AN · données ouvertes
Scrutins / 15e législature

Scrutin n° 2325 du 25/11/2019

Sur l'amendement de suppression n° 1 de Mme Verdier-Jouclas et l'amendement identique suivant à l'article 9 ter du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2020 (nouvelle lecture).

Résultat
Rejeté
scrutin public ordinaire
Pour
22
Contre
26
Abstention
3
Votants
51
48 exprimés
Dossier
Loi de financement de la sécurité sociale 2020 (relié par : amendement)
Demandé par
Président du groupe "La République en Marche"
Objet
amendement
Source
assemblee-nationale.fr

Amendement n° 1 · Article 9 ter

De Marie-Christine Verdier-Jouclas (LaREM) , déposé le 20/11/2019. Sort : Rejeté. Fiche de l'amendement · sur le projet de loi projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2020

Dispositif

Supprimer cet article.

Exposé sommaire

Prévenir les conduites à risques et protéger les jeunes, est un enjeu qui nous concerne tous. Aujourd’hui en France, l’alcool est responsable de 41 000 décès par an.

Malgré quelques améliorations observées ces dernières années s’agissant des collégiens et lycéens, les niveaux de consommation d’alcool chez les jeunes restent très préoccupants : 85,7 % des adolescents à 17 ans ont déjà expérimenté l’alcool, 8.4 % ont une consommation régulière (au moins 10 fois dans le mois).

Afin de prévenir une entrée dans une consommation régulière d’alcool pouvant amener à une dépendance future des jeunes et des femmes, une disposition a été adoptée à l’Assemblée Nationale visant à taxer des alcools de type « vinpops », à hauteur de 3000 euros par hectolitre d’alcool pur.

Le présent amendement vise cependant à supprimer cette taxe sur les premix à base de vin car l’objectif de santé publique assigné à ce dispositif ne sera pas être atteint pour plusieurs raisons.

D’abord, cette taxe va créer un effet de report de consommation de produits moins alcoolisés, vers des produits plus alcoolisés d’entrée de gamme. La consommation de boissons aromatisées à base de vin est estimée entre 34 000 hl et 40 000 hl :

  • Dont 18 500 hl en moyenne sur les 2 dernières campagnes pour les ventes en grande distribution d’après l’institut qui fournit à FranceAgriMer les données de panel sur le marché français.
  • Dont 5 500 hl dans les autres circuits pour la consommation à domicile (d’après une estimation FranceAgriMer)
  • Dont entre 10 300 hl et 16 000 hl pour la consommation hors domicile (d’après une estimation FranceAgriMer)

Avec une taxe à 3 €/dcl d’alcool pur, sachant qu’en moyenne le vin aromatisé est à 12 %, cela fait un surcoût de de 3,5 à 4 €/l soit 2,5‑3 €/btll de 75cl. A titre d’exemple, pour une bouteille de 75cl de Kir bourguignon à 11° vendu à 4,75 €, la taxe représente un surcoût de 2,5 € soit une augmentation de 35 %.  

D’autre part, le public cible visé par ce dispositif ne reflètent pas la réalité de ce marché. Ces boissons à base de sont consommées à 80 % par les plus de 35 ans et 61 % des consommateurs ont plus de 50 ans. Les plus jeunes s’oriente davantage sur les alcools forts, et sont autonomes dans la préparation de leur boisson.

Enfin, ce dispositif ne prend pas en compte une tendance de fond :  depuis 50 ans, on observe une diminution régulière du volume d’alcool consommé (11,7 litres d’alcool en moyenne par habitant en 2017, contre 26 litres en 1961). Cette baisse est presque exclusivement due à la diminution de la consommation de vin (source : Santé publique France).

En parallèle, le premix est un débouché supplémentaire pour certains de nos vins, dans une vision qualitative de distribution locale. Les vins aromatisés correspondent à une tradition de recettes et à un savoir-faire fortement ancré dans les territoires, en France et en Europe : Vin de pêche, Vin de Noel, ou encore Sangria à l’apéritif. Aujourd’hui, 30 entreprises françaises (soit 3000 emplois directs) produisent ce type de boissons pour 163 millions de litres sont produits chaque année en France.  

Cette nouvelle taxe représentera un surcout global pour la filière de 538 millions d’euros. Or, aucun de ces producteurs n’est en capacité économique d’absorber ce niveau de taxe supérieur à celui de la taxation d’alcool fort comme la vodka (2300 euros par hectolitre d’alcool pur). Ceci est d’autant plus injuste car la bière échappe à cette taxation et dommageable dans le contexte économique particulièrement défavorable à l’égard de la filière vin française.

En effet, la Chine a largement baissé ses importations de vins français, plongeant le bordelais dans une crise sans précédent (14 % sur les exports de Bordeaux en 2018) et conduit à une augmentation forte des stocks dans les grandes régions viticoles. Les sanctions américaines à l’encontre de nos vins (coût estimé à 300M€) vont encore aggraver cette situation avec le retour de volumes importants sur le marché français. Les viticulteurs vont être contraints de dégrader des volumes en vin de France pour assainir le marché et les vins aromatisés sont potentiellement une filière de dégagement importante.

Dans ce contexte très pessimiste, la remise en question et l’innovation doit être permanente. Pour certains producteurs de nos territoires, le prémix suscite un espoir et une volonté d’avancer.

Au regard de l’ensemble de ces éléments, il est clair que l’extension de la taxe premix aux boissons à base de vin est un coup dur porté à cette viticulture qui continue d’y croire, et ce, d’autant plus qu’elle ne solutionnera en rien les problèmes des jeunes et de l’alcool.

Cet amendement a été élaboré avec les filières viticoles, les vignerons de circonscription et la fédération française des vins d’apéritif (FFVA).

Vote par groupe

pourabstentioncontre
GroupePosition majoritaireMembresPourContreAbst.Non-votants
La République en Marche contre30415 1911
Les Républicains pour1047 000
Mouvement Démocrate et apparentés contre460 100
Socialistes et apparentés contre290 300
UDI, Agir et Indépendants abstention280 010
Libertés et Territoires contre190 110
La France insoumise contre170 100
Gauche démocrate et républicaine contre160 100
Non inscrit pour130 000

Votants

pour (22)

Émilie Bonnivard LR, Gérard Cherpion LR, Marie-Christine Dalloz LR, Jean-Pierre Door LR, Véronique Louwagie LR, Gilles Lurton LR, Gérard Menuel LR, Aurore Bergé LaREM, Bertrand Bouyx LaREM, Danielle Brulebois LaREM, François Cormier-Bouligeon LaREM, Frédéric Descrozaille LaREM, Jean-François Eliaou LaREM, Éric Girardin LaREM, Danièle Hérin LaREM, Jean-Claude Leclabart LaREM, Sandra Marsaud LaREM, Patricia Mirallès LaREM, Rémy Rebeyrotte LaREM, Mireille Robert LaREM, Laetitia Saint-Paul LaREM, Marie-Christine Verdier-Jouclas LaREM

contre (26)

Caroline Fiat FI, Pierre Dharréville GDR, Matthieu Orphelin LT, Delphine Bagarry LaREM, Julien Borowczyk LaREM, Éric Bothorel LaREM, Brigitte Bourguignon LaREM, Dominique Da Silva LaREM, Nicole Dubré-Chirat LaREM, Audrey Dufeu LaREM, Fiona Lazaar LaREM, Christine Le Nabour LaREM, Thomas Mesnier LaREM, Jean-Michel Mis LaREM, Cendra Motin LaREM, Charlotte Parmentier-Lecocq LaREM, Michèle Peyron LaREM, Laurent Pietraszewski LaREM, Stéphanie Rist LaREM, Cédric Roussel LaREM, Olivier Véran LaREM, Annie Vidal LaREM, Michèle de Vaucouleurs MODEM, Joël Aviragnet SOC, Alain David SOC, Michèle Victory SOC

abstention (3)

Philippe Vigier LT, Jean-Michel Fauvergue LaREM, Paul Christophe UDI-AGIR

non-votant (1)

Richard Ferrand LaREM

Mises au point

Députés ayant déclaré après coup avoir voulu voter autrement (le résultat n'est pas modifié).