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Scrutins / 17e législature

Scrutin n° 2941 du 07/07/2025

Sur l'amendement n° 3 de M. Delautrette et l'amendement identique suivant à l'article premier de la proposition de loi visant à réformer le mode d’élection des membres du conseil de Paris et des conseils municipaux de Lyon et de Marseille (nouvelle lecture).

Résultat
Rejeté
scrutin public ordinaire
Pour
22
Contre
96
Abstention
9
Votants
127
118 exprimés
Dossier
Réformer le mode d'élection des membres du Conseil de Paris et des conseils municipaux de Lyon et Marseille (relié par : amendement)
Demandé par
Président du groupe "Socialistes et apparentés"
Objet
amendement
Source
assemblee-nationale.fr

Amendement n° 3 · Article PREMIER

De Stéphane Delautrette (SOC) , déposé le 02/07/2025. Sort : Rejeté. Fiche de l'amendement · sur le proposition de loi visant à réformer le mode d'élection des membres du conseil de Paris et des...

Dispositif

Supprimer les alinéas 12 et 13.

Exposé sommaire

Le présent amendement des députés Socialistes et apparentés vise à maintenir la prime majoritaire de droit commun prévue pour la liste arrivée en tête des élections municipales, soit un nombre de sièges égal à la moitié du nombre des sièges à pourvoir, arrondi, le cas échéant, à l’entier supérieur, contre le quart de ce même nombre dans la présente proposition de loi.

La loi du 19 novembre 1982 modifiant le code électoral et le code des communes et relative à l’élection des conseillers municipaux et aux conditions d’inscription des Français établis hors de France sur les listes électorales, a fait de l’attribution d’une prime majoritaire représentant la moitié des sièges à pourvoir, la règle commune pour l’ensemble du pays. Cette nouvelle règle de répartition succédait à celle en vigueur depuis les élections municipales de 1965 qui attribuait la totalité des sièges à la liste arrivée en tête.

Cette règle s’est donc appliquée aux huit dernières élections municipales partout en France, ainsi donc qu’à Paris, Lyon et Marseille, à l’échelle de leurs secteurs respectifs. Pour Paris, il s’agit même de la seule règle de répartition connue depuis les élections de 1871, à l’exception de l’élection de 1977.

La modification de cette règle représente donc une rupture dont les enjeux et les conséquences doivent être dûment identifiés et décrits afin d’éclairer parfaitement le législateur. Or, aucun élément de l’exposé des motifs ne permet d’y satisfaire pas plus qu’il ne permet d’identifier les motivations, pour peu qu’elles soient dicibles, des auteurs de la Proposition de loi.

La question d’une meilleure représentation des oppositions au sein des conseils municipaux est une question légitime et qui mériterait un travail d’information approfondi. En effet, la prime majoritaire actuelle induit mécaniquement un effet d’écrasement de la représentation des oppositions, notamment quand elles sont plurielles, en particulier dans les communes ayant un faible nombre de sièges de conseillers municipaux. 

À titre d’exemple, dans une commune de 2000 habitants avec un conseil municipal à 19 sièges, où une liste A obtiendrait 40 % des voix, une liste B 35 % des voix et une liste C 25 % des voix, la liste A obtiendrait 14 sièges, la liste B 3 sièges et la liste C seulement 2 sièges. Jouer son rôle d’opposition et participer aux nombreuses instances municipales et connexes lorsque les forces en présence sont limitées est un exercice difficile.

Cependant, la Proposition de loi en discussion ne procède aucunement à l’ouverture de ce débat. Pire, dans un texte présenté comme ayant vocation à insérer Paris, Lyon et Marseille dans le droit commun, elle crée une exception à une règle intangible depuis 1982 à l’échelle nationale et ce, alors même que ce n’est pas, par construction, dans les communes les plus peuplées que la question de la représentation des oppositions au Conseil municipal est la plus saillante.

De plus, ce système n’est appliqué que pour la mairie centrale, induisant la coexistence de deux primes majoritaires différentes entre celle-ci et ses arrondissements ou secteurs, au risque d’induire une confusion pour les électeurs comme pour les candidats. 

En l’absence de motivations évidentes, de justifications propres aux particularités de ces communes ou de réflexion plus large sur la pertinence ou sur le taux de la prime majoritaire en vigueur depuis 1982, cette modification apparaît malvenue et incohérente au regard de l’objectif plus large, affiché par la proposition de loi, d’une inscription de ces territoires dans le droit commun.

Il y a donc lieu de maintenir la prime majoritaire actuelle.

Vote par groupe

pourabstentioncontre
GroupePosition majoritaireMembresPourContreAbst.Non-votants
Rassemblement National contre1230 2200
Ensemble pour la République contre931 2301
La France insoumise - Nouveau Front Populaire contre710 2900
Socialistes et apparentés pour6613 000
Droite Républicaine contre480 700
Écologiste et Social abstention382 060
Les Démocrates contre360 1100
Horizons & Indépendants pour345 021
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires pour231 100
Gauche Démocrate et Républicaine abstention170 010
UDR contre160 300
Non inscrit pour110 000

Votants

pour (22)

Charles Sitzenstuhl EPR, Sébastien Peytavie EcoS, Danielle Simonnet EcoS, Sylvain Berrios HOR, Thomas Lam HOR, Jean Moulliere HOR, Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR, Laetitia Saint-Paul HOR*, Martine Froger LIOT, Marie-José Allemand SOC, Marie-Noëlle Battistel SOC*, Arthur Delaporte SOC*, Stéphane Delautrette SOC, Emmanuel Grégoire SOC, Céline Hervieu SOC, Marietta Karamanli SOC*, Laurent Lhardit SOC, Sophie Pantel SOC, Marc Pena SOC*, Pierre Pribetich SOC, Sandrine Runel SOC, Arnaud Simion SOC

contre (96)

Valérie Bazin-Malgras DR*, Philippe Gosselin DR*, Guillaume Lepers DR, Eric Liégeon DR, Élisabeth de Maistre DR, Sébastien Martin DR, Jean-Pierre Taite DR, Erwan Balanant Dem, Anne Bergantz Dem, Christophe Blanchet Dem, Romain Daubié Dem, Marina Ferrari Dem, Marc Fesneau Dem, Frantz Gumbs Dem, Jean-Paul Mattei Dem, Sophie Mette Dem, Maud Petit Dem, Nicolas Turquois Dem, David Amiel EPR, Antoine Armand EPR, Hervé Berville EPR*, Éric Bothorel EPR*, Florent Boudié EPR, Anthony Brosse EPR*, Jean-Luc Fugit EPR, Guillaume Gouffier Valente EPR, Olivia Grégoire EPR, Emmanuelle Hoffman EPR, Jean Laussucq EPR, Mathieu Lefèvre EPR, Roland Lescure EPR, Sylvain Maillard EPR, Christophe Marion EPR*, Graziella Melchior EPR, Joséphine Missoffe EPR, Franck Riester EPR, Jean-François Rousset EPR*, Freddy Sertin EPR, Bertrand Sorre EPR, Prisca Thevenot EPR, Stéphane Vojetta EPR*, Nadège Abomangoli LFI-NFP, Laurent Alexandre LFI-NFP*, Gabriel Amard LFI-NFP, Ségolène Amiot LFI-NFP, Farida Amrani LFI-NFP, Rodrigo Arenas LFI-NFP, Christophe Bex LFI-NFP, Carlos Martens Bilongo LFI-NFP, Idir Boumertit LFI-NFP, Louis Boyard LFI-NFP, Aymeric Caron LFI-NFP*, Sylvain Carrière LFI-NFP, Gabrielle Cathala LFI-NFP, Bérenger Cernon LFI-NFP, Aly Diouara LFI-NFP, Perceval Gaillard LFI-NFP*, Bastien Lachaud LFI-NFP, Abdelkader Lahmar LFI-NFP, Maxime Laisney LFI-NFP, Sarah Legrain LFI-NFP*, Sandrine Nosbé LFI-NFP, Nathalie Oziol LFI-NFP, Mathilde Panot LFI-NFP, René Pilato LFI-NFP, Thomas Portes LFI-NFP, Arnaud Saint-Martin LFI-NFP, Aurélien Saintoul LFI-NFP, Aurélien Taché LFI-NFP, Andrée Taurinya LFI-NFP*, Laurent Mazaury LIOT, Franck Allisio RN, Roger Chudeau RN, Auguste Evrard RN, Marc de Fleurian RN, Yoann Gillet RN, Marine Hamelet RN, Tiffany Joncour RN*, Nadine Lechon RN, Gisèle Lelouis RN, Julien Limongi RN, Christine Loir RN, Philippe Lottiaux RN, David Magnier RN, Claire Marais-Beuil RN, Pascal Markowsky RN, Bryan Masson RN, Pierre Meurin RN*, Matthias Renault RN, Catherine Rimbert RN, Anaïs Sabatini RN*, Emeric Salmon RN, Frédéric Weber RN, Olivier Fayssat UDR, Bartolomé Lenoir UDR, Éric Michoux UDR

abstention (9)

Marie-Charlotte Garin EcoS, Steevy Gustave EcoS, Sandra Regol EcoS*, Sandrine Rousseau EcoS, Eva Sas EcoS, Boris Tavernier EcoS, Elsa Faucillon GDR, Thierry Benoit HOR, Béatrice Piron HOR

non-votant (2)

Yaël Braun-Pivet EPR, Naïma Moutchou HOR