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Scrutins / 15e législature

Scrutin n° 1627 du 16/01/2019

Sur l'amendement de suppression n° 43 de Mme Anthoine et les amendements identiques suivants à l'article 6 du projet de loi de programmation 2018-2022 et de réforme pour la justice (nouvelle lecture).

Résultat
Rejeté
scrutin public ordinaire
Pour
28
Contre
34
Abstention
0
Votants
62
62 exprimés
Dossier
Loi de programmation de la justice 2018-2022 (relié par : amendement)
Demandé par
Président du groupe "La France insoumise"Président du groupe "Les Républicains"Présidente du groupe "Socialistes et apparentés"
Objet
amendement
Source
assemblee-nationale.fr

Amendement n° 43 · Article 6

De Emmanuelle Anthoine (LR) , déposé le 07/01/2019. Sort : Rejeté. Fiche de l'amendement · sur le projet de loi projet de loi , en nouvelle lecture, sur le projet de loi, modifié par...

Dispositif

Supprimer cet article.

Exposé sommaire

Cet amendement supprime le présent article qui vise, à titre expérimental et pour une durée de trois ans à compter de la publication du décret en Conseil d’État prévu pour sa mise en œuvre, à confier aux organismes débiteurs des prestations familiales la délivrance de titres exécutoires portant exclusivement sur la modification du montant d’une contribution à l’entretien et à l’éducation des enfants, et ce dans l’hypothèse d’un accord des parties. 

Cet article comporte en effet un certain nombre de risques.

D’abord, les organismes débiteurs des prestations familiales, à savoir les CAF, sont des personnes de droit privé qui n’offrent aucune garantie en termes d’indépendance et de respect des droits des parties. Or, le droit européen précise que seule une autorité indépendante peut régler des questions relatives aux obligations alimentaires en matière familiale. Le juge, indépendant et garant de l’intérêt supérieur de l’enfant, doit ainsi être seule habilité à fixer le montant de la pension alimentaire.

Par ailleurs, l’indépendance de la justice judiciaire est exigée par le premier alinéa de l’article 64 de la Constitution du 4 octobre 1958 et l’indépendance de la justice administrative par le principe fondamental reconnu par les lois de la République au sein de la loi du 24 mai 187 relative au Conseil d’État. Le Conseil constitutionnel considère, au-delà, que les principes d’indépendance et d’impartialité qui résultent de l’article 16 de la Déclaration de 1789 sont applicables à toutes les juridictions, ce qui comprend les autorités administratives ou les organismes privés chargés d’une mission de service public. Or, lorsque la CAF est amenée à statuer sur une demande de révision de pension alimentaire, elle exerce un pouvoir juridictionnel.

De plus, la barémisation des pensions alimentaires prévue par le texte risque de conduire à une automatisation de la procédure sans prise en compte de la diversité et de la complexité des

situations personnelles. En présence de revenus complexes (dirigeants de société, revenus de patrimoine) et de situations disparates (crédits, mise à disposition gratuite du logement) la fixation de ce montant peut s’avérer compliquée et les barèmes inadaptés. Surtout, une révision du montant de la pension alimentaire n’est rarement qu’une question d’argent et résulte souvent d’un changement de vie pour l’une ou l’autre des parties. En supprimant le recours au juge, on prive ainsi les parents d’un espace de discussion pourtant indispensable.

Pour finir, il existe un réel risque de non-respect du principe de neutralité. Les CAF ont en effet le pouvoir de distribuer des prestations sociales mais aussi celui de sanctionner les bénéficiaires ou encore, dans le cas des pensions alimentaires, de se substituer au débiteur en cas de non-paiement. Le directeur de la CAF, disposant de l’ensemble de ces informations sensibles, seraient ainsi à tout à la fois juge et partie, ordonnateur et payeur dans certaines situations.

Les garanties d’indépendance et d’impartialité ne sont donc pas respectées.

Vote par groupe

pourabstentioncontre
GroupePosition majoritaireMembresPourContreAbst.Non-votants
La République en Marche contre3070 3201
Les Républicains pour10410 000
Mouvement Démocrate et apparentés contre461 200
Socialistes et apparentés pour295 000
UDI, Agir et Indépendants pour294 000
La France insoumise pour172 000
Gauche démocrate et républicaine pour161 000
Libertés et Territoires pour165 000
Non inscrit pour130 000

Votants

pour (28)

Ugo Bernalicis FI, Danièle Obono FI, Jean-Philippe Nilor GDR, Emmanuelle Anthoine LR, Julien Aubert LR, Thibault Bazin LR, Xavier Breton LR, Julien Dive LR, Philippe Gosselin LR, Maxime Minot LR, Jérôme Nury LR, Antoine Savignat LR, Raphaël Schellenberger LR, Michel Castellani LT, Jeanine Dubié LT, Yannick Favennec-Bécot LT, Paul Molac LT, Sylvia Pinel LT, Philippe Latombe MODEM, David Habib SOC, Serge Letchimy SOC, Christine Pirès Beaune SOC, Dominique Potier SOC, Cécile Untermaier SOC, Paul Christophe UDI-AGIR, Agnès Firmin Le Bodo UDI-AGIR, Patricia Lemoine UDI-AGIR, Christophe Naegelen UDI-AGIR

contre (34)

Bérangère Abba LaREM, Ramlati Ali LaREM, Laetitia Avia LaREM, Mounir Belhamiti LaREM, Yves Blein LaREM, Yaël Braun-Pivet LaREM, Stéphane Claireaux LaREM, Mireille Clapot LaREM, Jean-Charles Colas-Roy LaREM, Dominique Da Silva LaREM, Yves Daniel LaREM, Nicole Dubré-Chirat LaREM, Sonia Krimi LaREM, Fiona Lazaar LaREM, Sandrine Le Feur LaREM, Gilles Le Gendre LaREM, Marie Lebec LaREM, Monique Limon LaREM, Alexandra Louis LaREM, Monica Michel-Brassart LaREM, Patricia Mirallès LaREM, Jean-Michel Mis LaREM, Adrien Morenas LaREM, Patrice Perrot LaREM, Jean-Pierre Pont LaREM, Benoit Potterie LaREM, Éric Poulliat LaREM, Thomas Rudigoz LaREM, Jean Terlier LaREM, Vincent Thiébaut LaREM, Hélène Zannier LaREM, Jean-Marc Zulesi LaREM, Erwan Balanant MODEM, Sylvain Waserman MODEM

non-votant (1)

Richard Ferrand LaREM