Scrutin n° 2945 du 07/07/2025
Sur l'amendement de suppression n° 8 de M. Emmanuel Grégoire à l'article 1er ter de la proposition de loi visant à réformer le mode d’élection des membres du conseil de Paris et des conseils municipaux de Lyon et de Marseille (nouvelle lecture).
- Dossier
- Réformer le mode d'élection des membres du Conseil de Paris et des conseils municipaux de Lyon et Marseille (relié par : amendement)
- Demandé par
- Président du groupe "Ensemble pour la République" Président du groupe "Socialistes et apparentés"
- Objet
- amendement
- Source
- assemblee-nationale.fr
Amendement n° 8 · Article 1er ter
De Emmanuel Grégoire (SOC) , déposé le 03/07/2025. Sort : Rejeté. Fiche de l'amendement · sur le proposition de loi visant à réformer le mode d'élection des membres du conseil de Paris et des...
Dispositif
Supprimer cet article.
Exposé sommaire
Cet amendement vise à supprimer l’article 1er ter, qui met en oeuvre le cœur de la réforme du mode de scrutin municipal à Paris, Lyon et Marseille, proposée par la présente proposition de loi.
Les auteurs de la Proposition de loi voudraient faire croire que dans ces trois communes, la volonté des électeurs aurait été confisquée par un mode de scrutin qui ne permettrait pas aux Parisiens, aux Marseillais et aux Lyonnais, d’élire directement leur maire. Laissant même entendre que, ce faisant, le résultat de l’élection ne résulterait que d’un mode de scrutin confinant à la tambouille politicienne.
Mais qui élit directement son Maire en France ? Dans aucune de nos 34 935 communes, le maire n’est élu par un scrutin uninominal majoritaire sur son seul nom. Ce sont les conseillers municipaux, d’arrondissement ou de secteur qui élisent, en leur sein, un maire. Habituellement le candidat qui menait la liste arrivée en tête dans la circonscription électorale. Rien dans cette proposition de loi ne modifiera cet état de fait.
Quant au mode de scrutin actuel, sur les 24 scrutins municipaux qui se sont tenus dans ces trois communes depuis 1983, seule l’élection municipale à Marseille cette même année, a donné lieu à un résultat où le candidat majoritaire en sièges et élu maire, était minoritaire en voix. Cependant, comme l’a rappelé le rapporteur Mattéi en première lecture, ce résultat était d’abord la conséquence d’un découpage partisan des secteurs électoraux, qui a été remplacé dès 1987. À Paris, la liste portée par Anne Hidalgo en 2020 a même accru son avance sur la liste Les Républicains par rapport à 2014, passant de 53 000 à 65 000 voix, un écart qui ne souffre d’aucune contestation.
Avec ce texte, ils prévoient qu’il y aura désormais non plus un scrutin et une urne mais deux pour deux scrutins distincts et même trois à Lyon, qui élit ses conseillers métropolitains directement par ailleurs. Les candidats à la fonction de conseiller de Paris ou de conseiller municipal pourront même être élus sans être par ailleurs ni élu, ni candidat pour l’élection à la mairie de leur secteur ou arrondissement. C’est le risque de voir apparaître des élus municipaux pour partie totalement déconnectés du terrain, à rebours de la volonté affichée de rapprocher les électeurs de leurs élus locaux dans ces communes.
À Paris en particulier, le fait de voir deux assemblées délibérantes être élues de manière étanche apparaît déconnecté par rapport au partage des compétences et à leur mise en oeuvre opérationnelle entre mairie centrale et mairie d’arrondissement.
Paris est désormais une collectivité à statut unique, exerçant à la fois les compétences d’une commune et d’un département sur son territoire. Ses arrondissements, bien que non dotés de la personnalité morale, disposent de compétences propres et de compétences partagées dans la Ville de Paris qui ont été étendues en 2002 et 2017 par la loi et par deux délibérations du Conseil de Paris de 2009 et 2010. La commune appartient en outre à une métropole, la Métropole du Grand Paris, qui dispose d’un statut dérogatoire aux métropoles de droit commun.
Lyon dispose d’arrondissements exerçant des compétences nettement plus limitées mais appartient à une Métropole qui exerce pour sa part les compétences qui étaient dévolues au département du Rhône sur ce territoire. Les conseillers métropolitains étant par ailleurs élus au suffrage universel direct.
Quant à Marseille, ses secteurs ont des pouvoirs largement consultatifs et sa Métropole Aix-Marseille-Provence, de droit commun, a une répartition des compétences avec la commune de Marseille source de difficultés au quotidien et différentes des autres communes.
Dès lors que ces trois collectivités ont évolué de manière différente et de plus en plus divergente, la question d’un traitement différent se pose. Cependant, cela aurait nécessité un travail de réflexion, de concertation avec ces territoires et d’évaluation juridique qui n’a jamais été mené et qui n’était pas dans l’intention des auteurs du texte.
Il y a donc lieu de supprimer cette réforme précipitée, source d’inégalités, de déséquilibres démocratiques et d’évidentes difficultés pratiques.
Vote par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Membres | Pour | Contre | Abst. | Non-votants |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Rassemblement National | contre | 123 | 22 | 3 | 1 | 0 |
| Ensemble pour la République | contre | 93 | 0 | 20 | 0 | 1 |
| La France insoumise - Nouveau Front Populaire | contre | 71 | 0 | 30 | 0 | 0 |
| Socialistes et apparentés | pour | 66 | 12 | 0 | 1 | 0 |
| Droite Républicaine | contre | 48 | 0 | 7 | 0 | 0 |
| Écologiste et Social | pour | 38 | 10 | 0 | 0 | 0 |
| Les Démocrates | contre | 36 | 0 | 11 | 0 | 0 |
| Horizons & Indépendants | abstention | 34 | 0 | 0 | 7 | 1 |
| Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires | pour | 23 | 3 | 1 | 0 | 0 |
| Gauche Démocrate et Républicaine | pour | 17 | 1 | 0 | 0 | 0 |
| UDR | pour | 16 | 1 | 1 | 0 | 0 |
| Non inscrit | pour | 11 | 0 | 0 | 0 | 0 |
Votants
pour (49)
Marie-Charlotte Garin EcoS, Steevy Gustave EcoS, Jérémie Iordanoff EcoS, Sébastien Peytavie EcoS, Sandra Regol EcoS*, Sandrine Rousseau EcoS, Eva Sas EcoS, Sabrina Sebaihi EcoS, Danielle Simonnet EcoS, Boris Tavernier EcoS, Elsa Faucillon GDR, Martine Froger LIOT, Harold Huwart LIOT, Stéphane Lenormand LIOT, Bénédicte Auzanot RN, Bruno Bilde RN, Frédéric Boccaletti RN, Anthony Boulogne RN, Roger Chudeau RN, Auguste Evrard RN, Marc de Fleurian RN, Yoann Gillet RN, Marine Hamelet RN, Tiffany Joncour RN*, Nadine Lechon RN, Gisèle Lelouis RN, Christine Loir RN, Philippe Lottiaux RN, David Magnier RN, Claire Marais-Beuil RN, Bryan Masson RN, Pierre Meurin RN*, Kévin Pfeffer RN, Matthias Renault RN, Emeric Salmon RN, Frédéric Weber RN, Marie-José Allemand SOC, Marie-Noëlle Battistel SOC*, Arthur Delaporte SOC*, Stéphane Delautrette SOC, Emmanuel Grégoire SOC, Céline Hervieu SOC, Marietta Karamanli SOC*, Laurent Lhardit SOC, Sophie Pantel SOC, Marc Pena SOC*, Sandrine Runel SOC, Arnaud Simion SOC, Olivier Fayssat UDR
contre (73)
Valérie Bazin-Malgras DR*, Philippe Gosselin DR*, Guillaume Lepers DR, Eric Liégeon DR, Élisabeth de Maistre DR, Sébastien Martin DR, Jean-Pierre Taite DR, Erwan Balanant Dem, Anne Bergantz Dem, Christophe Blanchet Dem, Romain Daubié Dem, Marina Ferrari Dem, Marc Fesneau Dem, Frantz Gumbs Dem, Jean-Paul Mattei Dem, Sophie Mette Dem, Maud Petit Dem, Nicolas Turquois Dem, David Amiel EPR, Hervé Berville EPR*, Éric Bothorel EPR*, Florent Boudié EPR, Anthony Brosse EPR*, Jean-Luc Fugit EPR, Olivia Grégoire EPR, Emmanuelle Hoffman EPR, Jean Laussucq EPR, Roland Lescure EPR, Sylvain Maillard EPR, Christophe Marion EPR*, Graziella Melchior EPR, Joséphine Missoffe EPR, Jean-François Rousset EPR*, Freddy Sertin EPR, Charles Sitzenstuhl EPR, Bertrand Sorre EPR, Prisca Thevenot EPR, Stéphane Vojetta EPR*, Nadège Abomangoli LFI-NFP, Laurent Alexandre LFI-NFP*, Ségolène Amiot LFI-NFP, Farida Amrani LFI-NFP, Rodrigo Arenas LFI-NFP, Anaïs Belouassa-Cherifi LFI-NFP, Christophe Bex LFI-NFP, Carlos Martens Bilongo LFI-NFP, Idir Boumertit LFI-NFP, Louis Boyard LFI-NFP, Aymeric Caron LFI-NFP*, Sylvain Carrière LFI-NFP, Gabrielle Cathala LFI-NFP, Bérenger Cernon LFI-NFP, Sophia Chikirou LFI-NFP, Aly Diouara LFI-NFP, David Guiraud LFI-NFP, Bastien Lachaud LFI-NFP, Abdelkader Lahmar LFI-NFP, Maxime Laisney LFI-NFP, Sarah Legrain LFI-NFP*, Sandrine Nosbé LFI-NFP, Nathalie Oziol LFI-NFP, Mathilde Panot LFI-NFP, René Pilato LFI-NFP, Thomas Portes LFI-NFP, Arnaud Saint-Martin LFI-NFP, Aurélien Saintoul LFI-NFP, Aurélien Taché LFI-NFP, Andrée Taurinya LFI-NFP*, Laurent Mazaury LIOT, Monique Griseti RN, Julien Limongi RN, Pascal Markowsky RN, Bartolomé Lenoir UDR
abstention (9)
Thierry Benoit HOR, Xavier Lacombe HOR, Thomas Lam HOR, Jean Moulliere HOR, Béatrice Piron HOR, Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR, Laetitia Saint-Paul HOR*, Julien Rancoule RN, Pierre Pribetich SOC
non-votant (2)
Yaël Braun-Pivet EPR, Naïma Moutchou HOR
Mises au point
Députés ayant déclaré après coup avoir voulu voter autrement (le résultat n'est pas modifié).
- Marc de Fleurian : voulait voter contre (a voté pour)
- Gisèle Lelouis : voulait voter contre (a voté pour)
- Pierre Meurin : voulait voter contre (a voté pour)