AN · données ouvertes
Scrutins / 15e législature

Scrutin n° 1440 du 21/11/2018

Sur l'amendement n° 444 de M. Bernalicis après l'article 4 du projet de loi de programmation 2018-2022 et de réforme pour la justice (première lecture).

Résultat
Rejeté
scrutin public ordinaire
Pour
3
Contre
49
Abstention
4
Votants
56
52 exprimés
Dossier
Loi de programmation de la justice 2018-2022 (relié par : amendement)
Demandé par
Président du groupe "La France insoumise"
Objet
amendement
Source
assemblee-nationale.fr

Amendement n° 444 · Article 4

De Ugo Bernalicis (FI) , déposé le 14/11/2018. Sort : Rejeté. Fiche de l'amendement · sur le projet de loi projet de loi sur le projet de loi, adopté par le Sénat après engagement de...

Dispositif

I. – Le code civil est ainsi modifié :

1° L’article 61‑5 est ainsi rédigé :

« Art. 61‑5. – L’officier d’état civil modifie la mention du sexe à la demande de toute personne âgée de 16 ans ou plus. Cette modification peut être effectuée deux fois. » ;

2° L’article 61‑6 est abrogé.

II. – En application de l’article 37‑1 de la Constitution et pour une durée maximale de trois ans, le ministre de la Justice peut expérimenter, dans les départements et régions volontaires, pour un ressort maximal de deux régions et de quatre départements, la mise en place des dispositions du I du présent article. L’expérimentation fait l’objet d’un rapport sur l’opportunité de la généralisation au regard de la protection des personnes concernées.

Exposé sommaire

Cet amendement a été écrit en concertation avec le livret LGBT de la France Insoumise.

Il vise à déjudiciariser la procédure de changement de sexe à l’état civil.

En effet, le changement de la mention de sexe o n’emporte aucun enjeu d’ordre public et permet une meilleure protection du droit à l’auto-détermination de sa personne contenu dans le droit fondamental à la vie privée. La législation actuelle oblige encore et toujours à rendre public un fait qui relève du privé et de l’intime.

Il est ainsi incompréhensible qu’il faille passer devant une juridiction afin que celle-ci détermine une réalité que seule la personne requérante est en réalité d’apprécier. La définition de son identité de genre ne doit pas faire partie des compétences d’un juge comme s’il s’agissait d’une substance quantifiable et extérieurement observable. Si la justice judiciaire, au titre de l’article 66 est la juridiction garante des libertés individuelles, elle doit l’être pour la personne détentrice de ces libertés et non contre elle.

Or la législation actuelle ne protège pas mieux les droits individuels, au contraire.

 Elle se base sur une idéologie considérant qu’une personne naît femme ou homme, que ces catégories sont immuables et exclusives l’une de l’autre. Cette idéologie nourrit la transphobie et la violence institutionnelle contre les personnes intersexes.

Elle cause des discriminations dans tous les pans de la vie pour les personnes concernées : accès à l’emploi, au logement, aux soins, aux services bancaires et parfois même au droit de vote.

La lutte contre la transphobie passe donc nécessairement par la modification de la mention du sexe à l’état civil et sur les papiers d’identité. Or, le 6 août 2012, la France a officiellement reconnu la transphobie en ajoutant « l’identité sexuelle » parmi les motifs de discrimination inscrits à l’article 225‑1 du code pénal.

La loi nº 2016‑1547 du 18 novembre 2016 de modernisation de la justice du XXIe siècle a facilité le changement de la mention du sexe à l’état civil en permettant aux personnes de faire ces démarches auprès du tribunal administratif. Elles doivent néanmoins toujours fournir des preuves. Ceci les oblige à présenter au juge des éléments de leur vie privée, comme des photos ou des communications écrites.

Cette modification du code civil ne perturbe en rien l’ordre public puisqu’elle ne porte nullement atteinte ni à la salubrité, ni à la sécurité ni à la sûreté publique et permet à l’inverse une meilleure garantie du respect à la dignité humaine.

L’état civil n’est depuis longtemps plus immuable, les noms et prénoms peuvent d’ores et déjà être changés et l’identification d’une personne n’est pas plus facile du fait de la présence d’un F, d’un M ou de leur absence sur la carte d’identité ou le passeport.

Cet amendement permet donc une meilleure garantie du droit à l’auto-détermination et une meilleure protection contre les discriminations transphobes. 

Vote par groupe

pourabstentioncontre
GroupePosition majoritaireMembresPourContreAbst.Non-votants
La République en Marche contre3080 3201
Les Républicains contre1040 900
Mouvement Démocrate et apparentés contre460 501
Socialistes et apparentés pour291 100
UDI, Agir et Indépendants abstention280 010
La France insoumise pour172 000
Gauche démocrate et républicaine abstention160 030
Libertés et Territoires pour160 000
Non inscrit contre120 200

Votants

pour (3)

Ugo Bernalicis FI, Danièle Obono FI, Alain David SOC

contre (49)

Emmanuelle Anthoine LR, Jean-Yves Bony LR, Ian Boucard LR, Sébastien Huyghe LR, Constance Le Grip LR, Jean-Louis Masson LR, Éric Pauget LR, Antoine Savignat LR, Pierre Vatin LR, Laetitia Avia LaREM, Anne Brugnera LaREM, Carole Bureau-Bonnard LaREM, Pierre Cabaré LaREM, Émilie Chalas LaREM, Jean-Charles Colas-Roy LaREM, Bérangère Couillard LaREM, Michèle Crouzet LaREM, Jacqueline Dubois LaREM, Coralie Dubost LaREM, Nicole Dubré-Chirat LaREM, Stella Dupont LaREM, Jean-François Eliaou LaREM, Christophe Euzet LaREM, Olga Givernet LaREM, Valérie Gomez-Bassac LaREM, Guillaume Gouffier Valente LaREM, Marie Guévenoux LaREM, Dimitri Houbron LaREM, Richard Lioger LaREM, Alexandra Louis LaREM, Didier Martin LaREM, Graziella Melchior LaREM, Thomas Mesnier LaREM, Jean-Michel Mis LaREM, Naïma Moutchou LaREM, Xavier Paluszkiewicz LaREM, Laurent Pietraszewski LaREM, Jean Terlier LaREM, Agnès Thill LaREM, Valérie Thomas LaREM, Élisabeth Toutut-Picard LaREM, Erwan Balanant MODEM, Géraldine Bannier MODEM, Philippe Latombe MODEM, Max Mathiasin MODEM, Jimmy Pahun MODEM, Marie-France Lorho NI, Emmanuelle Ménard NI, Cécile Untermaier SOC

abstention (4)

Alain Bruneel GDR, Jean-Paul Dufrègne GDR, Stéphane Peu GDR, Sophie Auconie UDI-AGIR

non-votant (2)

Richard Ferrand LaREM, Sylvain Waserman MODEM