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Scrutins / 15e législature

Scrutin n° 1523 du 03/12/2018

Sur l'amendement n° 578 de Mme Obono à l'article 43 du projet de loi de programmation 2018-2022 et de réforme pour la justice (première lecture).

Résultat
Rejeté
scrutin public ordinaire
Pour
7
Contre
55
Abstention
3
Votants
65
62 exprimés
Dossier
Loi de programmation de la justice 2018-2022 (relié par : amendement)
Demandé par
Président du groupe "La France insoumise"
Objet
amendement
Source
assemblee-nationale.fr

Amendement n° 578 · Article 43

De Danièle Obono (FI) , déposé le 15/11/2018. Sort : Rejeté. Fiche de l'amendement · sur le projet de loi projet de loi sur le projet de loi, adopté par le Sénat après engagement de...

Dispositif

I. – Supprimer l’alinéa 35.

II. – En conséquence, supprimer les alinéas 67 à 70.

III. – En conséquence, supprimer les alinéas 79 à 84.

Exposé sommaire

Par cet amendement de suppression ciblée, nous proposons de garantir que le travail d’intérêt général (TIG) conserve son identité en ce sens qu’il ne puisse être effectué auprès de personnes morales de droit privé. Nous considérons que le gouvernement en élargissant aux entreprises privées procèdent de fait à une privatisation du service public de la justice au détriment non seulement de l’intérêt général.

Le Gouvernement souhaite que la peine de travail d’intérêt général soit ouverte aux entreprises, personnes morales de droits privé relevant de l’économie sociale et solidaire et poursuivant un but d’utilité sociale et depuis la Commission aux société à mission au sens de l’article L. 210-10 du Code de commerce.

C’est un choix de société que constitue cette brèche dans l’exclusion traditionnelle des sociétés de droit privé du travail d’intérêt général. Le sens de la peine de TIG se caractérise par une sanction-réparation au profit de la société ; c’est une réhabilitation, par laquelle une personne qui a créé un dommage à la société, répare sa faute envers la société par un travail non rémunéré à son profit.

En outre, le Gouvernement choisit d’augmenter le nombre d’heures pouvant être prononcé passant ainsi de 280 à 400 heures. Nous refusons cette extension qui conduit à ériger une main d’œuvre sous-main de justice précarisée, dont le but n’est pas la réinsertion !

Enfin, ce sont les mineurs que le gouvernement veut voir soumis à cette mesure qui véritablement est devenue l’alpha et l’oméga de leur mesure de Justice… s’asseyant ainsi sur le principe de l’individualisation et surtout de la primauté de l’éducatif sur le répressif…

Le Groupe de la France insoumise s’oppose sur le fond à ces extensions et souhaiterait que le Gouvernement se concentre sur le développement des postes de TIG dans les administrations, collectivités territoriales et entreprises publiques, car il y un constat partagé quant aux effort nécessaires pour développer cette mesure bien identifiée par nos concitoyen.ne.s et les magistrat.e.s.

Prendre le chemin de la perte de sens n’est pas souhaitable, d’autant plus que c’est méconnaître la diversité importante qui existe dans ce tissu économique des entreprises intervenant dans ce domaine. Le jeu qui consiste à casser les alternatives à l’incarcération qui fonctionne doit être dénoncé car en aucune manière il ne doit s’agir d’ériger une catégorie de travailleurs gratuits, intérimaires sous contrôles judiciaires. Le rapport Paris-Layani faisait office d’alerte sur cette volonté de recourir au pire permettant au Gouvernement de proposer une disposition prenant l’apparence de la modération. Mais le groupe de la France insoumise n’est pas dupe de la manœuvre politicienne : nous dénonçons en cohérence dans les deux cas cette volonté de privatisation du travail d’intérêt général et refusons de choisir entre Charybde et Scylla.

Vote par groupe

pourabstentioncontre
GroupePosition majoritaireMembresPourContreAbst.Non-votants
La République en Marche contre3090 3801
Les Républicains contre1040 1101
Mouvement Démocrate et apparentés contre460 400
Socialistes et apparentés pour290 000
UDI, Agir et Indépendants contre280 200
La France insoumise pour173 000
Gauche démocrate et républicaine pour164 000
Libertés et Territoires pour160 000
Non inscrit abstention120 030

Votants

pour (7)

Ugo Bernalicis FI, Caroline Fiat FI, Danièle Obono FI, Pierre Dharréville GDR, Elsa Faucillon GDR, Jean-Paul Lecoq GDR, Stéphane Peu GDR

contre (55)

Émilie Bonnivard LR, Éric Ciotti LR, Fabien Di Filippo LR, Virginie Duby-Muller LR, Philippe Gosselin LR, Constance Le Grip LR, Geneviève Levy LR, Maxime Minot LR, Éric Pauget LR, Martial Saddier LR, Raphaël Schellenberger LR, Caroline Abadie LaREM, Bérangère Abba LaREM, Laetitia Avia LaREM, Julien Borowczyk LaREM, Yaël Braun-Pivet LaREM, Stéphane Buchou LaREM, Jean-René Cazeneuve LaREM, Mireille Clapot LaREM, Marc Delatte LaREM, Benjamin Dirx LaREM, Loïc Dombreval LaREM, Nicole Dubré-Chirat LaREM, Raphaël Gauvain LaREM, Guillaume Gouffier Valente LaREM, Émilie Guerel LaREM, Dimitri Houbron LaREM, Catherine Kamowski LaREM, Stéphanie Kerbarh LaREM, Yannick Kerlogot LaREM, Aina Kuric LaREM, Annaïg Le Meur LaREM, Jean-Claude Leclabart LaREM, Stéphane Mazars LaREM, Jean-Michel Mis LaREM, Didier Paris LaREM, Béatrice Piron LaREM, Éric Poulliat LaREM, Rémy Rebeyrotte LaREM, Véronique Riotton LaREM, Mireille Robert LaREM, Thomas Rudigoz LaREM, Bertrand Sorre LaREM, Adrien Taquet LaREM, Jean Terlier LaREM, Vincent Thiébaut LaREM, Stéphane Travert LaREM, Corinne Vignon LaREM, Jean-Marc Zulesi LaREM, Erwan Balanant MODEM, Vincent Bru MODEM, Élodie Jacquier-Laforge MODEM, Philippe Michel-Kleisbauer MODEM, Maina Sage UDI-AGIR, Michel Zumkeller UDI-AGIR

abstention (3)

Louis Aliot NI, Marine Le Pen NI, Ludovic Pajot NI

non-votant (2)

Marc Le Fur LR, Richard Ferrand LaREM