AN · données ouvertes
Scrutins / 15e législature

Scrutin n° 4367 du 04/02/2022

Sur l'amendement de suppression n° 5 de M. Mbaye à l'article 5 de la proposition de loi visant à garantir le respect éthique du don d'organes par nos partenaires non européens (première lecture).

Résultat
Adopté
scrutin public ordinaire
Pour
37
Contre
22
Abstention
0
Votants
59
59 exprimés
Dossier
Respect éthique du don d'organes par partenaires non européens (relié par : amendement)
Demandé par
Président du groupe "La République en Marche" Président du groupe "Libertés et Territoires"
Objet
amendement
Source
assemblee-nationale.fr

Amendement n° 5 · Article 5

De Jean François Mbaye (LaREM) , déposé le 01/04/2021. Sort : Adopté. Fiche de l'amendement · sur le proposition de loi proposition de loi visant à garantir le respect éthique du don d'organes par...

Dispositif

Supprimer cet article.

Exposé sommaire

Cette proposition de loi poursuit un objectif politique clairement exprimé dans son exposé des motifs : faire cesser d’éventuels prélèvements d’organes forcés sur des prisonniers, notamment politiques, qui seraient actuellement pratiqués en Chine.

Les articles de la PPL, qui ciblent les partenariats entre établissements de santé et de recherche français et non européens, sont à ce titre assez déconnectés de l’objectif poursuivi par le texte. En effet, ils visent à encadrer la conclusion de conventions de coopération qui peuvent être signées par des établissements de santé ou de recherche français, avec des centres établis dans des pays non européens. Ces conventions seraient soumises à une vérification (a priori et a posteriori) du respect des principes éthiques de consentement préalable au don d’organe et de gratuité du don dans le pays tiers concerné.

Dans ce domaine, il faut souligner que la France est fortement mobilisée en faveur de la lutte contre le trafic d’organes. En novembre 2019, le Gouvernement a ainsi signé la convention internationale contre le trafic d’organes humain dite « Convention de Saint Jacques de Compostelle ». Cet accord international garantit le respect des principes inscrits dans la Convention pour les droits de l’Homme et la biomédecine (dite Convention d’Oviedo) ratifiée par la France en 2011. La convention de Saint-Jacques de Compostelle renforce la sécurisation globale du système de transplantation en Europe et impose de prévoir des sanctions pénales en cas de trafic d’organes.

Le projet de loi autorisant la ratification de cette convention sera présenté très prochainement en vue de son examen au Parlement.

Aucune filière de trafic d’organes impliquant des ressortissants français en Chine n’est répertoriée à ce jour. Contrairement à ce que suggèrent les motifs de la PPL, il n’existe pas de tourisme de la transplantation depuis la France vers la Chine. L’Agence de la biomédecine établit tous les deux ans un rapport présentant le nombre des patients résidant en France qui se font greffer à l’étranger : en 2019 on recensait ainsi 24 greffes pratiquées à l’étranger, soit moins d’1 % du total des greffes. Aucun cas ne concernait la Chine. Il faut souligner que ces greffes répertoriées à l’étranger ne relèvent pas du trafic d’organes, elles sont liées à des nécessités familiales (donneur situé à l’étranger).

Concernant la recherche, les grands instituts de recherche tels que l’INSERM ou l’institut Pasteur possèdent des comités d’éthique interne qui s’assurent du respect des principes éthiques avant le démarrage des projets.

Concernant la question essentielle de la protection des droits humains des minorités en Chine, on peut très fortement douter de l’éventuelle efficacité des moyens de pression de la PPL sur la politique de la Chine. Au contraire : adopté, ce texte adopté unilatéralement en dehors d’un cadre d’action multilatéral pénaliserait fortement l’ensemble des équipes médicales et scientifiques françaises, sans gêner les autorités chinoises. A l’inverse d’une action unilatérale, la France, au sein de l’Union européenne, fait de la traite des êtres humains, qui intègre la question de la traite aux fins du prélèvement d’organe, l’une des 13 priorités du cycle politique européen de lutte contre la criminalité organisée identifiées par EUROPOL.

La lutte contre le trafic d’organes est essentielle et la France s’est dotée de l’arsenal juridique nécessaire. Ce n’est donc pas exclusivement au niveau législatif mais sur le terrain diplomatique, notamment avec le soutien de nos partenaires européens, que nous devons poursuivre le combat contre toutes les formes de trafic d’organe et de traite humaine.

La France a vivement dénoncé un système de répression institutionnalisé de la Chine à l’encontre des musulmans ouïghours dans la région du Xinjiang devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Elle a fait état des témoignages et des documents concordants qui parviennent de la région chinoise du Xinjiang, et qui font état de pratiques injustifiables à l’encontre des Ouïghours, et d’un système de surveillance et de répression institutionnalisé à grande échelle. Cette situation, et les craintes légitimes qui en découlent, rendent plus importante encore la Constitution d’une réponse forte de l’ensemble de la communauté internationale au bon niveau, comme le demandent les ONG engagées en la matière.

Le Groupe LaREM propose donc, par cet amendement de suppression, de privilégier l’approfondissement de nos engagements internationaux et de s’engager pour la ratification rapide de la convention de Compostelle, plutôt que de créer un dispositif législatif unilatéral et inopérant. 

Vote par groupe

pourabstentioncontre
GroupePosition majoritaireMembresPourContreAbst.Non-votants
La République en Marche pour26732 000
Les Républicains contre1020 200
Mouvement Démocrate (MoDem) et Démocrates apparentés pour575 100
Socialistes et apparentés contre280 100
Non inscrit contre230 100
Agir ensemble contre220 100
UDI et Indépendants contre190 100
Libertés et Territoires contre180 1200
La France insoumise contre170 100
Gauche démocrate et républicaine contre150 200

Votants

pour (37)

David Corceiro Dem, Marguerite Deprez-Audebert Dem, Bruno Fuchs Dem, Maud Gatel Dem, Michèle de Vaucouleurs Dem, Aude Amadou LaREM*, Belkhir Belhaddad LaREM*, Pascal Bois LaREM*, Aude Bono-Vandorme LaREM*, Jean-Jacques Bridey LaREM, Danielle Brulebois LaREM, Carole Bureau-Bonnard LaREM*, Fannette Charvier LaREM, Stéphane Claireaux LaREM, Dominique Da Silva LaREM, Éric Girardin LaREM, Valérie Gomez-Bassac LaREM, Célia de Lavergne LaREM, Gilles Le Gendre LaREM, Marie Lebec LaREM, Christophe Leclercq LaREM, Jean François Mbaye LaREM, Ludovic Mendes LaREM*, Florence Morlighem LaREM, Claire O'Petit LaREM, Zivka Park LaREM, Alain Perea LaREM*, Michèle Peyron LaREM, Éric Poulliat LaREM*, Natalia Pouzyreff LaREM, Florence Provendier LaREM*, Bénédicte Pételle LaREM, Bruno Questel LaREM, Mireille Robert LaREM, Laetitia Saint-Paul LaREM, Nicole Trisse LaREM, Jean-Marc Zulesi LaREM*

contre (22)

Annie Chapelier Agir ens, Brahim Hammouche Dem, Éric Coquerel FI, Marie-George Buffet GDR, Stéphane Peu GDR, Constance Le Grip LR, Isabelle Valentin LR, Michel Castellani LT, Jean-Michel Clément LT, Paul-André Colombani LT, Charles de Courson LT, Jennifer De Temmerman LT, Jeanine Dubié LT, Frédérique Dumas LT, Stéphanie Kerbarh LT, François-Michel Lambert LT, Jean Lassalle LT, Bertrand Pancher LT, Sylvia Pinel LT, Aurélien Taché NI, Claudia Rouaux SOC, Philippe Gomès UDI-I