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Scrutins / 15e législature

Scrutin n° 1521 du 03/12/2018

Sur l'amendement n° 576 de Mme Obono à l'article 43 du projet de loi de programmation 2018-2022 et de réforme pour la justice (première lecture).

Résultat
Rejeté
scrutin public ordinaire
Pour
6
Contre
35
Abstention
2
Votants
43
41 exprimés
Dossier
Loi de programmation de la justice 2018-2022 (relié par : amendement)
Demandé par
Président du groupe "La France insoumise"
Objet
amendement
Source
assemblee-nationale.fr

Amendement n° 576 · Article 43

De Danièle Obono (FI) , déposé le 15/11/2018. Sort : Rejeté. Fiche de l'amendement · sur le projet de loi projet de loi sur le projet de loi, adopté par le Sénat après engagement de...

Dispositif

Substituer aux alinéas 1 à 11 les cinq alinéas suivants :

« I. – L’article 131‑3 du code pénal est ainsi rédigé :

« Art. 131‑3. – Les peines correctionnelles encourues par les personnes physiques sont :

« 1° L’amende ;

« 2° La peine de probation ;

« 3° L’emprisonnement. »

Exposé sommaire

Cet amendement vise à clarifier le droit pénal par une refonte de l’échelle des peines, par un triptyque : Amende, peine de probation et emprisonnement. Cette nouvelle échelle des peines permet d’assurer une meilleure lisibilité de la probation.

L’énumération hétéroclite et incohérence de l’actuelle article 131-3 du Code pénal doit être refonder afin de renforcer le sens des peines et leur efficacité en matière correctionnelle. Le millefeuille des alternatives n’est plus acceptable.

Le Groupe de la France insoumise souhaite porter ici les conclusions de la conférence de consensus qui appelait à sortir de la centralité de la prison, considérant que la prison “crée plus de problèmes qu’elle n’en résout”, par une dépénalisation de certains délits, d’une réduction des infractions passibles d’une peine de prison, de l’abandon de tous les mécanismes automatiques d’aggravation de la peine pour les récidivistes, de l’adoption d’un système de libération conditionnelle d’office et de l’instauration d’une peine de probation.

La peine de probation fusionne l’ensemble des peines “alternatives” à l’incarcération et sera définie grâce un travail concerté entre le service d’insertion et de probation et les magistrats répondant ainsi au principe d’individualisation des peines et des parcours d’exécution.

Dans le respect des règles européennes de probation, la peine de probation doit conduire les services d’insertion et de probation à assurer un suivi considéré comme un moyen de conseiller, d’aider et d’accompagner les auteurs d’infractions, fondé dans la compréhension des facteurs liés à la commission d’infractions et la mise en place d’interventions pour y répondre, en tenant compte des aspirations des personnes concernées.

Nous sommes conscients que cette révolution de l’échelle des peines nécessite plusieurs étapes fondamentales.

Tout d’abord, dans une volonté de révolution sémantique contre le terme d’alternatives à l’incarcération mais aussi afin de responsabiliser le législateur quant à la référence prison dans la loi, le Groupe de la France insoumise considère que ce n’est pas au juge seul de se prononcer pour une peine de prison ou pour une mesure autre. En effet, la réalité est bien plus complexe car les possibilités d’alternatives à l’incarcération peuvent tenir à différents facteurs comme l’existence de structures associatives, la connaissance par les magistrats de ces solutions, … Il faut une réécriture du code pénal, visant à une déflation pénale mais aussi de la référence carcérale.

La refonte de l’échelle des peines nécessitera également un renforcement des services d’insertion et de probation et du tissu associatif afin de pouvoir garantir pleinement l’accompagnement et le contrôle des personnes sous-main de justice.

Vote par groupe

pourabstentioncontre
GroupePosition majoritaireMembresPourContreAbst.Non-votants
La République en Marche contre3090 2911
Les Républicains pour1041 111
Mouvement Démocrate et apparentés contre460 400
Socialistes et apparentés pour290 000
UDI, Agir et Indépendants contre280 100
La France insoumise pour173 000
Gauche démocrate et républicaine pour162 000
Libertés et Territoires pour160 000
Non inscrit pour120 000

Votants

pour (6)

Ugo Bernalicis FI, Caroline Fiat FI, Mathilde Panot FI, Jean-Paul Dufrègne GDR, Jean-Paul Lecoq GDR, Geneviève Levy LR

contre (35)

Éric Ciotti LR, Bérangère Abba LaREM, Julien Borowczyk LaREM, Éric Bothorel LaREM, Jean-René Cazeneuve LaREM, Mireille Clapot LaREM, Marc Delatte LaREM, Nicole Dubré-Chirat LaREM, Raphaël Gauvain LaREM, Émilie Guerel LaREM, Marie Guévenoux LaREM, Dimitri Houbron LaREM, Stéphanie Kerbarh LaREM, Fadila Khattabi LaREM, Aina Kuric LaREM, Amélia Lakrafi LaREM, Annaïg Le Meur LaREM, Jean-Claude Leclabart LaREM, Martine Leguille-Balloy LaREM, Monica Michel-Brassart LaREM, Jean-Michel Mis LaREM, Naïma Moutchou LaREM, Didier Paris LaREM, Béatrice Piron LaREM, Éric Poulliat LaREM, Mireille Robert LaREM, Pacôme Rupin LaREM, Jean Terlier LaREM, Stéphane Travert LaREM, Corinne Vignon LaREM, Erwan Balanant MODEM, Vincent Bru MODEM, Jean-Paul Mattei MODEM, Philippe Michel-Kleisbauer MODEM, Agnès Firmin Le Bodo UDI-AGIR

abstention (2)

Éric Pauget LR, Yannick Kerlogot LaREM

non-votant (2)

Marc Le Fur LR, Richard Ferrand LaREM