Scrutin n° 2158 du 17/10/2019
Sur l'amendement n° 2328 de M. Coquerel après l'article 3 du projet de loi de finances pour 2020 (première lecture).
- Dossier
- Loi de finances 2020 (relié par : amendement)
- Demandé par
- Président du groupe "La France insoumise"
- Objet
- amendement
- Source
- assemblee-nationale.fr
Amendement n° I-2328 · Article 3
De Éric Coquerel (FI) , déposé le 10/10/2019. Sort : Rejeté. Fiche de l'amendement · sur le projet de loi projet de loi de finances pour 2020
Dispositif
L’article 4 bis du code général des impôts est complété par un 3° ainsi rédigé :
« 3° Pour une durée de dix ans, et sous réserve des conventions fiscales signées par la France, les personnes de nationalité française ayant résidé au moins trois ans en France sur les dix années ayant précédé leur changement de résidence fiscale vers un État pratiquant une fiscalité inférieure de plus de 50 % à celle de la France en matière d’imposition sur les revenus du travail, du capital ou du patrimoine. Les personnes soumises aux obligations du présent alinéa bénéficient d’un crédit d’impôt égal à l’impôt sur ces mêmes revenus qu’elles ont déjà acquitté dans leur pays de résidence. »
Exposé sommaire
Le présent amendement a pour objectif de développer en France un mécanisme de fiscalité limitée étendue, que l’on peut également qualifier d’ « impôt universel ciblé » (ciblé sur les paradis fiscaux), tel qu’il existe d’ores et déjà dans plusieurs pays européens.
Comme indiqué dans le rapport de la mission d’information sur l’impôt universel rapportée par MM. Coquerel et Mattei, une telle disposition vise à faire en sorte que le droit à taxer de la France ne s’éteigne pas immédiatement avec un changement de résidence fiscale (proposition 3 du rapport). En effet, bien que certains dispositifs permettent déjà de récupérer des revenus situés à l’étranger (par exemple les articles 123 bis -sur les cessions de part d’entreprises -ou 155 A du CGI- sur la rémunération de services), la France ne dispose pas de mécanisme spécifique d’imposition limitée étendue.
Il s’agirait donc d’ajouter un principe général d’imposition en fonction de la nationalité qui aurait vocation à s’appliquer à tous les impôts portant sur le revenu des personnes, que ce soit l’impôt sur le revenu, l’impôt sur les successions ou l’impôt sur les plus-values ou les dividendes, y compris pour les revenus perçus dans un autre pays que la France, ce qui en ferait un impôt universel.
Toutefois, une telle disposition ne s’appliquera que sous réserve des conventions fiscales signées par la France avec d’autres pays. S’il n’existe pas de conventions fiscales, ou que les conventions fiscales existantes demeurent imprécises ou ne traitent pas de la fiscalité des successions ou du capital, alors un principe de fiscalité limitée étendue jouera un rôle dissuasif important puisqu’il permettra de faire en sorte que les revenus soient effectivement taxés là où le droit à taxer s’éteint aujourd’hui avec le changement de résidence fiscale.
Pour une plus grande équité fiscale, le dispositif ne cible également que les pays dont les taux d’imposition sont 50 % inférieurs à celui de la France, que ce soit en matière d’impôt sur les revenus du travail, du capital ou du patrimoine.
Notons enfin qu’une disposition de ce type est parfaitement compatible avec le droit européen puisque plusieurs pays européens disposent déjà d’une législation comparable (Allemagne : 10 ans ; Finlande : 3 ans ; Suède : 5 ans). Une disposition de ce type serait ainsi particulièrement utile pour aider à imposer les plus-values de cessions ou encore les successions dans le cas d’un changement de résidence fiscale vers un pays à fiscalité privilégiée.
Vote par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Membres | Pour | Contre | Abst. | Non-votants |
|---|---|---|---|---|---|---|
| La République en Marche | contre | 304 | 0 | 35 | 0 | 1 |
| Les Républicains | contre | 104 | 0 | 10 | 0 | 0 |
| Mouvement Démocrate et apparentés | pour | 46 | 2 | 0 | 1 | 0 |
| Socialistes et apparentés | pour | 29 | 1 | 0 | 0 | 1 |
| UDI, Agir et Indépendants | contre | 28 | 0 | 2 | 0 | 0 |
| Libertés et Territoires | pour | 19 | 2 | 0 | 0 | 0 |
| La France insoumise | pour | 17 | 3 | 0 | 0 | 0 |
| Gauche démocrate et républicaine | pour | 16 | 1 | 0 | 0 | 0 |
| Non inscrit | pour | 13 | 0 | 0 | 0 | 0 |
Votants
pour (9)
Éric Coquerel FI, Caroline Fiat FI, Danièle Obono FI, Alain Bruneel GDR, Michel Castellani LT, Sylvia Pinel LT, Jean-Noël Barrot MODEM, Mohamed Laqhila MODEM, Christine Pirès Beaune SOC
contre (47)
Émilie Bonnivard LR, Fabrice Brun LR, Marie-Christine Dalloz LR, Fabien Di Filippo LR, Pierre-Henri Dumont LR, Sébastien Huyghe LR, Brigitte Kuster LR, Véronique Louwagie LR, Alain Ramadier LR, Éric Woerth LR, Aurore Bergé LaREM*, Bertrand Bouyx LaREM, Émilie Cariou LaREM, Anne-Laure Cattelot LaREM, Jean-René Cazeneuve LaREM, Anthony Cellier LaREM, Philippe Chassaing LaREM, Dominique David LaREM, Nicolas Démoulin LaREM, Éric Girardin LaREM, Joël Giraud LaREM, Fabien Gouttefarde LaREM, Olivia Grégoire LaREM, Alexandre Holroyd LaREM, Christophe Jerretie LaREM, Yannick Kerlogot LaREM, Fadila Khattabi LaREM, Daniel Labaronne LaREM, Michel Lauzzana LaREM, Marie-Ange Magne LaREM, Denis Masséglia LaREM, Sandrine Mörch LaREM, Cendra Motin LaREM, Cécile Muschotti LaREM*, Valérie Petit LaREM, Michèle Peyron LaREM, Barbara Pompili LaREM, Benoit Potterie LaREM, Thomas Rudigoz LaREM, Laurent Saint-Martin LaREM, Stéphane Testé LaREM, Huguette Tiegna LaREM*, Élisabeth Toutut-Picard LaREM*, Hélène Zannier LaREM, Jean-Marc Zulesi LaREM, Patricia Lemoine UDI-AGIR, Lise Magnier UDI-AGIR
abstention (1)
Bruno Duvergé MODEM
non-votant (2)
Richard Ferrand LaREM, David Habib SOC