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Scrutins / 15e législature

Scrutin n° 1289 du 25/10/2018

Sur l'amendement n° 325 de la commission des affaires sociales à l'article 11 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2019 (première lecture).

Résultat
Rejeté
scrutin public ordinaire
Pour
19
Contre
65
Abstention
4
Votants
88
84 exprimés
Dossier
Loi de financement de la sécurité sociale 2019 (relié par : amendement)
Demandé par
Président du groupe de la "Gauche démocrate et républicaine"
Objet
amendement
Source
assemblee-nationale.fr

Amendement n° 325 · Article 11

De Olivier Véran , déposé le 18/10/2018. Sort : Rejeté. Fiche de l'amendement · sur le projet de loi projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2019

Dispositif

I. – Après l’alinéa 4, insérer les cinq alinéas suivants :

« I bis. – Après le III du même article L. 136‑8 du code de la sécurité sociale, sont insérés des III bis et III ter ainsi rédigés :

« III bis. – Par dérogation aux I et II, sont assujettis à la contribution sociale au taux de 6,6 % les pensions de retraite et les pensions d’invalidité perçues par les personnes dont les revenus de l’avant-dernière année, définis au IV de l’article 1417 du code général des impôts :

« 1° D’une part, excèdent 14 404 € pour la première part de quotient familial, majorée de 3 843 € pour chaque demi-part supplémentaire ;

« 2° D’autre part, sont inférieurs à 19 200 € pour la première part de quotient familial, majorée de 5 123 € pour chaque demi-part supplémentaire ;

« III ter. – Par dérogation aux I et II, sont assujettis à la contribution sociale au taux de 9,2 % les pensions de retraite et les pensions d’invalidité perçues par les personnes dont les revenus de l’avant-dernière année, définis au IV de l’article 1417 du code général des impôts, excèdent 36 000 € pour la première part de quotient familial, majorée de 9 604 € pour chaque demi-part supplémentaire.

II. – Compléter cet article par l’alinéa suivant :

« III. – La perte de recettes pour les organismes de sécurité sociale est compensée à due concurrence par la création d’une contribution additionnelle à la contribution visée au I de l’article L. 136‑7‑1 du code de la sécurité sociale. »

Exposé sommaire

Le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2018 a augmenté la CSG de 1,7 point pour les retraités, dont le revenu ne dépasse pas 1 200 € nets par mois. L’effet de seuil créé est brutal avec un passage de 3,8 à 8,3 pour ce niveau de revenu modeste.

Depuis, nous sommes nombreux à recevoir dans nos permanences des retraités pour qui cette augmentation créée un creusement des inégalités, une plus grande fragilité, davantage de vulnérabilité. Malgré le dégrèvement progressif de la taxe d’habitation, cette augmentation de la CSG pour les retraités les plus modestes, n’est pas compensée et impacte le pouvoir d’achat des retraités.

L’article 11 du présent projet de loi propose d’exonérer de la hausse de la CSG les retraités qui ne passent pas plus de deux ans en continu au-dessus du seuil de revenu fiscal de référence. Cette avancée montre que le gouvernement est à l’écoute de ces enjeux et prend acte des difficultés entraînées par cet effet de seuil. Il peut être complété par une proposition supplémentaire.

Le présent amendement propose d’introduire plus de progressivité dans les taux de CSG. Il est couramment évoqué que seule la moitié de la population est assujettie à l’impôt progressif sur le revenu. Ce serait oublier que la CSG prélève à un taux fixe élevé dès les premières tranches. L’amendement crée un taux de CSG à 6,6 % pour les niveaux de revenus des retraités entre 1200 et 1600 euros, soit une baisse de 1,7 points pour revenir au taux de 2017. Pour financer cette baisse pour les classes modestes et moyennes, la CSG est augmentée de 0,9 points, à 9,2 % pour les revenus au-delà de 3000 euros. A noter que ce taux de 9,2 % est le taux pour les revenus d’activité. Ainsi 50 % des retraités les plus modestes retrouveront le taux de CSG antérieur à 2018, alors que seulement environ 10 % des retraités les plus aisés verront cet effort supplémentaire de 0,9 points de hausse. Enfin pour les revenus inférieurs à 1200 euros et situés entre 1600 et 3000 euros, l’amendement ne modifie pas les taux actuels.

Les seuils de niveaux de revenus proposés dans l’amendement sont calculés pour que la mesure soit neutre d’un point de vue budgétaire. Au cas où ce ne serait pas exactement le cas, la perte de recettes pour les organismes de sécurité sociale est compensée à due concurrence par la création d’une contribution additionnelle à la contribution visée au I de l’article L. 136 – 7–1 du code de la sécurité sociale.

Cette disposition de justice sociale a vocation de faire plus pour ceux qui ont moins, par un mécanisme de solidarité entre retraités, de façon à ne pas faire porter l’effort par les actifs ou les finances publiques de manière générale.

Le conseil constitutionnel a plusieurs fois précisé qu’il n’était pas interdit « d’alléger la charge pesant sur les contribuables les plus défavorisés » et de « prévoir des exonérations pour les plus modestes », du moment que le législateur tienne compte des revenus des membres du foyer fiscal ainsi que des personnes à charge au sein de celui-ci. Les jurisprudences du conseil constitutionnel ne se sont donc pas opposées pas à ce qu’il y’ait trois taux de CSG pour les retraités (0 %, 3,8 %, 8,3 %). Le conseil constitutionnel n’a pas non plus retoqué la réforme de la CSG du PLFSS 2018. Le présent amendement présente donc peu de risques d’inconstitutionnalité.

Vote par groupe

pourabstentioncontre
GroupePosition majoritaireMembresPourContreAbst.Non-votants
La République en Marche contre3083 5141
Les Républicains contre1043 701
Mouvement Démocrate et apparentés contre460 300
Socialistes et apparentés pour292 100
UDI, Agir et Indépendants contre280 300
La France insoumise pour175 000
Gauche démocrate et républicaine pour163 000
Libertés et Territoires pour162 000
Non inscrit pour121 000

Votants

pour (19)

Caroline Fiat FI, Michel Larive FI, Danièle Obono FI, Jean-Hugues Ratenon FI, François Ruffin FI, Alain Bruneel GDR, Pierre Dharréville GDR, Stéphane Peu GDR, Gérard Cherpion LR, Jean-Pierre Door LR, Alain Ramadier LR, Jeanine Dubié LT, Sylvia Pinel LT, Frédéric Barbier LaREM, Jean-François Cesarini LaREM, Jennifer De Temmerman LaREM, Emmanuelle Ménard NI, Joël Aviragnet SOC, Marie-Noëlle Battistel SOC

contre (65)

Nathalie Bassire LR, Thibault Bazin LR, Émilie Bonnivard LR, Constance Le Grip LR, Gilles Lurton LR, Isabelle Valentin LR, Éric Woerth LR, Saïd Ahamada LaREM, Éric Alauzet LaREM, Laetitia Avia LaREM, Didier Baichère LaREM, Sophie Beaudouin-Hubiere LaREM, Belkhir Belhaddad LaREM, Aurore Bergé LaREM, Julien Borowczyk LaREM, Brigitte Bourguignon LaREM, Pascale Boyer LaREM, Anne Brugnera LaREM, Danielle Brulebois LaREM, Carole Bureau-Bonnard LaREM, Fannette Charvier LaREM, Dominique Da Silva LaREM, Marc Delatte LaREM, Benjamin Dirx LaREM, Nicole Dubré-Chirat LaREM, Audrey Dufeu LaREM, Catherine Fabre LaREM, Emmanuelle Fontaine-Domeizel LaREM, Jean-Luc Fugit LaREM, Émilie Guerel LaREM, Marie Guévenoux LaREM, Nadia Hai LaREM, Yannick Haury LaREM, Christine Hennion LaREM, Alexandre Holroyd LaREM, Monique Iborra LaREM, Fadila Khattabi LaREM, Fiona Lazaar LaREM, Gilles Le Gendre LaREM, Christine Le Nabour LaREM, Sylvain Maillard LaREM, Sandra Marsaud LaREM, Thomas Mesnier LaREM, Cendra Motin LaREM, Valérie Oppelt LaREM, Charlotte Parmentier-Lecocq LaREM, Laurent Pietraszewski LaREM, Benoit Potterie LaREM, Stéphanie Rist LaREM, Mireille Robert LaREM, Nathalie Sarles LaREM, Agnès Thill LaREM, Valérie Thomas LaREM, Élisabeth Toutut-Picard LaREM, Olivier Véran LaREM, Annie Vidal LaREM, Corinne Vignon LaREM, Cédric Villani LaREM, Justine Benin MODEM, Cyrille Isaac-Sibille MODEM, Michèle de Vaucouleurs MODEM, Gisèle Biémouret SOC, Paul Christophe UDI-AGIR, Agnès Firmin Le Bodo UDI-AGIR, Francis Vercamer UDI-AGIR

abstention (4)

Christophe Blanchet LaREM, Annie Chapelier LaREM, Claire Colomb-Pitollat LaREM, Pierre-Alain Raphan LaREM

non-votant (2)

Marc Le Fur LR, Richard Ferrand LaREM

Mises au point

Députés ayant déclaré après coup avoir voulu voter autrement (le résultat n'est pas modifié).