Amendement n° 1024 · Article 22
De Arthur Delaporte (Socialistes et apparentés (membre de l’intergroupe NUPES)) · déposé le 30/09/2023
- Sort
- Rejeté (discuté)
- Texte amendé
- Projet de loi « projet de loi sur le projet de loi, adopté par le Sénat après engagement de la procédure accélérée, visant à sécuriser et réguler l’espace numérique (n°1514 rectifié). » · texte intégral · PDF
- Dossier
- Projet de loi visant à sécuriser et réguler l’espace numérique
- Signataires
- M. Delaporte, Mme Santiago, M. Saulignac, Mme Karamanli, M. Aviragnet, M. Baptiste, Mme Battistel, M. Mickaël Bouloux, M. Philippe Brun, M. Califer, M. David, M. Delautrette, M. Echaniz, M. Olivier Faure, M. Garot, M. Guedj, M. Hajjar, Mme Jourdan, Mme Keloua Hachi, M. Leseul, M. Naillet, M. Bertrand Petit, M. Bertrand Petit, Mme Pic, Mme Pires Beaune, M. Potier, Mme Rabault, Mme Rouaux,...
- Source
- assemblee-nationale.fr
Dispositif
Après le mot :
« ligne » »
rédiger ainsi la fin de l’alinéa 32 :
« un opérateur de plateforme en ligne qui édite un service de communication au public en ligne. »
Exposé sommaire
Cet amendement du groupe Socialistes et apparentés vise à ce que les réseaux sociaux relèvent du statut d’éditeur pour renforcer leur responsabilité vis à vis des contenus éditorialisés.
L’article 22 du projet de loi vient modifier l’article 6 de la loi LCEN en reprenant la définition des services de réseaux sociaux du Règlement (UE) 2022/1925 suivante: “une plateforme permettant aux utilisateurs finaux de se connecter ainsi que de communiquer entre eux, de partager des contenus et de découvrir d’autres utilisateurs et d’autres contenus, sur plusieurs appareils et, en particulier, au moyen de conversations en ligne (chats), de publications (posts), de vidéos et de recommandations”. Quant aux services d'hébergements, ils sont définis comme des “services consistant à stocker des informations fournies par un destinataire du service à sa demande”.
Or, ces définitions ne correspondent pas à la réalité des services proposés sur les réseaux sociaux et leur permettent d’échapper à toute responsabilité liée aux contenus illicites diffusés sur leur plateforme.
En effet, le modèle d’affaires des géants de l’Internet les a fait évoluer de fait du statut d’hébergeurs à celui d’éditeurs, et les contenus qu’ils publient ont désormais des effets sociétaux considérables. Mais à la différence de "vrais" éditeurs, condamnables en justice lorsqu’ils propagent un contenu haineux – car soumis à un statut juridique et social engageant leur responsabilité –, eux peuvent toujours répondre : "Nous n’y sommes pour rien, voyez les utilisateurs."
Ce statut d’hébergeur des réseaux sociaux (d’après la loi LCEN) permet une irresponsabilité juridique de ces derniers face à la prolifération et l’intensification de comportements numériques sexistes. Il est donc nécessaire de reprendre la main sur cette définition pour orienter la qualification juridique des réseaux sociaux en tant qu’éditeur.
C'est l'objet de cet amendement qui a été travaillé avec la Fondation des femmes.
Cosignataires (30)
Joël Aviragnet, Christian Baptiste, Marie-Noëlle Battistel, Mickaël Bouloux, Philippe Brun, Elie Califer, Alain David, Stéphane Delautrette, Iñaki Echaniz, Olivier Faure, Guillaume Garot, Jérôme Guedj, Johnny Hajjar, Chantal Jourdan, Marietta Karamanli, Fatiha Keloua Hachi, Gérard Leseul, Philippe Naillet, Bertrand Petit, Anna Pic, Christine Pirès Beaune, Dominique Potier, Valérie Rabault, Claudia Rouaux, Isabelle Santiago, Hervé Saulignac, Mélanie Thomin, Cécile Untermaier, Boris Vallaud, Roger Vicot