AN · données ouvertes
Textes / Loi de financement de la sécurité sociale 2020

projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2020

Projet de loi · de financement de la sécurité sociale · 13/01/2020 · 382 182 caractères · HTML sur assemblee-nationale.fr

Sommaire (112)
  1. PREMIÈRE PARTIE — DISPOSITIONS RELATIVES À L’EXERCICE 2018
  2. Article 1er
  3. Article 2
  4. DEUXIÈME PARTIE — DISPOSITIONS RELATIVES À L’EXERCICE 2019
  5. Article 3
  6. Article 4
  7. Article 5
  8. Article 6
  9. TROISIÈME PARTIE — DISPOSITIONS RELATIVES AUX RECETTES ET À L’ÉQUILIBRE DE LA SÉCURITÉ SOCIALE POUR L’EXERCICE 2020
  10. TITRE Ier — DISPOSITIONS RELATIVES AUX RECETTES, AU RECOUVREMENT ET a LA TRÉSORERIE
  11. Chapitre Ier — Favoriser le soutien à l’activité économique et aux actifs
  12. Article 7
  13. Article 8
  14. Article 9
  15. Article 10
  16. Article 11
  17. Article 12
  18. Article 13
  19. Article 14
  20. Article 15
  21. Article 16
  22. Article 17
  23. Chapitre II — Simplifier et moderniser les relations avec l’administration
  24. Article 18
  25. Article 19
  26. Article 20
  27. Article 21
  28. Article 22
  29. Chapitre III — Réguler le secteur des produits de santé
  30. Article 23
  31. Article 24
  32. TITRE II — CONDITIONS GÉNÉRALES DE L’ÉQUILIBRE FINANCIER DE LA SÉCURITÉ SOCIALE
  33. Article 25
  34. Article 26
  35. Article 27
  36. Article 28
  37. Article 29
  38. Article 30
  39. Article 31
  40. QUATRIÈME PARTIE — DISPOSITIONS RELATIVES AUX DÉPENSES POUR L’EXERCICE 2020
  41. TITRE IER — POURSUIVRE LA TRANSFORMATION DU SYSTÈME DE SOINS
  42. Chapitre Ier — Réformer le financement de notre système de santé
  43. Article 32
  44. Article 33
  45. Article 34
  46. Article 35
  47. Article 36
  48. Article 37
  49. Article 38
  50. Article 39
  51. Article 40
  52. Article 41
  53. Article 42
  54. Article 43
  55. Article 44
  56. Article 45
  57. Chapitre II — Améliorer l’accès aux soins
  58. Article 46
  59. Article 47
  60. Article 48
  61. Article 49
  62. Article 50
  63. Article 51
  64. Article 52
  65. Article 53
  66. Article 54
  67. Article 55
  68. Article 56
  69. Article 57
  70. Article 58
  71. Chapitre III — Renforcer la qualité, la pertinence et l’efficience des soins
  72. Article 59
  73. Article 60
  74. Article 61
  75. Article 62
  76. Article 63
  77. Article 64
  78. Article 65
  79. Article 66
  80. Article 67
  81. TITRE II — PROMOUVOIR LA JUSTICE SOCIALE
  82. Chapitre Ier — Protéger les Français contre les nouveaux risques
  83. Article 68
  84. Article 69
  85. Article 70
  86. Article 71
  87. Chapitre II — Lutter contre la reproduction des inégalités sociales et territoriales
  88. Article 72
  89. Article 73
  90. Article 74
  91. Article 75
  92. Article 76
  93. Article 77
  94. Article 78
  95. Article 79
  96. Article 80
  97. Chapitre III — Prendre en compte les parcours, les situations et les transitions
  98. Article 81
  99. Article 82
  100. Article 83
  101. Article 84
  102. Article 85
  103. TITRE III — DOTATIONS ET OBJECTIFS DE DEPENSE DES BRANCHES ET DES ORGANISMES CONCOURANT AU FINANCEMENT DES REGIMES OBLIGATOIRES
  104. Article 86
  105. Article 87
  106. Article 88
  107. Article 89
  108. Article 90
  109. Article 91
  110. Article 92
  111. Article 93
  112. Article 94

Par rapport aux prévisions du PLFSS pour 2019, le solde des régimes obligatoires de base et du Fonds de solidarité vieillesse (FSV) s’est dégradé, dans le contexte des mesures d’urgence décidées à la fin de l’année 2018, ainsi que du fait d’une situation économique moins favorable qu’anticipée. En conséquence, il est nécessaire de revenir sur les mesures d’accélération du désendettement et de transfert de recettes au budget de l’État qui avaient été décidées l’an dernier, et de décaler la date de retour à l’équilibre tenant compte de ce contexte (I). Cette trajectoire tient compte de l’absence de hausse de prélèvement sur les ménages ou les entreprises, des efforts de maîtrise de la dépense, et du cadre renouvelé des relations financières entre l’État et la sécurité sociale (II). Ces efforts permettront aux branches autres que la branche Vieillesse de dégager des excédents : dès 2020 pour les branches Famille et Accidents du travail et maladies professionnelles et en 2023 pour la branche Maladie (III).

I. – Le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2020 tire les conséquences d’une situation économique moins favorable que prévue et des mesures d’urgence économiques et sociales de fin 2018.

Pour 2020, le Gouvernement retient des hypothèses de croissance du PIB de 1,3 % en 2020 (après 1,4 % en 2019) et de 2,8 % de la masse salariale privée (après 3,3 % en 2019) ainsi qu’une hypothèse d’inflation hors tabac (1,0 %) stable par rapport à 2019.

Pour les années 2021 à 2023, le Gouvernement retient un scénario de croissance robuste et régulière sur l’ensemble de la trajectoire. L’inflation augmenterait progressivement avec un effet à la hausse sur les salaires nominaux conduisant à une accélération progressive de la masse salariale.

Le Haut Conseil des finances publiques a rendu le 27 septembre 2019 un avis sur ces prévisions macroéconomiques qu’il considère comme atteignables pour 2019 et plausibles pour 2020. Il estime ainsi que les prévisions d’inflation, d’emploi et de masse salariale retenues par le Gouvernement pour 2019 sont cohérentes avec les informations disponibles et raisonnables pour 2020.

Le tableau ci-dessous détaille les principaux éléments retenus pour l’élaboration des prévisions de recettes et objectifs de dépenses décrits dans la présente annexe.

2017201820192020202120222023
PIB en volume2,2%1,7%1,4%1,3%1,3%1,4%1,4%
Masse salariale3,5%3,5%3,3%2,8%3,0%3,3%3,4%
Inflation hors tabac1,0%1,6%1,0%1,0%1,3%1,6%1,8%
ONDAM2,2%2,2%2,5%2,3%2,3%2,3%2,3%

L’amélioration de la conjoncture économique et la maîtrise des dépenses ont permis une réduction significative des déficits sociaux en 2018 prolongeant la trajectoire positive lors des sept années précédentes.

En 2019 les perspectives de croissance, moins favorables que prévu en raison notamment d’un environnement international moins porteur, reportent le retour à l’équilibre durable de l’ensemble des régimes de base, sans remettre toutefois en cause la stratégie du Gouvernement en matière de redressement des comptes sociaux, ni l’objectif de désendettement de la sécurité sociale.

En effet, le déficit du régime général serait réduit à -0,3 milliard d’euros en 2023. À cette même date, le déficit du fonds de solidarité vieillesse (FSV) ne serait plus que de -0,3 milliard d’euros ; le déficit consolidé régime général + FSV atteindrait ainsi +0,1 milliard d’euros. L’équilibre des comptes des régimes obligatoires de base de sécurité sociale et des organismes concourant à leur financement ne serait quant à lui pas atteint à cette même date, en raison de la trajectoire plus dégradée de la Caisse nationale de retraite des agents des collectivités territoriales. En 2023, le déficit global pour l’ensemble des régimes obligatoires atteindrait -1,1 milliard d’euros.

En l’absence de retour à l’équilibre dès 2020 sur le champ du régime général, il n’est par ailleurs plus envisageable de prévoir des transferts de recettes à la CADES et à l’État. Par conséquent, pour les années 2020 à 2022, le PLFSS pour 2020 supprime les dispositions de la LFSS pour 2019 qui avaient prévu l’affectation à la CADES des ressources de CSG (1,6 milliard d’euros en 2019, 1,8 milliard d’euros l’année suivante, et 1,5 milliard d’euros supplémentaires à compter de 2022) destinés à l’apurement de la dette qu’il était envisagé de lui transférer dans une limite de 15 milliards d’euros. Symétriquement, en l’absence d’excédent des régimes obligatoires de base de sécurité sociale, la loi de finances prévoit la suppression de la réduction à due concurrence de la fraction de TVA affectée à la sécurité sociale.

Le désendettement de la sécurité sociale se poursuivra néanmoins à un rythme élevé. La prévision d’amortissement de dette par la CADES est fixée à 16,7 milliards d’euros, après 16 milliards d’euros prévus en 2019 et 15,4 milliards d’euros constatés en 2018. Fin 2020, la CADES devrait avoir remboursé près de 190 milliards d’euros de dettes depuis sa création, confortant l’objectif de remboursement de la totalité des dettes transférées restantes, soit 105,3 milliards d’euros d’ici 2025. Ces niveaux sont très supérieurs à celui du déficit courant prévu par la loi (-5,6 milliards d’euros sur le champ des ROBSS + FSV en 2020), ce qui permet de constater un désendettement effectif au niveau de l’ensemble des régimes obligatoires de base de sécurité sociale.

II. – Cette trajectoire s’inscrit dans un cadre de maîtrise de la dépense, d’absence de hausses de prélèvement et de simplification des relations entre l’État et la sécurité sociale.

L’année 2019 a été marquée par une importante évolution du financement de la sécurité sociale du fait de la mise en place de la réduction de 6 points de cotisations d’assurance maladie pour les rémunérations inférieures à 2,5 fois le SMIC en substitution du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) et du crédit d’impôt de taxe sur les salaires (CITS). En outre, depuis le 1er octobre (le 1er janvier pour certains secteurs), les allégements généraux de cotisations sociales ont été renforcés au niveau du SMIC afin d’encourager la création d’emploi. Ils portent désormais sur les contributions d’assurance chômage et de retraite complémentaire. Ainsi, au niveau du SMIC, plus aucune cotisation ou contribution sociale, payée habituellement par toutes les entreprises, n’est due, à la seule exception de la cotisation au titre des accidents du travail et des maladies professionnelles pour la part correspondant à la sinistralité des entreprises. Le PLFSS pour 2020 ne revient pas sur ce schéma.

Le PLFSS ne prévoit par ailleurs aucune mesure significative de hausse des cotisations ou contributions dues par les employeurs ou les entreprises. Il est toutefois prévu de limiter l’effet favorable de la déduction forfaitaire spécifique (DFS), abattement d’assiette originellement représentatif des frais professionnels dans certains secteurs, sur la réduction générale de cotisations employeurs qui a été renforcée dans la LFSS 2018 et qui exonère, à compter du 1er octobre 2019, l’employeur de la totalité des cotisations patronales pour l’emploi d’un salarié au SMIC. Cet avantage sera plafonné à compter du 1er janvier 2020 par voie réglementaire à 130 % des allègements généraux de droit commun. Cette mesure permettra de limiter les interférences entre différents dispositifs d’exonérations et se traduira par un effet positif sur les recettes d’environ 0,4 milliard d’euros sans impact sur la rémunération nette des salariés.

Le projet de loi de finances prévoit de limiter le bénéfice de l’exonération de cotisations sociales dont bénéficient les micro-entrepreneurs créateurs d’entreprise pour qu’elles n’excèdent pas celles dont bénéficient les autres travailleurs indépendants, et se limitent à une année blanche de cotisations sociales pour la création ou la reprise d’une entreprise. Le coût de cette exonération étant compensé par le budget de l’État, cette mesure n’a pas d’effet direct sur les ressources des branches.

Conformément, par ailleurs, aux recommandations du rapport remis au Parlement en 2018 sur les relations financières entre l’État et la sécurité sociale, et à l’exception des suppressions de taxes à faible rendement, les baisses de prélèvements obligatoires décidées depuis 2019 sont supportées par l’État ou la sécurité sociale, en fonction de l’affectation de ces derniers, sans qu’il soit nécessaire ensuite de procéder à des transferts de compensation dans un sens ou dans l’autre.

Aussi, en cohérence avec la LFSS pour 2019, le PLFSS pour 2020 prévoit donc par exception à l’article L.131-7 du code de la sécurité sociale que ne feront pas l’objet d’une compensation budgétaire par l’État les pertes de recettes correspondant à l’exonération de cotisations salariales au titre des heures supplémentaires réalisées du 1er janvier au 31 août 2019 du fait de la loi portant mesures d’urgence économiques et sociales ainsi que la révision à la baisse du taux de contribution sociale généralisée (CSG) applicable aux retraités ayant un revenu fiscal de référence inférieur à 22 580 € pour une personne seule (34 636 € pour un couple).

Les mesures en dépenses porteront l’essentiel de l’effort pour corriger l’évolution des soldes des branches prestataires par rapport à leur évolution tendancielle. En effet, en dehors des dispositions revenant sur les affectations de recettes à l’État et la CADES à compter de 2020 déjà mentionnés, qui sont sans effet du point de vue des redevables de prélèvements sociaux, l’ensemble des mesures nouvelles en recettes n’a un impact positif qu’à hauteur de 0,2 milliard d’euros pour l’ensemble des régimes obligatoires de base de sécurité sociale.

L’effort sur la progression des dépenses sera réalisé en particulier sur les dépenses d’assurance maladie entrant dans le champ de l’ONDAM. Par ailleurs, la revalorisation maîtrisée et différenciée des prestations versées par les branches famille et vieillesse limitera la progression des dépenses des branches prestataires en permettant, par rapport à une mesure générale d’indexation sur l’inflation, une économie de 0,5 milliard d’euros à l’échelle de l’ensemble des régimes.

III. – D’ici 2023, l’ensemble des branches, à l’exception de l’assurance vieillesse, reviendrait à l’équilibre sur la base des mesures proposées dans le PLFSS 2020.

S’agissant de la branche Maladie, depuis 2019, les ressources de la CNAM ont été profondément transformées, du fait de l’affectation d’une fraction supplémentaire de TVA à la CNAM en contrepartie de la suppression de 6 points de cotisations d’assurance maladie pour les salaires inférieurs à 2,5 SMIC. Du fait de cette affectation supplémentaire, la fraction de TVA affectée à la CNAM s’élève à 41,1 milliards d’euros en 2019 et les impôts et taxes représentent désormais 28 % des ressources de la branche.

Cette structure des ressources sera peu modifiée en 2020. Les mesures en recettes de la LFSS amélioreront les ressources de la CNAM du fait de la suppression des affectations de recettes à la CADES et à l’État (3,1 milliards d’euros), excédant le coût de la baisse de la CSG sur les revenus de remplacement (1,6 milliard d’euros). Les mesures de limitation des niches sociales, notamment la limitation des allègements généraux dont bénéficient les rémunérations sur lesquelles s’applique la déduction forfaitaire spécifique (DFS) pour frais professionnels permettront un gain de 0,1 milliard d’euros pour la branche Maladie, légèrement compensée par la limitation de la compensation par l’État de l’exonération des jeunes entreprises innovantes (JEI).

Au global, les mesures en recettes permettront un accroissement de ses ressources de 1,6 milliard d’euros environ à compter de 2020.

L’objectif national de dépense d’assurance maladie est révisé pour 2020 et sa progression est portée de 2,3 % à 2,45 % pour tirer les conséquences des annonces du Gouvernement pour le réinvestissement de l’hôpital public annoncé par le Premier ministre et la ministre des solidarités et de la santé le 20 novembre 2019. Des financements supplémentaires sont ainsi fléchés sur l’hôpital, à hauteur de 1,5 milliard d’euros sur trois ans, dont 300 millions d’euros supplémentaires dès 2020, soit une révision de l’ONDAM pour 2020, dont la progression est portée de 2,3 % à 2,45 %.

Ces 300 millions d’euros supplémentaires se traduisent par un relèvement du sous-objectif « Dépenses relatives aux établissements de santé », dont l’évolution s’établira à 2,4 %.

Les mesures de revalorisation des aides-soignants, décidées en cohérence avec les travaux en cours sur le grand âge et l’autonomie, bénéficieront aux personnels hospitaliers comme à ceux du secteur médico-social, d’où un relèvement, également, du sous-objectif « Contribution de l’assurance maladie aux dépenses en établissements et services pour personnes âgées.

S’agissant de la branche Accidents du travail et maladies professionnelles, aucune mesure n’est prévue par le PLFSS pour 2020 pour modifier les ressources de la branche en 2020.

Le PLFSS pour 2020 permettra à cette branche de réaliser 0,1 milliard d’euros d’économies en dépenses, du fait de la revalorisation différenciée des prestations sociales et de la suppression de la possibilité d’opter pour un versement des rentes en capital.

Ces mesures permettront à la branche de dégager un excédent de 1,1 milliard d’euros en 2019 et de 1,4 milliard d’euros en 2020, ce niveau de solde étant par la suite conventionnellement stabilisé sur 2021-2023.

La branche Vieillesse du régime général serait à nouveau déficitaire de 2,1 milliards d’euros en 2019, après trois années en excédent, malgré des dépenses modérées par la revalorisation des pensions limitée à 0,3 %. Ce déficit s’accroîtrait à 2,7 milliards d’euros en 2020. En revanche, l’évolution en 2020 sera favorable en prenant en compte l’amélioration du solde du Fonds de solidarité vieillesse (FSV) de -2,3 milliards d’euros à -1,4 milliard d’euros. Cette évolution contrastée résulte principalement de la fin du financement du minimum contributif par le fonds.

Au niveau de l’ensemble des régimes vieillesse de base, en tenant compte du FSV, le solde resterait inchangé en 2020 par rapport à 2019 à -4,6 milliards d’euros.

Le PLFSS pour 2020 ne prévoit pas de mesure affectant significativement les ressources de la branche Vieillesse, à l’exception de la disposition prévoyant l’absence de compensation à cette branche du coût de l’anticipation au 1er janvier 2019 de l’entrée en vigueur de l’exonération de cotisations sociales au titre des heures supplémentaires, disposition qui n’a pas d’effet au-delà de la seule année 2019. En effet, pour 2020, la LFSS pour 2019 avait déjà prévu de compenser à cette branche le coût de l’exonération des cotisations salariales au titre des heures supplémentaires et complémentaires et de préserver ses recettes. L’assurance vieillesse bénéficiera à ce titre à compter de 2020 de l’affectation de ressources aujourd’hui affectées à la branche Famille à hauteur de 2 milliards d’euros.

En 2020, ses recettes bénéficieront comme celles de la branche Maladie de l’effet de la réduction du coût de la DFS (voir supra) pour un gain de 0,1 milliard d’euros.

Les dépenses de la branche évolueront à un rythme supérieur à celui des recettes jusqu’en 2023, en dépit de la mesure de revalorisation différenciée des dépenses de prestations en 2020 dont la branche Vieillesse est la principale bénéficiaire puisque cette disposition permettra une économie en 2020 de 0,3 milliard d’euros pour la branche Vieillesse du régime général et 0,4 milliard d’euros pour l’ensemble des régimes de retraite.

De 2021 à 2023, le déficit de la branche Vieillesse s’accroîtrait progressivement pour atteindre -6,6 milliards d’euros en fin de période (ROBSS+FSV). L’hypothèse retenue de revalorisation des pensions des régimes de base est à compter de 2021 celle de la prévision d’inflation pour l’ensemble des retraités.

Pour la branche Famille, en 2020, les recettes seront principalement améliorées sous l’effet de la suppression des affectations de recettes à la CADES et à l’État auxquelles la branche devait contribuer à hauteur de 1,2 milliard d’euros. En contrepartie elles seront réduites, en application des dispositions de la LFSS pour 2019, déjà prises en compte, à hauteur de 2,0 milliards d’euros correspondant au coût pour la branche Vieillesse des exonérations de cotisations salariales sur les rémunérations perçues au titre des heures supplémentaires.

Les dépenses seront ralenties en 2020 du fait de la revalorisation différenciée et maîtrisée des prestations servies par la branche, qui permettra une économie de 0,1 milliard d’euros après 0,3 milliard d’euros en 2019. Les charges seront en contrepartie accrues par les coûts inhérents au dispositif d’intermédiation des pensions alimentaires ainsi que par la réduction des frais de gestion supportés par l’État au titre des prestations servies pour son compte par la branche (- 0,1 milliard d’euros).

Le solde de la branche sera positif : 0,7 milliard d’euros en 2020, après 0,8 milliard d’euros en 2019.

À compter de 2021, l’hypothèse retenue de revalorisation des prestations familiales est celle de la prévision d’inflation. Le solde de la branche serait amélioré sur la période 2021-2023, y compris en tenant compte des rééquilibrages entre branches envisagés et atteindrait 1,6 milliard d’euros en 2023.

Prévisions des recettes, dépenses et soldes du régime général,

de l’ensemble des régimes de base et du FSV

Recettes, dépenses et soldes du régime général
(En milliards d’euros)
2016201720182019 (p)2020 (p)2021 (p)2022 (p)2023 (p)
Maladie
Recettes194,6201,3210,8214,3219,2225,6232,5239,7
Dépenses199,4206,2211,5217,2222,6227,6232,8237,9
Solde-4,8-4,9-0,7-3,0-3,3-2,0-0,41,8
Accidents du travail et maladies professionnelles
Recettes12,612,912,713,213,513,713,914,1
Dépenses11,811,712,012,112,212,312,512,7
Solde0,81,10,71,11,41,41,41,4
Famille
Recettes48,649,850,451,151,051,352,453,5
Dépenses49,650,049,950,250,350,451,151,9
Solde-1,0-0,20,50,80,70,91,31,6
Vieillesse
Recettes123,7126,6133,8135,5139,0142,4146,5151,1
Dépenses122,8124,8133,6137,5141,7146,3151,3156,2
Solde0,91,80,2-2,1-2,7-3,9-4,8-5,1
Régime général consolidé
Recettes366,6377,6394,6400,9409,4419,5431,5444,4
Dépenses370,7379,8394,1403,9413,5423,1434,0444,7
Solde-4,1-2,20,5-3,1-4,1-3,6-2,5-0,3
Recettes, dépenses et soldes de l’ensemble des régimes obligatoires de base
(En milliards d’euros)
2016201720182019 (p)2020 (p)2021 (p)2022 (p)2023 (p)
Maladie
Recettes196,0203,1212,3215,8220,8227,2234,0241,3
Dépenses200,7208,0213,1218,8224,1229,2234,4239,6
Solde-4,7-4,9-0,8-3,0-3,4-2,0-0,41,8
Accidents du travail et maladies professionnelles
Recettes14,114,414,114,615,015,315,415,6
Dépenses13,313,213,413,513,613,914,014,2
Solde0,81,20,71,21,41,41,41,4
Famille
Recettes48,649,850,451,151,051,352,453,5
Dépenses49,650,049,950,250,350,451,151,9
Solde-1,0-0,20,50,80,70,91,31,6
Vieillesse
Recettes228,7232,7236,4239,2244,1249,2255,0261,4
Dépenses227,2230,7236,5241,5247,3253,6260,6267,7
Solde1,62,0-0,1-2,3-3,2-4,4-5,7-6,3
Régimes obligatoires de base consolidés
Recettes473,7486,2499,7507,0517,1529,0542,6557,4
Dépenses477,0488,1499,3510,3521,6533,1546,0558,9
Solde-3,4-1,90,3-3,3-4,5-4,1-3,3-1,5
Recettes, dépenses et soldes du Fonds de solidarité vieillesse
(En milliards d’euros)
2016201720182019 (p)2020 (p)2021 (p)2022 (p)2023 (p)
Recettes16,716,617,216,616,817,417,918,5
Dépenses20,319,619,018,918,218,318,518,8
Solde-3,6-2,9-1,8-2,3-1,4-1,0-0,6-0,3
Recettes, dépenses et soldes du régime général et du Fonds de solidarité vieillesse
(En milliards d’euros)
2016201720182019 (p)2020 (p)2021 (p)2022 (p)2023 (p)
Recettes365,0376,5394,6400,2409,6420,1432,4445,7
Dépenses372,7381,6395,8405,6415,1424,7435,6446,3
Solde-7,8-5,1-1,2-5,4-5,4-4,6-3,1-0,6
Recettes, dépenses et soldes des régimes obligatoires de base
et du Fonds de solidarité vieillesse
(En milliards d’euros)
2016201720182019 (p)2020 (p)2021 (p)2022 (p)2023 (p)
Recettes470,5483,7498,4505,2516,1528,4542,5557,5
Dépenses477,5488,6499,8510,7522,1533,5546,4559,4
Solde-7,0-4,8-1,4-5,5-5,9-5,1-3,9-1,8

– 1 –

ANNEXE C

État des recettes, par catégorie et par branche,

des régimes obligatoires de base et du régime général

ainsi que des recettes, par catégorie,

des organismes concourant au financement de ces régimes

I. – Régimes obligatoires de base

(En milliards d’euros)
MaladieVieillesseFamilleAccidents du travail/ maladies profession-nellesRégimes de baseFonds de solidarité vieillesseRégime général et Fonds de solidarité vieillesse
Cotisations effectives75,4141,231,114,1260,10,0260,1
Cotisations prises en charge par l’État2,02,50,60,15,20,05,2
Cotisations fictives d’employeur0,441,10,00,341,90,041,9
Contribution sociale généralisée73,00,012,30,084,917,1102,0
Impôts, taxes et autres contributions sociales62,122,26,50,090,80,090,8
Charges liées au non-recouvrement-0,5-0,6-0,3-0,2-1,5-0,3-1,9
Transferts3,037,10,20,128,70,010,9
Produits financiers0,00,10,00,00,20,00,2
Autres produits5,30,50,60,56,90,06,9
Recettes220,8244,151,015,0517,116,8516,1

II. – Régime général

(En milliards d’euros)
MaladieVieillesseFamilleAccidents du travail/ maladies profession-nellesRégime généralFonds de solidarité vieillesseRégime général et Fonds de solidarité vieillesse
Cotisations effectives74,690,931,113,1208,10,0208,1
Cotisations prises en charge par l’État2,02,30,60,15,00,05,0
Cotisations fictives d’employeur0,00,00,00,00,00,00,0
Contribution sociale généralisée73,00,012,30,084,817,1102,0
Impôts, taxes et autres contributions sociales62,117,56,50,086,10,086,1
Charges liées au non-recouvrement-0,5-0,4-0,3-0,2-1,4-0,3-1,7
Transferts3,028,30,20,020,30,03,7
Produits financiers0,00,00,00,00,10,00,1
Autres produits5,00,30,60,46,30,06,3
Recettes219,2139,051,013,5409,416,8409,6

III. – Fonds de solidarité vieillesse

(En milliards d’euros)
Fonds de solidarité vieillesse
Cotisations effectives0,0
Cotisations prises en charge par l’État0,0
Cotisations fictives d’employeur0,0
Contribution sociale généralisée17,1
Impôts, taxes et autres contributions sociales0,0
Charges liées au non-recouvrement-0,3
Transferts0,0
Produits financiers0,0
Autres produits0,0
Recettes16,8

Vu pour être annexé au projet de loi

adopté par l’Assemblée nationale le 3 décembre 2019.

Le Président,

Signé : Richard FERRAND

ISSN 1240 - 8468

Imprimé par l’Assemblée nationale