Scrutin n° 2855 du 31/07/2020
Sur l'amendement n° 942 de M. Lachaud à l'article 21 bis du projet de loi relatif à la bioéthique (deuxième lecture).
- Dossier
- Bioéthique (relié par : amendement)
- Demandé par
- Président du groupe "La France insoumise"
- Objet
- amendement
- Source
- assemblee-nationale.fr
Amendement n° 942 · Article 21 bis
De Bastien Lachaud (FI) , déposé le 03/07/2020. Sort : Rejeté. Fiche de l'amendement · sur le projet de loi projet de loi sur le projet de loi, modifié par le Sénat, relatif à la...
Dispositif
Compléter l’alinéa 6 par la phrase suivante :
« La recherche du consentement du mineur doit impérativement respecter les droits humains, la dignité de la personne et l’autodétermination. »
Exposé sommaire
Il est impératif que les enfants présentant une variation du développement génital soient pris en charge dans des conditions qui respectent les droits humains fondamentaux, et le principe constitutionnel de la dignité de la personne.
Ainsi, le principe d'intégrité du corps, et d'auto-détermination de la personne doivent prévaloir, comme le prévoit l’article 16‑3 du code civil.
Toutefois, la précision dans la loi de bioéthique est impérative, car à l'heure actuelle des opérations mutilantes ont lieu, raison pour laquelle la France a été condamnée par de nombreuses institutions internationales.
En 2016, la DILCRAH préconisait d’arrêter ces opérations. L’ONU a rappelé la France à l’ordre à 3 reprises en 2016. Le Parlement européen a demandé explicitement de mettre fin à ces interventions. Le Conseil d’État a estimé que ces actes portent gravement atteinte à l’intégrité corporelle de l’enfant, et rappelle que seule l’urgence vitale ou le consentement libre et éclairé de la personne peuvent justifier l’atteinte à l’intégrité physique d’une personne. Le Défenseur des droits en 2018 a montré les séquelles majeures tant physiques que psychologiques, dont résultent douleurs physiques, rapport au corps altéré, sexualité altérée ou douloureuse, et préconise d’attendre de pouvoir recueillir le consentement de la personne. La CNCDH a également qualifié ces opérations de traitements inhumains et dégradants, et de mutilation sexuelle.
En 2019, l'avis du CCNE préconise que "soit respectée la possibilité, qu’à l’exception des cas répondant à une nécessité médicale, la personne concernée soit associée aux choix thérapeutiques qui lui sont proposés lorsque son degré de maturité le permet, dès lors qu’en raison de leur irréversibilité, ils mettent en jeu son intégrité physique." L'avis précise : "dans un contexte très particulier d’incertitude scientifique sur les avantages et les inconvénients des opérations précoces, la décision relative à ces interventions, lorsqu’elles ont un caractère irréversible et qu’elles suppriment ou modifient de manière substantielle un organe sexuel, ne devrait, en principe, être prise que par les personnes concernées, une fois qu’elles sont en capacité de faire un choix éclairé. D’où la nécessité d’attendre, sauf urgence ou situation particulière, qu’elles soient en capacité de décider ou, le cas échéant, d’être associées de manière éclairée à la prise de décision. Dans ces conditions, l’élément essentiel doit rester l’autodétermination du sujet et, en ce sens, il s’agit d’assurer la protection de l’intégrité physique de l’enfant jusqu’à ce qu’il soit en âge de se prononcer, même s’il est difficile de déterminer cet âge, car il variera en fonction des personnes et de la variation du développement sexuel en cause, certaines interventions irréversibles pouvant être, tant que leur bénéfice sur le plan physique et psychique n’aura pas été démontré, reportées à l’âge adulte."
Vote par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Membres | Pour | Contre | Abst. | Non-votants |
|---|---|---|---|---|---|---|
| La République en Marche | contre | 280 | 0 | 37 | 0 | 1 |
| Les Républicains | contre | 103 | 0 | 16 | 1 | 0 |
| Mouvement Démocrate et apparentés | contre | 46 | 0 | 9 | 0 | 0 |
| Socialistes et apparentés | pour | 28 | 1 | 0 | 0 | 1 |
| UDI et Indépendants | pour | 19 | 0 | 0 | 0 | 0 |
| Libertés et Territoires | contre | 18 | 0 | 1 | 0 | 0 |
| Agir ensemble | contre | 17 | 0 | 1 | 0 | 0 |
| Écologie Démocratie Solidarité | pour | 17 | 0 | 0 | 0 | 0 |
| La France insoumise | pour | 17 | 2 | 0 | 0 | 0 |
| Gauche démocrate et républicaine | pour | 15 | 1 | 0 | 0 | 0 |
| Non inscrit | contre | 12 | 0 | 1 | 0 | 0 |
Votants
pour (4)
Caroline Fiat FI, Bastien Lachaud FI, Pierre Dharréville GDR, Marie-Noëlle Battistel SOC
contre (65)
Agnès Firmin Le Bodo Agir ens, Emmanuelle Anthoine LR, Thibault Bazin LR, Valérie Beauvais LR, Sandra Boëlle LR, Josiane Corneloup LR, Patrick Hetzel LR, Brigitte Kuster LR, Olivier Marleix LR, Jérôme Nury LR, Bernard Perrut LR, Alain Ramadier LR, Frédéric Reiss LR, Nathalie Serre LR, Isabelle Valentin LR, Charles de la Verpillière LR, Jean-Pierre Vigier LR, Sandrine Josso LT, Ramlati Ali LaREM, Laetitia Avia LaREM, Aude Bono-Vandorme LaREM, Éric Bothorel LaREM*, Pascale Boyer LaREM, Anne-France Brunet LaREM, Céline Calvez LaREM, Sylvie Charrière LaREM, Stéphane Claireaux LaREM*, Yves Daniel LaREM, Marc Delatte LaREM, Frédéric Descrozaille LaREM, Jean-François Eliaou LaREM, Camille Galliard-Minier LaREM, Anne Genetet LaREM, Carole Grandjean LaREM, François Jolivet LaREM, Yannick Kerlogot LaREM, Sonia Krimi LaREM, Gilles Le Gendre LaREM, Alexandra Louis LaREM*, Jacques Marilossian LaREM, Didier Martin LaREM, Graziella Melchior LaREM, Florence Morlighem LaREM, Claire O'Petit LaREM, Valérie Oppelt LaREM, Béatrice Piron LaREM, Benoit Potterie LaREM, Natalia Pouzyreff LaREM, Bénédicte Pételle LaREM, Cécile Rilhac LaREM, Laëtitia Romeiro Dias LaREM, Jacques Savatier LaREM*, Olivier Serva LaREM*, Marie Tamarelle-Verhaeghe LaREM, Jean-Louis Touraine LaREM, Philippe Berta MODEM, Jean-Louis Bourlanges MODEM, Vincent Bru MODEM, Isabelle Florennes MODEM, Brahim Hammouche MODEM, Patrick Mignola MODEM, Bruno Millienne MODEM, Frédéric Petit MODEM, Nicolas Turquois MODEM, Emmanuelle Ménard NI
abstention (1)
Maxime Minot LR
non-votant (2)
Richard Ferrand LaREM, David Habib SOC