Scrutin n° 3177 du 13/11/2020
Sur l'amendement n° 3369 du Gouvernement après l'article 54 de la seconde partie du projet de loi de finances pour 2021 (première lecture) - Mission Écologie, développement et mobilité durables.
- Dossier
- Projet de loi de finances pour 2021 (relié par : amendement)
- Demandé par
- Président du groupe "Libertés et Territoires"
- Objet
- amendement
- Source
- assemblee-nationale.fr
Amendement n° II-3369 · Article 54
Gouvernement , déposé le 07/11/2020. Sort : Adopté. Fiche de l'amendement · sur le projet de loi projet de loi de finances pour 2021
Dispositif
Le tarif d’achat de l’électricité produite par les installations d’une puissance crête de plus de 250 kilowatts utilisant l’énergie radiative du soleil moyennant des technologies photovoltaïques ou thermodynamiques est réduit, pour les contrats conclus en application des arrêtés du 10 juillet 2006, du 12 janvier 2010 et du 31 août 2010 fixant les conditions d’achat de l’électricité produite par les installations utilisant l’énergie radiative du soleil telles que visées au 3° de l’article 2 du décret n° 2000‑1196 du 6 décembre 2000, à un niveau et à compter d’une date fixés par arrêté des ministres chargés de l’énergie et du budget de telle sorte que la rémunération totale des capitaux immobilisés, résultant du cumul de toutes les recettes de l’installation et des aides financières ou fiscales octroyées au titre de celle-ci, n’excède pas une rémunération raisonnable des capitaux, compte tenu des risques inhérents à son exploitation. La réduction du tarif tient compte de l’arrêté tarifaire au titre duquel le contrat est conclu, des caractéristiques techniques de l’installation, de sa localisation, de sa date de mise en service et de ses conditions de fonctionnement.
Sur demande motivée d’un producteur, les ministres chargés de l’énergie et du budget peuvent, sur proposition de la Commission de régulation de l’énergie, fixer par arrêté conjoint un niveau de tarif ou une date différents de ceux résultants de l’application du premier alinéa, si ceux-ci sont de nature à compromettre la viabilité économique du producteur, sous réserve que celui-ci ait pris toutes les mesures de redressement à sa disposition et que les personnes qui le détiennent directement ou indirectement aient mis en œuvre toutes les mesures de soutien à leur disposition, et dans la stricte mesure nécessaire à la préservation de cette viabilité. Dans ce cas, les ministres chargés de l’énergie et du budget peuvent également allonger la durée du contrat d’achat, sous réserve en outre que la somme des aides financières résultant de l’ensemble des modifications soit inférieure à la somme des aides financières qui auraient été versées dans les conditions initiales. Ne peuvent se prévaloir du présent alinéa les producteurs ayant procédé à des évolutions dans la structure de leur capital ou dans leurs modalités de financement après le 7 novembre 2020, à l’exception des mesures de redressement et de soutien susmentionnées.
Un décret en Conseil d’État, pris après avis de la Commission de régulation de l’énergie, précise les modalités d’application du présent article.
Exposé sommaire
Le soutien mis en place par les arrêtés du 10 juillet 2006, du 12 janvier 2010 et du 31 août 2010, fixant les conditions d'achat de l'électricité produite par les installations utilisant l'énergie radiative du soleil, s’est révélé, à l’exception du cas des installations les plus modestes, trop élevé au regard de la baisse importante des coûts, ce qui a conduit à une rentabilité hors de proportion avec une rémunération normale des capitaux investis et à une forte hausse des demandes de contrat. Un moratoire est intervenu à la fin de l’année 2010, afin de mettre en place un soutien plus adapté à la baisse des coûts observée.
Les tarifs retenus pour les contrats en cause n’ont ainsi pas permis, sur leur durée d’application, de respecter l’article 10 de la loi n° 2000-108 du 10 février 2000 relative à la modernisation et au développement du service public de l’électricité qui dispose, dans sa version modifiée le 31 mars 2006, que le niveau de la rémunération perçue « ne peut conduire à ce que la rémunération des capitaux immobilisés dans les installations bénéficiant de ces conditions d'achat excède une rémunération normale des capitaux, compte tenu des risques inhérents à ces activités et de la garantie dont bénéficient ces installations d'écouler l'intégralité de leur production à un tarif déterminé. »
Cette rentabilité excessive des contrats d’achat garantis sur vingt ans entraîne également des conséquences dommageables pour l'efficience du financement public des énergies renouvelables. Les dépenses publiques consécutives aux contrats concernés s’élèvent en effet à 2 milliards d’euros chaque année, soit plus du tiers des dépenses annuelles de soutien aux énergies renouvelables, au bénéfice de moins de 5 % de la production d’électricité d’origine renouvelable.
Le présent amendement consiste à réviser pour l’avenir le tarif des contrats en cause afin de ramener leur rentabilité à un niveau correspondant à une rémunération raisonnable des capitaux. Il vise ainsi à mettre fin à une situation de rémunération excessive et sans cause issue de l’application de certains contrats d’obligation d’achat d’électricité d’origine photovoltaïque et préserver les ressources publiques et l’effort du contribuable au bénéfice de l’atteinte des objectifs environnementaux ambitieux poursuivis par le Gouvernement de la manière la plus efficiente. D’autres modes de production d’énergie renouvelable pourront en conséquence bénéficier d’un soutien accru pour accompagner leur développement, notamment les nouveaux projets d’installations solaires photovoltaïques qui seront soutenus par le Gouvernement.
Afin de garantir l’effet utile de la mesure pour soutenir la transition énergétique, l’amendement prévoit une clause de sauvegarde au bénéfice des installations pour lesquelles son application serait susceptible de compromettre la viabilité du producteur en dépit des mesures de redressement prises par celui-ci et des mesures de soutien apportées par les personnes qui le détiennent directement ou indirectement. Sur demande du producteur, les ministres de l’énergie et du budget pourront ainsi tenir compte de la situation de chaque installation et définir en conséquence des aménagements adaptés permettant la poursuite du fonctionnement de ces installations. Ces aménagements pourront intégrer un allongement de la durée du contrat sous réserve que la somme des aides financières résultant de l’ensemble des modifications soit inférieure à la somme des aides financières qui auraient été versées dans les conditions initiales.
Les installations de moins de 250 kWc ne seront pas concernées par l’amendement et la révision des tarifs touchera environ 0,5 % des contrats d’achat conclus en application des arrêtés tarifaires susmentionnés.
Dans la mesure où cet amendement cible un nombre restreint d’anciens contrats d’achats dont la rémunération est excessive, il n’induit pas de risque nouveau sur le financement des nouveaux projets énergies renouvelables. Les nouveaux dispositifs de soutien ont en effet été notifiés auprès de la Commission européenne et le niveau de rémunération a fait l’objet d’une validation formelle. Les nouveaux projets d’énergies renouvelables s’appuient donc sur des contrats d’achat solides qui ne peuvent pas être remis en cause.
Vote par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Membres | Pour | Contre | Abst. | Non-votants |
|---|---|---|---|---|---|---|
| La République en Marche | pour | 271 | 71 | 4 | 6 | 2 |
| Les Républicains | contre | 105 | 2 | 18 | 2 | 0 |
| Mouvement Démocrate (MoDem) et Démocrates apparentés | pour | 56 | 16 | 3 | 0 | 0 |
| Socialistes et apparentés | abstention | 30 | 0 | 0 | 6 | 0 |
| Non inscrit | abstention | 25 | 0 | 1 | 2 | 0 |
| Agir ensemble | pour | 20 | 2 | 0 | 0 | 0 |
| Libertés et Territoires | contre | 18 | 0 | 5 | 0 | 0 |
| UDI et Indépendants | pour | 18 | 0 | 0 | 0 | 0 |
| La France insoumise | contre | 17 | 0 | 1 | 0 | 0 |
| Gauche démocrate et républicaine | abstention | 16 | 0 | 0 | 2 | 0 |
Votants
pour (91)
Christophe Euzet Agir ens*, Maina Sage Agir ens, Géraldine Bannier Dem*, Jean-Noël Barrot Dem, Bruno Duvergé Dem, Nadia Essayan Dem*, Christophe Jerretie Dem, Bruno Joncour Dem*, Fabien Lainé Dem, Mohamed Laqhila Dem, Aude Luquet Dem, Jean-Paul Mattei Dem*, Sophie Mette Dem*, Philippe Michel-Kleisbauer Dem*, Patrick Mignola Dem*, Bruno Millienne Dem, Jimmy Pahun Dem, Marielle de Sarnez Dem*, Julien Aubert LR, Bernard Bouley LR*, Damien Adam LaREM*, Éric Alauzet LaREM, Aude Amadou LaREM*, Patrice Anato LaREM*, Pieyre-Alexandre Anglade LaREM*, Laetitia Avia LaREM*, Françoise Ballet-Blu LaREM*, Sophie Beaudouin-Hubiere LaREM*, Belkhir Belhaddad LaREM, Barbara Bessot Ballot LaREM, Yves Blein LaREM, Bruno Bonnell LaREM, Julien Borowczyk LaREM*, Éric Bothorel LaREM*, Florent Boudié LaREM, Pascale Boyer LaREM, Céline Calvez LaREM, Christophe Castaner LaREM*, Anne-Laure Cattelot LaREM, Jean-René Cazeneuve LaREM, Anthony Cellier LaREM, Fannette Charvier LaREM*, Jean-Charles Colas-Roy LaREM*, Bérangère Couillard LaREM*, Olivier Damaisin LaREM*, Dominique David LaREM, Cécile Delpirou LaREM*, Nicolas Démoulin LaREM*, Christelle Dubos LaREM, Sophie Errante LaREM, Valéria Faure-Muntian LaREM, Jean-Michel Fauvergue LaREM*, Raphaël Gauvain LaREM, Fabien Gouttefarde LaREM*, Carole Grandjean LaREM*, Florence Granjus LaREM*, Benjamin Griveaux LaREM*, Véronique Hammerer LaREM*, Yannick Haury LaREM*, Alexandre Holroyd LaREM, Guillaume Kasbarian LaREM, Daniel Labaronne LaREM, Sandrine Le Feur LaREM*, Christine Le Nabour LaREM, Marie Lebec LaREM, Martine Leguille-Balloy LaREM*, Marion Lenne LaREM*, Richard Lioger LaREM, Marie-Ange Magne LaREM, Laurence Maillart-Méhaignerie LaREM*, Sandra Marsaud LaREM, Fabien Matras LaREM, Sereine Mauborgne LaREM, Graziella Melchior LaREM, Jean-Baptiste Moreau LaREM*, Cendra Motin LaREM, Sophie Panonacle LaREM, Zivka Park LaREM, Charlotte Parmentier-Lecocq LaREM*, Patrice Perrot LaREM, Michèle Peyron LaREM, François de Rugy LaREM, Laurent Saint-Martin LaREM, Nathalie Sarles LaREM, Olivier Serva LaREM, Sylvain Templier LaREM, Stéphane Testé LaREM, Vincent Thiébaut LaREM, Valérie Thomas LaREM, Nicole Trisse LaREM, Guillaume Vuilletet LaREM*
contre (32)
Frédéric Petit Dem, Sabine Thillaye Dem*, Philippe Vigier Dem, Éric Coquerel FI, Nathalie Bassire LR, Valérie Beauvais LR, Sylvie Bouchet Bellecourt LR*, Fabrice Brun LR*, François Cornut-Gentille LR*, Marie-Christine Dalloz LR, Jean-Jacques Ferrara LR*, Brigitte Kuster LR, David Lorion LR, Véronique Louwagie LR, Emmanuel Maquet LR*, Jean-Luc Poudroux LR*, Nadia Ramassamy LR*, Frédéric Reiss LR*, Bernard Reynès LR*, Laurence Trastour-Isnart LR, Pierre Vatin LR, Éric Woerth LR, Jean-Félix Acquaviva LT, Paul-André Colombani LT, Charles de Courson LT, Frédérique Dumas LT, Benoit Simian LT, Raphaël Gérard LaREM*, François Jolivet LaREM, Nicole Le Peih LaREM, Cédric Roussel LaREM, Emmanuelle Ménard NI
abstention (18)
Jean-Paul Dufrègne GDR, Fabien Roussel GDR*, Thibault Bazin LR, Gérard Cherpion LR*, Aude Bono-Vandorme LaREM, Camille Galliard-Minier LaREM*, Fabrice Le Vigoureux LaREM, Éric Poulliat LaREM*, Laurianne Rossi LaREM, Hélène Zannier LaREM, Émilie Cariou NI, Frédérique Tuffnell NI, Guillaume Garot SOC*, Régis Juanico SOC*, Jérôme Lambert SOC*, Christine Pirès Beaune SOC, Dominique Potier SOC, Claudia Rouaux SOC
non-votant (2)
Richard Ferrand LaREM, Laetitia Saint-Paul LaREM
Mises au point
Députés ayant déclaré après coup avoir voulu voter autrement (le résultat n'est pas modifié).
- Raphaël Gérard : voulait voter pour (a voté contre)
- Nicole Le Peih : voulait voter pour (a voté contre)