2022

TITRE Ier :

DISPOSITIONS RELATIVES AUX RECETTES,

AU RECOUVREMENT ET A LA TRÉSORERIE

Article 5 : Poursuite de la modernisation des offres de services en faveur des particuliers en matière de services à la personne

Amendement AS32 de Mme Caroline Janvier.

Mme Caroline Janvier. Cet amendement propose d’intégrer le chèque emploi service universel (Cesu) préfinancé à l’avance immédiate sur le crédit d’impôt au titre des services à la personne.

Mme la rapporteure générale. Cette mesure est prévue, mais sa mise en œuvre est différée en raison de difficultés techniques qui ont été exposées lors de l’audition des représentants de l’Urssaf Caisse nationale.

Avis défavorable.

L’amendement est retiré.

La commission adopte l’article 5 non modifié.

Article 6 : Modernisation du contrôle, du recouvrement social et du droit des cotisants

Amendements identiques AS21 de M. Jérôme Guedj et AS249 de Mme Sophie Taillé-Polian.

M. Guillaume Garot (SOC). L’amendement AS21 est défendu.

Mme Sandrine Rousseau (Ecolo - NUPES). L’amendement AS249 est défendu.

Suivant l’avis de la rapporteure générale, la commission rejette les amendements.

Puis elle adopte l’amendement rédactionnel AS494 de Mme Stéphanie Rist.

Amendement AS119 de M. Thibault Bazin.

M. Thibault Bazin (LR). Je propose de supprimer les alinéas 14 et 15 de cet article.

Mme la rapporteure générale. Demande de retrait, sinon, avis défavorable.

La commission rejette l’amendement.

Amendement AS7 de M. Yannick Monnet.

M. Pierre Dharréville (GDR - NUPES). Il s’agit de supprimer la mise en œuvre du transfert du recouvrement des cotisations de l’Agirc-Arrco vers les Urssaf au 1er janvier 2023 pour les entreprises soumises au versement en lieu unique.

Les premières entreprises concernées par ce transfert sont celles de plus de 250 salariés. Cela représentera 9 170 entreprises, 5,6 millions de salariés et 30 milliards de cotisations.

Les organisations syndicales ne cessent de dire leur opposition à ce transfert, un rapport sénatorial s’y est montré très défavorable et l’Agirc-Arrco elle-même s’y dit opposée. Selon les sénateurs, les conditions de ce transfert ne sont pas réunies et, s’il avait lieu, il créerait davantage de problèmes qu’il n’en résoudrait. Les risques identifiés sont d’abord d’ordre technique : ce n’est pas négligeable, car il y va de la continuité des opérations et du service aux pensionnés. La précipitation avec laquelle le Gouvernement veut agir ne manquera pas, en outre, de créer une nouvelle charge de travail pour des agents qui sont déjà en surcharge. Des retards de prestation pour les salariés transférés sont donc à craindre.

On ne peut s’empêcher de penser qu’à la veille d’une réforme des retraites, le Gouvernement veut se saisir d’un levier supplémentaire en prenant la main sur la collecte des cotisations de retraite complémentaires de l’Agirc-Arrco. Nous nous y opposons fermement.

Mme la rapporteure générale. Votre amendement n’est pas au bon endroit, car cette question relève de l’article 6 bis. Par ailleurs, j’y suis défavorable sur le fond.

M. Marc Ferracci (RE). Le transfert du recouvrement de la contribution de la formation professionnelle, qui a eu lieu le 1er janvier 2022, s’est très bien passé.

Mme Joëlle Mélin (RN). Tous les organismes concernés sont opposés à ce transfert et rappellent à juste titre que l’on risque de se retrouver dans la même situation qu’en 2010, lorsqu’il a fallu faire transférer une partie des cotisations des indépendants au régime général. Ce fut une véritable catastrophe numérique. Nous voterons cet amendement.

La commission rejette l’amendement.

Amendement AS100 de Mme Karen Erodi.

Mme Karen Erodi (LFI - NUPES). Le Gouvernement clame partout vouloir lutter contre la fraude, mais il souhaite en réalité la protéger.

Étendre à d’autres entreprises l’article du code de la sécurité sociale qui limite la durée des contrôles pour fraude fiscale aura des conséquences majeures. Premièrement, c’est la dégradation garantie de la qualité des contrôles effectués. Deuxièmement, c’est permettre aux entreprises qui fraudent de jouer la montre et d’échapper à d’éventuelles sanctions. Troisièmement, c’est rendre encore plus difficile la coopération des entreprises qui se soumettront au contrôle de bonne foi. Les plus petites entreprises auront du mal à transmettre les pièces demandées dans les temps et à s’organiser pour recevoir les agents de contrôle. Quatrièmement, c’est une mesure injuste : il faut avantager les honnêtes PME qui respectent la loi – ce n’est pas ce que vous faites ; les entreprises qui fraudent doivent être dûment contrôlées et sanctionnées.

Les organismes chargés des contrôles doivent pouvoir exercer leur mission dans de bonnes conditions, en disposant du temps nécessaire à leurs travaux. C’est pourquoi nous proposons de supprimer l’article L. 243-13 du code de la sécurité sociale.

Mme la rapporteure générale. Vous proposez de supprimer un dispositif qui existe depuis plus de huit ans et qui permet de limiter l’impact des contrôles sur les entreprises de moins de dix salariés. Pour notre part, nous proposons de l’étendre aux entreprises de moins de vingt salariés.

La limitation dans le temps des contrôles ne s’applique naturellement pas en cas de travail dissimulé ou si l’employeur fait délibérément obstacle à la bonne tenue du contrôle.

Avis défavorable.

La commission rejette l’amendement.

Amendement AS101 de Mme Karen Erodi.

Mme Karen Erodi (LFI - NUPES). Cet amendement de repli permettrait de conserver les règles actuelles, c’est-à-dire la limitation de la durée de contrôle pour les entreprises de moins de dix salariés et les autoentrepreneurs, sans l’étendre aux entreprises de plus de dix salariés.

Si vous étendez ce dispositif, assumez que c’est pour protéger les entreprises suspectées de fraude, au détriment des organismes chargés d’appliquer la loi et de récupérer les sommes dues. Que comptez-vous faire pour lutter contre les fraudes et garantir la qualité des contrôles ? Rien ! Et vous continuerez à verser de chaudes larmes en répétant qu’il n’y a plus assez d’argent dans les caisses et en demandant aux entreprises défaillantes de coopérer et de respecter le droit.

Mme la rapporteure générale. Je rappelle que cet article augmente le plafond de la pénalité pour travail dissimulé. Pour les mêmes raisons, avis défavorable.

M. Thibault Bazin (LR). Collègue, vous semblez suspecter de fraude les entreprises comptant dix à vingt salariés, alors que la plupart de ces PME sont plutôt respectueuses de nos réglementations.

Il faut limiter la durée des contrôles : les entreprises le demandent, parce qu’elles ont déjà beaucoup de charges administratives. Relever le seuil ne signifie pas qu’il n’y aura plus de contrôles et ce seuil de vingt salariés me paraît idéal.

Mme Caroline Fiat (LFI - NUPES). Nous ne pensons évidemment pas que toutes les entreprises qui emploient entre dix et vingt salariés fraudent. Pas plus que vous ne pensez, j’espère, que toutes les personnes au chômage fraudent. Et pourtant, vous êtes favorables au contrôle des chômeurs. Il ne s’agit pas de jeter l’opprobre sur tout le monde, mais de veiller à ce que les contrôles soient faits.

Mme Karen Erodi (LFI - NUPES). J’ai moi-même une entreprise de moins de dix salariés. Je ne dis pas que les petites entreprises fraudent, mais je connais les difficultés administratives qu’elles rencontrent quand il s’agit de faire face à un contrôle.

La commission rejette l’amendement.

Amendement AS6 de M. Pierre Dharréville.

M. Pierre Dharréville (GDR - NUPES). Cet article généralise le plafonnement à trois mois de la durée totale des contrôles dans les entreprises. Actuellement, cette durée maximale de trois mois peut être prorogée une seule fois. Nous proposons que cette prorogation puisse avoir lieu deux fois, tant à la demande de l’employeur contrôlé que de l’organisme en charge du recouvrement.

La baisse constante des effectifs des inspecteurs du travail nécessite d’introduire cette dérogation supplémentaire. En tant que rapporteur pour avis des crédits de la mission Travail et emploi, j’ai constaté que les agents de contrôle, dont les effectifs ont culminé à 2 462 équivalents temps plein (ETP) en 2014, n’étaient plus que 1 700 en mars 2022 – soit un agent pour 12 000 salariés. Ce corps de la fonction publique est en crise ; cette mesure nous paraît donc nécessaire.

Suivant l’avis de la rapporteure générale, la commission rejette l’amendement.

La commission adopte ensuite l’amendement rédactionnel AS502 de Mme Stéphanie Rist.

Puis elle adopte l’article 6 modifié.

Article 6 bis A (nouveau) : Renforcement des obligations déclaratives des employeurs dirigeant des entreprises éphémères

Amendement de suppression AS503 de Mme Stéphanie Rist.

Mme la rapporteure générale. Il s’agit de supprimer un dispositif de lutte contre la fraude introduit par le Sénat, qui semble peu opérant.

La commission adopte l’amendement.

En conséquence, l’article 6 bis A est supprimé.

Article 6 bis : Annulation du transfert aux Urssaf du recouvrement de plusieurs types de cotisations sociales

Amendement AS505 de Mme Stéphanie Rist.

Mme la rapporteure générale. Il s’agit de rétablir l’article relatif au transfert des cotisations recouvrées par l’Agirc-Arrco, dont il a déjà été question.

M. Pierre Dharréville (GDR - NUPES). Les deux vice-présidents de l’Agirc-Arrco nous disent qu’il y a des difficultés techniques, et ils ne sont pas vraiment du même bord. Pour la déconjugalisation de l’allocation aux adultes handicapés, vous nous avez expliqué que des problèmes techniques imposaient que l’on prenne le temps, mais, aujourd’hui, de tels problèmes ne sont pas un obstacle ! Il me semble que l’on doit tout de même écouter les premiers concernés, étant entendu que l’argument technique n’est pas le principal que nous ayons à opposer à ce transfert.

M. Thibault Bazin (LR). Ce transfert pose beaucoup de problèmes et il serait sage que le Gouvernement respecte le paritarisme. Le modèle de gouvernance de l’Agirc-Arrco fonctionne et il faut veiller à ne pas déconnecter les droits des prestations.

L’Agirc-Arrco estime que ce transfert pose des problèmes techniques. À l’aube de grandes réformes, le Gouvernement doit respecter les partenaires sociaux et savoir reconnaître qu’ils gèrent certaines prestations mieux que l’État.

M. Guillaume Garot (SOC). Pourquoi vouloir absolument changer ce qui fonctionne ? La gestion de l’Agirc-Arrco par les partenaires sociaux est un modèle d’efficacité. Il faut respecter ce paritarisme et cette démocratie sociale. Vous risquez de bouleverser le système : ce serait un recul et ce n’est absolument pas ce dont notre pays a besoin.

Mme la rapporteure générale. Le Gouvernement a tenu compte de ces problèmes techniques, puisqu’il a reculé d’un an l’entrée en vigueur de cette mesure. Certes, le système fonctionne plutôt bien, mais on estime à 5 %, soit 400 millions d’euros, les pertes enregistrées dans le système de recouvrement actuel. Je répète que ce transfert concerne uniquement le recouvrement, non la gouvernance.

La commission adopte l’amendement et l’article 6 bis est ainsi rédigé.

Article 6 ter (nouveau) : Information de la personne contrôlée au sujet de la possibilité de demander à l’Urssaf la prolongation de la durée de la période contradictoire

Amendement AS507 de Mme Stéphanie Rist.

Mme la rapporteure générale. Je propose de supprimer cet article introduit au Sénat, car la charte du cotisant contrôlé, qui peut être remise à chaque contrôle, satisfait son intention.

La commission adopte l’amendement.

En conséquence, l’article 6 ter est supprimé.

Article 7 : Prolonger le dispositif d’exonération lié à l’emploi de travailleurs occasionnels et demandeurs d’emploi

Amendement de suppression AS124 de Mme Marie-Charlotte Garin.

Mme Sandrine Rousseau (Ecolo - NUPES). Nous demandons la suppression de cet article, qui prévoit de prolonger jusqu’en 2026 le dispositif d’exonération applicable pour les travailleurs occasionnels et les demandeurs d’emploi (TO-DE). Nous sommes opposés aux exonérations de cotisations patronales d’une manière générale et encore plus s’agissant des saisonniers, qui sont dans une position particulièrement difficile. Vous favorisez les employeurs, au détriment des employés.

Mme la rapporteure générale. Je suis évidemment défavorable à cet amendement. Cet article vise à soutenir nos entreprises agricoles, qui sont dans une situation difficile.

M. Yannick Neuder (LR). Cet amendement mettrait des filières entières en difficulté. Nos agriculteurs dépendent des travailleurs saisonniers et tout ce qui peut favoriser l’employabilité de ces derniers, notamment l’allégement des charges, est de nature à rendre notre agriculture plus compétitive. Si nous voulons des produits de qualité, garantissant une alimentation saine et une bonne santé à un moindre coût, il faut voter contre cet amendement. En cette période où le pouvoir d’achat est mis à mal, une mesure qui permet d’éviter que des fruits et légumes ne soient pas ramassés par défaut de main-d’œuvre relève du bon sens.

Votre amendement, qui semble d’inspiration urbaine, s’apparente à de l’agribashing et il mettrait à mal les revenus des agriculteurs. Ce PLFSS ne nous donne pas beaucoup de satisfactions, mais cet article en est une, et nous nous félicitons que, grâce à l’un de nos amendements, cette exonération ait été prolongée jusqu’en 2026.

Mme Joëlle Mélin (RN). Il faut trouver un équilibre entre l’allégement du coût du travail et la nécessité de financer la sécurité sociale. Cet article vise les saisonniers qui travaillent dans le tourisme et dans l’agriculture. Si l’on supprime les exonérations, tous les employeurs vont se tourner vers des travailleurs détachés qui, eux, bénéficient déjà d’une exonération de cotisation. Cet amendement, dans l’état actuel des choses, risque de poser plus de problèmes qu’il n’en résout.

La commission rejette l’amendement.

Amendement AS473 de Mme Stéphanie Rist.

Mme la rapporteure générale. Comme l’a dit M. Neuder, nous voulons rétablir la rédaction adoptée en première lecture, qui prolonge le dispositif TO-DE jusqu’au 1er janvier 2026.

M. Thibault Bazin (LR). Qui peut le plus peut le moins ! Nous avions trouvé un accord sur cette date, même si notre souhait est de pérenniser le dispositif. Je ne suis pas sûr qu’au 1er janvier 2026, nous aurons trouvé la solution que nous cherchons depuis des années. Le dispositif TO-DE a le mérite de régler un problème structurel de compétitivité par rapport aux travailleurs saisonniers des pays voisins. Madame la rapporteure générale, j’espère que vous retirerez cet amendement et que vous reviendrez à la version du Sénat, qui garantit la pérennité du dispositif.

Mme la rapporteure générale. En janvier 2026, nous aurons un rapport d’évaluation de l’efficacité de ce dispositif. Nous verrons s’il y a lieu de le prolonger.

La commission adopte l’amendement.

Puis elle adopte l’article 7 ainsi modifié.

Article 7 bis A (nouveau) : Élargissement du dispositif travailleurs occasionnels et demandeurs d’emploi aux coopératives d’utilisation du matériel agricole

Amendement de suppression AS474 de Mme Stéphanie Rist.

Mme la rapporteure générale. Pour les mêmes raisons, je souhaite supprimer cet article qui vise à élargir le dispositif.

La commission adopte l’amendement.

En conséquence, l’article 7 bis A est supprimé.

Article 7 bis B (nouveau) : Extension aux établissements publics de coopération intercommunale de l’exonération patronale pour l’emploi des aides à domicile dont bénéficient les centres intercommunaux d’action sociale

Amendements de suppression AS475 de Mme Stéphanie Rist et AS312 de M. Yannick Monnet.

Mme la rapporteure générale. Il s’agit de supprimer l’article étendant aux EPCI l’exonération patronale pour l’emploi d’aides à domicile.

M. Pierre Dharréville (GDR - NUPES). Je suis tout à fait d’accord avec la rapporteure générale : c’est assez rare pour être noté. Par l’amendement AS312, nous nous opposons à ce que, PLFSS après PLFSS, on empile les exonérations de cotisations. Nous avons besoin de financer notre système de sécurité sociale par la cotisation.

La commission adopte les amendements.

En conséquence, l’article 7 bis B est supprimé.

Article 7 sexies A (nouveau) : Renforcement de l’exonération de cotisations patronales dite « Lodeom » applicable outre-mer pour les entreprises du secteur des bâtiments et travaux publics pour 2024 et 2025

Amendement de suppression AS476 de Mme Stéphanie Rist.

Mme la rapporteure générale. Je propose de supprimer l’article étendant aux entreprises de la filière bâtiment et travaux publics l’exonération de cotisations patronales d’assurances sociales et d’allocations familiales ouverte aux entrepreneurs outre-mer dite « Lodeom ».

La commission adopte l’amendement.

En conséquence, l’article 7 sexies A est supprimé.

Article 7 sexies : Exonérer de cotisations d’assurance vieillesse les médecins libéraux en cumul emploi-retraite au titre de l’année 2023 et en dessous d’un niveau de revenu fixé par décret

Amendements de suppression AS22 de M. Jérôme Guedj, AS269 de M. Pierre Dharréville et AS421 de Mme Sandrine Rousseau.

M. Guillaume Garot (SOC). La majorité et le Gouvernement répètent sans cesse que notre régime de retraite est en grand péril et que, pour le sauver, il faut travailler plus longtemps. Et voilà qu’on nous propose une disposition qui exonère les professionnels de santé de cotisations retraite lorsqu’ils sont en situation de cumul emploi-retraite. Il faut évidemment saluer les médecins qui s’engagent pour lutter contre la désertification médicale, mais il faut aussi rappeler que notre système de retraite n’a pas un caractère assurantiel ; il repose sur la solidarité, les actifs cotisant pour les inactifs. L’amendement AS22 vise donc à supprimer cet article.

M. Pierre Dharréville (GDR - NUPES). Cette mesure ne saurait constituer un plan sérieux pour lutter contre la désertification médicale. Par ailleurs, la sécurité sociale ne doit pas être considérée comme un outil de gestion de l’emploi ou comme un élément d’attractivité économique. Ce n’est pas son rôle.

Mme Sandrine Rousseau (Ecolo - NUPES). Vous proposez de lutter contre les déserts médicaux en créant des exonérations de cotisations retraite, alors qu’on est à l’aube d’une réforme des retraites et que la lutte contre la désertification mériterait des mesures plus structurelles.

Mme la rapporteure générale. Avis défavorable.

Ce dispositif, qui est très limité dans le temps, puisqu’il ne concerne que l’année 2023, améliorera, de fait, l’accès aux soins.

Mme Astrid Panosyan-Bouvet (RE). Dans mon département, le conseil de l’Ordre des médecins a fait un sondage informel auprès des médecins retraités : un tiers d’entre eux se sont dits intéressés par l’idée de reprendre une activité partielle de dix ou douze heures. Il faut certes des changements structurels, mais l’urgence impose aussi des dispositions opérationnelles de ce genre, qui peuvent être efficaces.

M. Thibault Bazin (LR). Je m’oppose à ces amendements. L’article 7 sexies, tel qu’issu du Sénat, étend le dispositif prévu pour les médecins généralistes à l’ensemble des professionnels de santé, car la pénurie touche toutes les catégories. C’est donc une mesure de bon sens, attendue par tous ceux qui souhaitent continuer à travailler. Elle doit être maintenue.

Mme Joëlle Mélin (RN). Le cumul emploi-retraite ne prévoit pas de surcote de points de retraite, les droits ayant déjà été liquidés. L’exonération n’est peut-être pas la bonne solution mais, à tout le moins, faisons en sorte que des points de retraite supplémentaires soient accordés avec une surcote automatique.

M. Pierre Dharréville (GDR - NUPES). Je serais curieux de connaître le nombre de médecins supplémentaires attendus par le biais de cette mesure. Des dispositifs existent déjà en la matière, dont l’évaluation n’a d’ailleurs pas encore été faite. Je suis très dubitatif sur les effets de cette nouvelle mesure, car elle ne règle pas le problème.

Vous nous dites que cette disposition ne vaudra que pour 2023 ; certes puisque nous examinons le budget pour 2023. Mais nous pourrons y revenir chaque année lors du vote du budget de la sécurité sociale. C’est donc très insuffisant pour me rassurer.

M. Guillaume Garot (SOC). Ce n’est pas ainsi que nous réglerons le problème des déserts médicaux. Certes, il faut adopter des mesures ponctuelles permettant de reconnaître l’engagement des professionnels de santé mais, de grâce, ne le faites pas avec cette disposition sur les retraites ! Il ne serait pas cohérent d’exonérer certaines catégories de cotisations alors que vous déclarez vouloir lutter contre le déficit insupportable du régime des retraites.

M. Thomas Mesnier (HOR). Lors du précédent quinquennat, nous avions fait passer le plafond de revenus ouvrant droit à exonération de 12 000 euros à 80 000 euros. Toutefois, cela n’a pas fonctionné, le dispositif n’étant pas très lisible. La mesure proposée dans le présent texte étant beaucoup plus simple, nous pouvons donc espérer qu’un plus grand nombre de médecins s’en empareront dans l’année qui vient. La réforme des retraites qui sera examinée dans les semaines qui viennent sera peut-être l’occasion d’en discuter à un niveau plus sectoriel.

M. Yannick Neuder (LR). Les médecins sont de plus en plus intéressés par un cumul emploi-retraite, signe que le rapport au travail des professions médicales et paramédicales est en train d’évoluer. Près de 20 000 médecins pourraient être rapidement disponibles de cette façon. Les médecins généralistes à la retraite, qui étaient venus apporter leur aide lors de l’ouverture des centres de vaccination, pourront ainsi travailler un jour ou deux dans des hôpitaux de jour, dans des centres de rééducation ou dans des maisons médicales. C’est une mesure intéressante dont nous devrions nous inspirer dans la réforme des retraites.

Mme Sandrine Rousseau (Ecolo - NUPES). Les médecins ne se décident pas en fonction de leur niveau de cotisations mais par souci de l’intérêt commun et de l’intérêt supérieur des patients. Votre dispositif aggrave un système déjà fragilisé par bien d’autres mesures. Il est ici question d’assurer le financement des retraites et de permettre aux médecins de continuer à exercer dans les zones particulièrement tendues, en les remerciant d’une autre façon que par l’exonération de cotisations.

Mme Fanta Berete (RE). Des médecins volontaires et vaccinés souhaitent apporter leur aide dans des zones en tension : nous devons tout mettre en œuvre pour leur permettre de pratiquer. Cette mesure est destinée à répondre à une situation exceptionnelle et pourra être évaluée dans quelques mois.

Mme Monique Iborra (RE). Nous proposons un mécanisme incitatif – ceux qui réclament des mesures coercitives seront déçus ! – pour permettre aux médecins qui le souhaitent de fournir du temps médical. Cette disposition ne réglera pas la question des déserts médicaux mais elle ne pose aucun problème. Ne vous y opposez donc pas, car cela n’a pas de sens !

Mme Caroline Fiat (LFI - NUPES). En mars 2020, quand les médecins retraités sont retournés travailler, ils n’ont pas demandé d’exonération. À vous entendre, on croirait presque qu’ils ne font leur métier que pour l’argent ! De nombreuses mesures incitatives ont été créées qui ne fonctionnent pas. Revoyons-nous l’année prochaine pour faire le point : vous constaterez que cette nouvelle exonération n’aura pas eu plus de succès.

Mme Claire Guichard (RE). Les médecins sont comme le bon vin : plus ils ont de la bouteille, meilleurs ils sont ! La très grande expérience des médecins retraités constitue un atout exceptionnel.

La commission rejette les amendements.

Amendements identiques AS287 de M. Philippe Juvin et AS347 de M. Yannick Neuder.

M. Thibault Bazin (LR). L’amendement AS287 est défendu.

M. Yannick Neuder (LR). Merci, madame Fiat, d’avoir rappelé que la motivation des médecins ne se limitait pas à leur rémunération : tous les soignants partagent le même intérêt pour leur travail. En 2020, ils sont intervenus pendant la pandémie sans demander de rétribution. Toutefois, il ne faut pas que la reprise d’activité les pénalise dans leur retraite.

Nous proposons de rendre pérenne l’exonération de charges prévue pour 2023. C’est une mesure qui relève du bon sens. Certains médecins souhaitent continuer à être utiles, quel que soit leur âge, par exemple en faisant profiter les jeunes générations de leur expérience. Nous devrons évaluer ce dispositif mais il faudra se garder de le supprimer si les chiffres ne sont pas au rendez-vous : il correspond en effet à un changement de mentalité et à une nouvelle façon de travailler.

Mme la rapporteure générale. Avis défavorable, car les concertations ont lieu actuellement sur le cumul emploi-retraite. Notre volonté de débattre de ce sujet devrait donc être prochainement satisfaite.

M. Pierre Dharréville (GDR - NUPES). La droite sera sûrement très satisfaite mais je ne suis pas sûr que cela soit notre cas ni, surtout, celui de la population. Notre collègue Neuder nous propose une sorte de cheval de Troie visant à remettre en cause le droit à la retraite, en commençant par celle des médecins. Cela me semble problématique, car on prend prétexte de la nécessité de remercier les médecins pour leur engagement humaniste – or des mesures existent déjà – pour ériger une mesure de crise en modèle. J’aimerais un peu de sincérité.

La droite sénatoriale a déposé un amendement pour essayer d’imposer le recul de l’âge légal de départ à la retraite dès le PLFSS. Ces amendements, qui prennent une très mauvaise direction, préparent sans doute la discussion que nous aurons lors de l’examen de la réforme des retraites.

M. Yannick Neuder (LR). Cet amendement sur l’âge légal de départ à la retraite est déposé au Sénat chaque année. Pour notre part, nous pensons qu’il faut un vrai débat sur les retraites et nous nous sommes opposés au passage de la réforme sous forme d’amendement dans le PLFSS.

Par ailleurs, je vous trouve un peu sévère : je ne veux rien modéliser. J’ai assisté, dans mon service hospitalier, au départ à la retraite d’un brillant angioplasticien de 67 ans, et je trouve dommage de ne pas avoir les moyens de le retenir. On s’occupe ici des médecins libéraux, mais le sujet concerne aussi les médecins coordonnateurs et les médecins hospitaliers. Ce dispositif ne prive personne de ses droits : il permet seulement, sur la base du volontariat, à des médecins de conserver une activité, par exemple en dispensant une formation pour des internes ou des externes. Cela n’a rien de dogmatique, c’est simplement faire preuve de pragmatisme dans une situation difficile.

Mme Caroline Fiat (LFI - NUPES). Les médecins cessent rarement leur activité à l’âge légal de départ à la retraite : ils partent en moyenne à 67 ans, en optant tous pour le cumul emploi-retraite. Puisqu’ils le font déjà, pourquoi proposer des exonérations de cotisations ?

M. Cyrille Isaac-Sibille (Dem). Les médecins qui le souhaitent peuvent continuer à travailler, de manière rémunérée ou bénévole – beaucoup de mes confrères pratiquent bénévolement dans des associations. Il y a un problème s’ils veulent travailler à temps partiel. Dès lors qu’ils travaillent, ils doivent verser un minimum de cotisations pour la retraite – 10 000 euros en secteur 1 et 16 000 euros en secteur 2 –, ce qui les oblige à faire un certain nombre d’heures et de jours pour ne pas perdre d’argent. Diminuer les cotisations leur permettrait de travailler de manière partielle, une ou deux journées par semaine.

M. Éric Alauzet (RE). Il existe un forfait de cotisations – cotisations sociales, retraite, Urssaf – assorti d’un plafonnement. Beaucoup de médecins se limitent à un certain nombre d’actes parce qu’au-delà de ce forfait, ils payent « plein pot ». Ils se limitent ainsi à une journée de travail par semaine, alors qu’ils souhaiteraient en faire deux ou trois. Il serait intéressant de leur permettre de travailler au-delà de ce plafond.

La commission rejette les amendements.

Amendement AS477 de Mme Stéphanie Rist.

Mme la rapporteure générale. L’amendement vise à rétablir la version que nous avions adoptée concernant l’exonération de cotisations d’assurance vieillesse pour les médecins en cumul emploi-retraite.

La commission adopte l’amendement.

Puis elle adopte l’article 7 sexies ainsi modifié.

Article 7 septies : Sécuriser le régime social dont bénéficient les élèves et étudiants réalisant des missions pour une « junior entreprise »

La commission adopte l’article 7 septies non modifié.

Article 7 octies (nouveau) : Exonération de contribution sociale généralisée sur les revenus du patrimoine d’origine française pour les non-résidents

Amendement de suppression AS478 de Mme Stéphanie Rist.

Mme la rapporteure générale. En cohérence avec la première lecture, nous proposons de supprimer cet article relatif à l’exonération de contribution sociale généralisée sur les revenus du patrimoine français des non-résidents.

La commission adopte l’amendement.

En conséquence, l’article 7 octies est supprimé.

Article 7 nonies (nouveau) : Exonération d’impôt sur le revenu et de contribution sociale généralisée sur les chèques-carburant versés par les employeurs

La commission adopte l’amendement de suppression AS479 de Mme Stéphanie Rist.

En conséquence, l’article 7 nonies est supprimé.

Article 8 : Renforcement et harmonisation de la fiscalité sur les produits du tabac

Suivant l’avis de la rapporteure générale, la commission rejette l’amendement AS195 de Mme Joëlle Mélin.

Amendements AS480 de Mme Stéphanie Rist, AS334 de M. Victor Catteau et AS94 de Mme Caroline Fiat.

Mme la rapporteure générale. Il s’agit de rétablir la version qui avait été adoptée par l’Assemblée nationale en première lecture.

Mme Joëlle Mélin (RN). Les nouvelles dispositions en matière de taxation des tabacs risquent de favoriser un report des acheteurs vers le marché parallèle, ce qui serait très préjudiciable.

Mme la rapporteure générale. L’amendement AS334 est satisfait par l’amendement AS480 que je propose.

Mme Caroline Fiat (LFI - NUPES). Tout le monde ici en convient, il faudrait que les fumeurs arrêtent de fumer, pour leur santé.

Le rapport sur la consommation de tabac présenté en 2021 par la commission des finances a montré que les chiffres faisant généralement état d’une baisse du tabagisme « ne reflètent néanmoins pas la consommation réelle des produits du tabac, ceux-ci étant en partie achetés en dehors [du réseau des buralistes] ». Ce rapport indique qu’au cours du deuxième trimestre 2020, à savoir pendant le premier confinement, les ventes, tous produits confondus, ont progressé de 5,5 % au niveau national et de 22 % dans les départements frontaliers par rapport au deuxième trimestre 2019. Les fumeurs achètent leurs cigarettes au mieux dans les pays transfrontaliers, au pire à la sauvette, sans que l’on sache alors ce qu’elles contiennent vraiment. C’est un véritable problème. Par ailleurs, il faut aider les buralistes, qui tiennent les derniers commerces de proximité. Ce rapport chiffré fournit les preuves que l’augmentation des prix du tabac n’a pas d’incidence sur la consommation, car les fumeurs vont acheter leurs cigarettes ailleurs.

Mme la rapporteure générale. Toutes les études montrent que l’augmentation des prix du tabac entraîne une baisse de la consommation. Il faut en outre continuer à lutter contre la vente parallèle des produits du tabac, qui est un vrai problème. Les contrôles ont été renforcés à cette fin.

Avis défavorable sur l’amendement AS94.

Mme Caroline Fiat (LFI - NUPES). Les chiffres montrent effectivement une baisse de la consommation si l’on mesure celle-ci en comptabilisant les achats chez les buralistes français. Or, je l’ai dit, les fumeurs vont acheter leurs cigarettes ailleurs. En réalité, leur nombre ne diminue pas.

La commission adopte l’amendement AS480 et l’article 8 est ainsi rédigé.

En conséquence, les amendements AS334 et AS94 tombent.

Article 8 bis (nouveau) : Créer une taxe sur les cigarettes électroniques jetables

Amendement AS481 de Mme Stéphanie Rist.

Mme la rapporteure générale. L’article 8 bis, introduit par le Sénat, vise à taxer les cigarettes électroniques jetables, dites « puffs ». C’est un véritable enjeu, car ces cigarettes peuvent être très nuisibles pour les jeunes. Toutefois, la rédaction de l’article pose une difficulté : la taxation s’appliquerait également aux produits de substitution nicotiniques, comme les cigarettes électroniques, qui facilitent parfois l’arrêt du tabac.

Mon amendement tend à récrire l’article pour solliciter un rapport du Gouvernement à ce sujet. J’en ai discuté avec la rapporteure générale de la commission des affaires sociales du Sénat et il me semblerait intéressant de mener un travail en commun sur cette question, notamment sur les aspects juridiques, en s’orientant le cas échéant vers une interdiction, en parallèle de la réflexion engagée au niveau européen.

M. Thomas Mesnier (HOR). Je soutiens l’amendement. Il est impératif de mener un travail sur les puffs, qui sont un véritable fléau pour les jeunes. Il convient de réfléchir aux enjeux de santé publique et d’élaborer un cadre législatif adapté à notre époque, en élargissant éventuellement le champ aux cigarettes électroniques. C’est un beau travail à mener ensemble au sein de la commission.

Mme Caroline Fiat (LFI - NUPES). M. Dharréville et moi sommes de votre avis, madame la rapporteure générale. Il serait bon que le rapport traite aussi de l’impact écologique de ces cigarettes électroniques jetables. Soyons néanmoins vigilants sur les cigarettes électroniques, car c’est un substitut qui permet parfois d’arrêter de fumer.

La commission adopte l’amendement et l’article 8 bis est ainsi rédigé.

Article 8 ter (nouveau) : Rapport relatif à l’évaluation scientifique de la nocivité relative des produits du tabac à chauffer en comparaison avec celle des autres produits du tabac

La commission adopte l’amendement de suppression AS482 de Mme Stéphanie Rist.

En conséquence, l’article 8 ter est supprimé.

Article 8 quater (nouveau) : Création d’une taxe sur les bières aromatisées sucrées ou édulcorées

Amendement de suppression AS483 de Mme Stéphanie Rist.

Mme la rapporteure générale. L’amendement vise à supprimer l’article 8 quater, qui prévoit de taxer les bières aromatisées sucrées ou édulcorées. Nous avons eu de nombreux échanges à ce sujet en première lecture.

La commission adopte l’amendement.

En conséquence, l’article 8 quater est supprimé.

Article 8 quinquies (nouveau) : Rapport dressant un bilan de la mise en œuvre de la taxe applicable aux sodas

Amendement AS484 de Mme Stéphanie Rist.

Mme la rapporteure générale. Le Sénat demande la remise d’un rapport sur la taxe applicable aux sodas. J’y suis favorable, mais en portant de six mois à un an le délai laissé au Gouvernement à cette fin.

La commission adopte l’amendement.

Puis elle adopte l’article 8 quinquies modifié.

Article 8 sexies (nouveau) : Taxe assise sur les messages publicitaires et activités promotionnelles à destination des enfants pour des produits de mauvaise qualité nutritionnelle

La commission adopte l’amendement de suppression AS485 de Mme Stéphanie Rist.

En conséquence, l’article 8 sexies est supprimé.

Article 8 septies (nouveau) : Création d’une contribution de solidarité des organismes complémentaires d’assurance maladie

Amendement de suppression AS486 de Mme Stéphanie Rist.

Mme la rapporteure générale. L’amendement vise à supprimer cet article qui crée une contribution de solidarité des organismes complémentaires d’assurance maladie.

La commission adopte l’amendement.

En conséquence, l’article 8 septies est supprimé.

Article 8 octies : Conditionnement du taux réduit de taxe de solidarité additionnelle pour les organismes complémentaires d’assurance maladie à une modération de l’ampleur de la différenciation des remboursements selon que les professionnels appartiennent ou non à leur réseau

Amendement de suppression AS487 de Mme Stéphanie Rist.

Mme la rapporteure générale. L’amendement vise à supprimer l’article 8 octies, qui conditionne le taux réduit de taxe de solidarité additionnelle pour les organismes complémentaires d’assurance maladie à une modération de l’ampleur de la différenciation des remboursements selon que les professionnels appartiennent ou non à leur réseau.

La commission adopte l’amendement.

En conséquence, l’article 8 octies est supprimé.

Article 8 nonies (nouveau) : Création d’une contribution exceptionnelle assise sur les sommes versées en 2021 par l’assurance maladie aux laboratoires de biologie médicale au titre de la prise en charge du dépistage du covid-19

Amendement de suppression AS488 de Mme Stéphanie Rist.

Mme la rapporteure générale. L’amendement vise à supprimer l’article 8 nonies, qui portait création d’une contribution exceptionnelle assise sur les sommes versées en 2021 par l’assurance maladie aux laboratoires de biologie médicale au titre de la prise en charge du dépistage du covid-19. Nous y reviendrons ultérieurement.

La commission adopte l’amendement.

En conséquence, l’article 8 nonies est supprimé et l’amendement AS74 de M. Yannick Monnet tombe.

Article 9 : Extension du régime simplifié de déclaration des cotisations et contributions sociales aux médecins exerçant une activité de régulation dans le cadre du service d’accès aux soins

Amendement AS489 de Mme Stéphanie Rist.

Mme la rapporteure générale. L’amendement vise à rétablir la prise en charge des frais d’assurance des médecins régulateurs du service d’accès aux soins. C’est selon moi un point très important.

La commission adopte l’amendement.

Puis elle adopte l’article 9 modifié.

Article 9 bis : Assurer une juste contribution des différents acteurs à la régulation des produits de santé

Amendement AS509 de Mme Stéphanie Rist.

Mme la rapporteure générale. Le Sénat a prévu que les spécialités génériques et biosimilaires ne seront plus prises en compte dans la clause M. L’amendement vise à supprimer cette disposition.

La commission adopte l’amendement.

Amendement AS385 de M. Michel Lauzzana.

M. Michel Lauzzana (RE). Je propose d’introduire une dose de territorialité dans la clause de sauvegarde. La contribution due par chaque entreprise serait déterminée à concurrence de 20 % en fonction du lieu de production des médicaments concernés. Je précise que cette mesure ne serait pas contraire à la législation européenne : il y a des précédents, en particulier dans le domaine de la santé. Nous protégerions ainsi nos industries pharmaceutiques, y compris les plus petites d’entre elles. Nous avons constaté pendant la crise sanitaire qu’il était nécessaire de renforcer notre souveraineté en matière de médicament.

Mme la rapporteure générale. Je comprends votre objectif, mais je suis défavorable à cet amendement, qui a d’ailleurs été repoussé au Sénat. D’une part, nous avons trouvé en première lecture, un équilibre satisfaisant concernant la clause de sauvegarde. D’autre part, je ne suis pas de votre avis : cette mesure poserait de réelles difficultés au regard du droit européen.

La commission rejette l’amendement.

Amendement AS298 de M. Philippe Juvin.

M. Yannick Neuder (LR). Défendu.

Suivant l’avis de la rapporteure générale, la commission rejette l’amendement.

Amendement AS111 de M. Frédéric Mathieu.

Mme Caroline Fiat (LFI - NUPES). Défendu.

Suivant l’avis de la rapporteure générale, la commission rejette l’amendement.

Amendement AS510 de Mme Stéphanie Rist.

Mme la rapporteure générale. Le Sénat a prévu une diminution du montant des sanctions en cas de déclaration tardive. L’amendement vise à supprimer cette disposition.

La commission adopte l’amendement.

Amendement AS511 de Mme Stéphanie Rist.

Mme la rapporteure générale. Le Sénat a instauré un abattement sur la clause de sauvegarde Z pour les dispositifs médicaux. L’amendement vise à revenir sur cette mesure.

La commission adopte l’amendement.

Puis elle adopte l’article 9 bis modifié.

Article 9 ter A (nouveau) : Diminution du taux de la contribution sur les ventes en gros

Amendement de suppression AS508 de Mme Stéphanie Rist.

Mme la rapporteure générale. Le Sénat a voulu diminuer le taux de la taxe sur les ventes en gros. L’amendement vise à supprimer cette disposition. Nous avions eu un débat à ce sujet en première lecture.

La commission adopte l’amendement.

En conséquence, l’article 9 ter A est supprimé.

Article 9 ter : Rapport sur l’évolution de la régulation des dépenses du médicament

Suivant l’avis de la rapporteure générale, la commission adopte l’amendement AS122 de M. Thibault Bazin.

En conséquence, l’article 9 ter est ainsi rétabli.

TITRE II :

CONDITIONS GÉNÉRALES DE L’ÉQUILIBRE FINANCIER

DE LA SÉCURITÉ SOCIALE

Article 10 : Transfert du financement des indemnités journalières maternité post-natales à la branche famille

Amendement AS512 de Mme Stéphanie Rist.

Mme la rapporteure générale. L’amendement vise à rétablir le transfert de la prise en charge des indemnités journalières maternité post-natales et des indemnités journalières adoption de la Caisse nationale de l’assurance maladie à la Caisse nationale des allocations familiales.

La commission adopte l’amendement et l’article 10 est ainsi rédigé.

Article 11 (pour coordination) : Compensation par l’État des pertes de recettes pour la sécurité sociale

La commission adopte l’amendement de coordination AS561 de Mme Stéphanie Rist.

Puis elle adopte l’article 11 modifié.

Article 11 bis : Application à l’ensemble des rémunérations de la déduction forfaitaire des cotisations patronales sur les heures supplémentaires

Amendement de suppression AS23 de M. Jérôme Guedj.

M. Guillaume Garot (SOC). Le Sénat a prévu d’étendre aux rachats de RTT la réduction de cotisations sociales applicable aux heures supplémentaires. D’une part, cette mesure est un pis-aller, faute d’une politique cohérente d’augmentation des salaires visant à rétablir le pouvoir d’achat des familles, durement touchées en ce moment. D’autre part, elle remet en cause la réduction du temps de travail. Nous proposons de supprimer l’article pour soumettre les rachats de RTT au droit commun. Il faut les encadrer très strictement, car ils contreviennent au droit aux congés et au droit au repos. On ne peut pas revenir au détour d’un amendement sur ces dispositions fondamentales de notre droit social.

Mme la rapporteure générale. Je souhaite moi aussi revenir sur l’amendement du Sénat. Néanmoins, je vous invite à retirer votre amendement au profit de mon amendement AS513, qui vise à rétablir la version adoptée par l’Assemblée nationale en première lecture, laquelle prévoyait l’extension des mesures issues de la loi « pouvoir d’achat » à Mayotte et à Saint-Pierre-et-Miquelon.

M. Thibault Bazin (LR). L’exposé sommaire de l’amendement AS23 indique que le droit au repos « est une conquête sociale de la gauche », ce qui me paraît un peu réducteur. La gauche n’a pas le monopole en la matière. Certaines avancées sociales ont été obtenues grâce à des convergences entre communistes, gaullistes et socialistes.

La commission rejette l’amendement.

Elle adopte ensuite successivement les amendements AS513 et AS514, de précision, de Mme Stéphanie Rist.

Puis elle adopte l’article 11 bis modifié.

Article 12 (pour coordination) : Approbation, pour l’année 2023, des tableaux d’équilibre de l’ensemble des régimes obligatoires de base

Amendement AS565 de Mme Stéphanie Rist.

Mme la rapporteure générale. Il vise à effectuer des ajustements au regard de l’évolution des recettes et des dépenses en 2022, afin d’assurer la sincérité budgétaire.

La commission adopte l’amendement.

Puis elle adopte l’article 12 modifié.

Article 15 : Approbation du rapport sur l’évolution pluriannuelle du financement de la sécurité sociale (annexe B)

La commission adopte l’amendement AS566 de Mme Stéphanie Rist.

En conséquence, l’article 15 et l’annexe B sont ainsi rétablis.

La commission adopte la troisième partie du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2023 modifiée.

QUATRIÈME PARTIE :

DISPOSITIONS RELATIVES AUX DÉPENSES POUR L’EXERCICE 2023

TITRE IER :

DISPOSITIONS RELATIVES AUX DÉPENSES

Chapitre Ier – Renforcer les actions de prévention en santé

Article 16 bis : Calcul des prestations en espèces des micro-entrepreneurs

La commission adopte l’article 16 bis non modifié.

Article 17 : Mettre en place des rendez-vous « prévention » à certains âges clés

Amendements AS521 de Mme Stéphanie Rist, AS226 de M. Yannick Neuder et AS410 de Mme Monique Iborra (discussion commune).

Mme la rapporteure générale. Mon amendement vise à rétablir la rédaction de l’article 17 adoptée par l’Assemblée en première lecture, tout en y intégrant deux amendements votés par le Sénat, l’un relatif à la prévention de l’infertilité, l’autre portant sur le repérage des risques liés à la situation de proche aidant. J’émets un avis défavorable sur les amendements AS226 et AS410.

M. Thibault Bazin (LR). Si l’amendement AS521 est adopté, de très nombreux amendements, notamment d’appel, tomberont. Pour ma part, j’avais déposé un amendement relatif à la prévention en santé visuelle, très importante pour prévenir les risques de chute, et un amendement portant sur le dépistage des infections sexuellement transmissibles.

Nous avons besoin de précisions à propos des rendez-vous de prévention : qui va les faire ? Dans quel lieu ? Sur quels éléments l’attention sera-t-elle portée ? Nous n’allons pas en discuter maintenant, ni probablement en séance. Il serait donc intéressant que nous ayons un temps de débat à ce sujet au sein de notre commission, y compris avec le ministre de la santé et de la prévention.

Mme Caroline Fiat (LFI - NUPES). J’appuie les propos que vient de tenir mon collègue meurthe-et-mosellan. De nombreux amendements d’appel vont tomber. Pour ma part, je souhaitais insister sur la prévention en matière de santé mentale. Il serait bon que notre commission mène un travail sur ces rendez-vous de prévention. Nous serions tous prêts à y participer de manière transpartisane, dans un esprit de compromis.

M. Guillaume Garot (SOC). J’abonde dans le sens de Thibault Bazin et Caroline Fiat. Si nous voulons donner un contenu à la politique de prévention, il faut que nous soyons ambitieux, mais aussi précis sur ce que nous attendons de ces rendez-vous. Certains de nos amendements visaient à rétablir la version adoptée par l’Assemblée. Un autre prévoyait des dispositions concrètes pour que les Français habitant dans un désert médical bénéficient eux aussi de ces rendez-vous. Il faut que tous les patients aient le même accès aux soins et à la prévention ; c’est une question d’égalité républicaine.

Mme la présidente Fadila Khattabi. Je partage votre point de vue sur l’importance de la prévention. Je suis très ouverte à des travaux à ce sujet.

La commission adopte l’amendement AS521.

En conséquence, les amendements AS226 et AS410 tombent, ainsi que les amendements AS437 de Mme Sabrina Sebaihi, AS457 de Mme Emmanuelle Anthoine, AS251 de Mme Sophie Taillé-Polian, AS353 de Mme Josiane Corneloup, AS364 de Mme Isabelle Valentin, AS354 de Mme Josiane Corneloup, AS365 de Mme Isabelle Valentin, AS355 de Mme Josiane Corneloup, AS366 de Mme Isabelle Valentin, AS133 de M. Cyrille Isaac-Sibille, AS8 et AS9 de M. Pierre Dharréville, AS26 et AS27 de M. Jérôme Guedj, AS95 de M. Frédéric Mathieu, AS29 de M. Jérôme Guedj, AS454 de Mme Sandrine Rousseau, AS181 de M. Yannick Neuder, AS123 de M. Sébastien Peytavie, AS455 de Mme Sandrine Rousseau, AS24 et AS28 de M. Jérôme Guedj, AS145 et AS146 de M. Thibault Bazin et AS461 de Mme Sandrine Rousseau.

Amendements identiques AS25 de M. Jérôme Guedj et AS383 de Mme Katiana Levavasseur.

M. Guillaume Garot (SOC). Le Sénat a supprimé la dispense de ticket modérateur pour les rendez-vous de prévention des patients âgés de plus de 70 ans. Par l’amendement AS25, nous souhaitons revenir sur cette disposition. La question de l’accès aux soins se pose au-delà de 70 ans, et il ne faut pas installer de barrière qui pénaliserait une catégorie de Français sous prétexte d’âge.

M. Victor Catteau (RN). L’amendement AS383 est défendu.

Mme la rapporteure générale. Je suis d’accord avec vous sur le fond. Je vous suggère le retrait de ces amendements au profit de mon amendement AS547, qui tend à rétablir la version adoptée par l’Assemblée en première lecture. Cela aura le même effet.

La commission rejette les amendements.

Puis elle adopte l’amendement AS547 de Mme Stéphanie Rist.

Amendement AS548 de Mme Stéphanie Rist.

Mme la rapporteure générale. L’amendement vise à supprimer une disposition introduite par le Sénat, qui est satisfaite.

La commission adopte l’amendement.

Puis elle adopte l’article 17 modifié.

Article 19 : Renforcer l’accès effectif à la contraception en élargissant aux majeures la prise en charge intégrale de la contraception d’urgence en pharmacie sans prescription médicale

Amendements identiques AS30 de M. Jérôme Guedj et AS411 de Mme Prisca Thevenot.

M. Guillaume Garot (SOC). L’amendement AS30 est défendu.

Mme Monique Iborra (RE). L’amendement AS411 tende à rétablir la rédaction adoptée par l’Assemblée en première lecture, de sorte que la délivrance de la contraception d’urgence soit accompagnée d’une information claire et concise sur les différents moyens sûrs de contraception et sur les consultations d’information et de suivi de contraception prises en charge sans avance de frais.

Suivant l’avis de la rapporteure générale, la commission adopte les amendements.

Amendement AS85 de Mme Marie-Charlotte Garin.

Mme Sandrine Rousseau (Ecolo - NUPES). Défendu.

Mme la rapporteure générale. J’en demande le retrait, car il est satisfait.

L’amendement est retiré.

Amendement AS86 de Mme Marie-Charlotte Garin.

Mme Sandrine Rousseau (Ecolo - NUPES). La contraception concerne à la fois l’homme et la femme. Des outils de contrôle de la fécondité masculine existent, qu’il faut accompagner et développer, en particulier chez les jeunes générations. Si, dans les années 1960 et 1970, la contraception est devenue un instrument important de la libération des femmes, elle est aussi devenue leur prérogative et leur charge, en particulier en France, où, par exemple, seuls 1 % des hommes ont recours à la vasectomie, contre 20 % dans les pays anglo-saxons. En 2020, sur les 21 000 consultations relatives à la contraception, le planning familial n’a enregistré que 200 rendez-vous concernant la contraception masculine.

Pour répondre à la nécessaire répartition de la responsabilité dans le contrôle des naissances, nous demandons que le Gouvernement remette un rapport dressant le bilan de l’extension de la prise en charge des moyens contraceptifs, féminins et masculins, par l’assurance maladie, et développant l’opportunité d’étendre la prise en charge de la contraception des hommes et des hommes transgenres de moins de 26 ans. Cette demande de rapport s’inscrit dans le prolongement de l’article de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2022 qui a étendu la gratuité de la contraception pour les femmes de moins de 26 ans.

Mme la rapporteure générale. Je suggère le retrait de l’amendement et vous propose de travailler sur cette question lors du Printemps social de l’évaluation ou dans le cadre de la Mission d’évaluation et de contrôle des lois de financement de la sécurité sociale.

L’amendement est retiré.

Amendement AS106 de Mme Ségolène Amiot.

Mme Caroline Fiat (LFI - NUPES). Défendu.

Mme la rapporteure générale. Même réponse que pour l’amendement précédent.

L’amendement est retiré.

La commission adopte l’article 19 modifié.

Article 20 : Permettre aux pharmaciens, aux infirmiers et aux sages-femmes de prescrire des vaccins

Amendements identiques AS549 de Mme Stéphanie Rist, AS31 de M. Jérôme Guedj et AS363 de Mme Isabelle Valentin.

Mme la rapporteure générale. Le Sénat a exclu les moins de 16 ans du dispositif de prescription des vaccins par les pharmaciens, les infirmiers et les sages-femmes. L’amendement vise à supprimer cette disposition.

M. Guillaume Garot (RN). L’amendement AS31 est défendu.

M. Yannick Neuder (RN). L’amendement AS363 est défendu.

M. Thibault Bazin (LR). Madame la rapporteure générale, votre exposé des motifs donne dans la sobriété littéraire. En adoptant cette disposition, le Sénat a soulevé une question importante, celle de la cohérence du suivi des moins de 16 ans : qu’allons-nous faire en matière de médecine scolaire, de médecine familiale, de protection maternelle et infantile ? Ce sujet mérite d’être étudié d’ici à la discussion en séance publique, qui portera d’ailleurs sur le texte issu du Sénat.

Mme Joëlle Mélin (RN). Je profite de l’examen de cet article pour souligner que l’on ne pourra pas faire l’économie d’une évaluation de la réglementation adoptée en 2018 en matière de vaccination ; c’est une question de responsabilité. Avant l’adoption de cette réglementation, la Haute Autorité de santé (HAS) avait simplement émis quelques préconisations, rappelant que l’Institut national de la santé et de la recherche médicale avait estimé, longtemps auparavant, que ces protocoles ne présentaient pas de danger. Or ces protocoles n’ont jamais été évalués, ni en France ni dans aucun pays européen, même si huit vaccins étaient déjà obligatoires en Estonie. Parmi les vaccins obligatoires en France, il y a non seulement des vaccins recombinés, mais aussi des vaccins à virus vivant inactivé.

Il faudra en outre vérifier si l’épidémie de bronchiolite de cet hiver est liée à des déficiences immunitaires chez les enfants. Tel n’est peut-être pas le cas ; la science nous le dira.

La commission adopte les amendements.

Puis elle adopte l’article 20 modifié.

Article 20 bis (nouveau) : Mise en œuvre d’une expérimentation d’un parcours d’accompagnement des patients atteints de diabète de type 2 souffrant d’une complication

La commission adopte l’article 20 bis non modifié.

Chapitre II – Renforcer l’accès aux soins

Article 21 bis (nouveau) : Création d’une nouvelle commission réglementée au sein de la Haute Autorité de santé

La commission adopte l’amendement de suppression AS558 de Mme Stéphanie Rist.

En conséquence, l’article 21 bis est supprimé.

Article 22 : Rénover la vie conventionnelle pour renforcer l’accès aux soins

Amendement AS542 de Mme Stéphanie Rist et sous-amendements AS563 de M. Thomas Mesnier ainsi qu’AS567 et AS568 de M. Guillaume Garot.

Mme la rapporteure générale. Il convient de rétablir l’article 22 dans la rédaction que l’Assemblée nationale avait adoptée en première lecture.

M. Thomas Mesnier (HOR). Il s’agit d’un sujet important, duquel nous n’avons malheureusement pu débattre en séance en première lecture. Comme l’adoption de l’amendement de la rapporteure générale ferait tomber les suivants, j’ai redéposé le mien sous forme de sous-amendement.

L’article 22, proposé par le Gouvernement, ouvre, dans ses alinéas 3 à 5, la possibilité d’instituer un conventionnement sélectif des médecins en fonction du territoire où ils s’installent. Cet outil est à la fois inefficace – le dernier rapport sur les charges et les produits de la Caisse nationale de l’assurance maladie montre que les professions qui y sont soumises présentent des inégalités à l’installation encore plus importantes – et injuste, car c’est le patient qui en supportera la charge – il ne sera pas remboursé lorsque le médecin ne sera pas conventionné.

C’est pourquoi je propose de supprimer cette disposition et de la remplacer par un régime d’autorisation à l’installation pour les médecins, délivrée par l’agence régionale de santé (ARS). L’autorisation serait accordée automatiquement dans les zones sous-denses, qui représentent 87 % du territoire. Dans les zones denses, elle serait soumise à certaines conditions, dont les modalités d’application seraient renvoyées à la convention médicale : soit prendre la suite d’un médecin qui cesse son activité, soit s’engager à un exercice secondaire en zone sous-dense. Un tel système de régulation permettrait de stopper le développement des inégalités à l’installation entre les territoires et d’améliorer l’accès aux soins sur tout le territoire national.

M. Guillaume Garot (SOC). Face à la désertification médicale, il faut prendre des mesures structurelles, les mesures d’incitation n’ayant pas atteint leurs objectifs : on a dépensé beaucoup d’argent sans aboutir à une meilleure répartition des médecins, qu’ils soient généralistes ou spécialistes, sur le territoire national.

Un levier possible serait la régulation de l’installation et de l’exercice – mais jusqu’où faut-il aller ? Certains collègues parlent de coercition, mais ce n’est pas de cela qu’il s’agit. Aujourd’hui, la question du conventionnement sélectif se pose. Je ne crois d’ailleurs pas, cher Thomas Mesnier, qu’il serait pénalisant pour le patient, dans la mesure où, dans les territoires où il s’exercerait, il serait toujours possible de consulter un médecin en secteur 1 ou en secteur 2.

Pour qu’une autorisation administrative délivrée par l’ARS soit efficace, il faut éviter les risques de contournement. S’il s’agit simplement pour un médecin de passer quelques heures dans un territoire voisin, cela ne règlera pas le problème. D’où notre proposition : un encadrement visant l’efficacité pour l’ensemble du territoire.

Il faut, j’y insiste, associer la régulation de l’installation et de l’exercice et l’incitation. Tous les médecins, les jeunes comme les plus expérimentés, sont concernés.

Mme la rapporteure générale. Avis défavorable sur les trois sous-amendements. Les mesures de régulation sont inefficaces, d’autant que la pénurie de médecins est globale : ce n’est pas un gâteau que l’on a à partager, mais des miettes. C’est aussi contreproductif, puisque les jeunes étudiants choisiraient d’autres voies que la médecine générale en exercice libéral.

M. Éric Alauzet (RE). Je trouve la proposition de Thomas Mesnier intéressante. Elle a évolué depuis nos dernières discussions sur le sujet : il s’agit non plus d’interdire aux médecins de s’installer à certains endroits, mais de demander une contrepartie à ceux qui voudraient le faire dans les zones denses, soit 13 % du territoire national, à savoir consacrer une partie de leur temps d’exercice aux zones sous-denses. Cela rejoint la proposition que j’avais faite concernant les médecins déjà installés – car eux aussi devraient apporter leur contribution. Même si elle n’est pas totalement aboutie, l’idée mériterait d’être creusée.

Mme Joëlle Mélin (RN). Le conventionnement sélectif est typiquement une fausse bonne idée. Nous sommes confrontés à un problème à court terme. Le numerus clausus, enfin supprimé au bout de quarante ans, a créé une pénurie de médecins totalement artificielle mais prévisible : en 2003, le rapport du doyen Berland prévoyait déjà le transfert de tâches et de compétences. Il est évident que tous les soignants sont en délégation de service public : il faut le leur dire, même s’ils ne l’apprennent pas à la fac. Ils ont des droits et ils ont des devoirs, qui se traduisent déjà par le blocage de leurs honoraires depuis quarante ans. Jusqu’où faut-il aller ? Les territoires prétendument surdotés sont en réalité juste dotés normalement. Du coup, toute mesure de coercition sera contre-productive.

Officiellement, les médecins exercent une profession libérale ; on leur dit qu’ils peuvent s’installer n’importe où et prescrire ce qu’ils veulent, mais nous passons notre temps à leur poser des interdictions. Une coercition, même partielle, monsieur Mesnier, ne nous paraît pas acceptable. Il faut trouver d’autres solutions, en particulier envoyer les étudiants en médecine sur le terrain bien avant cette dixième année qu’on leur impose. Les infirmiers en pratique avancée (IPA) y vont, pour le même travail, au bout de cinq ans !

M. Yannick Neuder (LR). En première lecture, nous n’avions pas pu discuter de ces questions dans l’hémicycle, car le Gouvernement avait décidé d’appeler par priorité les articles 32 à 37 avant de recourir à l’article 49, alinéa 3. Comme il est probable que le Gouvernement recoure encore à ce dernier, pourra-t-on, cette fois-ci, privilégier les articles 22 et 23 ? Une discussion dans l’hémicycle réunissant l’ensemble des députés et certains membres du Gouvernement ne saurait nuire au débat, quand bien même nous n’arriverions pas à nous mettre d’accord. Le sujet est tout de même d’importance. Pour beaucoup de jeunes, ce sont les conditions d’exercice de leur future activité professionnelle qui sont en jeu, donc leur orientation. Soyons prudents. J’entends dire que les mesures de coercition ne concerneraient que 13 % du territoire, mais en réalité, ces zones-là sont normalement dotées, sauf peut-être pour ce qui concerne les spécialistes. C’est la totalité du territoire français qui est sous-dotée.

M. Frédéric Valletoux (HOR). S’il existait une solution miracle susceptible de résoudre le problème des déserts médicaux, cela se saurait. Le dispositif que nous proposons n’a pas cette prétention ; en revanche, il contribuera peut-être à faire évoluer les mentalités des professionnels exerçant en libéral.

Quant à la proportion de 13 % de zones denses mise en avant pour relativiser l’effet de la mesure, elle ne concerne que les généralistes. Pour les spécialistes, la situation est différente : il existe, suivant les spécialités, des zones réellement surdotées par rapport à d’autres ; c’est une autre France qui se dessine.

M. Thomas Mesnier (HOR). En effet, monsieur Alauzet, notre proposition a évolué depuis la première lecture : nous avons tenu compte des échanges que nous avions eus à cette occasion.

Il s’agit tout de même, chers collègues de la majorité, d’un engagement de campagne du Président de la République. Je vous renvoie à la page 9 de son livret de campagne et au discours qu’il avait prononcé à Pau : il y était question de la régulation de l’installation et de la nécessité d’y travailler avec l’Ordre des médecins et les ARS.

Vous dites que la régulation est inefficace – mais qu’est-ce qui serait efficace ? L’incitation, on en voit bien les limites. Le conventionnement sélectif, lui, serait particulièrement inefficace et injuste – cela fait cinq ans que je le dis. Il faut réfléchir à d’autres solutions. Aujourd’hui, la totalité de ma circonscription est en zone sous-dense, de même que la vôtre, madame la rapporteure générale, et celles de nombreux collègues. Que fait-on pour leurs habitants ? Je connais des Angoumoisins qui vont consulter à Bordeaux, à Poitiers ou à Limoges, faute de praticiens en Charente. Le conventionnement sélectif n’y changera rien, si ce n’est qu’ils ne seront plus remboursés.

Quant à la question des 13 % de zones prétendument surdotées, je suis d’accord avec vous sur le fond, mais je voudrais vous faire part des résultats d’un petit test que j’ai réalisé. J’ai essayé de trouver un rendez-vous chez un médecin généraliste chez lequel je n’avais pas de dossier dans le 7e arrondissement de Paris et à Angoulême : dans le premier cas, je l’ai obtenu dans les deux jours ; dans le deuxième, je n’en ai pas eu. Pour une échographie d’épaule, j’ai obtenu un rendez-vous dans la demi-journée à Paris, contre trois mois d’attente à Angoulême. Ne s’agit-il pas là d’inégalités parfaitement injustes ? Ne devrions-nous pas prendre des mesures pour y remédier, conformément à nos engagements de campagne ?

M. Cyrille Isaac-Sibille (Dem). Il n’y a que 7 % des jeunes diplômés qui s’installent en médecine libérale à la sortie de leurs études : voilà le problème ! La solution pour favoriser ce mode d’exercice, cher Thomas Mesnier, c’est de faire peser le moins possible de contraintes sur les médecins libéraux. La médecine généraliste est libérale : moins il y aura de contraintes, mieux ce sera.

M. Guillaume Garot (SOC). Y a-t-il un problème de répartition des médecins généralistes et spécialistes en France ? Bien sûr que oui ! On compte trois fois plus de médecins généralistes par habitant dans les Hautes-Alpes qu’en Eure-et-Loir, dix-sept fois plus de dermatologues par habitant à Paris que dans l’Ariège, dix-huit fois plus d’ophtalmologistes par habitant à Paris que dans la Creuse. La France n’est pas un immense désert médical, ce n’est pas vrai ! Il faut deux heures pour obtenir un rendez-vous chez un ophtalmologiste en secteur 1 à Paris, six mois en Mayenne. Oui, il y a une injustice !

Il existerait une solution unique, on l’aurait déjà trouvée. En revanche, il est un levier que vous n’avez jamais voulu utiliser : c’est celui de la régulation de l’installation et de l’exercice. Cela existe pour d’autres professions médicales, dont les pharmaciens, et personne ne prétend que c’est une atteinte insupportable à leur liberté d’installation ! Ce que nous souhaitons, c’est que la liberté d’installation soit encadrée : c’est de régulation qu’il s’agit, non de coercition.

Mme la rapporteure générale. Je suis d’accord, il existe des inégalités de répartition des médecins sur le territoire – surtout des spécialistes, M. Valletoux a raison. Le problème, c’est que si l’on réduit le nombre des médecins dans les zones où l’on obtient actuellement un rendez-vous en deux jours, vu la courbe démographique et le nombre de départs à la retraite à venir, on va rapidement tomber là aussi dans la gestion de la pénurie. Les mesures que vous proposez seront donc inefficaces.

Je ne fais pas la même lecture que vous de la page 9 du livret de campagne du Président de la République, monsieur Mesnier : je considère qu’il y appelle plutôt à la responsabilité des professionnels – à leurs droits et à leurs devoirs, suivant la formule consacrée. Plusieurs mesures de ce PLFSS vont d’ailleurs dans ce sens ; il en est ainsi de la permanence des soins ambulatoires ou de la quatrième année d’internat.

Vous vous demandez ce que nous faisons pour les habitants des zones sous-denses. Je vous invite à soutenir la proposition de loi portant amélioration de l’accès aux soins par la confiance aux professionnels de santé que nous examinerons en janvier : elle vise à permettre l’accès direct aux kinésithérapeutes, aux IPA et aux orthophonistes. Ces mesures feront évoluer les métiers et le partage des tâches.

Votre sous-amendement me fait penser à certains bonbons qui sont bien appétissants mais laissent en bouche un goût atroce. Que risque-t-il de se passer si nous l’adoptons ? Les jeunes médecins voulant s’installer en zone dense iront voir ceux qui sont proches de la retraite pour leur proposer de racheter leur patientèle. Bref, cela va favoriser les départs à la retraite précoces, ce qui est tout le contraire de ce que nous souhaitons.

La commission rejette successivement les sous-amendements.

Puis elle adopte l’amendement AS542 et l’article 22 est ainsi rédigé.

En conséquence, les amendements AS1 de M. Thomas Mesnier, AS2 de M. Guillaume Garot, AS12 de M. Pierre Dharréville, AS33 de M. Jérôme Guedj, AS11 de M. Pierre Dharréville et AS153 de M. Thibault Bazin tombent.

Article 22 bis : Autoriser, à titre expérimental, les infirmières et infirmiers à signer les certificats de décès

Amendements identiques AS543 de Mme Stéphanie Rist et AS412 de Mme Nicole Dubré-Chirat.

Mme la rapporteure générale. Je propose de rétablir la rédaction adoptée en première lecture par l’Assemblée nationale pour ce qui concerne la mise en œuvre de l’expérimentation relative aux certificats de décès.

M. Thibault Bazin (LR). Renseignements pris, je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée. Notre ancien collègue Jean-Pierre Door, lui-même médecin, est très réticent envers cette disposition. C’est un décret qui va déterminer les modalités de mise en œuvre de l’expérimentation, celle-ci aura lieu dans six régions, soit presque la moitié du pays... Il serait préférable de faire preuve de prudence.

Mme Joëlle Mélin (RN). Cet article pose en effet un problème. D’abord, il est douteux que cette disposition dégage du temps de soin pour les médecins. Ensuite, il ne s’agit plus d’une question médicale au sens propre puisque, par définition, il n’y a plus de soins à donner. Il s’agit plutôt du transfert d’une responsabilité réglementaire et sociétale. Or il serait préférable que celle-ci reste au médecin car le contexte est très chargé émotionnellement et ce qui est écrit dans le certificat peut être lourd de conséquences.

Mme Nicole Dubré-Chirat (RE). Nous avons beaucoup travaillé sur cette thématique durant la précédente législature. Dans la pratique, même si elles ne remplissent pas le document, les constats de décès sont régulièrement faits par les infirmières, que ce soit en milieu hospitalier, en Ehpad ou à domicile. Souvent, les médecins arrivent de vingt-quatre à soixante-douze heures après, mobilisant la police. C’est la famille qui se trouve en difficulté, d’autant plus que l’acte est rémunéré. On ne peut pas continuer ainsi. Cette expérimentation me semble indispensable – et, soit dit en passant, je ne pense pas qu’il y ait plus d’infirmières que de médecins qui aient envoyé au dépôt mortuaire des personnes qui n’étaient pas mortes.

Mme Caroline Fiat (LFI - NUPES). Nous avions déjà évoqué la question l’année dernière.

Une fois, quand j’étais aide-soignante de nuit en Ehpad, j’ai appelé SOS Médecins et j’ai dit à la personne que j’ai eue au bout du fil de ne pas se presser parce que c’était pour une constatation de décès. Qu’est-ce que je me suis fait disputer ! Le médecin s’est plaint auprès de ma directrice parce qu’une aide-soignante ne peut pas déclarer qu’une personne est décédée, seul le médecin peut constater le décès. Pourtant, on a beau n’être qu’aide-soignant, on peut voir quand notre patient est mort !

Pour le rapport d’information sur les Ehpad que Monique Iborra et moi avons rédigé, nous avons visité un établissement, en Seine-Saint-Denis, où l’on nous a dit que SOS Médecins ne se déplaçait plus. Le corps d’un résident est ainsi resté pendant soixante-douze heures dans sa chambre, en isolement – la famille ne pouvait pas y accéder, le corps se dégradait rapidement... Du grand n’importe quoi !

Enfin, madame Mélin, il y a bien des soins à donner quand la personne est décédée : les soins post mortem sont très importants, notamment pour la dignité du mort ; et très souvent, ils sont faits par les aides-soignants.

Mme Monique Iborra (RE). Selon les gendarmes de ma circonscription, les médecins refusent tout simplement de se déplacer la nuit pour constater un décès, parce qu’il n’y a pas urgence – les gendarmes sont donc contraints de les attendre jusqu’au lendemain. On marche sur la tête ! S’il n’y a pas de réponse, on est en droit d’en chercher une différente.

M. Thomas Mesnier (HOR). Je suis assez défavorable à cette mesure, qui soulève un certain nombre de questions en termes médico-légaux. Je préfère la proposition de nos collègues du groupe Démocrate consistant à solliciter une infirmière déjà présente dans l’équipe de soins et ayant la « connaissance du patient ».

Par ailleurs, madame la rapporteure générale, je sais lire : quand le mot régulation est écrit, je le reconnais. Et me renvoyer à une proposition de loi du mois de janvier lorsque l’on connaît le travail que j’ai accompli ces cinq dernières années me semble maladroit, pour ne pas dire plus. Surtout, avant de songer à de nouvelles propositions de loi, nous devrions peut-être nous attacher à faire appliquer les lois que nous avons votées et à demander la publication de leurs décrets.

Mme la rapporteure générale. Cette expérimentation me semble vraiment importante. M. Door est un actif retraité, ancien membre de cette commission mais aussi ancien médecin, qui a peut-être tenu à faire valoir le point de vue de cette profession. Je vous engage à contacter les associations de maires, qui attendent impatiemment le début de l’expérimentation et qui se félicitent de l’allongement de sa durée minimale et de son périmètre géographique.

Cependant il est vrai que cette question relève du champ médico-légal, et que nous ne devons pas mettre les infirmières en difficulté. L’expérimentation se justifie donc d’autant plus, peut-être aussi selon diverses modalités, par exemple en la réservant ou non aux infirmières qui connaissent déjà le patient. À titre personnel, je considère toutefois que cette mesure serait assez inefficace car seul un petit nombre de décès seraient concernés.

Les ministères et les professionnels travaillent d’ores et déjà à cette expérimentation, que nous serons sans doute en mesure d’évaluer dans un an. Tant mieux, parce qu’il faut être efficace.

M. Cyrille Isaac-Sibille (Dem). Il est beaucoup question de soins coordonnés, lesquels supposent une équipe. Les morts brutales étant plus rares que celles qui sont attendues, nous avions déposé un amendement disposant que cette mesure concernerait les patients en soins palliatifs. Je suis persuadé que, dans sa grande sagesse, le Gouvernement reprendra dans le décret les modalités que nous avons précisées.

La commission adopte les amendements.

Amendement AS544 de Mme Stéphanie Rist.

Mme la rapporteure générale. La remise du rapport est donc ajustée au nouveau délai d’un an.

M. Yannick Neuder (LR). Nous sommes tous confrontés à ces situations – je suis souvent appelé le week-end pour constater un décès. Je ne suis pas étonné que les associations de maires fassent part de leur préoccupation et que les gendarmes soient confrontés à des difficultés.

Je ne veux pas être morbide ni me lancer dans une « lutte des classes » entre aides-soignants, infirmières et médecins, mais je ne tiens pas à ce que des gens soient déclarés décédés alors qu’ils ne le sont pas. Parfois, le rythme cardiaque d’un patient peut être particulièrement faible... Je ne veux pas prendre le risque qu’une seule personne mise en bière soit encore en vie. Il y a des histoires de chasse, il y a des déplacements de cercueils qui ont montré que, malgré la réglementation actuelle, des patients ont malheureusement été enterrés vivants.

Par ailleurs, qu’en sera-t-il des critères d’évaluation pour l’hôpital, les Ehpad, la médecine libérale ? Seront-ils administratifs, fondés sur le nombre de certificats de décès délivrés ?

Mme la rapporteure générale. Des médecins se sont déjà trompés. Je ne vois pas en quoi une infirmière qui serait formée devrait commettre plus d’erreurs. Encore une fois, vous considérez que seuls les médecins sont capables.

La commission adopte l’amendement.

Puis elle adopte l’article 22 bis modifié.

Article 23 : Ajout d’une quatrième année au diplôme d’études spécialisées de médecine générale

Amendements de suppression AS332 de M. Victor Catteau et AS344 de Mme Katiana Levavasseur.

M. Victor Catteau (RN). Alors que la pénurie de médecins est flagrante et que plus de 11 % de Français n’ont pas de médecin traitant, il n’est pas opportun d’instituer une quatrième année de troisième cycle d’études de médecine générale. De plus, le nombre de praticiens agréés maîtres de stage des universités est insuffisant pour garantir des conditions satisfaisantes aux 6 500 étudiants qui effectuent chaque année un stage ambulatoire.

Mme Joëlle Mélin (RN). L’amendement AS344 est défendu.

Mme la rapporteure générale. Avis défavorable.

Cette réforme vise à améliorer la formation des étudiants en médecine, notamment à leur demande, et à favoriser le développement des stages dans les zones sous denses.

La commission rejette les amendements.

Amendements identiques AS545 de Mme Stéphanie Rist et AS413 de Mme Monique Iborra, amendements AS36 de M. Jérôme Guedj et AS154 de M. Thibault Bazin (discussion commune).

Mme la rapporteure générale. Mon amendement rétablit l’article 23 dans la version que nous avons adoptée en première lecture.

M. Guillaume Garot (SOC). Si cette quatrième année nous semble en effet nécessaire pour compléter et parfaire la formation des médecins généralistes, nous considérons en revanche qu’ils doivent la passer exclusivement dans les territoires sous dotés. Des internes arguent qu’une quatrième année n’est pas nécessaire, et qu’il ne faut pas les obliger à aller où ils ne veulent pas, mais nous avons besoin de mesures fortes.

M. Thibault Bazin (LR). Mon amendement est assez différent des autres. Nous devons écouter les inquiétudes et les mécontentements qui s’expriment. En concertation avec les acteurs concernés, je propose que ce dispositif soit transformé en expérimentation afin de nous donner le temps d’une coconstruction.

Mme la rapporteure générale. Avis défavorable aux amendements autres que les identiques.

L’amendement défendu par M. Garot obligerait les étudiants à se rendre en zone sous-dense même si l’encadrement y fait défaut. Il n’en est pas question. La formation dispensée pendant cette année supplémentaire doit être de qualité.

Par ailleurs, comment concrétiser l’expérimentation proposée par M. Bazin, qui distinguerait les étudiants, certains bénéficiant d’une année de plus et d’autres non, tout en maintenant des diplômes équivalents ? En pratique, cela me semble très compliqué.

M. Guillaume Garot (SOC). Où avez-vous lu que nous plaidions pour une absence d’encadrement ? Au contraire ! Cette quatrième année d’internat doit être encadrée, mieux rémunérée et exclusivement fléchée vers les territoires où les besoins sont importants.

M. Cyrille Isaac-Sibille (Dem). Nous sommes assez réservés sur cet amendement de rétablissement.

Seuls 7 % des jeunes diplômés s’installent à l’issue de leur formation. Je me souviens d’un temps où la formation en médecine générale durait six ans, plus une année de stage interné. Puis il y eut deux, puis trois années, et en voilà maintenant une quatrième. Est-ce une solution ?

De plus, nous ne savons pas encore ce que sera le statut de ces étudiants. Après dix ans de formation, ces hommes et ces femmes ont une famille. Seront-ils rémunérés comme un interne ? Ils ont de surcroît le droit de faire des remplacements, sous leur propre responsabilité, avec à la clé une rémunération qui sera bien supérieure.

Une installation plus rapide ne supposerait-elle pas au contraire de passer de trois à deux ans de stage interné ? Cela contribuerait à augmenter le nombre effectif de praticiens alors que vous vous apprêtez à retarder d’un an l’installation d’une promotion entière ?

M. Thomas Mesnier (HOR). Cette idée d’une quatrième année ne tombe pas du ciel : depuis une dizaine d’années, les enseignants de médecine générale et les syndicats d’internes de médecine générale font des propositions en ce sens. Le problème, c’est que cette mesure a été présentée ces dernières semaines avec les pieds !

S’il s’agit uniquement d’améliorer la qualité de la formation de nos médecins, très bien, mais il n’est pas question d’envoyer des internes, seuls, dans les déserts médicaux. Ils travailleront dans des cabinets, sous l’autorité de maîtres de stage, ce qui suppose qu’il y ait... des médecins. Avançons, donc, mais en concertation avec les enseignants et les étudiants ! Et en sachant que nous serons confrontés à deux défis : une année blanche en termes d’installations, et le fait qu’avec deux semestres supplémentaires d’internat, nous aurons besoin d’un plus grand nombre de maîtres de stage.

J’entends la logique aboutissant à réduire le nombre d’années d’études mais le mouvement est global : l’internat en médecine générale passe de trois à quatre ans et, en médecine spécialisée, de quatre à cinq ans en raison de la technicité de certaines disciplines. Une réduction me paraît donc difficile.

M. Éric Alauzet (RE). Nous ne devons pas trop redouter cette année blanche. Cela a été dit, seuls 7 % des médecins s’installent après la troisième année : cela ne fait pas perdre grand-chose. En revanche, la génération en quatrième année constituera un appui considérable pour les médecins avec lesquels elle travaillera. En assurant quelques consultations, ces étudiants contribueront à renforcer la démographie médicale sur tout le territoire.

Mme Sandrine Rousseau (Ecolo - NUPES). Cette mesure vise à faire travailler des stagiaires dans des territoires éventuellement sous-dotés, avec peu de maîtres de stage. Le turnover sera important dans ces territoires, alors qu’il faut des installations pérennes pour pallier la désertification médicale. Nous restons opposés à cette réforme.

M. Yannick Neuder (LR). S’installer, c’est visser sa plaque. Bien sûr, ce n’est pas ce que fait l’intégralité d’une promotion à l’issue de ses études : il y a des médecins adjoints, des remplaçants... Mais il faut en finir avec ce chiffre de 7 %. Dans leur grande majorité, les diplômés travaillent à la sortir de leurs études – n’oublions pas les femmes qui, souvent, attendent la fin de leur internat pour avoir des enfants. Disons plutôt qu’il y a un délai d’installation. Il me semble plus proche de la réalité d’estimer le taux d’installation à 40 % après quatre ou cinq ans.

Il me semble que la grogne des étudiants s’explique par le fait que cette réforme a été présentée ou est apparue comme un moyen de pallier la désertification médicale. Mais elle recueille un assentiment général là où les maîtres de stage sont nombreux et où les internes peuvent être correctement accueillis.

Enfin le système manque de logique : d’une part on augmente le nombre d’années d’études, d’abord en médecine spécialisée puis en médecine générale, mais d’autre part on favorise les accès directs au statut d’IPA après cinq ans d’activité et de formation. Prenons garde, à terme, à ne pas sacrifier la qualité pour répondre aux problèmes que posent les déserts médicaux.

Mme la rapporteure générale. Je tiens à rassurer les étudiants. La réforme s’appliquera aux étudiants de la rentrée 2023 : l’année blanche, qu’il faudra anticiper, sera donc en 2026. Un travail interministériel est en cours, avec eux, à propos de leur statut et de la rémunération de cette année supplémentaire.

Il importe en effet que l’encadrement soit suffisamment important dans les zones défavorisées afin de répondre à ces objectifs que sont le meilleur accès aux soins et une formation de qualité.

Si, en 2026, toutes les conditions d’encadrement sont réunies pour que les étudiants soient dirigés vers ces zones, nous pourrons en décider ainsi, mais aujourd’hui, le principe de réalité nous impose de ne pas procéder à un fléchage exclusif mais « en priorité ».

La commission adopte les amendements identiques AS545 et AS413 et l’article 23 est ainsi rédigé.

En conséquence, les amendements AS36 et AS154 tombent ainsi que les autres amendements AS283 de Mme Sandrine Dogor-Such, AS178 de M. Yannick Neuder, AS356 de Mme Josiane Corneloup, AS367 de Mme Isabelle Valentin, AS155 de M. Thibault Bazin, AS179 de M. Yannick Neuder, AS151 de M. Cyrille Isaac-Sibille, AS462 de Mme Sandrine Rousseau, AS293 de M. Philippe Juvin, AS110 de M. Frédéric Mathieu, AS295, AS294 et AS296 de M. Philippe Juvin et AS48 de M. Jérôme Guedj.

Article 24 : Augmenter l’impact des aides à installation

Amendements identiques AS44 de M. Thibault Bazin, AS57 de M. Jérôme Guedj, AS150 de M. Yannick Neuder et AS419 de M. Jean-François Rousset.

M. Thibault Bazin (LR). Il convient de rétablir l’alinéa I A prévoyant un guichet unique départemental d’aide à l’installation des professionnels de santé.

M. Guillaume Garot (SOC). L’amendement AS57 est défendu.

M. Yannick Neuder (LR). Les cabinets constituent quasiment de petites entreprises et les médecins manquent de formation financière ou en management, ce qui explique qu’avant leur installation, ils mettent souvent à profit quelques années pour se renseigner sur ces modalités financières et juridiques.

Mme Monique Iborra (RE). L’amendement AS419 est défendu.

Suivant l’avis de la rapporteure générale, la commission adopte les amendements.

Amendement AS51 de M. Jérôme Guedj.

M. Guillaume Garot (SOC). Défendu.

Suivant l’avis de la rapporteure générale, la commission rejette l’amendement.

Puis la commission adopte l’article 24 modifié.

Article 24 bis : Élargissement à de nouveaux professionnels de la permanence des soins ambulatoires

Amendements identiques AS550 de Mme Stéphanie Rist, AS63 de M. Jérôme Guedj et AS414 de Mme Monique Iborra.

Mme la rapporteure générale. Il s’agit de rétablir l’article 24 bis, relatif à l’extension de la permanence des soins, supprimé par le Sénat.

M. Guillaume Garot (SOC). Nous défendons l’amendement AS63. La permanence des soins est en effet l’une des solutions pour assurer la prise en charge des patients par les médecins de ville mais aussi pour diminuer la pression qui pèse sur les urgences.

Mme Monique Iborra (RE). Une telle extension, notamment aux personnels paramédicaux, me semble en effet un progrès important. Cela implique de déterminer par voie réglementaire la rémunération d’astreinte pour les nouvelles professions de santé concernées, indépendamment de la rémunération des actes accomplis dans le cadre de leur mission.

Mme la rapporteure générale. Avis favorable.

M. Thibault Bazin (LR). Ces dispositions auraient davantage leur place dans une loi relative à l’organisation du système de santé.

La commission adopte les amendements.

En conséquence, l’article 24 bis est ainsi rétabli.

Article 24 ter : Expérimentation d’un accès direct aux infirmiers en pratique avancée

Amendements identiques AS551 de Mme Stéphanie Rist, AS62 de M. Thomas Mesnier, AS64 de M. Jérôme Guedj, AS297 de M. Philippe Juvin et AS415 de M. Jean-François Rousset.

Mme la rapporteure générale. Monsieur Bazin, je n’ai pas besoin de vous rappeler l’urgence qu’il y a à agir pour améliorer l’accès aux soins.

L’amendement vise à rétablir l’article 24 ter, relatif à l’expérimentation de l’accès direct aux IPA.

M. Thomas Mesnier (HOR). Je profite de cet amendement pour vous remercier, madame la présidente, de faire en sorte que nous puissions débattre sereinement, ce que nous n’avions pas pu faire en première lecture ni en commission, où nos débats avaient été parasités par la séance publique, ni dans l’hémicycle où ils n’avaient tout simplement pas eu lieu.

M. Élie Califer (SOC). L’amendement AS64 vise à rétablir l’expérimentation de l’accès direct aux IPA, qui est inspirée par un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales de novembre 2021 et prévue par l’article 1er de la « loi Rist ». Il s’agit de faciliter l’accès à un professionnel de santé, pas seulement dans les déserts médicaux.

M. Thibault Bazin (LR). Avec cet amendement AS297, il n’est pas interdit de s’interroger sur le rôle pivot du médecin traitant, l’organisation du parcours de soins ainsi que la coopération des professionnels de santé et les conditions d’exercice coordonné.

Vous faites des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) et des maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP) l’alpha et l’oméga de l’organisation des soins. Or certains territoires sont privés de CPTS. Ils peuvent accueillir des équipes de soins primaires de qualité, mais qui n’ont pas la chance de recevoir d’aide, contrairement aux MSP.

J’espère que l’absence de grande loi sur l’organisation du système de santé n’augure pas d’un renoncement à débattre du sujet.

Je souscris à l’objectif d’améliorer l’accès aux soins dans nos territoires, mais le PLFSS n’est sans doute pas le véhicule idoine, d’autant que le lien avec les comptes sociaux n’est pas évident.

Mme Monique Iborra (RE). L’amendement AS415 est défendu.

Mme la rapporteure générale. Je vous rappelle que l’article 24 ter est le fruit de la réflexion d’un groupe de travail transpartisan sur l’accès aux soins.

Mme la présidente Fadila Khattabi. Je salue ce travail transpartisan de qualité.

La commission adopte les amendements.

En conséquence, l’article 24 ter est ainsi rétabli.

Article 24 quater : Expérimentation d’une obligation pour les professionnels de santé de réaliser des consultations en zones sous-dotées

Amendement AS350 de Mme Joëlle Mélin.

M. Christophe Bentz (RN). Défendu.

Suivant l’avis de la rapporteure générale, la commission rejette l’amendement.

Amendement AS47 de M. Thibault Bazin.

M. Thibault Bazin (LR). Étendre une expérimentation à six régions, c’est en fait la généraliser pour la moitié de l’Hexagone. Pour conserver la nature de l’expérimentation, l’amendement la limite à trois régions, dont une peut être ultramarine.

Mme la rapporteure générale. Sagesse.

Vous avez raison, il ne faut pas prendre l’habitude de lancer des expérimentations dans six régions, mais j’ai défendu l’inverse dans le cas du certificat de décès afin que nous disposions rapidement d’une évaluation significative...

La commission adopte l’amendement.

Puis elle adopte l’article 24 quater modifié.

Article 25 : Encadrement de l’intérim médical et paramédical en établissement de santé

Amendement AS93 de M. Jérôme Guedj.

M. Elie Califer (SOC). Défendu.

Suivant l’avis de la rapporteure générale, la commission rejette l’amendement.

Amendements identiques AS77 de M. Jérôme Guedj et AS430 de Mme Sandrine Rousseau.

M. Guillaume Garot (SOC). L’amendement AS77 est défendu.

Mme Sandrine Rousseau (Ecolo - NUPES). Il s’agit d’étendre les dispositions de l’article 25 aux masseurs-kinésithérapeutes, ergothérapeutes, psychomotriciens et orthophonistes.

Mme la rapporteure générale. Les amendements sont satisfaits. Je vous invite à les retirer.

Les amendements sont retirés.

Amendements AS492 de Mme Stéphanie Rist et AS70, AS72, AS73 et AS92 de M. Jérôme Guedj (discussion commune).

Mme la rapporteure générale. Il s’agit de supprimer la condition posée par le Sénat d’une durée minimale d’exercice hors intérim au cours des douze derniers mois.

M. Guillaume Garot (SOC). Les amendements AS70, AS72 et AS73 sont défendus.

M. Élie Califer (SOC). L’amendement AS92 a pour objet de préciser que la durée minimale d’exercice en établissement ne peut être inférieure à deux ans et doit être définie après avis des ordres professionnels compétents.

Mme la rapporteure générale. Je demande le retrait de l’amendement AS92, qui est satisfait. Mon avis est défavorable aux autres amendements, qui imposent une durée uniforme. Il est important que celle-ci donne lieu à une discussion avec les professionnels.

L’amendement AS92 ayant été retiré, la commission adopte l’amendement AS492 et les autres tombent.

Amendement AS76 de M. Jérôme Guedj.

M. Elie Califer (SOC). L’amendement vise à conférer aux ARS le pouvoir de contrôler la réalité de l’exercice en établissement des professionnels médicaux et paramédicaux mis à disposition par les agences d’intérim.

Suivant l’avis de la rapporteure générale, la commission rejette l’amendement.

Amendement AS493 de Mme Stéphanie Rist.

Mme la rapporteure générale. L’amendement tend à supprimer les alinéas 7 à 9, introduits par le Sénat, relatifs au rôle de pilotage confié aux l’ARS pour les besoins en professionnels, qui s’accompagne de la possibilité de financer des recrutements répondant à des besoins ponctuels.

La commission adopte l’amendement.

Amendement AS75 de M. Jérôme Guedj.

M. Elie Califer (SOC). L’amendement vise à interdire l’intérim médical et paramédical dans les établissements recevant des personnes âgées en perte d’autonomie et des personnes en situation de handicap.

Mme la rapporteure générale. Il est satisfait par l’adoption d’un amendement transpartisan en première lecture.

L’amendement est retiré.

Amendement AS311 de Mme Sandrine Dogor-Such.

M. Serge Muller (RN). Le recours à l’intérim médical, très coûteux pour les comptes sociaux, est rendu nécessaire par le fort taux d’absentéisme du personnel hospitalier. Nous demandons donc au Gouvernement un rapport sur les causes de cet absentéisme pour éviter d’en traiter uniquement les conséquences.

Suivant l’avis de la rapporteure générale, la commission rejette l’amendement.

Puis elle adopte l’article 25 modifié.

Article 25 bis A (nouveau) : Renforcer le contrôle des juridictions financières et organismes de contrôle administratif sur les cliniques privées

La commission adopte l’article 25 bis A non modifié.

Article 25 bis B (nouveau) : Prolongation de la garantie de financement des établissements de santé pour l’année 2022

Amendement de suppression AS495 de Mme Stéphanie Rist.

Mme la rapporteure générale. La garantie de financement accordée aux établissements de santé pour 2022 a été déplacée dans la deuxième partie du PLFSS ; il est donc nécessaire de supprimer l’article qui en traitait initialement.

La commission adopte l’amendement.

En conséquence, l’article 25 bis B est supprimé.

Article 25 bis : Ajustements apportés aux règles d’autorisations d’activités de soins

Amendement AS497 de Mme Stéphanie Rist.

Mme la rapporteure générale. Il s’agit de rétablir l’article, qui ajuste les règles d’autorisation d’activités de soins.

La commission adopte l’amendement.

En conséquence, l’article 25 bis est ainsi rétabli.

Article 25 quinquies : Report au 31 juillet 2023 de la date limite de passage en commission nationale d’autorisation d’exercice des praticiens diplômés hors Union européenne

Amendements identiques AS498 de Mme Stéphanie Rist et AS416 de M. François Cormier-Bouligeon et amendement AS50 de M. Thibault Bazin (discussion commune).

Mme la rapporteure générale. Mon amendement vise à revenir à la rédaction de l’Assemblée en fixant la date limite d’examen des demandes d’autorisation d’exercice des praticiens à diplôme hors de l’Union européenne (Padhue) au 30 avril 2023 alors que le Sénat l’avait repoussée au mois de juin.

Mme Monique Iborra (RE). L’amendement AS416 est défendu.

M. Thibault Bazin (LR). Je retire mon amendement au profit de celui de la rapporteure générale, qui propose une date plus proche.

L’amendement AS50 ayant été retiré, la commission adopte les amendements identiques.

Puis elle adopte l’article 25 quinquies modifié.

Chapitre III – Accompagner les professionnels de santé et rénover le parcours de soins

Article 26 : Transparence de l’information sur les charges associées aux équipements matériels lourds d’imagerie médicale

Amendement de suppression AS424 de M. Thibault Bazin.

M. Thibault Bazin (LR). En mars 2007, les partenaires conventionnels s’engageaient à désigner conjointement un organisme indépendant pour réaliser une étude des coûts de l’imagerie médicale, dont les conclusions devaient être rendues avant le 31 décembre 2007. En dépit de la demande réitérée de la Fédération nationale des médecins radiologues (FNMR), l’assurance maladie n’a jamais donné suite.

En 2014, le directeur de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) confiait au cabinet KPMG une mission d’étude des sociétés d’exercice libéral, structure fréquemment adoptée par les gestionnaires de scanner et d’IRM. Bien que KPMG ait sollicité la FNMR pour l’aider à établir un échantillon des cabinets d’imagerie médicale, l’étude n’a jamais été menée en raison des difficultés méthodologiques.

L’échantillon et la méthodologie ne peuvent être définis par la seule Union nationale des caisses d’assurance maladie. Pour rétablir la confiance, il faut coconstruire avec les acteurs concernés. L’article 26 est insuffisant à cet égard.

Mme la rapporteure générale. Je comprends votre intention mais nous sommes parvenus en première lecture à un texte bien équilibré. Si votre amendement est voté, une situation de blocage n’est pas exclue.

La commission rejette l’amendement.

Puis elle adopte l’article 26 non modifié.

Article 26 bis : Priorisation de certains travaux du Haut Conseil aux nomenclatures

Amendement AS499 de Mme Stéphanie Rist.

Mme la rapporteure générale. Il s’agit de rétablir l’article relatif aux travaux du Haut Conseil des nomenclatures.

La commission adopte l’amendement.

En conséquence, l’article 26 bis est ainsi rétabli.

Article 27 : Réforme de la procédure de prise en charge des actes innovants hors nomenclature de biologie médicale, encadrement du dispositif de biologie délocalisée et engagement d’une régulation des dépenses

Amendement AS431 de Mme Annie Vidal.

Mme Annie Vidal (RE). Il s’agit de ramener à six mois le délai d’examen par la HAS des demandes d’inscription au référentiel des actes innovants hors nomenclature (RIHN) déposées par les laboratoires de biologie médicale et d’anatomopathologie.

Mme la rapporteure générale. Je demande le retrait de l’amendement. Le texte du Sénat prévoit que la HAS doit rendre son avis dans le délai de six mois avant l’expiration de l’inscription des actes sur le RIHN, ce qui me paraît plus pertinent.

L’amendement est retiré.

Amendements identiques AS170 de M. Yannick Neuder et AS288 de M. Philippe Juvin.

M. Thibault Bazin (LR). L’amendement AS288 est défendu.

Suivant l’avis de la rapporteure générale, la commission rejette les amendements.

Amendements AS500 de Mme Stéphanie Rist et AS342 de M. Philippe Vigier (discussion commune).

Mme la rapporteure générale. L’amendement vise à rétablir la rédaction de l’Assemblée nationale sur la régulation des dépenses de biologie médicale.

Mme Anne Bergantz (Dem). Le covid a permis aux laboratoires d’engranger d’énormes profits. Par l’amendement AS342, il nous paraît plus pertinent de cibler les baisses de tarifs qui leur sont imposées sur les actes liés au covid.

Mme la rapporteure générale. Avis défavorable à l’amendement AS342.

M. Thomas Mesnier (HOR). Pour surmonter le blocage lié aux 250 millions d’euros d’économies demandées aux laboratoires, il serait intéressant de réfléchir sur deux points : d’une part, une baisse des tarifs pérenne de 1 centime qui répondrait aux objectifs du Gouvernement tout en étant supportable pour les laboratoires, y compris les indépendants ; d’autre part, le financement de la biologie médicale dans les territoires ruraux afin d’y maintenir la présence de laboratoires indépendants et d’assurer un bon maillage. Il faut éviter les laboratoires « boîtes aux lettres » dépendant de grands groupes financiers qui nuisent à la qualité des prélèvements et du service rendu à nos concitoyens.

J’ai l’intention de travailler sur ce sujet et j’invite les collègues de tous bords intéressés à me rejoindre.

M. Yannick Neuder (LR). Nous savons que l’évolution des tarifs pourrait avoir pour effet la fermeture de 400 laboratoires plutôt situés dans des zones peu denses. Or il faut absolument conserver le triptyque maison médicale-radiologie-biologie là où il existe, car il permet de répondre à 80 % des problèmes sans avoir à recourir aux urgences.

Les efforts demandés aux biologistes sont assez injustes. Nous en faisons les mauvais élèves du PLFSS alors que nous étions bien contents de les trouver lorsque nous avons eu besoin d’eux pendant le covid. La contribution exceptionnelle, proposée par le Sénat, permet de circonscrire l’effort à l’année 2023 et de renouer la discussion avec les laboratoires.

N’oublions pas que les difficultés de la biologie auront d’abord des conséquences dans les territoires ruraux. Il faut préserver le modèle économique des laboratoires indépendants.

Plutôt que des mesures financières hâtives, prenons le temps d’une réflexion globale.

M. Eie Califer (SOC). Je suis entièrement d’accord. Il faut regarder à deux fois l’impact d’une telle mesure sur la permanence des soins dans les territoires ruraux. Nous y avons bien besoin des laboratoires, notamment en outre-mer.

La commission adopte l’amendement AS500.

En conséquence, l’amendement AS342 tombe.

La commission adopte l’article 27 modifié.

Article 27 bis : Création d’une nouvelle commission réglementée au sein de la Haute Autorité de santé

Amendements identiques AS501 de Mme Stéphanie Rist et AS289 de M. Philippe Juvin.

Mme la rapporteure générale. Il s’agit de rétablir l’article qui crée une commission spécialisée compétente pour l’évaluation des technologies diagnostiques au sein de la HAS.

M. Yannick Neuder (LR). L’amendement AS289 est défendu.

La commission adopte les amendements.

En conséquence, l’article 27 bis est ainsi rétabli.

2. Réunion du jeudi 17 novembre à 14 heures 45

Lors de sa seconde réunion du jeudi 17 novembre, la commission des affaires sociales poursuit l’examen, en nouvelle lecture, du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2023 (n° 480) (Mme Stéphanie Rist, rapporteure générale, Mme Caroline Janvier et MM. Cyrille Isaac-Sibille, Paul Christophe et Thibault Bazin, rapporteurs) ([104]).

Article 28 : Régulation des sociétés de téléconsultation facturant à l’assurance maladie obligatoire

Amendement AS67 de M. Thibault Bazin.

M. Thibault Bazin (LR). Cet amendement vise à étendre le cadre juridique de l’article 28 à la télé-expertise, dans l’intérêt des patients et pour la cohérence du système de santé. Les exigences de l’agrément pour les sociétés de téléconsultation doivent concerner aussi la télé-expertise, afin d’éviter les conflits d’intérêts. La limitation des pratiques illicites sera en outre source d’économies.

Mme Stéphanie Rist, rapporteure générale. Votre amendement est satisfait : l’article 28 va permettre de disposer d’un cadre juridique clair. Demande de retrait.

La commission rejette l’amendement.

Amendement AS161 de M. Thibault Bazin.

M. Thibault Bazin (LR). Je vous propose d’ajouter un terme qui vous est cher, en prévoyant que le référentiel des bonnes pratiques est élaboré en coconstruction avec les organisations représentatives du secteur.

Mme la rapporteure générale. L’amendement est satisfait. Demande de retrait.

La commission rejette l’amendement.

Amendement AS162 de M. Thibault Bazin.

M. Thibault Bazin (LR). Il s’agit d’un amendement de précision. Introduire la notion de certification contribuera à arrêter les dérives constatées chez certains acteurs du marché.

Suivant l’avis de la rapporteure générale, la commission adopte l’amendement.

Puis elle adopte l’amendement rédactionnel AS553 de Mme Stéphanie Rist.

Amendement AS164 de M. Thibault Bazin.

M. Thibault Bazin (LR). L’amendement précise que les rapports entre les organismes d’assurance maladie et les sociétés de téléconsultation sont définis par un accord national conclu par l’Union nationale des caisses d’assurance maladie et au moins une organisation représentative des sociétés de téléconsultation. Cet accord déterminera notamment les obligations des caisses et des sociétés de téléconsultation, les conditions de l’exercice médical au sein de ces sociétés et celles permettant que les honoraires leur soient payés directement.

Mme la rapporteure générale. Cela relève de la convention médicale. Avis défavorable.

La commission rejette l’amendement.

Amendement AS554 de Mme Stéphanie Rist.

Mme la rapporteure générale. Je propose de supprimer une disposition introduite par le Sénat qui aurait pour conséquence de limiter de manière très stricte les possibilités de prise en charge des téléconsultations. L’amendement suivant AS555 a le même objet.

La commission adopte l’amendement.

Puis elle adopte l’amendement AS555 de Mme Stéphanie Rist.

Amendement AS165 de M. Thibault Bazin.

M. Thibault Bazin (LR). Je reviens sur les deux amendements précédents : il faut assurer une régulation pour lutter contre les abus. Je sais que cette cause vous est chère, madame la présidente.

Cet amendement rédactionnel vise à remplacer la notion de « sociétés de téléconsultation » par celle d’« opérateurs de santé numériques ».

Mme la rapporteure générale. C’est un peu trop vague. Avis défavorable.

La commission rejette l’amendement.

Amendement AS343 de Mme Sandrine Dogor-Such.

M.Victor Catteau. Défendu.

Suivant l’avis de la rapporteure générale, la commission rejette l’amendement.

Amendement AS348 de Mme Sandrine Dogor-Such.

M.Victor Catteau. Défendu.

Suivant l’avis de la rapporteure générale, la commission rejette l’amendement.

Amendement AS68 de M. Thibault Bazin.

M. Thibault Bazin (LR). Cet amendement précise que les sociétés de téléconsultation ne doivent pas être sous le contrôle d’une personne physique ou morale exerçant une activité de fournisseur, de distributeur ou de fabricant de matériel de consultation.

Il s’agit de faire prévaloir la logique médicale sur la logique commerciale.

Suivant l’avis de la rapporteure générale, la commission adopte l’amendement.

Amendement AS167 de M. Thibault Bazin.

M. Thibault Bazin (LR). L’amendement prévoit que la certification de la société de téléconsultation ne pourra intervenir que si cette dernière respecte a minima le référentiel hébergeur de données de santé et les règles de la norme ISO 27001.

Suivant l’avis de la rapporteure générale, la commission rejette l’amendement.

Amendement AS169 de M. Thibault Bazin.

M. Thibault Bazin (LR). La prise en charge de la téléconsultation doit être soumise à la constitution d’une offre de soins locale. Cette condition est nécessaire pour garantir une réponse coordonnée autour du patient et un suivi de qualité dans la durée. Il faut donc conditionner l’agrément des sociétés de téléconsultation à une présence médicale physique dans les territoires.

Mme la rapporteure générale. Avis défavorable.

M. Thomas Mesnier (HOR). Lorsque la télémédecine a été intégrée dans le droit commun, il avait été prévu que la convention retienne un critère géographique afin de s’assurer que les médecins qui procèdent à ces téléconsultations soient bien les médecins habituels, établis dans un territoire bien identifié.

Pour des raisons pratiques que je comprends, la pandémie de covid-19 a conduit à libéraliser ces règles. On a alors vu apparaître des consultations sur WhatsApp – avec les doutes que cela suscitait sur la sécurité de la transmission des données. On voit désormais s’épanouir une offre de télémédecine par le biais de cabines médicales, sans savoir vraiment qui sont les médecins qui y interviennent, ni quelle est leur formation. On peut s’interroger sur la qualité de cette offre et sur la bonne organisation du parcours de soins. Ce sujet mérite toute notre attention.

M. Thibault Bazin (LR). On ne peut pas avoir un « quoi qu’il en coûte » éthique. Notre système de santé est fondé sur la confiance dans le fait de disposer de professionnels qualifiés et de bénéficier de soins de qualité.

J’ai déposé un certain nombre d’amendements destinés à lutter contre des abus. Il y a quelques années, des sociétés installées à l’étranger – notamment à Monaco – effectuaient pendant la nuit des prestations d’interprétation d’imagerie médicale pour 5 à 10 euros. Cela conduisait à une multiplication des actes, sans s’interroger sur leur pertinence et sans savoir qui se chargeait de l’interprétation.

Il faut prendre la mesure de la financiarisation et de l’ubérisation croissantes. C’est la raison pour laquelle il serait pertinent d’introduire un critère de présence physique dans un territoire – notion qui mérite d’être précisée, mais qui pourrait par exemple être un bassin de santé. Je ne suis pas certain que cela freinera le processus à l’œuvre, mais cela permettra une régulation pour éviter les abus.

Mme la rapporteure générale. J’ai donné un avis favorable à votre amendement AS68, car il convient d’éviter les conflits d’intérêts – comme l’installation d’une cabine de téléconsultation au sein même d’un magasin d’optique. Mais je suis défavorable à cet amendement, car la condition de présence physique d’une structure de l’entreprise de téléconsultation pourrait priver certaines zones de dispositifs de téléconsultation.

Il reste que nous devons réaliser un travail approfondi pour accompagner une évolution nécessaire – on a pu le constater pendant la crise du covid – mais dont il faut empêcher les dérives potentielles.

M. Yannick Neuder (LR). L’important est de trouver une rédaction qui impose une attache avec le territoire national pour les médecins qui interviennent dans le cadre de ces entreprises – lesquelles ne sont pas forcément installées en France. Cela permettrait d’éviter la délocalisation de l’interprétation, notamment en matière d’imagerie. On sait que des entreprises spécialisées embauchent des radiologues en Australie et les précarisent, ce qui menace à terme la profession.

Nous partageons le constat.

Tous les médecins présents sur le territoire national peuvent pratiquer la télémédecine, qu’ils exercent à l’hôpital, dans le secteur privé, voire qu’ils soient retraités – cela peut constituer une activité de complément. Mais il ne faut pas que cette télémédecine soit pratiquée par des médecins qui sont de « nulle part ».

La simple condition d’inscription au tableau de l’Ordre des médecins pourrait peut-être suffire pour régler le problème.

La commission rejette l’amendement.

Amendement AS375 de Mme Sandrine Dogor-Such.

M. Serge Muller (RN). Depuis la mise en place de l’expérimentation de la télémédecine en 2017, cette activité s’est considérablement développée en France, en particulier lors de la crise sanitaire.

Cet amendement propose d’installer des garde-fous, en particulier en ce qui concerne l’hébergement des données personnelles et des données de santé des patients.

Mme la rapporteure générale. L’amendement est satisfait. Lors de la première lecture, nous avons adopté un amendement de M. Guedj qui précise bien que les sociétés de télémédecine doivent respecter le règlement général sur la protection des données.

Demande de retrait.

L’amendement est retiré.

Amendement AS175 de M. Thibault Bazin.

M. Thibault Bazin (LR). Nous avons la chance d’avoir une charte des bonnes pratiques de la Caisse nationale de l’assurance maladie, ainsi qu’un référentiel de la Haute Autorité de santé sur les bonnes pratiques professionnelles, avec des recommandations sur la télémédecine.

Il faut désormais que les médecins qui interviennent en télémédecine soient tenus au respect de la déontologie médicale. Or le dispositif qui nous est proposé conduit à éloigner encore la perspective d’une mise en œuvre rapide, alors que la date du 31 décembre 2023 apparaît déjà lointaine.

Cet amendement prévoit d’obliger rapidement les sociétés de téléconsultation à se soumettre à des obligations minimales.

Suivant l’avis de la rapporteure générale, la commission rejette l’amendement.

Amendement AS177 de M. Thibault Bazin.

M. Thibault Bazin (LR). La santé numérique nécessite une adaptation rapide aux réalités rencontrées sur le terrain. Un accord particulier le permettrait.

Mme la rapporteure générale. Avis défavorable. Les négociations sur la nouvelle convention médicale viennent de débuter.

La commission rejette l’amendement.

Elle adopte ensuite l’amendement rédactionnel AS556 de Mme Stéphanie Rist.

Puis elle adopte l’article 28 modifié.

Chapitre IV – Rénover la régulation des dépenses de produits de santé

Article 30 : Garantir l’accès aux médicaments et l’efficience de leur prise en charge

Amendement AS191 de M. Thibault Bazin.

M. Thibault Bazin (LR). Le débat sur cet article n’a pas pu avoir lieu en séance publique. Santé publique France approvisionne les établissements de santé, mais ces établissements n’ont pas la maîtrise de ces approvisionnements. Il convient de ne pas les pénaliser en leur faisant supporter les risques liés au stockage des produits de santé pour le compte de Santé publique France. J’aurais aimé interroger le Gouvernement sur ce point.

Mme la rapporteure générale. Quand l’État achète des médicaments par le biais de Santé publique France pour constituer son stock stratégique, il me paraît normal qu’il bénéficie aussi des remises pour les médicaments en accès dérogatoire.

Avis défavorable.

La commission rejette l’amendement.

Amendement AS205 de M. Thibault Bazin.

M. Thibault Bazin (LR). L’amendement vise, dans un souci de lisibilité, à rapprocher la mécanique de la tarification des médicaments de thérapie innovante (MTI) de celle des autres médicaments. Il s’agit de préserver l’attractivité de la France en faisant en sorte que la tarification reflète plus fidèlement la valeur des MTI.

Je le concède, la rédaction initiale a beaucoup évolué depuis le passage au Sénat ; elle est bien meilleure même s’il reste des améliorations à apporter.

Mme la rapporteure générale. Un équilibre a été trouvé grâce au travail de l’Assemblée nationale, en collaboration avec les industriels.

M. Yannick Neuder (LR). Pouvez-vous me préciser ce que contient l’article 30 ? J’avoue que je m’y perds un peu entre le texte retenu en vertu de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution et celui adopté par le Sénat.

Mme la rapporteure générale. Le texte de l’Assemblée intègre un amendement qui précise les différents éléments du prix des thérapies innovantes. Il s’agit de dissiper les craintes sur la prise en charge du coût réel en montrant que le tarif de responsabilité ou le forfait n’est qu’une composante du prix qui s’ajoute aux versements annuels.

La commission rejette l’amendement.

Amendement AS194 de M. Thibault Bazin.

M. Thibault Bazin (LR). Il s’agit de rendre optionnel le mécanisme de paiement échelonné.

Suivant l’avis de la rapporteure générale, la commission rejette l’amendement.

Amendement AS209 de M. Thibault Bazin.

M. Thibault Bazin (LR). L’amendement vise à introduire davantage de concertation dans l’application de mesures qui ont semé le trouble chez les entreprises du médicament.

Suivant l’avis de la rapporteure générale, la commission rejette l’amendement.

Amendement AS212 de M. Thibault Bazin.

M. Thibault Bazin (LR). Dans le même esprit, il s’agit de remettre la négociation au cœur de réformes purement budgétaires.

Mme la rapporteure générale. Avis défavorable car des moyens de pilotage sont nécessaires.

La commission rejette l’amendement.

Puis, suivant l’avis de la rapporteure générale, elle rejette l’amendement rédactionnel AS213 de M. Thibault Bazin.

Amendement AS214 de M. Thibault Bazin.

M. Thibault Bazin (LR). L’amendement vise à conditionner l’étalement des paiements à un accord entre l’entreprise et les autorités de santé.

Mme la rapporteure générale. Avis défavorable.

M. Yannick Neuder (LR). Qu’en est-il finalement de la contribution sur les médicaments ayant généré un chiffre d’affaires supérieur à 50 millions d’euros ?

Mme la rapporteure générale. Nous avons adopté en première lecture, un amendement, intégré dans le nouvel article 9 bis, qui supprime la contribution spécifique et y substitue une nouvelle répartition de la clause de sauvegarde : celle-ci serait définie à 30 % selon la progression du chiffre d’affaires par rapport à l’année précédente et à 70 % au prorata du chiffre d’affaires, conformément au souhait des industriels.

La commission rejette l’amendement.

L’amendement AS215 de M. Thibault Bazin est retiré.

Amendement AS216 de M. Thibault Bazin.

M. Thibault Bazin (LR). L’amendement tend à renvoyer au dialogue conventionnel les modalités d’application.

Mme la rapporteure générale. Il me paraît satisfait puisque les conventions entre les laboratoires et le Comité économique des produits de santé (Ceps) ont précisément cet objet.

L’amendement est retiré.

Suivant l’avis de la rapporteure générale, la commission rejette l’amendement AS217 de M. Thibault Bazin.

Amendement AS446 de Mme Sabrina Sebaihi.

Mme Sandrine Rousseau (Ecolo - NUPES). Il s’agit de rendre transparents les coûts des thérapies géniques. C’est particulièrement important pour les personnes les plus vulnérables.

Mme la rapporteure générale. Je partage votre souci de la transparence dans le secteur du médicament. Toutefois, vous placez le curseur un peu loin par rapport au nécessaire équilibre que nous devons rechercher.

Mme Sandrine Rousseau (Ecolo - NUPES). L’objectif est de faire apparaître la différence entre le coût réel pour les laboratoires et le prix de vente des thérapies.

La commission rejette l’amendement.

Puis, suivant l’avis de la rapporteure générale, elle rejette l’amendement AS219 de M. Thibault Bazin.

Amendement AS218 de M. Thibault Bazin.

M. Thibault Bazin (LR). En cas de décès, on pourrait envisager de modifier les versements plutôt que de les interrompre automatiquement puisque le décès n’est pas nécessairement imputable au traitement.

Suivant l’avis de la rapporteure générale, la commission rejette l’amendement.

Amendement AS220 de M. Thibault Bazin.

M. Thibault Bazin (LR). L’amendement vise également à aménager les versements selon les situations.

Suivant l’avis de la rapporteure générale, la commission rejette l’amendement.

Amendement AS225 de M. Thibault Bazin.

M. Thibault Bazin (LR). L’amendement a pour objet d’inciter à la signature de conventions relatives au fractionnement pluriannuel des paiements de MTI.

Mme la rapporteure générale. Je n’en vois pas la nécessité. Avis défavorable.

La commission rejette l’amendement.

Amendement AS221 de M. Thibault Bazin.

M. Thibault Bazin (LR). Il s’agit à nouveau d’encourager le dialogue conventionnel.

Mme la rapporteure générale. Il est satisfait. Je vous invite donc à le retirer.

L’amendement est retiré.

Amendement AS129 de M. Jérôme Guedj.

M. Jérôme Guedj (SOC). L’amendement vise à faire des objectifs de développement durable un critère de référencement. Les médicaments ne remplissant pas ces objectifs ne seraient plus remboursés dès lors que des alternatives thérapeutiques existent. L’industrie pharmaceutique, comme les autres, doit s’intéresser au développement durable.

Mme la rapporteure générale. En première lecture, un amendement prévoyant un rapport du Gouvernement sur le référencement avait été adopté avant d’être supprimé par le Sénat. Vous pouvez peut-être sous-amender l’amendement visant à rétablir ces dispositions.

La commission rejette l’amendement.

Amendement AS300 de M. Philippe Vigier.

Mme Anne Bergantz (Dem). Défendu.

Mme la rapporteure générale. Il est satisfait. Demande de retrait.

L’amendement est retiré.

Amendement AS504 de Mme Stéphanie Rist.

Mme la rapporteure générale. L’amendement vise à rétablir la faculté pour le Ceps d’imposer des remises.

La commission adopte l’amendement.

Amendements identiques AS506 de Mme Stéphanie Rist, AS374 de Mme Katiana Levavasseur et AS417 de Mme Monique Iborra.

Mme la rapporteure générale. Il s’agit de l’amendement visant à réintroduire le rapport sur le référencement.

M. Victor Catteau (RN). L’amendement AS374 est défendu.

La commission adopte les amendements.

Puis elle adopte l’article 30 modifié.

Article 30 bis A (nouveau) : Clarification rédactionnelle portant sur les modalités d’application des remises pour les médicaments bénéficiant d’un accès précoce

La commission adopte l’article 30 bis A non modifié.

Article 30 bis B (nouveau) : Remise au Parlement du rapport annuel du Comité économique des produits de santé avant le 15 septembre de l’année suivant celle à laquelle il se rapporte

La commission adopte l’article 30 bis B non modifié.

Article 31 : Garantir l’accès des patients aux dispositifs médicaux, produits et prestations et l’efficience de leur prise en charge

Amendement AS258 de M. Thibault Bazin.

M. Thibault Bazin (LR). L’amendement vise à supprimer les alinéas 10 à 12 afin de ne pas compliquer inutilement les négociations entre le Ceps et les fabricants de dispositifs médicaux.

Il permet de retrouver le chemin d’une discussion conventionnelle qui est plus adaptée à la diversité des profils et à la nécessaire pluriannualité des décisions.

Mme la rapporteure générale. Vous présentez plusieurs amendements visant à revenir sur la mesure phare de l’article 31 : la dissociation de la tarification du produit de la prestation associée. Or cette étape me semble indispensable pour améliorer la transparence dans le secteur du dispositif médical.

Avis défavorable.

La commission rejette l’amendement.

Amendements identiques AS182 de M. Thibault Bazin et AS373 de Mme Isabelle Valentin.

M. Thibault Bazin (LR). Il s’agit de supprimer la dissociation tarifaire dès lors qu’aucune concertation ni aucune étude de l’impact sur les emplois et l’activité des entreprises du secteur n’ont été menées. Une réponse uniforme n’est sans doute pas opportune compte tenu de la grande diversité des acteurs.

M. Yannick Neuder (LR). L’amendement AS373 est défendu.

Suivant l’avis de la rapporteure générale, la commission rejette les amendements.

Puis, suivant l’avis de la rapporteure générale, elle rejette successivement les amendements AS267 et AS271 de M. Thibault Bazin.

Amendement AS278 de M. Thibault Bazin.

M. Thibault Bazin (LR). L’amendement tend à supprimer les alinéas 20 à 29, qui sont satisfaits par l’article L. 165-2-2 du code de la sécurité sociale, lequel dispose que tout exploitant ou fournisseur de distributeur au détail de produits et prestations inscrits sur la liste prévue à l’article L. 165-1 est tenu de déclarer au Ceps, par année civile et par produit ou prestation, le prix auquel il a vendu, le cas échéant au distributeur au détail, chaque produit ou prestation, déduction faite des différentes remises ou taxes en vigueur.

Mme la rapporteure générale. Votre amendement se rapporte au texte issu de la première lecture, aussi sera-t-il sans effet pour celui du Sénat. Je vous invite à le retirer ; sinon avis défavorable.

L’amendement est retiré.

Amendement AS302 de M. Thibault Bazin.

M. Thibault Bazin (LR). Il s’agit de supprimer la mesure de dissociation tarifaire prévue à l’article 31, dès lors qu’aucune concertation n’a été menée.

Mme la rapporteure générale. Avis défavorable.

M. Thomas Mesnier (HOR). Les équipements optiques sont-ils concernés par cet article, suite aux modifications apportées par le Sénat ? L’équilibre financier est-il préservé ?

Mme la rapporteure générale. Je vous répondrai à l’occasion de l’examen des amendements suivants.

La commission rejette l’amendement.

Amendements AS46 de Mme Marie-Christine Dalloz et AS320 de M. Thibault Bazin (discussion commune).

M. Yannick Neuder (LR). Je défends l’amendement AS46. L’article 31 applique de façon indifférenciée à tous les dispositifs médicaux remboursables le mode de régulation économique du médicament. Or les dispositifs médicaux ne sont pas tous remboursés de la même manière par la sécurité sociale. Ainsi, la sécurité sociale ne participe que très peu aux dépenses d’optique. Vous risquez de favoriser l’importation des montures de Chine et de tuer la filière française.

M. Thibault Bazin (LR). Le 100 % Santé permet aux 90 % de Français qui ont souscrit un contrat de complémentaire santé responsable d’acquérir des équipements optique et audio sans reste à charge. La modification des règles pourrait augmenter le reste à charge des assurés qui ne bénéficient pas du 100 % Santé.

Mme la rapporteure générale. Vos amendements sont satisfaits par l’adoption d’un amendement au Sénat qui prévoit que, lorsqu’il existe une classe à prise en charge renforcée, cette réglementation ne s’applique pas. Je vous invite à les retirer sinon avis défavorable.

M. Thibault Bazin (LR). Je vous demande, en cas de recours à l’article 49, alinéa 3, de la Constitution, d’être très attentive à la rédaction de l’article qui sera retenue dans le projet de loi.

M. Thomas Mesnier (HOR). Le Gouvernement avait émis un avis défavorable à cet amendement au Sénat, me semble-t-il. Que se passera-t-il en cas de recours à l’article 49, alinéa 3 ?

M. Yannick Neuder (LR). Compte tenu du contexte, il me semble préférable d’adopter ces amendements car nous n’avons aucune garantie que l’amendement adopté au Sénat soit conservé.

Mme la rapporteure générale. Notre travail se fonde sur le texte issu du Sénat, aussi n’est-il pas possible d’adopter des amendements qui sont déjà satisfaits.

La commission rejette successivement les amendements.

Amendement AS322 de M. Thibault Bazin.

M. Thibault Bazin (LR). Il est déjà arrivé que le Premier ministre engage la responsabilité du Gouvernement sur le vote d’un projet de loi modifié par l’adoption d’amendements en commission. Notre commission des affaires sociales aurait intérêt à adopter un amendement de précision pour insister sur la nécessité d’exclure de l’application de l’article 31 les équipements audio et optiques.

Mme la rapporteure générale. Je ne doute pas que votre message sera entendu mais nous devons écriture correctement la loi. Je vous invite à le retirer ; sinon avis défavorable.

L’amendement est retiré.

Amendement AS323 de M. Thibault Bazin.

M. Thibault Bazin (LR). L’amendement tend à exclure l’optique médicale du périmètre d’application de cette mesure.

Suivant l’avis de la rapporteure générale, la commission rejette l’amendement.

Amendement AS326 de M. Thibault Bazin.

M. Thibault Bazin (LR). L’amendement vise à exclure l’optique médicale et l’audioprothèse du périmètre d’application de ces mesures.

Suivant l’avis de la rapporteure générale, la commission rejette l’amendement.

Puis, suivant l’avis de la rapporteure générale, la commission rejette l’amendement AS329 de M. Thibault Bazin

Amendement AS330 de M. Thibault Bazin.

M. Thibault Bazin (LR). Les entreprises ne sauraient être tenues responsables de retards qui ne sont pas de leur fait. Aussi conviendrait-il de limiter les sanctions à des manquements manifestes du seul fait des entreprises elles-mêmes, témoignant ainsi de leur volonté de se soustraire à leurs obligations.

Suivant l’avis de la rapporteure générale, la commission rejette l’amendement.

Amendement AS331 de M. Thibault Bazin.

M. Thibault Bazin (LR). Il s’agit d’améliorer les conditions de la négociation conventionnelle à laquelle le Gouvernement a manifesté, en apparence du moins, son attachement.

Suivant l’avis de la rapporteure générale, la commission rejette l’amendement.

Puis la commission adopte l’article 31 non modifié.

Article 31 bis A (nouveau) : Récupération des indus sur les activités de télésurveillance prises en charge par la sécurité sociale

La commission adopte l’article 31 bis A non modifié.

Chapitre V – Renforcer la politique de soutien à l’autonomie

Article 32 : Mesures relatives à la transparence financière dans les établissements et les services médico-sociaux

Amendement AS346 de M. Thibault Bazin.

M. Thibault Bazin (LR). L’amendement tend à élargir le champ d’application des nouveaux outils mis à la disposition de l’État, des agences régionales de santé (ARS), de l’Inspection générale des affaires sociales ou de l’Inspection générale des finances à toute forme de groupement, quel que soit son statut.

Mme Caroline Janvier, rapporteure pour la branche autonomie. Votre amendement est satisfait. Les modalités de contrôle des autres groupements relevant des secteurs public et privé non lucratif sont déjà prévues aux articles L. 313-12 et L. 313-13 du code de l’action sociale et des familles. Je vous invite à le retirer ; sinon avis défavorable.

L’amendement est retiré.

Amendement AS522 de Mme Caroline Janvier.

Mme la rapporteure. L’amendement tend à supprimer une disposition introduite par le Sénat, qui vise à conditionner la signature de contrats pluriannuels d’objectifs et de moyens (CPOM) à la vérification que le cocontractant a respecté ses obligations fiscales et sociales. Cela relève des services fiscaux, et non des ARS.

La commission adopte l’amendement.

Amendement AS352 de M. Thibault Bazin.

M. Thibault Bazin (LR). L’amendement tend à préciser que les reports ou réserves qui ont pu être constitués ne soient pas repris en diminution des financements futurs mais que leur utilisation soit négociée dans le cadre du nouveau CPOM.

Mme la rapporteure. Avis défavorable, car l’amendement est satisfait.

L’amendement est retiré.

Amendement AS148 de M. Jérôme Guedj.

M. Jérôme Guedj (SOC). L’amendement tend à transformer en obligation la possibilité pour l’autorité tarificatrice de prendre en compte des reports et des réserves de l’Ehpad au cours du renouvellement du CPOM, notamment lors de la fixation de son tarif.

Mme la rapporteure. Nous devons préserver la liberté d’appréciation de l’autorité de tarification lors de la négociation avec les établissements. Avis défavorable.

La commission rejette l’amendement.

Amendement AS349 de M. Thibault Bazin.

M. Thibault Bazin (LR). Il s’agit d’un amendement de précision, car un report peut être excédentaire ou déficitaire.

Mme la rapporteure. Avis défavorable. La tarification aux recettes a pour corollaire la responsabilisation des organismes gestionnaires.

M. Thibault Bazin (LR). Espérons-le car les autorités de tutelle tardent parfois à transmettre les informations sur l’utilisation des reports, ce qui pénalise le fonctionnement des maisons de retraite. L’État devrait se montrer exemplaire.

La commission rejette l’amendement.

Amendement AS523 de Mme Caroline Janvier.

Mme la rapporteure. L’amendement vise à supprimer deux dispositions introduites par le Sénat, qui prévoient de préciser par un décret en Conseil d’État la notion de « reports à nouveau ou réserves non justifiées par des conditions d’exploitation ».

La commission adopte l’amendement.

Amendement AS524 de Mme Caroline Janvier.

Mme la rapporteure. Il s’agit de supprimer une disposition introduite par le Sénat qui vise à plafonner le montant de reports et réserves figurant dans le budget des Ehpad.

La commission adopte l’amendement.

Amendement AS103 de M. Damien Maudet.

Mme Caroline Fiat (LFI - NUPES). Nous proposons que les Ehpad qui engrangent des bénéfices sans pour autant augmenter les salaires ou embaucher du personnel supplémentaire reversent une partie de leurs profits à la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA).

Mme la rapporteure. Avis défavorable. Vous proposez de revenir sur le principe de la libre affectation des résultats par le gestionnaire.

La commission rejette l’amendement.

Puiss, suivant l’avis de la rapporteure, la commission rejette l’amendement AS96 de Mme Caroline Fiat.

Amendement AS97 de Mme Caroline Fiat.

Mme Caroline Fiat (LFI - NUPES). Il s’agit de préciser que toute personne morale sanctionnée pour avoir indûment bénéficié de fonds publics ne pourra plus prétendre à ces sommes.

Suivant l’avis de la rapporteure, la commission rejette l’amendement.

Amendements identiques AS345 de M. Thibault Bazin et AS135 de M. Jérôme Guedj.

M. Thibault Bazin (LR). L’amendement tend à donner aux autorités compétentes la possibilité de bloquer un transfert d’activité en cas de préjudice pour les petits épargnants.

M. Jérôme Guedj (SOC). Ces situations risquent de se multiplier dans les prochaines années. Il est temps d’agir.

Mme la rapporteure. Avis défavorable.

Le dispositif Censi-Bouvard arrivant bientôt à expiration, les situations que vous déplorez ne se reproduiront plus. D’autre part, les ARS ont vocation à contrôler le respect des droits des usagers, la qualité de l’accompagnement mais pas la tenue des engagements pris à l’égard des actionnaires.

Nous présenterons un amendement qui tend à rédiger un rapport sur le sujet.

M. Thibault Bazin (LR). Le Sénat a supprimé notre amendement qui tendait à établir un tel rapport. J’espère qu’il sera rétabli.

La commission rejette les amendements.

Amendement AS525 de Mme Caroline Janvier.

Mme la rapporteure. Il s’agit de supprimer une disposition introduite par le Sénat qui vise à préciser que les contrôles portant sur les Ehpad et leurs groupes gestionnaires ont lieu selon une périodicité régulière.

La commission adopte l’amendement.

Puis elle adopte l’article 32 modifié.

Article 32 bis A (nouveau) : Créer un comité d’animation des autorités de contrôles au niveau national

Amendement AS526 de Mme Caroline Janvier.

Mme la rapporteure. Le Sénat a proposé de créer un comité des autorités de contrôle. On ne peut confier cette compétence à la CNSA, car il s’agit d’une attribution régalienne, et des acteurs compétents se réunissent déjà.

M. Jérôme Guedj (SOC). La disposition du Sénat me paraît très bienvenue. Même si cela ne relève pas directement des prérogatives de la CNSA, il manque, à l’échelle nationale comme au niveau local, une instance de partage des informations relatives au fonctionnement des Ehpad. L’inspection du travail, la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, le conseil départemental, l’ARS et le procureur de la République peuvent être chacun dépositaire d’informations. Des expérimentations concluantes avaient été menées en vue de partager ces données. Il faut un pilotage national de la politique coordonnée et une instance locale chargée de son application.

La commission adopte l’amendement.

En conséquence, l’article 32 bis A est supprimé.

Article 32 bis B (nouveau) : Conclusion de contrats pluriannuels d’objectifs et de moyens entre la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie et chaque groupe privé lucratif multigestionnaire d’établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes

Amendement AS527 de Mme Caroline Janvier.

Mme la rapporteure. L’amendement vise à supprimer la disposition introduite par le Sénat qui autorise la contractualisation entre la CNSA et les groupes gestionnaires d’Ehpad. Il n’y a pas lieu de revenir sur la territorialisation de la contractualisation et de confier un pouvoir de contrôle financier et comptable à la CNSA.

M. Jérôme Guedj (SOC). C’est, là encore, une bonne disposition introduite par le Sénat. La plupart des opérateurs sont demandeurs de cela, qu’ils soient privés non lucratifs ou qu’ils appartiennent au Syndicat national des établissements et résidences privés pour personnes âgées. Ces derniers avaient proposé une sorte de contrat national pluriannuel d’objectifs et de moyens, qui leur offrirait une vision d’ensemble et justifierait un suivi de la totalité de leur financement et de leur stratégie immobilière. À l’heure actuelle, personne n’a une vision globale de la stratégie d’Orpea, de Korian, de Partage et Vie, ou d’autres. Il faudrait définir le seuil des groupes concernés. Cette mesure assurerait un pilotage plus fin que celui que les ARS peuvent réaliser.

Mme Monique Iborra (RE). Je suis d’accord avec M. Guedj, si ce n’est que l’efficacité de cette mesure serait très limitée si elle ne s’inscrivait pas dans le cadre d’une réforme globale dans le secteur du grand âge. Nous sommes dans l’attente de cette dernière. À l’heure actuelle, chaque acteur détient une part de l’information, tandis que les citoyens n’en ont aucune.

La commission adopte l’amendement.

En conséquence, l’article 32 bis B est supprimé.

Mme la présidente Fadila Khattabi. Mes chers collègues, je vous informe que le délai de dépôt des amendements pour la séance publique est repoussé à demain, 13 heures.

Article 32 bis C (nouveau) : Déclinaison du comité d’animation à l’échelle départementale

Amendement AS528 de Mme Caroline Janvier.

Mme la rapporteure. Il s’agit de supprimer une disposition du Sénat visant à réunir tous les quatre mois les représentants des autorités de contrôle.

La commission adopte l’amendement.

En conséquence, l’article 32 bis C est supprimé.

Article 32 bis D (nouveau) : Intégration du coût de l’évaluation de la qualité des prestations délivrées par les établissements dans les contrats pluriannuels d’objectifs et de moyens

Amendement AS529 de Mme Caroline Janvier.

Mme la rapporteure. L’amendement a pour objet de supprimer une disposition du Sénat sur l’intégration du coût du financement de l’évaluation de la qualité dans les CPOM.

La commission adopte l’amendement.

En conséquence, l’article 32 bis D est supprimé.

Article 32 bis E (nouveau) : Intégration d’un plan de maîtrise des risques professionnels au sein des contrats pluriannuels d’objectifs et de moyens

Amendement AS530 de Mme Caroline Janvier.

Mme la rapporteure. Il s’agit de supprimer une disposition du Sénat qui fait entrer l’évaluation des risques professionnels dans les CPOM.

La commission adopte l’amendement.

En conséquence, l’article 32 bis E est supprimé.

Article 32 quater : Demande de rapport sur l’encadrement des activités financières et immobilières des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes

Amendement AS52 de M. Thibault Bazin.

M. Thibault Bazin (LR). Le Sénat a supprimé la demande de rapport de notre assemblée concernant l’encadrement des activités financières et immobilières des Ehpad, prévu à l’article 32, en vue de mieux protéger les petits épargnants. Je vous propose de rétablir cet article issu d’un amendement de Patrick Hetzel et Pascal Brindeau.

Mme la rapporteure. Le Sénat a supprimé l’ensemble des demandes de rapport que nous avions adoptées en séance publique. Dans la mesure où ces articles ont été inclus dans le texte sur lequel le Gouvernement a engagé sa responsabilité en vertu de l’article 49, alinéa 3, je donnerai un avis favorable sur chacun des amendements visant à les rétablir afin que nous revenions au texte issu de la première lecture à l’Assemblée.

La commission adopte l’amendement.

En conséquence, l’article 32 quater est ainsi rétabli.

Article 32 quinquies : Demande de rapport sur la compensation aux départements des mesures du Ségur médico-social

Suivant l’avis de la rapporteure, la commission adopte l’amendement AS152 de M. Jérôme Guedj.

En conséquence, l’article 32 quinquies est ainsi rétabli.

Article 32 sexies : Rapport sur le nombre d’établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes publics en déficit ou en cessation de paiements

Suivant l’avis de la rapporteure, la commission adopte les amendements identiques AS54 de M. Thibault Bazin et AS156 de M. Jérôme Guedj.

En conséquence, l’article 32 sexies est ainsi rétabli.

Article 32 septies (nouveau) : Limiter à un contrat pluriannuel d’objectifs et de moyens par établissement ou service en cas de compétence conjointe de l’agence régionale de santé et du conseil départemental

Amendement AS531 de Mme Caroline Janvier.

Mme la rapporteure. Il s’agit de supprimer une disposition du Sénat qui vise à proscrire la signature de plusieurs CPOM en cas de compétence conjointe de l’ARS et du conseil départemental.

La commission adopte l’amendement.

En conséquence, l’article 32 septies est supprimé.

Article 33 bis : Forfaitisation de l’allocation personnalisée d’autonomie

La commission adopte l’article 33 bis non modifié.

Article 33 sexies : Rapport sur la mise en place d’un ratio minimal d’encadrement dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes

Amendement AS99 de Mme Caroline Fiat.

Mme Caroline Fiat (LFI - NUPES). L’amendement vise à rétablir la demande de rapport sur la création d’un ratio minimal de soignants par résident dans les Ehpad, laquelle constitue un combat de haute lutte.

Mme la rapporteure. Favorable.

Mme Monique Iborra (RE). Je souhaite également ce rétablissement. Il convient de tenir compte, en particulier, du taux d’encadrement auprès du malade, qui peut représenter moins de la moitié du taux d’encadrement général. On espère que le rapport effectuera cette distinction.

Mme Caroline Fiat (LFI - NUPES). La demande de rapport concerne bien les soignants au chevet du résident.

La commission adopte l’amendement.

En conséquence, l’article 33 sexies est ainsi rétabli.

Article 33 septies : Rapport sur la mise en place d’un bilan visuel obligatoire avant l’entrée en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes

Suivant l’avis de la rapporteure, la commission adopte l’amendement AS55 de M. Thibault Bazin.

En conséquence, l’article 33 septies est ainsi rétabli.

Article 34 : Instaurer du temps dédié à l’accompagnement et au lien social auprès de nos aînés pour prévenir leur perte d’autonomie à domicile

Amendement AS532 de Mme Caroline Janvier.

Mme la rapporteure. L’amendement vise à augmenter le concours de la CNSA aux dépenses des départements relatives à l’allocation personnalisée d’autonomie. Dans le projet de loi initial, ce plafond était rehaussé, de manière progressive, pour atteindre 8,6 % à compter du 1er janvier 2023. Le texte adopté au Sénat a porté ce taux à 9 %, dès l’entrée en vigueur de la réforme. Je vous propose de rétablir l’article dans sa version initiale.

La commission adopte l’amendement.

Puis elle adopte l’article 34 modifié.

Article 34 bis : Demande de rapport sur le congé proche aidant

Amendement AS58 de M. Thibault Bazin.

M. Thibault Bazin (LR). L’amendement tend à rétablir une demande de rapport visant à évaluer l’opportunité d’augmenter la durée et l’indemnisation du congé de proche aidant.

Suivant l’avis de la rapporteure, la commission adopte l’amendement.

En conséquence, l’article 34 bis est ainsi rétabli.

Article 34 ter : Demande de rapport sur l’accès à l’allocation journalière du proche aidant pour les proches aidants de personnes malades du cancer

Amendements identiques AS59 de M. Thibault Bazin et AS107 de Mme Ségolène Amiot.

M. Thibault Bazin (LR). L’amendement a pour objet de rétablir la demande de rapport visant à identifier les moyens à engager afin de rendre l’allocation journalière du proche aidant accessible aux aidants des personnes malades du cancer

Mme Caroline Fiat (LFI - NUPES). L’amendement AS107 nous a été inspiré par la Ligue contre le cancer.

Suivant l’avis de la rapporteure, la commission adopte les amendements.

En conséquence, l’article 34 ter est ainsi rétabli.

Article 35 : Assurer pour l’habitat inclusif la transition entre le forfait habitat inclusif et le déploiement de l’aide à la vie partagée

Amendement AS533 de Mme Caroline Janvier.

Mme la rapporteure. Il s’agit de supprimer une disposition du Sénat sur la prise en compte des coûts de démarrage des projets d’habitat inclusif dans le financement de la CNSA.

La commission adopte l’amendement.

Amendement AS534 de Mme Caroline Janvier.

Mme la rapporteure. L’amendement vise à supprimer une disposition du Sénat relative à la remise d’un bilan annuel de la mise en œuvre de l’aide à la vie partagée par les départements.

La commission adopte l’amendement.

Puis elle adopte l’article 35 modifié.

Article 35 bis A (nouveau) : Rôle de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie dans l’élaboration d’un système d’information commun pour les maisons départementales pour personnes handicapées

La commission adopte l’article 35 bis A non modifié.

Article 35 bis B (nouveau) : Augmentation du montant de l’aide versée par la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie aux départements pour leur action en faveur des professionnels des services d’aide et d’accompagnement à domicile

La commission adopte l’article 35 bis B non modifié.

Article 35 bis C (nouveau) : Expérimentation d’accueil de jour en établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes pour les personnes ayant des troubles du comportement modérés consécutifs d’une maladie neurodégénérative associée à un syndrome démentiel

Amendements identiques AS535 de Mme Caroline Janvier et AS66 de M. Thibault Bazin.

Mme la rapporteure. Il s’agit de supprimer une disposition du Sénat qui introduit une expérimentation de l’accueil de jour en Ehpad pour les personnes ayant des troubles du comportement consécutifs à un syndrome démentiel.

M. Thibault Bazin (LR). Si on élargit le public reçu dans les Ehpad, on va déshabiller Pierre pour habiller Paul. Afin de mieux prendre en charge les personnes se trouvant à l’extérieur d’une maison de retraite, il faut muscler les accueils de jour. On ne peut pas retirer aux pôles d’activités et de soins adaptés les moyens spécifiques dont ils disposent.

La commission adopte les amendements.

En conséquence, l’article 35 bis C est supprimé.

Article 35 bis D (nouveau) : Création d’une conférence des générations et de l’autonomie

Amendement AS536 de Mme Caroline Janvier.

Mme la rapporteure. L’amendement a pour objet de supprimer une disposition du Sénat visant à créer une conférence nationale des générations et de l’autonomie.

La commission adopte l’amendement.

En conséquence, l’article 35 bis D est supprimé.

Article 35 quater : Rapport sur les professionnels n’ayant pas bénéficié des revalorisations du Ségur ou des accords « Laforcade »

Amendements identiques AS60 de M. Thibault Bazin et AS163 de M. Jérôme Guedj.

M. Thibault Bazin (LR). Il s’agit de rétablir la demande de remise d’un rapport particulièrement important sur les professionnels n’ayant pas bénéficié des revalorisations du Ségur de la santé et des accords dits « Laforcade ». Le ministre Jean-Christophe Combe nous a dit qu’il fallait traiter ce problème mais que l’État ne pouvait pas faire tout le chemin. Il faut repartir d’une base précise, métier par métier, secteur par secteur.

Suivant l’avis de la rapporteure, la commission adopte les amendements.

En conséquence, l’article 35 quater est rétabli.

Article 35 sexies : Rapport sur la majoration de la prestation de compensation du handicap.

Amendement AS166 de M. Jérôme Guedj.

M. Jérôme Guedj (SOC). Il convient d’évaluer la possibilité d’augmenter la prestation de compensation du handicap.

Suivant l’avis de la rapporteure, la commission adopte l’amendement.

L’article 35 sexies est ainsi rétabli.

Article 35 septies : Rapport sur l’augmentation de la prestation de compensation du handicap

La commission maintient la suppression de l’article 35 septies.

Chapitre VI – Moderniser les prestations familiales

Article 36 : Amélioration du soutien à la garde d’enfants : complément de libre choix de mode de garde (CMG) horaire et linéaire, extension du CMG aux familles monoparentales pour la garde d’enfants âgés de 6 à 12 ans, ouverture du CMG linéarisé aux deux parents en cas de résidence alternée

Amendement AS537de M. Paul Christophe.

M. Paul Christophe, rapporteur pour la branche famille. Il s’agit de supprimer une disposition visant à suspendre le versement de complément de libre choix de mode de garde pour les familles cessant de rémunérer l’assistante maternelle. Nous sommes d’accord sur le fond mais cette mesure ne permettrait pas à l’assistante maternelle d’être rémunérée comme il se doit. Cette question devrait être traitée par le comité de filière, dont nous attendons des propositions.

La commission adopte l’amendement.

Amendement AS538 de M. Paul Christophe.

M. le rapporteur. Une autre disposition introduite par les sénateurs prévoit que le Gouvernement fixe chaque année le plafond de tarif horaire que peuvent pratiquer les microcrèches. Nous proposons de la supprimer car elle ne « tourne » pas.

La commission adopte l’amendement.

Puis elle adopte l’article 36 modifié.

Article 36 bis : Doublement de la période du congé de présence parentale pour les fonctionnaires

Amendement AS539 de M. Paul Christophe.

M. le rapporteur. Je propose de rétablir la rédaction de l’Assemblée nationale sur le dispositif relatif au doublement du congé de présence parentale pour les fonctionnaires.

La commission adopte l’amendement et l’article 36 bis est ainsi rédigé.

Article 36 quater : Suppression de la condition d’accord explicite du service du contrôle médical pour le renouvellement de l’allocation journalière de présence parentale

Amendement AS540 de M. Paul Christophe.

M. le rapporteur. L’accord du service du contrôle médical pour le renouvellement de l’allocation journalière de présence parentale, au bénéfice des parents d’enfants gravement malades, doit être tacite.

La commission adopte l’amendement.

En conséquence, l’article 36 quater est ainsi rétabli.

Article 37 : Garantir la continuité des ressources des salariés lors des congés maternité, d’adoption et de paternité et d’accueil de l’enfant

Amendement AS541 de M. Paul Christophe.

M. le rapporteur. Je propose de rétablir cet article relatif à la subrogation.

La commission adopte l’amendement.

En conséquence, l’article 37 est ainsi rétabli.

Article 37 bis : Rapport sur la mise en place d’un bilan de santé pour les enfants accueillis par l’aide sociale à l’enfance

Amendements identiques AS5 de Mme Perrine Goulet et AS171 de M. Jérôme Guedj.

M. Cyrille Isaac-Sibille (Dem). L’amendement AS5 est défendu.

M. Jérôme Guedj (SOC). Un rapport doit faire le bilan de la mise en œuvre de la disposition prévoyant qu’un bilan de santé est obligatoirement réalisé à l’entrée d’un mineur dans le dispositif de protection de l’enfance.

Suivant l’avis du rapporteur, la commission adopte l’amendement.

En conséquence, l’article 37 bis est ainsi rétabli.

Chapitre VI bis –Mesures de soutien à l’emploi des seniors et de sauvegarde du système de retraites (Division et intitulé nouveaux)

Avant l’article 37 ter

Amendement AS516 de M. Cyrille Isaac-Sibille.

M. Cyrille Isaac-Sibille, rapporteur pour la branche vieillesse. Je propose de supprimer cette division nouvelle introduite par le Sénat.

La commission adopte l’amendement.

En conséquence, la division est supprimée.

Article 37 ter (nouveau) : Mesures de soutien à l’emploi des seniors et de sauvegarde du système de retraites

Amendements de suppression AS517 de M. Cyrille Isaac-Sibille, AS108 de M. Hadrien Clouet, AS180 de M. Jérôme Guedj et AS463 de Mme Sandrine Rousseau.

M. le rapporteur. Nous partageons avec la majorité sénatoriale le constat d’une détérioration financière massive et rapide de notre système de santé, avec un déficit de près de 16 milliards d’euros en 2026 de l’ensemble des régimes de base. Le Gouvernement est engagé dans des concertations avec les partenaires sociaux pour réformer le système des retraites, en allant au-delà d’une simple mesure d’âge, en préservant la retraite par répartition, mais aussi en faisant progresser l’emploi des seniors. Je vous propose de supprimer cet article, que les sénateurs introduisent chaque année dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS), en attendant de reprendre la réflexion, dans les semaines ou les mois qui viennent.

M. Jérôme Guedj (SOC). Nous entendons supprimer cette disposition, non de manière transitoire, comme le laisse entendre le rapporteur, mais définitive, puisqu’il n’y a pas lieu de repousser l’âge légal de départ à la retraite à 64 ou 65 ans.

Mme Sandrine Rousseau (Ecolo - NUPES). Il serait scélérat de faire passer la réforme du système des retraites à la faveur de la navette, et en recourant à l’article 49, alinéa 3. Nous serons très vigilants sur les étapes suivantes car il est évident que tout report de l’âge légal défavorisera les personnes qui ont commencé à travailler jeunes et ont exercé un métier pénible.

M. Thibault Bazin (LR). Il faudrait maintenir les alinéas 1 à 7, sur la tenue d’une convention nationale. Il me semble pertinent d’acter, dans le PLFSS, la nécessité d’une concertation de ce type, préalable à toute réforme. Celle-ci devra être juste, équilibrée. Nous savons qu’elle sera complexe – vous avez siégé comme moi à la commission spéciale chargée d’examiner la réforme des retraites –, elle ne peut se faire par amendement. Je le dis officiellement, au nom du groupe Les Républicains.

Cette réforme devra intégrer la notion de responsabilité, s’agissant du niveau des pensions futures, mais aussi d’adaptation au vieillissement de la société. Il faudra aussi que nous soyons attentifs à la liberté de choix – nos concitoyens veulent parfois travailler plus longtemps, d’autres veulent partir plus tôt. Il faut, dans tous les cas, une réforme profonde, qui garantisse l’équilibre.

Mme la rapporteure générale. Il faut, comme vous le dites, une réforme du système de retraites juste, équilibrée, efficace et adaptée au vieillissement de la population. Je rappelle que les concertations ont débuté ; la première réunion au ministère du travail, ouverte à l’ensemble des commissaires, s’est tenue la semaine dernière.

La commission adopte les amendements.

En conséquence, l’article 37 ter est supprimé et l’amendement AS61 de M. Thibault Bazin tombe.

Chapitre VII – Simplifier et moderniser le service public de la sécurité sociale

Article 38 : Poursuivre la convergence sociale à Mayotte

La commission adopte l’article 38 non modifié.

Article 40 : Amélioration de la répartition des accidents du travail et maladies professionnelles des non-salariés agricoles pluriactifs et des membres de famille

La commission adopte l’article 40 non modifié.

Article 40 bis : Indemnisation des ayants droit des enfants victimes des pesticides

La commission adopte l’article 40 bis non modifié.

Article 40 quater : Cumul emploi-retraite des membres élus des organismes de mutualité sociale agricole et des chambres d’agriculture

La commission adopte l’article 40 quater non modifié.

Chapitre VIII – Poursuivre les actions de lutte contre les abus et les fraudes

Article 41 : Renforcement de la lutte contre la fraude sociale

Amendement de suppression AS78 de Mme Marie-Charlotte Garin.

Mme Sandrine Rousseau (Ecolo - NUPES). Défendu.

Suivant l’avis de la rapporteure générale, la commission rejette l’amendement.

Amendement AS257 de Mme Sophie Taillé-Polian.

Mme Sophie Taillé-Polian (Ecolo - NUPES). Cet amendement de repli vise à exclure du dispositif les agents de l’inspection du travail, dont les effectifs diminuent depuis de nombreuses années, au détriment des droits et de la santé des salariés. Alors même qu’on leur demande d’effectuer de nouvelles missions, notamment sur l’égalité femmes-hommes, ils ne souhaitent pas que le contrôle de la fraude sociale entre dans leurs prérogatives.

Mme la rapporteure générale. Nous entendons, non pas les obliger à mener ces contrôles, mais leur donner des prérogatives, comme la possibilité de mener des cyberenquêtes.

La commission rejette l’amendement.

Amendement AS490 de Mme Stéphanie Rist.

Mme la rapporteure générale. Je propose de supprimer la possibilité de transmettre à la personne concernée les procès-verbaux établis pour des faits de nature à porter préjudice aux organismes de protection sociale.

La commission adopte l’amendement.

Puis elle adopte l’article 41 modifié.

Article 41 bis : Interdiction du versement d’allocations et prestations soumises à condition de résidence en France sur des comptes bancaires non domiciliés en France

La commission adopte l’article 41 bis non modifié.

Article 43 : Encadrement de l’indemnisation des arrêts de travail prescrits dans le cadre d’une téléconsultation

Amendements de suppression AS37 de Mme Marie-Charlotte Garin, AS105 de Mme Ségolène Amiot, AS183 de M. Jérôme Guedj, AS335 de M. Victor Catteau et AS399 de M. Yannick Neuder.

Mme Sandrine Rousseau (Ecolo - NUPES). L’amendement AS37 est défendu.

Mme Caroline Fiat (LFI - NUPES). Nous entendons supprimer les dispositions visant à limiter le versement d’indemnités journalières aux seuls arrêts délivrés en téléconsultation par le médecin traitant.

M. Thibault Bazin (RN). L’amendement AS299 est défendu.

Suivant l’avis de la rapporteure générale, la commission rejette les amendements.

Suivant l’avis de la rapporteure générale, elle rejette ensuite l’amendement AS408 de Mme Sandrine Rousseau.

Puis, suivant l’avis de la rapporteure générale, elle rejette successivement les amendements AS185, AS188, AS190 et AS189 de M. Jérôme Guedj.

Amendement AS376 de M. Thibault Bazin.

M. Thibault Bazin (LR). Afin d’aller plus loin dans le contrôle des arrêts maladie octroyés dans le cadre de la téléconsultation, il serait pertinent de limiter la possibilité de délivrance d’arrêts à deux consultations successives.

Suivant l’avis de la rapporteure générale, la commission rejette l’amendement.

Amendements AS426 de Mme Sandrine Rousseau et amendements identiques AS132 de M. Sébastien Peytavie et AS193 de M. Jérôme Guedj (discussion commune).

Mme Sandrine Rousseau (Ecolo - NUPES). L’amendement AS426 est un amendement de repli qui vise à maintenir le remboursement des arrêts de travail prescrits par téléconsultation lorsque le patient réside dans une zone où l’offre de soins est déficiente. Cette mesure est très importante, particulièrement pour les personnes à mobilité réduite. L’amendement AS132 est défendu.

M. Jérôme Guedj (SOC). L’article 43 est problématique et fait débat jusque dans vos rangs, puisqu’il avait même fait l’objet d’amendements de suppression de la part de députés du groupe Renaissance. L’amendement AS193 est également un amendement de repli, qui vise à permettre d’orienter les patients vus en téléconsultation vers une consultation en physique lorsqu’un arrêt de travail est demandé, afin d’éviter le couperet de la pénalisation que vous allez instaurer.

Mme la rapporteure générale. Avis défavorable sur l’amendement AS426, car les zones sous-dotées représentent 90 % du territoire, de telle sorte que l’adoption de l’amendement reviendrait à la suppression de l’article. Quant aux amendements identiques, je rappelle qu’ils sont satisfaits par une disposition que nous avons votée en première lecture.

La commission rejette successivement les amendements.

Amendements AS176 de M. Yannick Neuder et amendements identiques AS286 de M. Philippe Juvin et AS328 de M. Yannick Neuder (discussion commune).

M. Yannick Neuder (LR). Comme vous venez de le dire, 90 % du territoire français est sous doté ; en outre, près de 6 millions de patients n’ont pas déclaré de médecin traitant. Or, alors qu’un arrêt maladie doit être fourni à l’employeur dans les quarante-huit heures, la moitié des rendez-vous ne peuvent être obtenus dans ce délai. Nous convenons tous qu’il faut renforcer le contrôle des abus de la télémédecine, car ils existent, mais il s’agit également de ne pas pénaliser les patients qui n’ont pas de médecin traitant et qui subiraient ainsi une double peine.

M. Thibault Bazin (LR). L’amendement AS286 est défendu.

Suivant l’avis de la rapporteure générale, la commission rejette successivement les amendements.

Amendements identiques AS557 de Mme Stéphanie Rist et AS206 de M. Jérôme Guedj.

Mme la rapporteure générale. L’amendement AS557 vise à supprimer les dispositions adoptées par le Sénat pour durcir le régime d’indemnisation des arrêts de travail prescrits en téléconsultation.

M. Jérôme Guedj (SOC). Madame la rapporteure, vous pensez que l’amendement sénatorial est excessif mais, pour nous, c’est l’article 43 lui-même qui est mauvais.

La commission adopte les amendements.

En conséquence, les amendements AS468 et AS464 de Mme Sandrine Rousseau tombent.

Amendements AS552 de Mme Stéphanie Rist et AS211 de M. Jérôme Guedj (discussion commune).

Mme la rapporteure générale. L’amendement AS552 rétablit la date d’entrée en vigueur de l’article 43 prévue lors de l’adoption du texte par l’Assemblée nationale.

La commission adopte l’amendement AS552.

En conséquence, l’amendement AS211 tombe.

La commission adopte l’article 43 modifié.

Article 44 : Permettre aux caisses d’assurance maladie d’évaluer des indus par extrapolation des résultats de contrôles sur des échantillons de factures

Amendement AS515 de Mme Stéphanie Rist.

Mme la rapporteure générale. Cet amendement vise à rétablir l’article 44.

La commission adopte l’amendement.

En conséquence, l’article 44 est ainsi rétabli.

TITRE II – DOTATIONS ET OBJECTIFS DE DÉPENSES DES BRANCHES ET DES ORGANISMES CONCOURANT AU FINANCEMENTDES RÉGIMES OBLIGATOIRES

Article 45 : Dotations au fonds pour la modernisation et l’investissement en santé, aux agences régionales de santé et à l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales

La commission adopte l’article 45 non modifié.

Article 46 bis : Accès à la complémentaire santé des jeunes et des personnes âgées

La commission adopte l’article 46 bis non modifié.

Article 47 : Fixation de l’objectif national de dépenses d’assurance maladie de l’ensemble des régimes obligatoires de base ainsi que ses sous-objectifs pour 2023

Amendement AS518 de Mme Stéphanie Rist.

Mme la rapporteure générale. Cet amendement tend à rétablir l’objectif national de dépenses d’assurance maladie (Ondam) pour 2023.

M. Jérôme Guedj (SOC). Nous n’allons pas ouvrir ici un débat mais il est conceptuellement intéressant qu’un tel amendement ait pu être jugé recevable au Sénat alors qu’il supprime une obligation constitutionnelle.

La commission adopte l’amendement.

En conséquence, l’article 47 est ainsi rétabli.

Article 47 bis A (nouveau) : Définition d’une remise en cause des conditions générales de l’équilibre financier

Amendement AS519 de Mme Stéphanie Rist.

Mme la rapporteure générale. Cet amendement tend à supprimer un article adopté au Sénat relatif à la qualification de la mise en cause de l’équilibre financier de la sécurité sociale en cas de dépassement de 1 % de l’Ondam.

La commission adopte l’amendement.

En conséquence, l’article 47 bis A est supprimé.

Article 47 bis B (nouveau) : Report de la réforme du financement des soins médicaux et de réadaptation

Amendement AS560 de Mme Stéphanie Rist.

Mme la rapporteure générale. Cet amendement tend à reporter l’entrée en vigueur de la réforme du financement des activités de soins médicaux et de réadaptation.

La commission adopte l’amendement.

Elle adopte l’article 47 bis B modifié.

Article 47 bis : Fixation de l’objectif national de dépenses d’assurance maladie de l’ensemble des régimes obligatoires de base ainsi que ses sous-objectifs pour 2023

Amendements identiques AS520 de Mme Stéphanie Rist et AS238 de M. Sébastien Peytavie.

Mme la rapporteure générale. L’amendement AS520 tend à supprimer le changement de dénomination du comité d’alerte de l’Ondam, renommé par le Sénat « comité de suivi ».

Mme Sandrine Rousseau (Ecolo - NUPES). L’amendement AS238 est défendu.

La commission adopte les amendements.

Puis elle adopte l’article 47 bis modifié.

Article 48 : Dotation de la branche accidents du travail et maladies professionnelles au Fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante et au Fonds de cessation anticipée d’activité des travailleurs de l’amiante, transfert au titre de la sous-déclaration des accidents du travail et maladies professionnelles et dépenses engendrées par les dispositifs de prise en compte de la pénibilité

Amendements AS559 et AS381 de M. Thibault Bazin.

M. Thibault Bazin, rapporteur pour la branche accidents du travail et maladies professionnelles. L’amendement AS381, que je dépose à titre personnel, vise à limiter à 800 millions d’euros le transfert prévu, car nous avons besoin d’investir sur la prévention. Cependant, en tant que rapporteur soucieux de cohérence avec l’esprit du PLFSS tel qu’il a été conçu, je propose, avec mon amendement AS559, de corriger les modifications apportées par le Sénat et de revenir au montant de 1,2 milliard d’euros prévu initialement par le Gouvernement pour ce transfert. Il y a là une certaine schizophrénie...

L’avis du rapporteur est donc favorable à l’amendement AS559 et défavorable à son amendement AS381.

La commission adopte l’amendement AS559.

En conséquence, l’amendement AS381 tombe.

La commission adopte l’article 48 modifié.

Article 49 bis : Cumul emploi-retraite des professionnels de santé en zone sous-dotée

La commission adopte l’amendement rédactionnel AS546 de M. Cyrille Isaac-Sibille.

Puis elle adopte l’article 49 bis modifié.

Elle adopte ensuite la quatrième partie du projet de loi modifiée.

Enfin, elle adopte l’ensemble du projet de loi de financement de la sécurité sociale modifié.

([1]) Ces articles ne sont plus en discussion et ne sont donc pas commentés dans le cadre du présent rapport. On pourra toutefois, au-delà du tableau qui les énumère, retrouver davantage d’informations sur leur contenu dans le rapport de première lecture de la commission des affaires sociales du Sénat, disponible ici : https://www.senat.fr/rap/l22-099-1/l22-099-11.pdf.

([2]) Les raisons qui ont présidé à ce refus de certification sont décrites au commentaire du même article 1er, dans le rapport de la rapporteure générale relatif à l’examen du présent texte en première lecture à l’Assemblée nationale.

([3]) Parution en août 2022, en application de l’arrêté du 1er août 2022 pris pour l’application de l’article D. 114-4-4 du code de la sécurité sociale relatif au plan comptable unique des organismes de sécurité sociale. Ce recueil rappelle que, « au cas particulier des travailleurs indépendants dont les prélèvements sociaux sont mis en recouvrement sur le fondement de notifications de sommes exigibles (suivant un mécanisme d’acomptes en N et de régularisation en N+1 en fonction des revenus professionnels déclarés), les revenus ne peuvent pas faire l’objet d’une évaluation fiable à la date de clôture de l’exercice auquel se rattache la période d’activité. La fiabilité de l’évaluation n’est assurée qu’à la date d’exigibilité des prélèvements sociaux. Le produit est, dès lors, comptabilisé à cette date et non pas rattaché à la période d’activité. »

([4]) Avis n° 2022-01 du 13 janvier 2022 relatif au Recueil de normes comptables pour les organismes de sécurité sociale.

([5]) Arrêté du 24 février 2010 portant modification de l’arrêté du 30 janvier 2008 pris en application du décret n° 2001-859 du 19 septembre 2001 modifié relatif à l’application du plan comptable unique des organismes de sécurité sociale.

([6]) Loi n° 2021-1754 du 23 décembre 2021 de financement de la sécurité sociale pour 2022.

([7]) Les règles de recevabilité des amendements parlementaires, au regard de l’article 40 de la Constitution, supposent de ne pouvoir augmenter des sous-objectifs au sein de l’Ondam qu’à la condition expresse d’en diminuer d’autres au sein de l’Ondam, au moins à due concurrence. Seule cette péréquation permet de ne pas augmenter l’enveloppe globale de l’Ondam.

([8]) Loi n° 2021-1754 du 23 décembre 2021 de financement de la sécurité sociale pour 2022.

([9]) Loi n° 2018-727 du 10 août 2018 pour un État au service d’une société de confiance.

([10]) Loi n° 2021-1754 du 23 décembre 2021 de financement de la sécurité sociale pour 2022.

([11]) Id.

([12]) Ce statut a été simplifié et harmonisé par la loi n° 2022-172 du 14 février 2022 en faveur de l’activité professionnelle indépendante.

([13]) Les cotisants de solidarité sont définis, en application de l’article L. 731-23 du code rural et de la pêche maritime, comme les personnes qui mettent en valeur une exploitation dont la superficie est inférieure à une surface minimale d’assujettissement (SMA) mais égale ou supérieure à un quart de SMA, ou qui consacrant un temps de travail à une activité agricole au moins égal à 150 heures et inférieur à 1 200 heures par an, et qui, dans les deux cas, bénéficient de revenus inférieurs à 800 fois le SMIC horaire. Ils sont redevables à ce titre d’une cotisation spécifique, dont le taux est fixé à 16 %.

([14]) Article L. 233-1 du code de commerce.

([15]) Article L. 233-3 du code de commerce.

([16]) Il est déjà prévu aujourd’hui des pénalités dont les montants sont les suivants. En application de l’article R. 243-12 du code de la sécurité sociale, il se monte à 1,5 % du plafond mensuel de sécurité sociale par salarié ou assimilé en cas de défaut de production des déclarations aux échéances prescrites ou en cas d’omission de salariés ou assimilés, appliquée pour chaque mois ou fraction de mois de retard. En application de l’article R. 243-13 du même code, il est de 1 % du plafond mensuel de sécurité sociale par salarié ou assimilé quand l’inexactitude des rémunérations déclarées a pour effet de minorer le montant des cotisations dues.

([17]) Loi n° 2019-1446 du 24 décembre 2019 de financement de la sécurité sociale pour 2020.

([18]) Décret n° 2021-1532 du 26 novembre 2021 relatif aux modalités de transfert du recouvrement des cotisations destinées au financement du régime de retraite complémentaire obligatoire mentionné à l’article L. 921-4 du code de la sécurité sociale.

([19]) Loi n° 2019-1446 du 24 décembre 2019 de financement de la sécurité sociale pour 2020.

([20]) Article L. 243-7-1 A du code de la sécurité sociale.

([21]) Sénat, rapport fait au nom de la commission des affaires sociales sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale considéré comme adopté par l’Assemblée nationale en application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution, pour 2023, par Mme Élisabeth Doineau, rapporteure générale, Mmes Corinne Imbert et Pascale Gruny, MM. René-Paul Savary, Olivier Henno et Philippe Mouiller, rapporteure et rapporteurs, sénatrice et sénateurs, tome II, examen des articles, 2 novembre 2022 (page 100).

([22]) Chiffres de Cuma France pour 2021.

([23]) Article L. 241-10 du code de la sécurité sociale.

([24]) Rapport fait au nom de la commission des affaires sociales, en nouvelle lecture, sur le projet de loi modifié par le Sénat, de financement de la sécurité sociale pour 2022, par M. Thomas Mesnier, rapporteur général, Mme Caroline Janvier, Mme Monique Limon, M. Cyrille Isaac-Sibille, M. Paul Christophe, rapporteurs, 18 novembre 2021, page 40.

([25]) Décision n° 2011-158 QPC du 5 août 2011, SIVOM de la communauté du Bruaysis.

([26]) Loi n° 2009-594 du 27 mai 2009 pour le développement économique des outre-mer.

([27]) Annexe 5 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2022.

([28]) Comité d’évaluation des dépenses fiscales et des niches sociales (juin 2011) et mission IGAS-IGF de revue des dépenses sur les exonérations de charges sociales spécifiques (juin 2015).

([29]) Arrêté du 20 juin 1988 portant fixation de l’assiette forfaitaire des cotisations de sécurité sociale dues pour l’emploi rémunéré de certains élèves d’établissements de l’enseignement supérieur.

([30]) Article L. 133-5-6 du code de la sécurité sociale.

([31]) Article 26 de la loi n° 2018-1203 du 22 décembre 2018 de financement de la sécurité sociale pour 2019.

([32]) CJUE, 26 février 2015, Ministre de l’économie et des finances contre Gérard de Ruyter, affaire C-623/13.

([33]) Conseil d’État, 27 juillet 2015, n° 334551.

([34]) Article 11 du règlement n° 883/2004 29 avril 2004, relatif à l’application des régimes de sécurité sociale aux travailleurs salariés, aux travailleurs non-salariés et aux membres de leur famille qui se déplacent à l’intérieur de la Communauté.

([35]) Loi n° 2022-1158 du 16 août 2022 portant mesures d’urgence pour la protection du pouvoir d’achat

([36]) Loi n° 2022-1157 du 16 août 2022 de finances rectificative pour 2022

([37]) Décret n° 2022-423 du 25 mars 2022 relatif à l’aide exceptionnelle à l’acquisition de carburants et décret n° 2022-1168 du 22 août 2022 modifiant le décret n° 2022-423 du 25 mars 2022 relatif à l’aide exceptionnelle à l’acquisition de carburants

([38]) Articles 79 à 81 quater du code général des impôts.

([39]) Articles R. 3261-1 à R. 3261-10 du code du travail.

([40]) https://alliancecontreletabac.org/2022/10/25/1-ado-sur-10-a-deja-utilise-la-puff-lact-reclame-son-interdiction/

([41]) https://www.santepubliquefrance.fr/determinants-de-sante/nutrition-et-activite-physique/documents/rapport-synthese/evolution-des-messages-sanitaires-devant-accompagner-les-publicites-de-certains-aliments-et-boissons-et-preconisations-concernant-l-encadrement-du

([42]) Loi n° 2004-806 du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique.

([43]) Loi n° 2016-1771 du 20 décembre 2016 relative à la suppression de la publicité commerciale dans les programmes jeunesse de la télévision publique.

([44]) Article 3 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2021.

([45]) Article 13 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2021.

([46]) Article L. 862-4 du code de la sécurité sociale.

([47]) https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/sites/default/files/2021-03/9-11_0.pdf

([48]) Loi n° 2014-57 du 27 janvier 2014 relative aux modalités de mise en œuvre des conventions conclues entre les organismes d’assurance maladie complémentaire et les professionnels, établissements et services de santé.

([49]) Article L. 112-1 du code de la mutualité.

([50]) Article L. 863-8 du code de la sécurité sociale.

([51]) Nicolas Durand & Julien Emmanuelli, Les réseaux de soins, juin 2017.

([52]) https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/sites/default/files/2021-03/9-11_0.pdf

([53]) https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/sites/default/files/2021-03/9-11_0.pdf

([54]) https://www.autoritedelaconcurrence.fr/fr/communiques-de-presse/reseaux-de-soins-dentaires-le-conseil-national-ainsi-que-5-conseils#:~:text=L’Autorit%C3%A9%20sanctionne%20des%20actions,au%20droit%20de%20la%20concurrence.

([55]) Loi n° 2022-1158 du 16 août 2022 portant mesures d’urgence pour la protection du pouvoir d’achat.

([56]) Id.

([57]) Rapport sur l’application des lois de financement de la sécurité sociale, octobre 2022, p. 125.

([58]) Loi n° 2022-1158 du 16 août 2022 portant mesures d’urgence pour la protection du pouvoir d’achat.

([59]) Article L. 241-18 du code de la sécurité sociale.

([60]) Loi n° 2022-1158 du 16 août 2022 précitée et loi n° 2022-1157 du 16 août 2022 de finances rectificative pour 2022.

([61]) Loi ° 2022-1157 du 16 août 2022 précitée.

([62]) Avis n° HCFP - 2022 - 4 relatif aux projets de lois de finances et de financement de la sécurité sociale pour l’année 2023.

([63]) Programme de stabilité 2022-2027, consultable ici : https://www.budget.gouv.fr/reperes/budget/articles/programme-de-stabilite-pstab-2022-2027

([64]) Rapport économique, social et financier, annexé au projet de loi de finances pour 2023, consultable ici : https://www.tresor.economie.gouv.fr/Articles/5b9dd056-db45-43ca-973d-2320c5157d59/files/7d5a8ecc-fc65-4a02-960d-000aa71a191b, qui rappelle qu’une réforme du régime des retraites « devra conduire à travailler progressivement plus longtemps tout en garantissant des ajustements justes et qui soient attentifs aux situations particulières, notamment ceux ayant des pensions faibles à l’issue d’une carrière complète, ceux ayant connu des carrières longues ou ayant été exposés à la pénibilité, ceux en situation d’invalidité ou d’inaptitude ».

([65]) Le rapport annexé à ce projet de loi de programmation 2023-2027 est consultable ici : https://www.legifrance.gouv.fr/contenu/Media/files/autour-de-la-loi/legislatif-et-reglementaire/actualite-legislative/2022/rapport_annexe_ecox2225712l_cm_26.09.2022.pdf Ce rapport rappelle que « une mesure décalant l’âge de départ en retraite permet d’accroître la population active, l’emploi et donc la croissance. Cela s’inscrit dans l’objectif de plein emploi, dans le contexte actuel de fortes tensions de recrutement. Cela s’accompagnera d’une mobilisation des leviers permettant d’améliorer l’accompagnement des seniors et leur taux d’activité, en particulier concernant la prévention de l’usure professionnelle. »

([66]) Proposition de loi visant à la consolidation et à la professionnalisation de la formation des internes en médecine générale (texte adopté n° 3, 2022-2023).

([67]) Arrêté du 22 septembre 2021 portant approbation de l’avenant n° 9 à la convention nationale organisant les rapports entre les médecins libéraux et l’assurance maladie signée le 25 août 2016.

([68]) Ordonnance n° 2020-309 du 25 mars 2020 relative à la garantie de financement des établissements de santé et aux régimes complémentaires obligatoires de sécurité sociale.

([69]) Loi n° 2022-46 du 22 janvier 2022 renforçant les outils de gestion de la crise sanitaire et modifiant le code de la santé publique.

([70]) Arrêté du 24 août 2022 relatif à la garantie de financement des établissements de santé pour faire face à l’épidémie de covid-19 pour l’année 2022.

([71]) Ordonnance n° 2021-583 du 12 mai 2021 portant modification du régime des autorisations d’activités de soins et des équipements matériels lourds.

([72]) Loi n° 2019-774 du 24 juillet 2019 relative à l’organisation et à la transformation du système de santé.

([73]) Article 70 de la loi n° 2019-774 du 24 juillet 2019 relative à l’organisation et à la transformation du système de santé.

([74]) Le contrôle des EHPAD, Rapport d’information de M. Bernard Bonne et Mme Michelle Meunier, fait au nom de la commission des affaires sociales, n° 771 (2021-2022), 12 juillet 2022.

([75]) Loi n° 2020-1576 du 14 décembre 2020 de financement de la sécurité sociale pour 2021.

([76]) Avenant 43 portant révision de la classification des emplois et du système de rémunération des salariés de la branche de l’aide, de l’accompagnement, des soins et services à domicile, entré en vigueur le 1er octobre 2021.

([77]) Loi n° 2021-1754 du 23 décembre 2021 pour le financement de la sécurité sociale pour 2022.

([78]) Loi n° 2021-1754 du 23 décembre 2021 de financement de la sécurité sociale pour 2022.

([79]) Loi n° 2015-1776 du 28 décembre 2015 relative à l’adaptation de la société au vieillissement.

([80]) Loi n° 2021-1754 du 23 décembre 2021 de financement de la sécurité sociale pour 2022.

([81]) Loi n° 2020-1576 du 14 décembre 2020 de financement de la sécurité sociale pour 2021.

([82]) Loi n° 2020-1576 du 14 décembre 2020 de financement de la sécurité sociale pour 2021.

([83]) Loi n° 2021-1754 du 23 décembre 2021 de financement de la sécurité sociale pour 2022.

([84]) Loi n° 2021-1754 du 23 décembre 2021 de financement de la sécurité sociale pour 2022.

([85]) Loi n° 2021-1484 du 15 novembre 2021 visant à améliorer les conditions de présence parentale auprès d’un enfant dont la pathologie nécessite un accompagnement soutenu.

([86]) Loi n° 2021-1754 du 23 décembre 2021 de financement de la sécurité sociale pour 2022.

([87]) Ordonnance n° 2021-1574 du 24 novembre 2021 portant partie législative du code général de la fonction publique.

([88]) Loi n° 2021-1484 du 15 novembre 2021 visant à améliorer les conditions de présence parentale auprès d’un enfant dont la pathologie nécessite un accompagnement soutenu.

([89]) Loi n° 2019-1446 du 24 décembre 2019 de financement de la sécurité sociale pour 2020.

([90]) Loi n° 2022-1158 du 16 août 2022 portant mesures d’urgence pour la protection du pouvoir d’achat.

([91]) Article L. 161-22-1 A du code de la sécurité sociale.

([92]) Loi organique n° 2022-354 du 14 mars 2022 relative aux lois de financement de la sécurité sociale.

([93]) Le périmètre de l’Ondam ne recouvre ainsi pas toutes les dépenses qui sont à la charge de l’assurance maladie. Les indemnités journalières maladie, prestations en espèce délivrées par l’assurance maladie en cas d’incapacité médicalement constatée, sont des prestations « hors Ondam ».

([94]) Voir le commentaire de l’article 1er.

([95]) Loi organique n° 2022-354 du 14 mars 2022 relative aux lois de financement de la sécurité sociale.

([96]) Loi n° 2021-1754 du 23 décembre 2021 de financement de la sécurité sociale pour 2022.

([97]) Loi n° 2004-810 du 13 août 2004 relative à l’assurance maladie.

([98]) Article L. 114-4-1 du code de la sécurité sociale.

([99]) Décret n° 2011-432 du 19 avril 2011 fixant le seuil de déclenchement de l’alerte en cas de risque sérieux de dépassement de l’objectif national des dépenses d’assurance maladie.

([100]) Le lecteur pourra se reporter au commentaire de l’article 47 du présent projet de loi en première lecture afin d’être éclairé quant à l’évolution des Ondam « hors crise sanitaire » et « avec crise sanitaire ».

([101]) Article L. 161-22 du code de la sécurité sociale.

([102]) Ce chapitre porte sur les professions médicales, les professions de la pharmacie, les auxiliaires médicaux, les aides-soignants, les auxiliaires de puériculture ainsi que les ambulanciers.

([103]) https://videos.assemblee-nationale.fr/video.12491408_6375efcc148c5.commission-des-affaires-sociales--projet-de-loi-de-financement-de-la-securite-sociale-pour-2023-no-17-novembre-2022

([104]) https://videos.assemblee-nationale.fr/video.12496302_63763903f0728.commission-des-affaires-sociales--projet-de-loi-de-financement-de-la-securite-sociale-pour-2023-no-17-novembre-2022