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Amendements / Souveraineté en matière agricole et renouvellement des générations en agriculture

Amendement n° 1619 · Article 8

De Manon Meunier (La France insoumise - Nouvelle Union Populaire écologique et sociale) · déposé le 07/05/2024

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Adopté (discuté)
Texte amendé
Projet de loi « d'orientation pour la souveraineté en matière agricole et le renouvellement des générations en agriculture » · PDF
Dossier
Souveraineté en matière agricole et renouvellement des générations en agriculture
Signataires
Mme Manon Meunier, Mme Abomangoli, M. Alexandre, M. Amard, Mme Amiot, Mme Amrani, M. Arenas, Mme Autain, M. Bernalicis, M. Bex, M. Bilongo, M. Bompard, M. Boumertit, M. Boyard, M. Caron, M. Carrière, M. Chauche, Mme Chikirou, M. Clouet, M. Coquerel, M. Corbière, M. Coulomme, Mme Couturier, M. Davi, M. Delogu, Mme Dufour, Mme Erodi, Mme Etienne, M. Fernandes, Mme Ferrer, Mme Fiat, M. Gaillard,...
Source
assemblee-nationale.fr

Scrutins sur cet amendement

23/05/2024Scrutin n° 3912 adopté46 pour, 37 contre, 0 abst.

Dispositif

Compléter l’alinéa 7 par la phrase suivante :

« Une attention particulière est apportée à l’information et à la promotion des droits au service de remplacement pour les personnes bénéficiant du congé maternité. »

Exposé sommaire

Par cet amendement, le groupe parlementaire LFI-NUPES souhaite améliorer les conditions de prise en charge du congé maternité pour les agricultrices favorisant ainsi l’installation de femmes, indispensable au renouvellement des générations.

Cette loi d’orientation doit être une opportunité d’installer de nombreux agriculteurs dans une démarche de production agricole favorable à l’environnement et à la biodiversité tout en les soutenant grâce à des prestations sociales de qualité.

En effet, les grossesses et l’arrivée des enfants sont parmi les plus grands freins à l'installation d’agricultrices. Il est absolument impossible de gérer une exploitation les derniers mois de la grossesse et les premiers mois après l'accouchement. Il est très difficile de gérer une exploitation les premiers mois de la grossesse et la première année de l'enfant. Ces difficultés sont liées d’une part à la fatigue physique (changements hormonaux, physiologiques et physiques, manque de sommeil, suites de couches et conséquences de l'accouchement et de l’allaitement éventuel, etc.) et d’autre part à la charge mentale et émotionnelle (stress, gestion administrative et de la vie quotidienne chamboulée, éventuels autres enfants, organisation des modes de garde, visites et suivis médicaux, baby blues voire dépression post partum, etc). Ainsi, ce sont environ deux années comprises entre le début de la grossesse et la première année de l'enfant qui sont tout à fait incompatibles avec la gestion d’une exploitation.

Il est d’ailleurs proposé aux agricultrices une allocation de remplacement (paiement de la charge d'un salarié agricole) pendant la durée du congé maternité ou le versement d'une allocation. Cependant, cette durée est largement insuffisante et ne correspond en rien à la réalité de la maternité. De plus, cette aide ne permet pas d’encourager l’installation agricole de manière générale alors qu’il serait possible de générer des vocations à l’installation par ce biais.

Afin de réellement soutenir des installations agricoles nombreuses, les femmes doivent pouvoir, à tout âge, s'installer si elles le souhaitent. Pour cela, en raison de la spécificité de la grossesse et de la réalité sociologique selon laquelle la charge de travail liée à la famille reste en France majoritairement assumée par les femmes, cet amendement propose une aide spécifique pour les agricultrices. Il s’agit d’adapter le service de remplacement au congé maternité par la mise en place d'un remplacement avec tuilage et heures adaptées aux capacités physiques de la personne enceinte. Cela contribuera à limiter les effets économiques négatifs (perte de revenu, perte d'exploitation, difficultés à assurer la garde des enfants) de la grossesse et de l’éducation des enfants pour les transformer en opportunité d’installer plus d’agricultrices et ainsi assurer le renouvellement des générations.

De plus, ces dispositions, au-delà de soutenir l'installation d’agricultrices, sont l'occasion de former des salariés agricoles en capacité de gérer des exploitations voire de pérenniser des emplois dans les exploitations où ceux-ci seront intervenus. La dégressivité de la prise en charge du salarié agricole, permet d'inciter à son maintien dans l’exploitation au-delà des neufs mois de l'enfant et par-là de favoriser l'augmentation éventuelle du chiffre d’affaires propice à la pérennisation de cet emploi. En cas de non pérennisation de l'emploi, cette expérience professionnelle pourra constituer un tremplin, une expérience pour une installation future.

Cosignataires (74)

Nadège Abomangoli, Laurent Alexandre, Gabriel Amard, Ségolène Amiot, Farida Amrani, Rodrigo Arenas, Clémentine Autain, Ugo Bernalicis, Christophe Bex, Carlos Martens Bilongo, Manuel Bompard, Idir Boumertit, Louis Boyard, Aymeric Caron, Sylvain Carrière, Florian Chauche, Sophia Chikirou, Hadrien Clouet, Éric Coquerel, Alexis Corbière, Jean-François Coulomme, Catherine Couturier, Hendrik Davi, Sébastien Delogu, Alma Dufour, Karen Erodi, Martine Etienne, Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Caroline Fiat, Perceval Gaillard, Raquel Garrido, Clémence Guetté, David Guiraud, Mathilde Hignet, Rachel Keke, Andy Kerbrat, Bastien Lachaud, Maxime Laisney, Arnaud Le Gall, Antoine Léaument, Élise Leboucher, Charlotte Leduc, Jérôme Legavre, Sarah Legrain, Murielle Lepvraud, Élisa Martin, Pascale Martin, William Martinet, Frédéric Mathieu, Damien Maudet, Marianne Maximi, Jean-Philippe Nilor, Danièle Obono, Nathalie Oziol, Mathilde Panot, René Pilato, François Piquemal, Thomas Portes, Loïc Prud'homme, Adrien Quatennens, Jean-Hugues Ratenon, Sébastien Rome, François Ruffin, Aurélien Saintoul, Michel Sala, Danielle Simonnet, Ersilia Soudais, Anne Stambach-Terrenoir, Andrée Taurinya, Matthias Tavel, Aurélie Trouvé, Paul Vannier, Léo Walter