Amendement n° I-CF1030 · ARTICLE 36
De Jérôme Legavre (La France insoumise - Nouveau Front Populaire) · déposé le 17/10/2025
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- Texte amendé
- Projet de loi « projet de loi de finances pour 2026 » · PDF
- Dossier
- Projet de loi de finances pour 2026
- Signataires
- M. Legavre, Mme Abomangoli, M. Alexandre, M. Amard, Mme Amiot, Mme Amrani, M. Arenas, M. Arnault, Mme Belouassa-Cherifi, M. Bernalicis, M. Bex, M. Bilongo, M. Bompard, M. Boumertit, M. Boyard, M. Cadalen, M. Caron, M. Carrière, Mme Cathala, M. Cernon, Mme Chikirou, M. Clouet, M. Coquerel, M. Coulomme, M. Delogu, M. Diouara, Mme Dufour, Mme Erodi, Mme Feld, M. Fernandes, Mme Ferrer,...
- Source
- assemblee-nationale.fr
Dispositif
Le II de l’article L. 6241‑2 du code du travail est ainsi modifié :
1° Au premier alinéa du 1°, après la première occurrence du mot : « établissements », il est ajouté le mot : « publics » ;
2° Le troisième alinéa du 1° est supprimé ;
3° Au premier alinéa du 2°, après la première occurrence du mot : « centres », il est ajouté le mot : « publics ».
Exposé sommaire
Par cet amendement, le groupe LFI propose de réserver le “solde” de la taxe d’apprentissage aux seuls établissements publics d’enseignement technologique et professionnel.
Depuis plusieurs années, les gouvernements successifs, sous l’impulsion d’Emmanuel Macron, présentent l’apprentissage comme une « voie d’excellence » et y consacrent des milliards d’euros d’argent public. Pourtant, les résultats réels de cette politique sont préoccupants : les taux de rupture de contrat restent extrêmement élevés, atteignant près de 30 % en moyenne et jusqu’à 39 % chez les moins de 18 ans.
Les conditions de travail des apprentis sont souvent difficiles : en France, la fréquence des accidents du travail est 2,5 fois plus importante chez les jeunes. En 2023, 33 décès de salariés de moins de 25 ans ont été enregistrés. Dans une majorité de cas, il s'agit d’apprentis à l’image du jeune Lorenzo, apprenti maçon, décédé en avril dernier à l’âge de 15 ans, percuté par une pelleteuse sur un chantier.
La promotion à marche forcée de l’apprentissage s’est faite au détriment de l’enseignement professionnel sous statut scolaire, victime d’un désinvestissement massif. Depuis 2010, 137 lycées professionnels autonomes ont fermé.
Parallèlement, la libéralisation du secteur de l’apprentissage avec la suppression de l’autorisation préalable à l’ouverture des centres de formation d’apprentis (CFA) a livré ces établissements aux logiques du marché. Les formations les moins rentables disparaissent, tandis que les CFA d’entreprises privées prolifèrent, renforçant l’emprise du secteur privé sur la formation des jeunes.
Une revue des dépenses publiques de l’apprentissage menée par l’IGAS et l’IGF en 2024 confirme ce déséquilibre : la part financée par l’État a augmenté de 4,5 points entre 2020 et 2022, tandis que celle des opérateurs de compétences financés par les contributions des entreprises a diminué de 2,4 points. L’apprentissage repose donc de plus en plus sur des fonds publics, sans pour autant garantir ni la qualité de la formation ni la sécurisation des parcours des jeunes.
De plus, depuis 2018, la part dite « hors quota », ou « le solde » (autrefois 23 %) de la taxe d’apprentissage destinée à la formation technologique et professionnelle hors apprentissage, a été ramenée à 13 %, avec la possibilité pour les entreprises de décider librement de son attribution. Ce mécanisme met aujourd’hui les établissements publics en concurrence permanente les uns avec les autres, souvent au détriment des plus modestes ou les plus éloignés des bassins économiques et de la cohérence du service public de l’éducation.
Alors que pour mener à bien son projet austéritaire, le gouvernement envisage d’attaquer l’aide à l’apprentissage, sabordant ainsi ce qu’il avait lui-même érigé en modèle, il est d’autant plus important de préserver les établissements publics.
Avec cet amendement, les députés LFi souhaitent donc réserver intégralement le solde de la taxe d’apprentissage aux établissements publics, et supprimer la possibilité pour les entreprises de désigner elles-mêmes les bénéficiaires.
Le financement de la formation professionnelle ne doit pas dépendre des choix arbitraires du marché, mais relever d’une politique publique nationale garantissant l’égalité d’accès à la formation et la pérennité de l’enseignement.
Cosignataires (70)
Nadège Abomangoli, Laurent Alexandre, Gabriel Amard, Ségolène Amiot, Farida Amrani, Rodrigo Arenas, Raphaël Arnault, Anaïs Belouassa-Cherifi, Ugo Bernalicis, Christophe Bex, Carlos Martens Bilongo, Manuel Bompard, Idir Boumertit, Louis Boyard, Pierre-Yves Cadalen, Aymeric Caron, Sylvain Carrière, Gabrielle Cathala, Bérenger Cernon, Sophia Chikirou, Hadrien Clouet, Éric Coquerel, Jean-François Coulomme, Sébastien Delogu, Aly Diouara, Alma Dufour, Karen Erodi, Mathilde Feld, Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Perceval Gaillard, Clémence Guetté, David Guiraud, Zahia Hamdane, Mathilde Hignet, Andy Kerbrat, Bastien Lachaud, Abdelkader Lahmar, Maxime Laisney, Arnaud Le Gall, Aurélien Le Coq, Antoine Léaument, Élise Leboucher, Sarah Legrain, Claire Lejeune, Murielle Lepvraud, Élisa Martin, Damien Maudet, Marianne Maximi, Marie Mesmeur, Manon Meunier, Jean-Philippe Nilor, Sandrine Nosbé, Danièle Obono, Nathalie Oziol, Mathilde Panot, René Pilato, François Piquemal, Thomas Portes, Loïc Prud'homme, Jean-Hugues Ratenon, Arnaud Saint-Martin, Aurélien Saintoul, Ersilia Soudais, Anne Stambach-Terrenoir, Aurélien Taché, Andrée Taurinya, Matthias Tavel, Aurélie Trouvé, Paul Vannier