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Scrutins / 15e législature

Scrutin n° 166 du 20/10/2017

Sur l'amendement n° 176 de M. Abad et les amendements identiques suivants à l'article 12 du projet de loi de finances pour 2018 (première lecture).

Résultat
Rejeté
scrutin public ordinaire
Pour
19
Contre
61
Abstention
0
Votants
80
80 exprimés
Dossier
Loi de finances 2018 (relié par : amendement)
Demandé par
President(e) du groupe "Les Républicains"
Objet
amendement
Source
assemblee-nationale.fr

Amendement n° I-176 · Article 12

De Damien Abad (LR) , déposé le 11/10/2017. Sort : Rejeté. Fiche de l'amendement · sur le projet de loi projet de loi de finances pour 2018

Dispositif

Rédiger ainsi cet article :

« I. – Le chapitre I bis du titre IV de la première partie du livre premier du code général des impôts est abrogé.

« II. – La perte de recettes pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle aux droits visés aux articles 575 et 575 A du code général des impôts. »

 

Exposé sommaire

L’ISF (impôt de solidarité sur la fortune) génère plus d’effets pervers que d’effets positifs. L’impôt sur les grandes fortunes a été créé en 1982 par le gouvernement de Pierre Mauroy et il est devenu en 1989 l’ISF.

 Cet impôt « idéologique » pousse les gens à délocaliser leurs investissements et rend impossible les investissements nouveaux. Il symbolise à lui seul les symptômes et les défauts de notre système fiscal.

L’ISF est un impôt périodique (car annuel) sur le patrimoine des ménages. Cumulé avec les autres prélèvements fiscaux et sociaux sur le patrimoine des ménages (imposition au barème des revenus du capital ; imposition des plus-values mobilières ; prélèvements sociaux sur les revenus du capital), l’ISF conduit à un taux de prélèvements qui pénalise fortement la prise de risque et l’investissement.
Les défauts intrinsèques de l’ISF ne sont pas corrigés par la multiplicité des niches fiscales qui visent à atténuer ses imperfections. Les bases d’imposition de l’ISF sont ainsi étroites en raison des régimes dérogatoires existants : exclusion des biens professionnels ; exonération de 75 % dans le cadre d’un pacte « Dutreil – ISF », abattement de 30 % sur la valeur de la résidence principale ; exclusion des œuvres d’art ; mécanisme de plafonnement de l’ISF par rapport au revenu. Ces complexités de l’ISF, rendues inévitables en raison de ses effets pervers, font que l’ISF est un impôt qui frappe les classes moyennes supérieures et assez peu la cible principale qui est celle des très grandes fortunes.

La France est le seul pays d’Europe qui maintient avec l’Espagne un impôt périodique sur le patrimoine des ménages. Mais le poids de l’ISF français représente une proportion plus importante : 0,24 % du PIB en France contre 0,11 % en Espagne. Au demeurant, l’ISF espagnol a été rétabli dans le contexte de la crise des finances publiques, dans une finalité temporaire et exceptionnelle.
L’ISF est un impôt qui affaiblit l’économie française. Il constitue une cause importante, sans qu’elle soit unique, de l’expatriation fiscale. En 2014, le nombre de foyers fiscaux dont le revenu fiscal de référence est supérieur à 200 000 € a chuté de 8 %. Ils n’étaient plus que 137 081 foyers dans cette tranche de revenus, contre 148 268 l’année précédente. Il existe de gros risques d’érosion des recettes de l’impôt : si ces contribuables ne représentent que 0,4 % des foyers fiscaux, ils acquittent chaque année en moyenne 20 % de l’impôt sur le revenu. L’exil fiscal lié à l’alourdissement de la fiscalité sur les très hauts revenus, auquel contribue l’ISF, peut expliquer ce phénomène. En 2013, le fisc a recensé 659 départs parmi les revenus supérieurs à 300 000 €.

L’ISF n’est pas le meilleur moyen de lutter contre les inégalités et de favoriser la croissance et l’emploi. La théorie économique a montré que l’incitation à épargner et l’investissement sont (entre autres, avec le capital humain et les infrastructures) des facteurs de croissance endogène. L’ISF, et plus généralement la surtaxation du capital dans notre pays, limite notre potentiel de croissance et de mobilité sociale, dont les facteurs essentiels dans un monde globalisé sont l’innovation et la création de nouvelles entreprises.

C’est pourquoi cet amendement vise à supprimer l’ISF, ainsi que l’impôt sur la fortune immobilière que propose le Gouvernement.

Vote par groupe

pourabstentioncontre
GroupePosition majoritaireMembresPourContreAbst.Non-votants
La République en Marche contre3130 4802
Les Républicains pour10013 000
Mouvement Démocrate et apparentés pour472 100
Les Constructifs : républicains, UDI, indépendants pour354 000
Nouvelle Gauche contre310 300
Non inscrit contre180 200
La France insoumise contre170 600
Gauche démocrate et républicaine contre160 100

Votants

pour (19)

Charles de Courson LC, Lise Magnier LC, Nicole Sanquer LC, Thierry Solère LC, Damien Abad LR, Valérie Beauvais LR, Émilie Bonnivard LR, Gilles Carrez LR, Pierre-Henri Dumont LR, Nicolas Forissier LR, Brigitte Kuster LR, Valérie Lacroute LR, Constance Le Grip LR, Véronique Louwagie LR, Gilles Lurton LR, Alain Ramadier LR, Éric Woerth LR, Mohamed Laqhila MODEM, Jean-Paul Mattei MODEM

contre (61)

Ugo Bernalicis FI, Éric Coquerel FI, Jean-Luc Mélenchon FI, Adrien Quatennens FI, Jean-Hugues Ratenon FI, Muriel Ressiguier FI, Fabien Roussel GDR, Saïd Ahamada LaREM, Éric Alauzet LaREM, Aude Amadou LaREM, Gabriel Attal LaREM, Pascal Bois LaREM, Julien Borowczyk LaREM, Jean-René Cazeneuve LaREM, Fannette Charvier LaREM, Philippe Chassaing LaREM, Marc Delatte LaREM, Audrey Dufeu LaREM, Stella Dupont LaREM, Albane Gaillot LaREM, Anne Genetet LaREM, Joël Giraud LaREM, Valérie Gomez-Bassac LaREM, Olivia Grégoire LaREM, Stanislas Guerini LaREM, Nadia Hai LaREM, Sandrine Le Feur LaREM, Gilles Le Gendre LaREM, Christine Le Nabour LaREM, Fabrice Le Vigoureux LaREM, Marion Lenne LaREM, Richard Lioger LaREM, Marie-Ange Magne LaREM, Jacques Marilossian LaREM, Didier Martin LaREM, Patricia Mirallès LaREM, Amélie de Montchalin LaREM, Jean-Baptiste Moreau LaREM, Adrien Morenas LaREM, Cendra Motin LaREM, Catherine Osson LaREM, Xavier Paluszkiewicz LaREM, Bénédicte Peyrol LaREM, Benoit Potterie LaREM, Natalia Pouzyreff LaREM, Bruno Questel LaREM, Cécile Rilhac LaREM, Xavier Roseren LaREM, Thomas Rudigoz LaREM, Laurent Saint-Martin LaREM, Jean Terlier LaREM, Frédérique Tuffnell LaREM, Marie-Christine Verdier-Jouclas LaREM, Guillaume Vuilletet LaREM, Hélène Zannier LaREM, Sarah El Haïry MODEM, Jean-Louis Bricout NG, Luc Carvounas NG, Valérie Rabault NG, Michel Castellani NI, Emmanuelle Ménard NI

non-votant (2)

Hugues Renson LaREM, François de Rugy LaREM