Scrutin n° 667 du 26/05/2018
Sur l'amendement n° 2176 de Mme Rossi à l'article 11 ter du projet de loi pour l'équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine et durable (première lecture).
- Dossier
- Equilibre des relations commerciales dans le secteur agro-alimentaire (EGALIM) (relié par : amendement)
- Demandé par
- Président du groupe "de la Gauche démocrate et républicaine"
- Objet
- amendement
- Source
- assemblee-nationale.fr
Amendement n° 2176 · Article 11 ter
De Laurianne Rossi (LaREM) , déposé le 17/05/2018. Sort : Rejeté. Fiche de l'amendement · sur le projet de loi projet de loi sur le projet de loi, après engagement de la procédure...
Dispositif
Rédiger ainsi cet article :
« I. – Après le troisième alinéa du III de l’article L. 541‑10‑5 du code de l’environnement, il est inséré un alinéa ainsi rédigé :
« Au plus tard le 1er janvier 2025, il est mis fin à l’utilisation de contenants alimentaires de cuisson, de réchauffe et de service en matière plastique, dans les services de restauration collective des établissements scolaires et universitaires ainsi que des établissements d’accueil des enfants de moins de six ans. Dans les collectivités territoriales de moins de 2000 habitants, les dispositions du présent alinéa sont applicables au plus tard le 1er janvier 2028. »
« II. – Après l’article L. 230‑5 du code rural et de la pêche maritime, il est inséré un article L. 230‑5‑1 ainsi rédigé :
« Art. L. 230‑5‑1. – Les gestionnaires, publics et privés, des services de restauration scolaire et universitaire ainsi que des services de restauration des établissements d’accueil des enfants de moins de six ans sont soumis aux dispositions du quatrième alinéa du III de l’article L. 541‑10‑5 du code de l’environnement. »
Exposé sommaire
Les matières plastiques peuvent contenir des substances reconnues comme des « perturbateurs endocriniens ». La migration des molécules de synthèse (additifs dont les bisphénols) dans l’alimentation est favorisée par la chaleur, les aliments gras ou acides ; le phénomène est aggravé en cas d’usure des plastiques.
Cet amendement créé un nouvel article qui a pour objectif de se prémunir contre ces éventuels risques sanitaires et d’introduire un principe de précaution dans le secteur de la restauration scolaire, universitaire et des crèches. Il vise ainsi à interdire, dans ces établissements, l’utilisation de contenants alimentaires de cuisson, de réchauffe et de service en matière plastique à partir du 1er janvier 2025, au profit de l’utilisation de matériaux inertes et durables.
Cet amendement prévoit un délai supplémentaire pour les collectivités territoriales de moins de 2000 habitants, afin de leur laisser un temps d’adaptation supplémentaire à la mise en place de cette interdiction.
En 2015, une étude de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (ANSES) a démontré que, même à froid, le risque de contamination du contenu alimentaire par le contenant plastique existe et que la migration s’accroît lors du réchauffement du contenant.
Le rapport rendu en 2017 par l’Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS), le Conseil Général de l’Environnement et du Développement durable (CGEDD), et le Conseil Général de l’Alimentation, de l’Agriculture et des Espaces Ruraux (CGAAER), sur la stratégie nationale relative aux perturbateurs endocriniens, recommande aux pouvoirs publics de renforcer leur action sur ces substances potentiellement toxiques. Cette étude révèle que lors d’une campagne de contrôle des matériaux en contact avec des denrées alimentaires réalisée par la DGCCRF en 2015, 13 % des 92 échantillons analysés ont révélé la présence de bisphénol A.
Certains services de l’État ont également d’ores et déjà introduit ce principe de précaution. À titre d’exemple, l’Agence Régionale de Santé de la Région Nouvelle-Aquitaine, dans son guide de janvier 2017, recommande de « privilégier pour la cuisson, la remise en température et le service, la vaisselle en verre, en inox ou porcelaine (de grade contact alimentaire) qui sont des matériaux simples non identifiés comme sujet aux migrations moléculaires ».
Parallèlement, plusieurs collectivités locales comme les villes de Strasbourg, les Sables-d’Olonne, Montrouge ou encore Montpellier, se sont également engagées en faveur de la suppression de l’utilisation de barquettes en plastique dans le cadre de leurs services de restauration scolaire. Par ailleurs, plusieurs délégataires de service de restauration collective ont indiqué être prêts à introduire ce changement de pratique.
Les exemples existants démontrent que la suppression des contenants alimentaires de cuisson, de réchauffe et de service, en matière plastique n’a généré qu’un faible surcoût, voire un impact financier nul pour les collectivités territoriales ayant fait le choix de la suppression des contenants alimentaires en plastique. Au contraire, la suppression des contenants en plastique peut être génératrice d’économies pour les communes, compte tenu de la diminution des coûts de collecte, de traitement ou de stockage des déchets et des gains réalisés sur l’achat de consommables (barquettes, films, vaisselle en plastique).
De plus, loin d’être destructrice d’emplois, cette évolution législative renforcera les filières de production de matériaux inertes et durables existantes et permettra l’émergence de filières nouvelles et porteuses d’innovations, comme à Limoges avec le lancement d’une porcelaine résistante aux chocs.
Au-delà de l’enjeu sanitaire auquel répond ce principe de précaution pour nos jeunes générations, celui-ci s’inscrit dans la politique de réduction des déchets initiée par les pouvoirs publics. En effet, l’utilisation de contenants en plastique à usage unique augmente la quantité de déchets générée par les services de restauration collective. Cet amendement s’inscrit ainsi dans la lignée des interdictions précédemment adoptées dans le cadre de la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte, telles que celles relatives à la vaisselle jetable en plastique et aux sacs plastiques, à usage unique.
L’introduction de ce principe de précaution permet à la fois de se prémunir contre d’éventuels risques sanitaires pour nos enfants, dont on ne mesure pas encore l’ampleur, tout en s’inscrivant dans une démarche environnementale fidèle à nos ambitions.
Vote par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Membres | Pour | Contre | Abst. | Non-votants |
|---|---|---|---|---|---|---|
| La République en Marche | contre | 313 | 17 | 37 | 4 | 1 |
| Les Républicains | contre | 102 | 1 | 10 | 0 | 0 |
| Mouvement Démocrate et apparentés | contre | 47 | 1 | 5 | 0 | 0 |
| UDI, Agir et Indépendants | pour | 32 | 3 | 2 | 0 | 0 |
| Nouvelle Gauche | abstention | 30 | 0 | 0 | 2 | 0 |
| Non inscrit | pour | 20 | 2 | 0 | 0 | 0 |
| La France insoumise | pour | 17 | 2 | 0 | 0 | 0 |
| Gauche démocrate et républicaine | pour | 16 | 1 | 0 | 0 | 0 |
Votants
pour (27)
Mathilde Panot FI, François Ruffin FI, André Chassaigne GDR, Michel Vialay LR, Bérangère Abba LaREM, Christophe Blanchet LaREM, Sylvie Charrière LaREM, Fabienne Colboc LaREM, Loïc Dombreval LaREM, Stella Dupont LaREM, Émilie Guerel LaREM, Catherine Kamowski LaREM, Sandrine Le Feur LaREM, Marion Lenne LaREM, Matthieu Orphelin LaREM, Alain Perea LaREM, Barbara Pompili LaREM, Laurianne Rossi LaREM, Denis Sommer LaREM, Élisabeth Toutut-Picard LaREM, Stéphane Trompille LaREM, Richard Ramos MODEM, Delphine Batho NI, M'jid El Guerrab NI, Pierre-Yves Bournazel UDI-AGIR, Yves Jégo UDI-AGIR, Maina Sage UDI-AGIR
contre (54)
Emmanuelle Anthoine LR, Valérie Beauvais LR, Jean-Yves Bony LR, Jean-Claude Bouchet LR, Dino Cinieri LR, Vincent Descoeur LR, Nicolas Forissier LR, Gilles Lurton LR, Isabelle Valentin LR, Patrice Verchère LR, François André LaREM, Sophie Beaudouin-Hubiere LaREM, Grégory Besson-Moreau LaREM, Julien Borowczyk LaREM, Jean-Jacques Bridey LaREM, Danielle Brulebois LaREM, Michèle Crouzet LaREM, Typhanie Degois LaREM, Nicolas Démoulin LaREM, Christelle Dubos LaREM, Éric Girardin LaREM, Véronique Hammerer LaREM, Philippe Huppé LaREM, Guillaume Kasbarian LaREM, Stéphanie Kerbarh LaREM, Fadila Khattabi LaREM, Frédérique Lardet LaREM, Gilles Le Gendre LaREM, Annaïg Le Meur LaREM, Nicole Le Peih LaREM, Marie Lebec LaREM, Jean-Claude Leclabart LaREM, Martine Leguille-Balloy LaREM, Roland Lescure LaREM, Monique Limon LaREM, Richard Lioger LaREM, Didier Martin LaREM, Graziella Melchior LaREM, Jean-Baptiste Moreau LaREM, Mickaël Nogal LaREM, Michèle Peyron LaREM, Benoit Potterie LaREM, Cécile Rilhac LaREM, Pacôme Rupin LaREM, Vincent Thiébaut LaREM, Huguette Tiegna LaREM, Marie-Christine Verdier-Jouclas LaREM, Géraldine Bannier MODEM, Philippe Bolo MODEM, Marc Fesneau MODEM, Bruno Millienne MODEM, Nicolas Turquois MODEM, Thierry Benoit UDI-AGIR, Yannick Favennec-Bécot UDI-AGIR
abstention (6)
Christine Hennion LaREM, Laurence Maillart-Méhaignerie LaREM, Delphine O LaREM, Anne-Laurence Petel LaREM, Guillaume Garot NG, Dominique Potier NG
non-votant (1)
François de Rugy LaREM
mise au point seule (1)
Mises au point
Députés ayant déclaré après coup avoir voulu voter autrement (le résultat n'est pas modifié).
- Stéphanie Kerbarh : voulait voter non-votant (a voté contre)
- Célia de Lavergne : voulait voter contre