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Scrutins / 15e législature

Scrutin n° 299 du 23/11/2017

Sur l'amendement n° 355 de M. Quatennens à l'article 6 du projet de loi ratifiant diverses ordonnances prises sur le fondement de la loi n° 2017-1340 du 15 septembre 2017 d'habilitation à prendre les mesures pour le renforcement du dialogue social (première lecture).

Résultat
Rejeté
scrutin public ordinaire
Pour
11
Contre
48
Abstention
2
Votants
61
59 exprimés
Dossier
Ordonnances prises sur le fondement de la loi sur le renforcement du dialogue social (relié par : amendement)
Demandé par
Président du groupe "La France insoumise"
Objet
amendement
Source
assemblee-nationale.fr

Amendement n° 355 · Article 6

De Adrien Quatennens (FI) , déposé le 17/11/2017. Sort : Rejeté. Fiche de l'amendement · sur le projet de loi projet de loi sur le projet de loi, après engagement de la procédure...

Dispositif

I. – Après l’alinéa 4, insérer les deux alinéas suivants :

« 2° bis Le dernier alinéa du même article est ainsi rédigé :

« Les dispositions du présent chapitre sont applicables à toute rupture du contrat de travail à l’exclusion de la rupture conventionnelle visée aux articles L. 1237‑11 et suivants, résultant de l’une des causes énoncées au présent article. »

II. – En conséquence, substituer aux alinéas 7 à 16 les sept alinéas suivants :

« 5° L’article L. 1237‑16 est ainsi modifié :

« a) Le 1° est ainsi rédigé :

« 1° Des accords collectifs de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences dans les conditions définies par l’article L. 2242‑15 ;

« b) Le 3° est abrogé ;

« 6° La section 4 du chapitre VII du titre III du livre II de la première partie est abrogée ;

« 7° L’article L. 5421‑1 est ainsi rédigé :

« Art. L. 5421‑1. – En complément des mesures tendant à faciliter leur reclassement ou leur conversion, les travailleurs involontairement privés d’emploi ou dont le contrat de travail a été rompu conventionnellement selon les modalités prévues aux articles L. 1237‑11 et suivants du présent code ou à l’article L. 421‑12‑2 du code de la construction et de l’habitation, aptes au travail et recherchant un emploi, ont droit à un revenu de remplacement dans les conditions fixées au présent titre. »

Exposé sommaire

Cet amendement vise à mettre fin à la possibilité de ruptures conventionnelles collectives qui consiste en élargissement du périmètre de ce qui existe déjà pour les ruptures conventionnelles individuelles. Depuis leur instauration en 2008, ces ruptures constituent trop souvent une façon détournée pour l’employeur de faire un licenciement pour motif économique, mais sans les indemnités afférentes. En 2015, 360 000 ruptures conventionnelles de CDI ont été signées.

Cette rupture conventionnelle tend à remplacer les licenciements, car les indemnités sont inférieures aux indemnités de licenciement économique. L’indemnité moyenne, selon la DARES est de 6000 €, et seuls 7,4 % des salariés se font assister pour rédiger cette rupture conventionnelle. Ces chiffres démontrent une très faible assistance des salariés dans la négociation de leur rupture conventionnelle, et cela se répercute sur une moyenne basse des indemnités perçues.

En effet, l’individualité de la rupture de contrat permet trop souvent de masquer des licenciements en fait collectifs. Mais l’individualisation casse le cadre collectif et les moyens de défense des salariés. Ceux-ci sont abandonnés au rapport de force qui les oppose à leur employeur, et ils finissent trop souvent à accepter des indemnités qu’ils auraient pu négocier à la hausse.

Or, il est clair qu’un salarié en train de négocier une rupture conventionnelle n’est pas en position de force et il peut faire l’objet de pressions diverses pour accepter des conditions qui lui sont présentées comme avantageuses.

La rupture conventionnelle collective ne peut qu’aggraver des dispositions déjà délétères, et rendre obsolètes les anciens “plans de sauvegarde de l’emploi” qui sont conclus dans des conditions bien plus sécurisantes pour les salariés.

Vote par groupe

pourabstentioncontre
GroupePosition majoritaireMembresPourContreAbst.Non-votants
La République en Marche contre3120 4001
Les Républicains contre1000 511
Mouvement Démocrate et apparentés contre470 200
Les Constructifs : républicains, UDI, indépendants contre350 100
Nouvelle Gauche pour313 000
Non inscrit abstention180 010
La France insoumise pour176 000
Gauche démocrate et républicaine pour162 000

Votants

pour (11)

Ugo Bernalicis FI, Danièle Obono FI, Loïc Prud'homme FI, Adrien Quatennens FI, Jean-Hugues Ratenon FI, Bénédicte Taurine FI, Jean-Paul Dufrègne GDR, Jean-Paul Lecoq GDR, Régis Juanico NG, Hervé Saulignac NG, Boris Vallaud NG

contre (48)

Christophe Naegelen LC, Gérard Cherpion LR, Brigitte Kuster LR, Gilles Lurton LR, Jérôme Nury LR, Alain Ramadier LR, Delphine Bagarry LaREM, Didier Baichère LaREM, Sophie Beaudouin-Hubiere LaREM, Belkhir Belhaddad LaREM, Bruno Bonnell LaREM, Brigitte Bourguignon LaREM, Carole Bureau-Bonnard LaREM, Claire Colomb-Pitollat LaREM, Jean-Baptiste Djebbari LaREM, Jacqueline Dubois LaREM, Frédérique Dumas LaREM, Catherine Fabre LaREM, Emmanuelle Fontaine-Domeizel LaREM, Marie Guévenoux LaREM, Caroline Janvier LaREM, Yannick Kerlogot LaREM, Fadila Khattabi LaREM, Michel Lauzzana LaREM, Fiona Lazaar LaREM, Fabrice Le Vigoureux LaREM, Marion Lenne LaREM, Sylvain Maillard LaREM, Fabien Matras LaREM, Monica Michel-Brassart LaREM, Jean-Michel Mis LaREM, Delphine O LaREM, Valérie Oppelt LaREM, Matthieu Orphelin LaREM, Zivka Park LaREM, Patrice Perrot LaREM, Valérie Petit LaREM, Michèle Peyron LaREM, Laurent Pietraszewski LaREM, Nathalie Sarles LaREM, Sira Sylla LaREM, Aurélien Taché LaREM, Adrien Taquet LaREM, Vincent Thiébaut LaREM, Corinne Vignon LaREM, Jean-Marc Zulesi LaREM, Bruno Fuchs MODEM, Michèle de Vaucouleurs MODEM

abstention (2)

Jacques Cattin LR, Bruno Bilde NI

non-votant (2)

Marc Le Fur LR, François de Rugy LaREM