AN · données ouvertes
Textes / Projet de loi de finances pour 2026

avis sur le projet de loi de finances pour 2026 (n°1906). — Défense : Préparation et emploi des forces : Marine

Avis · tome ou annexe · 29/10/2025 · 399 042 caractères · HTML sur assemblee-nationale.fr

Parties du document (8)
Sommaire (64)
  1. Première partie : Les crédits, l’environnement et l’activité de la Marine en 2024 et les perspectives pour 2025
  2. I. Les crédits de la marine pour 2025 : une évolution positive conforme à la LPM
  3. II. Les équipements
  4. A. Les commandes et les livraisons effectuées en 2025 et les perspectives pour les années à venir
  5. 1. Les commandes et les livraisons
  6. 2. Les difficultés et retards rencontrés par plusieurs programmes font peser un risque sur les capacités de la Marine
  7. a. Le système de lutte anti-mines du futur
  8. b. Les patrouilleurs hauturiers
  9. c. Le remplacement des frégates de surveillance dans les Outre-mer
  10. 3. Les reports de charge
  11. B. Le maintien en condition opérationnelle des équipements navals et aéronavals
  12. 1. Les crédits 2026
  13. 2. Les enseignements de la mission Clémenceau 2025
  14. C. Les crédits d’infrastructures
  15. III. Les ressources humaines : un défi permanent pour renouveler les hommes et maintenir les compétences
  16. A. Les campagnes de recrutement
  17. B. Le recrutement en 2025
  18. C. La réserve opérationnelle de la Marine
  19. D. Une durée de service qui, en 2025, reste dans la moyenne haute, malgré de disparités selon les filières et les grades
  20. Deuxième partie : le format de la marine
  21. I. Une marine en pleine transformation, après une longue période d’affaiblissement
  22. A. Le déclin de la marine après 1989
  23. 1. La Marine de la guerre froide : une flotte nombreuse, puissante, à même de faire face à un ennemi existentiel
  24. 2. Les dividendes de la paix ont été payés par les armées au prix d’un affaiblissement de leurs capacités
  25. a. Un affaiblissement à tous les niveaux de la Marine
  26. b. Des conséquences opérationnelles dont les leçons ont mis du temps à être tirées
  27. B. Une remontée en puissance récente avec les deux dernières lois de programmation militaire
  28. 1. Fin du déclin et remontée en puissance
  29. 2. Le choix de la cohérence sur la masse a des effets dommageables sur les capacités de la Marine
  30. II. L’aggravation des menaces met en danger et la sécurité de la France, et son rang parmi les nations
  31. A. Un durcissement strategique acté par la nouvelle Revue nationale stratégique
  32. 1. Un nouveau contexte stratégique
  33. 2. De lourdes menaces pour la France, l’Union européenne et le monde, qui exigent une réponse à la hauteur
  34. B. Un réarmement naval mondial, au bénéfice pour l’essentiel de nos compétiteurs
  35. 1. Des compétiteurs stratégiques qui accélèrent
  36. a. La Chine
  37. b. La Turquie
  38. 2. Des alliés pas forcément au rendez-vous de la menace
  39. a. Les États-Unis
  40. b. Le Royaume-Uni
  41. c. L’Allemagne
  42. d. L’Italie
  43. III. Un format de la marine redefini dans une stratégie cohérente et ambitieuse
  44. A. Accroître la masse
  45. 1. La permanence d’alerte des porte-avions
  46. 2. Dix-huit frégates de premier rang
  47. 3. Une véritable flotte stratégique française, servie par une industrie de construction navale performante
  48. a. La nécessité de lever les obstacles à la constitution d’une véritable flotte stratégique française
  49. b. Le maintien de la construction navale en France
  50. 4. Des stocks de munitions et de cibles plus importants
  51. B. Tirer pleinement profit de la révolution des drones
  52. 1. La révolution des drones
  53. 2. La Marine et les drones aujourd’hui
  54. 3. Accélérer pour ne pas être dépasser
  55. C. Garantir aux armées les moyens financiers de leurs missions
  56. 1. Utiliser pleinement les instruments européens
  57. 2. Maintenir l’effort malgré les incertitudes politiques et les contraintes budgétaires
  58. D. Investir dans l’humain, le recrutement et la formation
  59. 1. Séduire les jeunes
  60. 2. Durcir la formation
  61. 3. Alléger les contraintes du schéma d’emplois
  62. Travaux de la commission
  63. I. Audition de l’amiral Nicolas Vaujour, chef d’état-major de la Marine
  64. II. Examen des crédits

M. Bastien Lachaud, rapporteur pour avis. Cet amendement fait écho aux préoccupations soulevées dans mon rapport pour avis et je suis ravi que d’autres parlementaires estiment qu’il y a un flou. De fait, le cadre juridique et financier des interventions de l’armée française à l’étranger est rendu opaque par une pratique arbitraire et illégitime du gouvernement, qui cherche à s’exonérer du contrôle parlementaire, pourtant prévu à l’article 35 de la Constitution.

Un rapport sur les opérations extérieures est bien transmis au Parlement chaque année. Cependant, je note que si le gouvernement y inclut les missions opérationnelles que nous assurons sur le flanc est de l’Europe, il refuse de modifier en conséquence le statut et la rémunération des militaires qui y participent. Il y a donc bien un problème : le ministère ne fait plus la différence entre les opérations.

Quoi qu’il en soit, je demande donc le retrait de cet amendement. Le rapport annuel du gouvernement ne nous apprend déjà rien, ce dernier ne souhaitant pas être honnête sur cette question.

Mme Anna Pic (SOC). Je reste optimiste ! Sébastien Lecornu, alors ministre des armées, nous avait promis les informations précises et transparentes que nous demandions depuis très longtemps. Je suis sûre qu’elles nous parviendront.

La commission rejette l’amendement.

Amendement II-DN58 de Mme Isabelle Santiago

Mme Anna Pic (SOC). Cet autre amendement du groupe SOC vise à renforcer le contrôle parlementaire sur la soutenabilité, donc la sincérité budgétaire de la mission Défense. En effet, malgré la hausse de 13 % des crédits qui lui sont alloués, nous craignons que le budget du ministère des armées ne connaisse une crise de croissance en raison de rigidités budgétaires particulièrement préoccupantes. Nous demandons donc qu’un rapport nous soit remis chaque année pour garantir la transparence et la cohérence de la trajectoire financière avec les ambitions affichées dans la LPM.

M. François Cormier-Bouligeon, rapporteur pour avis. Avis défavorable : la Cour des comptes a déjà rendu un rapport à ce sujet cette année. D’ailleurs, dans le cadre de nos réflexions sur les moyens de l’Assemblée, peut-être pourrions-nous réfléchir à adosser cette institution à la nôtre !

La commission rejette l’amendement.

Amendement II-DN154 de M. Bastien Lachaud

M. Bastien Lachaud, rapporteur pour avis. Cet amendement vise à obtenir un rapport sur les conséquences budgétaires qu’aurait le recours à un dispositif de recrutement fonctionnant sur un principe d’avance-retard. Nous en avons parlé, et M. Chenevard a lui-même fait part de sa préoccupation : il y a une inadéquation entre la gestion annuelle des recrutements et la programmation pluriannuelle du budget des armées.

La commission adopte l’amendement.

Amendement II-DN59 de Mme Isabelle Santiago

Mme Anna Pic (SOC). Par cet amendement nous demandons qu’un rapport nous soit remis sur l’exécution de la loi de programmation militaire, en intégrant le retour d’expérience du conflit en Ukraine. Les choses ont beaucoup évolué depuis la promulgation de cette loi et nous craignons que le délai de trois ans que nous nous sommes fixé nous empêche de réorienter nos capacités de manière dynamique.

La commission rejette l’amendement.

Amendement II-DN61 de Mme Isabelle Santiago

Mme Anna Pic (SOC). Nous demandons ici une évaluation des besoins des conjoints de militaires en matière d’accès à l’emploi et à la formation, des dispositifs existants et des possibilités de coordination entre les politiques des ministères chargés des armées, du travail et des collectivités territoriales.

M. Bastien Lachaud, rapporteur pour avis. Comme je l’avais dit dans mon rapport pour avis de l’an dernier, l’accompagnement des conjoints de militaires est insuffisant pour compenser leurs difficultés. L’accès à l’emploi est très variable selon les territoires et les employeurs sont parfois réticents à les recruter, anticipant une mobilité proche du conjoint - des difficultés qui touchent très majoritairement les femmes.

Les travaux engagés en faveur d’un éventuel pass emploi pour les conjoints de militaires allant dans le bon sens, je ne suis pas sûr qu’un rapport sur cette question suscite une évolution sensible. Sagesse.

Mme Geneviève Darrieussecq (Dem). C’est notre job d’évaluer les politiques publiques ! Certes, il faut que l’Assemblée nous en donne les moyens et que nos questions fassent l’objet de réponses transparentes, mais ce travail est plus utile que beaucoup d’autres que nous pouvons faire ici.

Mme Anna Pic (SOC). Je suis parfaitement d’accord avec vous. Nous aimerions pouvoir conduire davantage de missions d’information et disposer des moyens suffisants pour ce faire, c’est-à-dire en n’étant pas restreints par des délais très courts ou par un nombre limité de déplacements. C’est à ces conditions que nous pourrions réaliser nous-mêmes les rapports que nous demandons.

M. le président Jean-Michel Jacques. Je rappelle que six missions d’information ont toujours lieu simultanément : les administrateurs travaillant pour notre commission ne peuvent en faire davantage. De plus, tous les déplacements demandés ont été acceptés. Peut-être faudrait-il avoir les moyens de recruter davantage de collaborateurs ou d’administrateurs.

Mme Anna Pic (SOC). C’est cela même !

La commission rejette l’amendement.

Amendement II-DN128 de Mme Anna Pic

Mme Anna Pic (SOC). Ce dernier amendement vise à obtenir un rapport étudiant le coût d’une participation de la France à une coalition de pays chargés d’établir une zone d’exclusion aérienne en Ukraine.

Mme Natalia Pouzyreff (EPR). La question étant loin d’être tranchée, demander un rapport me semble prématuré.

La commission rejette l’amendement.

Annexe :

liste des personnes auditionnées par le rapporteur pour avis

➢ État-major de la Marine : Vice-amiral Emmanuel Slaars, sous-chef Opérations ;

➢ État-major de la Marine : Contre-amiral Rémi Thomas, sous-chef Plans programmes ;

➢ État-major de la Marine : Contre-amiral Ludovic Segond, sous-chef Soutien-finances ;

➢ État-major de la Marine : Vice-amiral d’escadre Serge Bordarier, directeur du personnel militaire de la Marine ;

➢ État-major de la Marine : Capitaine de vaisseau M. Georges-Antoine Florentin, ancien commandant du porte-avions Charles-de-Gaulle ;

➢ GICAN : M. Jean Marie Dumon, délégué général adjoint ;

➢ Piriou : M. Vincent Faujour, président ;

➢ Seaowl Group: M. Xavier Genin, président-directeur général ;

➢ Naval Group : Mme Aurore Neuschwander, directrice de la direction Drones, Systèmes autonomes et Armes sous-marines, M. Guillaume Rochart, directeur Stratégie, Partenariats et Affaires institutionnelles et M. Stanislas Gourlez de la Motte, conseiller naval ;

➢ Exail : M. Jérôme Bendell, Directeur du Pôle Maritime.

([1]) « Flotte de commerce sous pavillon français, état au 1er janvier 2025 », publiée par la direction des Affaires maritimes, de la pêche et de l’aquaculture du ministère des transports.

([2]) Mission gouvernementale relative à la réévaluation du dispositif de flotte stratégique, septembre 2023.

([3]) Depuis le 1er janvier 2024, le transport maritime est inclus dans le système d’échange de quotas d’émission de l’Union européenne. Visant à encourager la réduction des émissions de gaz à effet de serre d’une manière économiquement efficace, il tarifie le volume des gaz à effet de serre qui peuvent être émis par pour les compagnies maritimes.

([4]) Rapport de Mme Alexandra Martin et M. Frédéric Boccaletti.