Scrutin n° 2142 du 10/10/2019
Sur l'amendement n° 144 de Mme Tamarelle-Verhaeghe après l'article 10 de la proposition de loi visant à agir contre les violences au sein de la famille (première lecture).
- Dossier
- Violences au sein de la famille (relié par : amendement)
- Demandé par
- Président du groupe "La République en Marche"
- Objet
- amendement
- Source
- assemblee-nationale.fr
Amendement n° 144 · Article 10
De Marie Tamarelle-Verhaeghe (LaREM) , déposé le 07/10/2019. Sort : Rejeté. Fiche de l'amendement · sur le proposition de loi proposition de loi sur la proposition de loi, après engagement de la...
Dispositif
Après l’article 222‑14‑3 du code pénal, il est inséré un article 222‑14‑3‑1 ainsi rédigé :
« Art. 222‑14‑3‑1. – Le fait d’exposer un mineur à des violences commises sur le conjoint, le concubin ou le partenaire lié par un pacte civil de solidarité est puni des peines prévues au b des articles 222‑8, 222‑10, 222‑12 et 222‑13 ».
Exposé sommaire
Lors des débats en commission des lois le mercredi 2 octobre dernier, il a unanimement été souligné que les violences conjugales touchaient nécessairement les enfants y étant exposés. Ce constat a conduit M. le rapporteur à renommer la proposition de loi en proposition de loi « visant à agir contre les violences au sein de la famille » et à enrichir les dispositions l’article 2 de la proposition de loi, dispositions visant en particulier à protéger les enfants. Tirant les conséquences pénales de ce constat ainsi que des dispositions à l’article 2, le présent amendement propose de reconnaître les mineurs exposés aux violences conjugales comme victimes directes de ces violences.
Aujourd’hui, l’enfant n’est pas reconnu comme victime des violences commises sur l’un de ses parents et auxquelles il est exposé. Comme le souligne le Centre Hubertine Auclert dans son rapport de 2017, les violences psychologiques reconnues sur mineur sont généralement des brimades, humiliations, menaces des parents et non une exposition aux violences conjugales1. Et le rapport précité le précise : « concernant les violences conjugales, si les enfants ne sont pas directement ciblés, ils ne peuvent ni demander une réparation directe de préjudice en lien avec l’infraction, ni se constituer partie civile et être reconnus comme victimes au sens juridique du terme ». Sur le plan pénal, sauf s’il est lui-même victime de violences, l’enfant ne peut être considéré comme victime des violences dans le couple.
Or, l’exposition de l’enfant aux violences conjugales est indéniablement un mauvais traitement qui lui est infligé directement. En témoigne le changement de terminologie dans l’élaboration des politiques publiques ces dernières années : la notion d’enfant « témoin » de violences conjugales était d’abord utilisée pour arriver, dans le dernier plan triennal à la reconnaissance des enfants comme « victimes »2. En témoigne également larecherche, qui nous informe particulièrement sur les conséquences de long terme pour les enfants de l’exposition aux violences conjugales, qu’il s’agisse d’un syndrome de stress post-traumatique, d’effets négatifs dans le développement de l’enfant (cognitif, émotionnel, en santé) ou de problèmes de conduite. Enfin, parmi les annonces du 3 septembre 2019 ouvrant le Grenelle des violences conjugales, on trouve la possibilité pour le juge pénal de suspendre ou aménager l’exercice de l’autorité parentale. Ainsi réaffirme-t-on, au nom d’une transgression de l’autorité parentale en ceci qu’elle n’est plus un pouvoir subordonné à l’intérêt de l’enfant, que le conjoint violent instaure bien un rapport de domination, une asymétrie, dont l’autre conjoint mais aussi l’enfant sont les victimes.
[1] Mieux protéger et accompagner les enfants co-victimes des violences conjugales, Centre Hubertine Auclert, 2017
[2] Les enfants témoins de violences sont des victimes », 5e plan de mobilisation et de lutte contre toutes les violences faites aux femmes 2017‑2019 (p. 3)
Vote par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Membres | Pour | Contre | Abst. | Non-votants |
|---|---|---|---|---|---|---|
| La République en Marche | contre | 304 | 2 | 26 | 1 | 1 |
| Les Républicains | pour | 104 | 9 | 0 | 1 | 0 |
| Mouvement Démocrate et apparentés | contre | 46 | 0 | 3 | 0 | 0 |
| Socialistes et apparentés | abstention | 29 | 0 | 0 | 1 | 1 |
| UDI, Agir et Indépendants | pour | 28 | 3 | 0 | 0 | 0 |
| Libertés et Territoires | pour | 19 | 0 | 0 | 0 | 0 |
| La France insoumise | pour | 17 | 2 | 0 | 0 | 0 |
| Gauche démocrate et républicaine | pour | 16 | 0 | 0 | 0 | 0 |
| Non inscrit | pour | 13 | 0 | 0 | 0 | 0 |
Votants
pour (16)
Caroline Fiat FI, François Ruffin FI, Damien Abad LR, Ian Boucard LR, Valérie Boyer LR, Claude de Ganay LR, Constance Le Grip LR, Aurélien Pradié LR, Alain Ramadier LR, Laurence Trastour-Isnart LR, Pierre Vatin LR, Didier Baichère LaREM, Marie Tamarelle-Verhaeghe LaREM, Sophie Auconie UDI-AGIR, Philippe Dunoyer UDI-AGIR, Patricia Lemoine UDI-AGIR
contre (29)
Caroline Abadie LaREM, Patrice Anato LaREM, Pieyre-Alexandre Anglade LaREM, Stéphanie Atger LaREM, Hervé Berville LaREM, Julien Borowczyk LaREM, Yaël Braun-Pivet LaREM, Céline Calvez LaREM, Alexandre Freschi LaREM, Guillaume Gouffier Valente LaREM, Perrine Goulet LaREM, Carole Grandjean LaREM*, Émilie Guerel LaREM, Nadia Hai LaREM, Sonia Krimi LaREM, Fiona Lazaar LaREM, Alexandra Louis LaREM, Naïma Moutchou LaREM*, Michèle Peyron LaREM, Laurent Pietraszewski LaREM, Béatrice Piron LaREM, Marie-Pierre Rixain LaREM*, Huguette Tiegna LaREM*, Élisabeth Toutut-Picard LaREM*, Stéphane Travert LaREM, Guillaume Vuilletet LaREM, Géraldine Bannier MODEM, Maud Petit MODEM, Josy Poueyto MODEM
abstention (3)
Antoine Savignat LR, Mireille Robert LaREM, Marietta Karamanli SOC
non-votant (2)
Richard Ferrand LaREM, David Habib SOC